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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Yvon Dallaire</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>La domination masculine</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 13:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[uel]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Hier soir, j’ai visionné le très attendu film documentaire <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank"><em>La domination masculine</em></a> du cinéaste français Patric Jean, qui a été tourné en partie au Québec. Voici mes commentaires et réflexions, en vrac (je tâcherai de ne pas répéter ce que l’on peut lire dans les médias depuis la sortie du film au Québec le 22 janvier).</p>
<p>Le propos du film, pro-féministe, soutient que le patriarcat demeure dominant, que l’égalité homme-femme n’est pas encore atteinte et que nous assistons à un ressac antiféministe (au Québec, ce ressac s&#8217;exprimerait depuis le massacre de Polytechnique, selon plusieurs féministes interrogées par Patric Jean). Le sujet du film est clair et net, mais peu nuancé. Un cours Féminisme 101 très condensé, en quelque sorte.</p>
<p>Alterner entre la France et le Québec, dans un film pro-féministe, c’est délicat. Les deux sociétés sont tellement différentes&#8230; De ce côté-ci de l&#8217;Atlantique, les Françaises de la séance de <em>speed dating</em> paraissent terriblement conservatrices — dans la salle de cinéma montréalaise où je me trouvais dimanche soir, c’était la consternation.</p>
<p>De la même manière, je crois que les Françaises seraient consternées de voir les Québécoises draguer avec autant d&#8217;aplomb des hommes au mieux ambivalents, au pire sans aucune assurance. (À quand un film documentaire sur le sujet ? <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> )</p>
<p><span id="more-1754"></span></p>
<p><em>La domination masculine</em>, que l’on décrit partout comme un documentaire «à thèse», me semble plutôt un long reportage. Un documentaire «à thèse» doit articuler un discours d’une manière originale et très rigoureuse pour forcer le spectateur à remettre en question les données initiales d’un problème. Pour demeurer dans l’optique féministe, le célèbre film <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=1094" target="_blank"><em>Mourir à tue-tête</em></a> d’Anne-Claire Poirier (1979) renverse le regard sur le viol pour le faire subir au spectateur, met en scène une fiction dans une fiction, lesquelles sont prolongées par des scènes documentaires et didactiques. Le tout pour soutenir une thèse et, en bout de ligne, inciter le spectateur à voir le phénomène du viol d’un oeil neuf.</p>
<p>Le film de Patric Jean, pour sa part, souffre d’une structure molle, ne présente pas toutes les pièces à conviction (le film ne dit mot sur la pornographie, pourtant un excellent exemple de domination masculine), n’offre presque pas de recul historique (un petit résumé de l’histoire du féminisme au XXe siècle aurait été très utile), ses images d’archives ne sont pas identifiées ni datées, etc. Toutes les scènes du film, considérées isolément, sont pertinentes (et percutantes) : les stéréotypes sexistes des jouets et livres pour enfants, la retouche numérique d’une photo de femme nue, le spectacle d’une danseuse devant une bande de morons roteux du samedi soir, des victimes de violence conjugale, le massacre de Polytechnique, etc., mais l’ensemble est mal articulé. Quels sont les liens entre ces scènes ? Est-ce qu&#8217;il y a des relations de cause à effet ? Pas clair.</p>
<p>De plus, le leitmotiv des photos d’objets phalliques n’apporte aucune information et n’éclaire en rien le discours du film. La finale, où le cinéaste assemble un collage de photos tirées du film, est décevante (à sa place, j&#8217;aurais conclu en reprenant la première scène du film, celle du gars qui croit qu&#8217;il deviendra plus mâle en se faisant allonger le pénis par chirurgie). On en reste à un survol des enjeux actuels du féminisme&#8230; et on aurait aimé en savoir plus, obtenir une analyse plus poussée — par exemple, lier le ressac antiféminisme à d’autres mouvements néoconservateurs.</p>
<p>L’une des scènes les plus mémorables du documentaire est bien sûr le chapelet de déclarations haineuses d’une série d’hommes québécois : «le féminisme est un crime contre l&#8217;humanité», «il y a plus d&#8217;hommes victimes de violence conjugale que de femmes», «les comparaisons avec le régime stalinien et le régime fasciste sont évidentes», et j’en passe. Des propos totalement aberrants.</p>
<p>Mais il est déplorable que le cinéaste ait inséré dans cette scène quelques mots du psychologue et sexologue Yvon Dallaire (citations si brèves et incompréhensibles qu’elles paraissent ésotériques). Yvon Dallaire n’est pas un extrémiste. Il s’intéresse à la condition masculine, il pose un regard critique sur le féminisme et la société québécoise, mais ce n’est pas un individu qui soutient un discours haineux. Au contraire, il plaide sincèrement pour la fin de la guerre des sexes. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses dires, je ne suis pas un fan inconditionnel de ses livres (qui sont parfois trop psycho-pop à mon goût), mais je les ai tous lus, ses livres, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">je l’ai rencontré en personne</a>, et je le répète : rien à voir avec les hommes victimaires et revanchards que l&#8217;on peut voir dans <em>La domination masculine</em>.</p>
