Articles avec le tag ‘Solitude’
«Copenhaguiser» Montréal
Ces dernières semaines, le hasard m’a amené à bavarder avec quelques nouveaux Montréalais d’origine européenne qui, coïncidence, m’ont tous fait la remarque suivante : les rues de Montréal sont moins conviviales qu’on le prétend. Et ce n’est pas seulement attribuable aux rigueurs de l’hiver.
Pour ces Européens de naissance, habitués à des villes denses et très animées, les rues de Montréal semblent souvent dépeuplées. En effet, on s’y déplace plus volontiers en voiture qu’à pied, on ne s’y arrête pas souvent pour bavarder, les places publiques ne sont pas très rassembleuses et la vie de quartier n’est pas dynamique, sauf exceptions. Lire la suite de ce billet »
Les célibataires et la Saint-Valentin, couple maudit… au Québec
Le problème avec la Saint-Valentin au Québec, c’est le mot «Québec».
La séduction, dans un monde normal, devrait être un jeu, une activité agréable et régulière, sans stress ni déceptions difficiles à vivre. C’est-à-dire cultiver le plaisir d’entrer en contact avec des inconnus, de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir et de nourrir son réseau social, et aussi d’apprendre de ses erreurs.
Or les Québécois ne veulent généralement pas profiter à fond des occasions de rencontre, qui sont pourtant si nombreuses — presque toutes les situations de la vie en société peuvent s’y prêter, qu’il s’agisse de l’école, du travail, des loisirs, etc. Lire la suite de ce billet »
Habiter seul : la révolution des solos
Pendant les Fêtes, j’ai eu le plaisir de lire une nouveauté, Habiter seul : un nouveau mode de vie ? (Presses de l’Université Laval). Cet ouvrage collectif signé par des chercheurs universitaires et des spécialistes, très instructif et bien vulgarisé, s’attarde notamment aux deux arrondissements montréalais qui comptent le plus de ménages solos, soit le Plateau Mont-Royal et Rosemont—La Petite-Patrie.
Je vous résume le bouquin.
Depuis plusieurs années, l’habitat en solo «est un phénomène en croissance qui ne montre aucun signe de faiblesse», souligne un des auteurs. En 2005-2006, les ménages composés d’une personne vivant seule formaient 27 % des ménages canadiens. Montréal est la capitale nationale des solos, le logement y étant plus abordable financièrement qu’ailleurs au pays. Lire la suite de ce billet »
La bagnole ou le refus de prendre le temps de vivre
Pour compléter mon billet de lundi dernier sur la banlieue, je ne peux résister à l’envie de vous confier tout le mal que je pense de la sacro-sainte voiture.
Je déteste les bagnoles. Je déteste les bagnoles. Encore une fois : je déteste les bagnoles ! Et je vais vous dire pourquoi. Lire la suite de ce billet »
Le désert de la banlieue
Il est de bon ton de se moquer des banlieusards, de les dépeindre en individus grotesques, conformistes, abrutis par la consommation, etc. (il suffit de revoir Elvis Gratton ou n’importe quel épisode du dessin animé The Simpsons). Par opposition, les habitants des grandes villes seraient si dynamiques, sophistiqués, «branchés»…
Cette critique est superficielle et pleine de clichés. Il est si facile de rire des banlieusards (en oubliant que la moitié de la population du Québec vit en périphérie des villes). Il est plus ardu de critiquer les structures de la banlieue et leur impact socio-affectif… C’est ce que je vais tenter aujourd’hui.
(À tous ceux qui ont élu domicile en banlieue : le texte qui suit comporte des observations et des réflexions qui ne doivent pas être confondues avec des jugements de valeur.) Lire la suite de ce billet »
Vingt ans de capitalisme sauvage
Il y a 20 ans, le mur de Berlin vacillait (la date officielle de sa déconfiture est le 9 novembre 1989).
J’ai découvert hier, dans le site web du journal allemand Der Spiegel, plusieurs photos qui racontent très bien (mieux qu’avec des mots) la construction et la chute du mur de Berlin. Si ça vous intéresse, voyez ces formidables témoignages visuels sur la vie quotidienne en République démocratique allemande (ici et là), sur la construction du mur qui sépara Berlin pendant 28 ans, sur la première brèche dans le Rideau de fer (ce n’est pas à Berlin, mais à la frontière de la Hongrie et de l’Autriche, en août 1989, que l’Histoire a commencé à basculer) et sur les soulèvements populaires qui ont précipité la chute du Mur. Vingt ans plus tard, plusieurs n’ont pas encore digéré la disparition du communisme : d’après un sondage mené en Allemagne, plus de la moitié des anciens citoyens de l’Est sont nostalgiques de leur existence derrière le Rideau de fer…
Ces photos m’ont replongé dans mes souvenirs. Lors de la chute du mur de Berlin, je débutais mes études au cégep. Je voyais mes profs soixante-huitards, qui avaient jadis été membres du Mouvement pour un Québec socialiste ou de groupuscules trotskystes, maoïstes, etc., complètement stupéfaits par les événements qui se déroulaient en Europe centrale. Ils n’en revenaient pas.
À l’automne 1989, il y avait quelque chose de spécial dans l’air. L’Histoire connaissait l’une de ces grandes ruptures qui surgissent une ou deux fois par siècle. Avec l’écroulement de toutes ces dictatures en Europe, il y avait la promesse d’un avenir meilleur. Je me disais que les années 1990 seraient exaltantes.
Je me suis royalement trompé. Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.