Bec

Un bec : petit baiser sec sur la joue ou sur la bouche. « Un : tu m’défais les cheveux, deux : tu m’donnes un bec sur la joue* », réclame un personnage de la dramaturge Marie Laberge.

Selon l’auteur-compositrice-interprète française Anne Sylvestre, « Il n’est bon bec / Que de Québec** ».

Dans la Belle Province, il est rare que des inconnus ou des connaissances échangent des becs sur la joue — ce que les Français appellent la bise. Et les hommes qui se connaissent bien ne se saluent pas avec des becs (sauf les homosexuels), ils se contentent d’une poignée de main ou d’une tape dans le dos. Aller plus loin dans les marques d’affection, ça ferait moumoune.

Lorsqu’un Québécois ou une Québécoise donne à l’autre un bec mouillé, cette personne tente d’embrasser de manière plus appuyée, solennelle. Scène d’un roman : « […] elle s’est brusquement retournée et a couru vers moi pour me plaquer un gros bec mouillé sur le haut du nez, à la base du front.*** »

Un bec en pincettes n’a rien d’agréable. Il est généralement imposé aux enfants par des adultes qui les embrassent en leur pinçant les joues ou, pire, par un mononcle, c’est-à-dire un homme d’âge mûr quelque peu dépravé, à l’humour gras, porté sur les attouchements non sollicités sur de jeunes femmes innocentes. « Je m’en souviens comme si c’était hier : les becs en pincette de “mononcle” Albert, la barbe piquante de “mononcle” Théo et son obstination maladive à réclamer des bisous pour tout et pour rien. Ouach !**** »

Ø Le verbe becquer signifie bécoter, donner de tout petits bisous de manière affectueuse et non sensuelle. Quand les parents veulent consoler un enfant qui s’est légèrement blessé, ils lui disent : « Viens, je vais becquer bobo. »

Ø Un bec pincé ou avoir le bec pincé : individu snob, avoir un comportement snob.

Ø Chez les francophones de l’Île de la Réunion, becquer signifie courtiser, flirter.

*Laberge, Marie. Deux tangos pour toute une vie, Montréal, Boréal, 1993, p. 52.
**Dis-moi Pauline, 1977.
***Michaud, Andrée A. Lazy Bird, Québec Amérique, Montréal, 2009, p. 290.
****Laurin, Renée. « L’art d’être “mononcle” », Le Journal de Montréal, 27 décembre 2004, p. 72.

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