<p>Enfin, il est regrettable que les personnes interviewées dans le film ne soient pas identifiées (sauf dans le générique de fin, mais qui prend la peine de lire attentivement les génériques ?). Identifier les gens à l’écran, à leur première apparition, aurait facilité la compréhension.</p>
<ul>
<li>Le <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank">site web officiel du film</a>.</li>
<li>Le <a href="http://patricjean.blogspot.com" target="_blank">blogue du cinéaste</a>.</li>
<li>Quelques critiques : dans <em><a href="http://www.ledevoir.com/culture/cinema/281600/au-coeur-du-ressac" target="_blank">Le Devoir</a></em>, <em><a href="http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/10559-au-dela-de-la-controverse.html" target="_blank">La Presse</a></em> et <a href="http://www.journalmetro.com/culture/article/429814--la-domination-masculine-la-femme-une-menace" target="_blank"><em>Métro Montréal</em></a>.</li>
</ul>
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		<title>Les sites web de rencontre et les sites pornos se ressemblent</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 06:05:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Je poursuis ma réflexion sur la pornographie amorcée hier&#8230;
À mes yeux, les sites web de rencontre et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.
L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’abondance, l&#8217;incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout&#8230; jusqu’à ressentir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Je poursuis ma <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/28/souvenir-pornographique/" target="_self">réflexion sur la pornographie amorcée hier</a>&#8230;</p>
<p>À mes yeux, les <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/19/les-sites-web-de-rencontre-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire/" target="_self">sites web de rencontre</a> et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.</p>
<p>L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’<strong>abondance, </strong>l&#8217;incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout&#8230; jusqu’à ressentir une sensation de vertige : il y a tellement de célibataires intéressants, par qui commencer, où s’arrêter ? Même phénomène sur un site porno : il y a tant de photos et de vidéos, tant de scènes de sexe qui attirent le voyeur&#8230; La surabondance excite, puis provoque un malaise. Sur le Web, il y a trop de corps et de coeurs à prendre.<span id="more-918"></span></p>
<p>Ensuite, les sites web de rencontre et les sites porno regorgent de <strong>contenus très segmentés</strong>. Par exemple, on peut utiliser un moteur de recherche pour identifier, trier, classer des célibataires disponibles pour la rencontre amoureuse selon une foule de critères : âge, sexe, poids, couleur des yeux et des cheveux, situation professionnelle, localité, religion, opinions politiques, etc. Les <em>porn stars</em> et modèles XXX sont aussi classés de toutes les manières imaginables : par âge, sexe, poids, couleur des yeux et des cheveux, etc., selon le type de scène lubrique recherché, en fonction des perversions les plus inavouables.</p>
<p>Les deux types de sites web contribuent également à alimenter des <strong>fantasmes complètement déconnectés de la réalité </strong>: le Grand Amour ultraromantique pour ces dames, la performance-domination sexuelle totale pour ces messieurs. «Il y a deux types de sites pornographiques : les sites pornographiques physiques et les sites pornographiques affectifs», a déclaré le psychologue et sexologue <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">Yvon Dallaire</a> lorsque nous l&#8217;avons rencontré pour un projet qui allait devenir <a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_self"><em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em></a><em> </em>«Les sites de rencontre, ce sont des sites pornographiques affectifs pour femmes, car ce sont surtout des femmes qui vont là-dessus. &#8220;L&#8217;âme soeur&#8221;, c&#8217;est comme la page centrale du <em>Playboy</em> !» Autrement dit, la poupoune blonde californienne aux gros seins et le prince charmant sur son cheval blanc, ce sont les deux faces d&#8217;une même médaille. </p>
<p>Il existe bien sûr une différence de taille entre les plateformes web de rencontre et les sites XXX : les premiers sont conçus pour l’échange, la conversation entre les internautes, tandis que les seconds interdisent toute communication et isolent les utilisateurs.</p>
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		<title>Yvon Dallaire, psychologue et sexologue</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 06:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Voici le deuxième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.
Aujourd&#8217;hui : Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.
