Articles avec le tag ‘Télévision’

Le coup de foudre à TQS

 

Avez-vous connu le jeu télévisé Coup de foudre, diffusé de 1988 à 1993 sur les ondes de Télévision Quatre Saisons (TQS, aujourd’hui V) ? Trois femmes et trois hommes qui ne s’étaient jamais rencontrés, présents en studio mais dans l’incapacité de se voir, devaient se séduire par questions-réponses, blagues, chansons, etc. C’était généralement un festival de clichés : tous les concurrents désiraient rencontrer quelqu’un «qui a un bon sens de l’humour», «qui a de belles valeurs», etc.

À l’époque, beaucoup de gens se moquaient de Coup de foudre. Son concept marque pourtant une date importante dans l’histoire de la télévision québécoise : «C’est TQS qui a diffusé la première émission où on créait en direct, à la télévision, un couple. Aujourd’hui, c’est ça qui est à la mode» grâce à la téléréalité, souligne l’animatrice Chantal Lacroix dans un montage-souvenir d’extraits de Coup de foudre.

J’ai déniché sur YouTube un extrait de Coup de foudre cuvée 1988 :

Un soir, un bar (3)

 

Mardi soir. Le 5 à 7 fut quelque peu fréquenté, mais ce n’était rien en comparaison avec l’affluence de clients, à compter de 21 h, pour assister au match de hockey opposant les Canadiens de Montréal aux Flames de Calgary. (Le bar montréalais que je fréquente tous les soirs depuis dimanche dernier en espérant y observer des scènes de séduction, pur loisir socio-anthropologique, est pourvu de nombreux écrans de télévision.)

Ainsi, une clientèle à 80 % masculine, venue en bande, engloutissait des pichets de bière en commentant en direct les péripéties sportives télévisées. Pas de musique dans le bar, que le son des téléviseurs.

C’était crotte pour la drague.

J’ai quand même eu du plaisir à suivre un petit bout du match de hockey. Et ici, je dois mettre un bémol sur ce que j’ai pu écrire sur la télévision ; oui, je crois encore et toujours qu’il s’agit du passe-temps solitaire le plus vide qui soit… mais une bande d’amateurs de sport surexcités devant la télé, ce n’est pas la même chose. Ce soir, dans ce bar, il y avait quelque chose de rassurant, humainement parlant, dans le spectacle de ces gars à casquette (et de quelques femmes sans casquette) qui s’exclamaient en choeur, à chaque but des Canadiens : «Yéééééé, câlisse !» Et lorsqu’un goon des Flames s’en prenait à un joueur de la Sainte Flanelle, tout le monde se mettait à crier : « Pénalité ! Pé-na-li-té pour le gros t… ! » Lire la suite de ce billet »

Où sont les modèles masculins ? (3)

Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.

Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ?

Aujourd’hui, penchons-nous sur le monde du petit écran et du sport. Lire la suite de ce billet »

La pitoyable image de l’homme dans la publicité

 

Vous avez peut-être vu à la télévision québécoise cette publicité d’une marque de nourriture pour chats, où un homme personnifie le félin un peu capricieux d’une jeune femme ; juché sur l’accoudoir du divan, «Hubert» boude parce que sa propriétaire ne lui a pas donné ses croquettes préférées au dîner… (Voici la version anglophone de cette pub.)

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La télévision, obstacle à la rencontre

Crédit photo: Shutterstock

 

(Hier, nous discutions de cinéma québécois. Aujourd’hui, attardons-nous à la télévision. À la sacro-sainte tivi.)

Votre vie sentimentale est insatisfaisante, vous souffrez de la solitude et de l’ennui ? Un conseil d’ami : diminuez radicalement votre consommation de télévision. Et sortez !

Au Québec comme dans plusieurs pays occidentaux, la télévision est la troisième activité en importance après le sommeil, le travail ou l’école. Le petit écran est si bien intégré à notre quotidien que nous perdons souvent de vue à quel point il occupe une part démesurée de notre agenda. Les statistiques sont pourtant effrayantes : les Québécois consacrent une moyenne de 20 à 30 heures par semaine à la télévision, selon les résultats de diverses enquêtes et sondages (23,3 heures hebdomadaires en 2004, selon Statistique Canada).

En seulement un demi-siècle, la télévision a disloqué la vie familiale, éliminé ou affaibli de nombreuses activités de groupe, engendré une culture de la solitude et de la passivité. Le petit écran devait nous «ouvrir au monde» ; il nous enferme dans notre salon. «Faire de la télévision une occupation majeure de sa vie crée, de façon quasi mécanique, une coupure avec son entourage», rappelle le sociologue de formation et consultant Michel Lemieux dans un essai publié en 2004 aux Éditions Écosociété, La télé cannibale (le meilleur livre que je connaisse sur les effets pervers du petit écran).

Personnellement, je crois que la télévision a réussi en quelques décennies ce que le colonialisme, l’Église, le grand capital et toutes les forces conservatrices ont tenté pendant des siècles, sans y parvenir complètement : domestiquer les Québécois. Ce peuple jadis original et dynamique est aujourd’hui passif, assis (trop) sagement 20, 25 ou 30 heures par semaine devant un appareil qui crache des images et du bruit. Comble de la servitude volontaire, les drogués de la télévision se plaignent… de la solitude et du manque de temps libre ! Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. >>>

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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