Articles avec le tag ‘Solitude’
La solitude
J’entends souvent dire que le célibat est un problème de société. Je n’en suis pas convaincu… À toutes les époques et dans toutes les cultures du monde, il y a toujours eu des célibataires, qu’il s’agisse de jeunes à la recherche d’un(e) partenaire, de personnes séparées, divorcées, de veufs et de veuves, de «vieux garçons» et de «vieilles filles», ou encore de gens qui exercent des occupations où le célibat est la norme (les métiers qui nécessitent des déplacements constants, la vie en communauté religieuse, etc.).
À mon avis, le phénomène marquant des dernières décennies n’est pas le célibat, mais la forte progression d’un nouveau mode de vie : la solitude. Au Québec, de 1951 à 2001, la proportion de ménages ne comptant qu’une seule personne a bondi de 4,5 % à près de 30 %. Parallèlement, la proportion de familles de six personnes et plus a dégringolé, de près de 30 % en 1951 à seulement 1,8 % en 2001 — voyez les statistiques officielles.
La solitude est une réalité assez répandue au Québec. On voit des gens habiter fin seuls dans de grands appartements où jadis s’entassaient des familles de six, sept, huit personnes… Pour certains, c’est même un choix doublé d’une exigence perfectionniste : «Je préfère la solitude à la vie avec quelqu’un qui ne me convient pas parfaitement.» Lire la suite de ce billet »
Louise Masson, consultante en étiquette des affaires
Voici le troisième billet d’une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.
Aujourd’hui : Louise Masson, consultante en étiquette des affaires..
Louise Masson a eu un parcours hors de l’ordinaire. Dans les années 1960, elle quitte le Québec pour suivre des études de géographie à La Sorbonne. Elle entame sa carrière de géographe au Maroc. Quelques années plus tard, elle devient de sous-chef du protocole des affaires étrangères du roi du Maroc Hassan II, rien de moins ! Mariée à un diplomate, Louise Masson a fait de la planète son terrain de jeu. De retour dans la région de Montréal au début des années 1990, elle fonde Beaux Gestes, un service d’étiquette sociale et professionnelle, nationale et internationale.
Nous l’avons rencontrée en mars 2007 pour discuter étiquette et savoir-vivre. Voici quelques extraits inédits de cette entrevue. Lire la suite de ce billet »
Les célibataires : mythes et réalités
De nos jours, les célibataires sont victimes de préjugés grossiers. C’est une in-jus-tice !
Je vais passer ces préjugés en revue, les réfuter un par un.
Cessons de voir l’univers du célibat en noir et blanc… Dans la vie, tout est nuances de gris.
Les célibataires sont des adolescent attardés, à peine capables de s’occuper d’eux-mêmes. Affirmation qui ne s’appuie sur aucune preuve scientifique. Il existe aussi des individus en couple qui se révèlent immatures. Des gens de tout âge, de tous les milieux et de toutes les conditions peuvent se montrer irresponsables et/ou débiles, peu importe qu’ils soient célibataires ou en couple.
Les célibataires qui vivent en solitaire sont des égoïstes. Normal, car ils vivent… seuls ! La solitude, c’est un univers où, forcément, on se préoccupe de soi avant les autres. Dans une famille de 12 personnes, c’est l’inverse : il est difficile de se comporter en égoïste et solitaire. Par la force des choses, on devient altruiste et solidaire.
Les célibataires sont plus malheureux et en mauvaise santé que les gens en couple. Ça dépend. Les individus qui sont les plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé, d’anxiété et autres troubles psychologiques sont les individus isolés, sans réseau social. Il existe des couples repliés sur eux-mêmes, sans amis ni connaissances, qui sont en plus mauvaise posture que des célibataires qui peuvent compter sur un réseau social élargi.
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Quand la peur de draguer est une phobie (2)
La peur de flirter peut être une maladie (au sens clinique du terme), expliquais-je dans mon billet précédent.
«J’ai toujours de la difficulté à répondre au téléphone, à assister aux réunions de service, je me suis toujours sentie “à part” et je n’assiste jamais aux activités de bureau. Je ne me mêle pas aux autres. Je dois avouer que oui, je souffre de cette solitude. Je peux passer des jours sans voir personne! Et si on frappe à ma porte, je ne réponds pas. Parfois je laisse le téléphone sonner sans répondre. Je ferme la sonnerie. Je regarde l’afficheur téléphonique. J’évite les situations sociales, les occasions de rencontres et je m’ennuie souvent.»
Ce témoignage est tiré d’un site web sur la phobie sociale (qui rassemble une quinzaine de témoignages en tout).

Quand la peur de draguer est une phobie (1)
Saviez-vous que la peur de flirter peut être une maladie, au sens clinique du terme ? Examinons cette curiosité scientifique, phénomène marginal (qui concerne un petit pourcentage de la population), mais très embarrassant.
Certaines situations sociales peuvent provoquer de l’anxiété. Prendre la parole en public, par exemple. Le trac qui affecte les artistes ou les athlètes avant une performance. La timidité de celui ou celle qui tente de draguer, ou qui avoue ses sentiments amoureux à quelqu’un. Rassurez-vous, cette anxiété est normale ; après quelques instants, elle disparaît, on reprend confiance, on se sent plus à l’aise, et le petit moment de gêne est vite oublié.
Chez certains individus, en revanche, cette anxiété peut dégénérer en phobie. Il s’agit d’une maladie en bonne et due forme ; voyez la description tirée du DSM-IV ou Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders de l’American Psychiatric Association. Lire la suite de ce billet »
La télévision, obstacle à la rencontre

(Hier, nous discutions de cinéma québécois. Aujourd’hui, attardons-nous à la télévision. À la sacro-sainte tivi.)
Votre vie sentimentale est insatisfaisante, vous souffrez de la solitude et de l’ennui ? Un conseil d’ami : diminuez radicalement votre consommation de télévision. Et sortez !
Au Québec comme dans plusieurs pays occidentaux, la télévision est la troisième activité en importance après le sommeil, le travail ou l’école. Le petit écran est si bien intégré à notre quotidien que nous perdons souvent de vue à quel point il occupe une part démesurée de notre agenda. Les statistiques sont pourtant effrayantes : les Québécois consacrent une moyenne de 20 à 30 heures par semaine à la télévision, selon les résultats de diverses enquêtes et sondages (23,3 heures hebdomadaires en 2004, selon Statistique Canada).
En seulement un demi-siècle, la télévision a disloqué la vie familiale, éliminé ou affaibli de nombreuses activités de groupe, engendré une culture de la solitude et de la passivité. Le petit écran devait nous «ouvrir au monde» ; il nous enferme dans notre salon. «Faire de la télévision une occupation majeure de sa vie crée, de façon quasi mécanique, une coupure avec son entourage», rappelle le sociologue de formation et consultant Michel Lemieux dans un essai publié en 2004 aux Éditions Écosociété, La télé cannibale (le meilleur livre que je connaisse sur les effets pervers du petit écran).
Personnellement, je crois que la télévision a réussi en quelques décennies ce que le colonialisme, l’Église, le grand capital et toutes les forces conservatrices ont tenté pendant des siècles, sans y parvenir complètement : domestiquer les Québécois. Ce peuple jadis original et dynamique est aujourd’hui passif, assis (trop) sagement 20, 25 ou 30 heures par semaine devant un appareil qui crache des images et du bruit. Comble de la servitude volontaire, les drogués de la télévision se plaignent… de la solitude et du manque de temps libre ! Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.