En plus de son travail de thérapeute dans sa clinique de Québec, Yvon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Voici le deuxième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em> Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui : Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-743" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/yvon-dallaire.jpg" alt="Yvon Dallaire" width="144" height="159" />En plus de son travail de thérapeute dans sa clinique de Québec, Yvon Dallaire mène depuis le début des années 1980 une réflexion sur la condition masculine et la vie de couple. En témoignent ses nombreux livres (il possède sa propre maison d&#8217;édition, Option Santé), articles, chroniques, émissions de télévision, conférences, ateliers et formations.</p>
<p>Nous avons rencontré Yvon Dallaire en mai 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits qui s&#8217;attardent à un phénomène toujours d&#8217;actualité : la socialisation des garçons dans une société en voie de féminisation.<span id="more-742"></span></p>
<p><strong>Question</strong> : Au Québec, les femmes sont très entreprenantes. Est-ce parce que les hommes ne draguent plus ?</p>
<p><strong>Réponse</strong> : On a beaucoup valorisé les femmes au Québec, on les a incitées à devenir plus intrusives, plus actives, fonceuses. Ces femmes-là ne font pas peur aux hommes qui sont bien dans leur peau. Mais ceux qui ont été castrés, ceux qui ont eu «trop» de mère, ceux qui ont été victimes d&#8217;un inceste émotif par leur mère, c&#8217;est sûr que ces hommes-là vont avoir peur d&#8217;une femme qui se tient debout et qui s&#8217;affirme. Pour eux, ça veut dire perdre son identité, ne pas avoir le droit d&#8217;exister.</p>
<p>Une fille qui est victime d&#8217;inceste sur le plan sexuel aura de la difficulté à s&#8217;épanouir sexuellement lorsqu&#8217;elle sera adulte. Un garçon qui est victime d&#8217;inceste sur le plan émotif — pendant les cinq premières années de sa vie, il vit avec une mère, son père est absent, puis il arrive à la garderie, et à l&#8217;école, où il est encore avec des femmes ; on sait qu&#8217;à l&#8217;école primaire, il n&#8217;y a que 15 % d&#8217;hommes —, c&#8217;est un petit garçon entouré de femmes qui, spontanément, vont valoriser les valeurs féminines. Il a très peu de modèles masculins parce que le père n&#8217;est pas là, parce qu&#8217;il y a peu d&#8217;intervenants masculins dans les garderies, etc.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Il y aurait une génération perdue ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Oui, la génération qui a suivi les baby-boomers. On a sorti les cours d&#8217;éducation physique des écoles à partir du moment où il y a eu de plus en plus de filles dans les écoles. Il y a même des écoles à Montréal où on interdit aux garçons de courir dans la cour d&#8217;école ! Au contraire, il faut les laisser courir, se dépenser.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Que peut-on faire au Québec pour que les hommes et les femmes réapprennent à se rencontrer, à avoir du plaisir à séduire ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Il y a des études, des expérimentations qui démontrent actuellement qu&#8217;à l&#8217;intérieur des écoles et des collèges mixtes, il doit y avoir des activités pour garçons, pour qu&#8217;ils puissent se confirmer les uns avec les autres, et aussi des activités pour filles. Donc, des classes non mixtes pour certaines activités. Ça permettrait à chacun de mieux se confronter, surtout pour les gars qui aiment les structures de compétition, et mieux se situer. Mais tant et aussi longtemps que nous aurons des classes mixtes où les valeurs sont féminines, matriarcales, les gars auront de plus en plus de difficulté à s&#8217;affirmer.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Donc ça commence dès l&#8217;enfance.</p>
<p><strong>R.</strong> : Oui, ça commence dès l&#8217;enfance. Il faut qu&#8217;il y ait plus de pères qui prennent leur place auprès de leurs enfants, garçons et filles. Parce que le père va aussi confirmer la féminité de sa fille, et il va assumer la masculinité de son garçon.</p>
<p>Nous pourrions aussi faire des choses aujourd&#8217;hui avec les groupes d&#8217;entraide pour hommes. Mais le problème, c&#8217;est qu&#8217;il y a deux catégories de groupes d&#8217;entraide pour hommes : ceux qui aident les hommes à devenir roses pour mieux répondre aux attentes des femmes, et les groupes de masculinistes extrémistes qui copient exactement les discours du féminisme originel en devenant victimaires et revanchards, «c&#8217;est de la faute des femmes si les hommes sont dans cette situation», etc. Il nous faut d&#8217;autres groupes d&#8217;hommes qui se rencontrent entre eux pour se définir non pas en fonction des autres, mais en fonction d&#8217;eux-mêmes.</p>
<ul>
<li>Pour en savoir plus : <a href="http://www.yvondallaire.com" target="_blank">le site web d&#8217;Yvon Dallaire</a></li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/category/entrevues/" target="_self">Toutes nos entrevues</a></li>
</ul>
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