Plotte

Mot vulgaire pour désigner une femme, avec de lourds sous-entendus sexuels. Aussi écrit plote.

« Tout le monde disait qu’elle était une putain, puis une plotte, à cause qu’elle allait coucher avec… avec… un peu tout le monde.* »

Le mot plotte peut être suivi de compléments :

  • Plotte à cash, beauté superficielle au bras d’un homme riche. Communiqué de presse : « La Coalition nationale contre les publicités sexistes (CNCPS) dénonce un concours, le Party “Plotte à cash”, qui aura lieu en fin de semaine au Chalet Nightclub à Brossard et auquel les organisateurs invitent les jeunes filles à participer […].** »
  • Une plotte à puck, associée aux joueurs de hockey — le mot anglais puck désigne la rondelle de caoutchouc que les joueurs se disputent sur la patinoire.
  • Une plotte à char ou à tires, compagne d’un homme qui possède un gros véhicule motorisé. (Au Québec, un char est une voiture ; tire, en anglais, signifie pneu.)
  • Grosse plotte sale : insulte pour traiter une femme de prostituée.

Le mot plotte est aussi utilisé, tout aussi vulgairement, pour désigner l’organe génital de la femme.

Contrepèterie très connue au Québec : « La flotte de la reine est prête », donc « la plotte de la reine est frette » — le mot frette signifie froide.

Ø Avoir la plotte à terre : être très fatigué ou démoralisé, sur un ton grossier. En 2009, l’attachée parlementaire d’un député français, Pierre Lasbordes, a suggéré à ce dernier d’accueillir à Paris le premier ministre du Québec Jean Charest avec un petit mot de bienvenue humoristique en français québécois. Pierre Lasbordes a donc déclaré à son invité, pour lui demander si son voyage n’avait pas été difficile : « J’espère que vous n’avez pas trop la plotte à terre, comme on le dit au Québec. » L’attachée parlementaire avait déniché sur internet une version salace de « Avoir la langue à terre », qui signifie (poliment) le fait d’être exténué… Embarras diplomatique.***

MinouNoune

*Dufour, Rose. Je vous salue… Marion, Carmen, Clémentine, Eddy, Jo-Annie, Nancy, Jade, Lili, Virginie, Marie-Pierre  : le point zéro de la prostitution, Sainte-Foy, MultiMondes, 2005, p. 348.
**Coalition nationale contre les publicités sexistes, « Concours “Plotte à cash” — Un mépris dégradant pour la femme et qui dépasse les bornes », Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, 4 février 2011 — lien.
***Lemieux, Julie. « “Plotte à terre” : les dessous d’une gaffe », Le Soleil, 10 février 2009 — lien.

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