Blonde

Partenaire féminine. Aucun lien avec la couleur naturelle de la crinière : une blonde peut être noire, brune, rousse ou… blonde.

« Je peux sans crainte cheminer dans le désert du monde parce qu’à chaque fois que je suis dans les bras de ma blonde, elle me donne des idées, l’idée d’être beau, entre autres* », se réjouit l’anthropologue Serge Bouchard.

Ce qui fait d’une Québécoise une blonde, c’est l’absence de mariage. « Amoureuse, compagne, conjointe, copine, maîtresse, petite amie** », tels sont les synonymes du mot blonde dans un Petit dictionnaire des québécismes. Lorsqu’un homme se marie, sauf exception il ne désignera plus sa partenaire « ma blonde ». Il dira (au choix) : « ma femme », « mon épouse » ou « ma conjointe ».

Une blonde « ne survit pas toujours au passage à l’état de môman*** », note le Dictionnaire québécois instantané — voir la définition de môman.

D’où vient cet usage du mot blonde ? Le Dictionnaire historique de la langue française (sous la direction d’Alain Rey, publié par Le Robert) fait remonter à 1810, au Canada français, la blonde qui désigne une petite amie.

Dans un journal illustré édité à Montréal en 1914, on peut lire : « Attends un peu, mon gaillard, tu fais l’amour à ma blonde mais ça ne va pas se passer ainsi !**** »

Blonde et son pendant masculin chum se sont répandus au Québec avec le déclin du mariage traditionnel, à compter des années 1960.

Accoté, accotée, accoterAmi, amie de cœurChum

*Bouchard, Serge. « À propos de ma blonde », Le Devoir, 30 avril 2001, p. A7 — lien.
**Apollonia, François d’. Le petit dictionnaire des québécismes : anglicismes, archaïsmes, dialectalismes et néologismes. Suivi d’un index thématique, Montréal, l’Homme, 2010, p. 63.
***Melançon, Benoît. Dictionnaire québécois instantané, Saint-Laurent, Fides, 2004, p. 29.
****Le Samedi vol. 25 n0 51, 30 mai 1914, p. 12 — lien.

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