Gerda

Une Gerda : prostituée ou femme facile. Le mot s’écrit aussi Guerda.

Poème de l’écrivaine et blogueuse Anne Archet : « Dans l’État de Floride, une drôle de dame / Chez son ex, a foutu le feu au matelas / Alors qu’il y dormait avec une Gerda ; De son couple elle voulait raviver la flamme.* »

Le péjoratif Gerda provient d’un scandale qui a secoué le parlement canadien, à Ottawa, en 1966. Le Parti libéral, alors au pouvoir, a révélé qu’un ancien ministre de la Défense nationale du précédent gouvernement conservateur, le Québécois Pierre Sévigny, avait entretenu entre 1959 et 1961 une liaison extraconjugale avec une sulfureuse créature d’origine est-allemande, Gerda Munsinger. Celle-ci, telle une Mata Hari de la guerre froide, était soupçonnée de vivre de la prostitution et de se livrer à de l’espionnage pour le compte des Soviétiques. Pierre Sévigny avait perdu son siège à la suite des élections de 1963, mais il a dû revenir sous les feux de la rampe en mars 1966, flanqué de sa femme et de sa fille, pour défendre sa réputation. Ce fut le premier scandale sexuel du parlement canadien, qui ébranla Sévigny. L’entreprise qu’il avait fondée après avoir quitté la politique en 1963 a d’ailleurs fait faillite peu après la révélation de l’affaire Munsinger.

Des années plus tard, on reprochera aux libéraux d’avoir grossièrement exagéré la réputation de courtisane et d’agent secret de Gerda Munsinger pour mieux embarrasser leurs adversaires conservateurs.**

CharrueCouraillage, courailler, courailleuse, courailleuxCourir la galipoteÉcartadeGuidouneLousseSauter la clôtureTrou slaque

*Archet, Anne. « Anne Archet chante 2013 », TERREUR ! TERREUR !, 12 décembre 2013 — lien.
**Roy, Danielle, et Delorme, Gilles-Philippe. Les déshonorables : les dessous de l’affaire Munsinger, Chicoutimi, JCL, 1993.

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