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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Révolution tranquille</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Combler un grand vide spirituel</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 11:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme la plupart des Québécois de mon âge (de la Génération X), j’ai grandi dans un désert spirituel.
Mes parents, élevés dans une société ultrareligieuse (le Québec catholique des années 1940 et 1950), ont ensuite rejeté, à partir la Révolution tranquille, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un culte organisé. Ils ne m&#8217;ont traîné de force à l&#8217;église que pour me faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la plupart des Québécois de mon âge (de la Génération X), j’ai grandi dans un désert spirituel.</p>
<p>Mes parents, élevés dans une société ultrareligieuse (le Québec catholique des années 1940 et 1950), ont ensuite rejeté, à partir la Révolution tranquille, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un culte organisé. Ils ne m&#8217;ont traîné de force à l&#8217;église que pour me faire baptiser, pour assister à quelques mariages et funérailles. J&#8217;ai aussi fait ma première communion, sans rien y comprendre.</p>
<p>Dans les écoles de mon enfance et de mon adolescence, au cours des années 1970 et 1980, l&#8217;enseignement religieux était axé sur des activités gnangnan de pastorale : les ti-amis se tiennent par la main et chantent une chanson à la gloire du ti-Jésus. (Cet enseignement a été récemment remplacé par un programme fourre-tout encore plus gnangnan baptisé <a href="https://www7.mels.gouv.qc.ca/DC/ECR/" target="_blank"><em>Éthique et culture religieuse</em></a> : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout se vaut et ne vaut rien, ah les belles religions du monde, et que tous les ti-amis célèbrent en choeur le vivre-ensemble pluraliste citoyen.)</p>
<p>Après mes études, je suis entré dans l&#8217;âge adulte. C&#8217;est-à-dire travailler. Gagner de l&#8217;argent. Consommer. Payer des taxes et des impôts. Se changer les idées pendant les vacances, puis se remettre à travailler comme un débile. Vivre en couple. Fonder une famille. La p&#8217;tite vie&#8230; vide de sens.</p>
<p>Depuis quelques années, je ressens parfois en moi un grand vide spirituel. Je ne trouve presque rien, dans le monde actuel, pour le combler. Et j&#8217;ai pourtant cherché, fouillé, fouiné&#8230;<span id="more-3090"></span></p>
<p><strong>Le magasinage pour l&#8217;âme</strong></p>
<p>Je sais bien que les religions font partie de l&#8217;aventure humaine, qu&#8217;elles sont présentes dans toutes les sociétés, mais personnellement, je n&#8217;y trouve pas grand-chose qui puisse m&#8217;intéresser. Je me méfie de l&#8217;enrégimentement des croyants dans des structures rigides. C&#8217;est le contraire de la liberté et de l&#8217;esprit critique, il me semble.</p>
<p>L’Église catholique, en particulier, me paraît complètement ridicule avec ses bondieuseries et ses reliques morbides. (Le coeur du frère André dans le formol, à l’<a href="http://www.saint-joseph.org/" target="_blank">Oratoire Saint-Joseph</a>&#8230; Ouache !) Et c&#8217;est une Église à la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/10/le-baiser-colombin/" target="_self">morale étouffante, hypocrite au possible</a>.</p>
<p>La seule chose qui puisse me séduire dans l’univers religieux, c’est l’art. J’aime bien la musique sacrée, par exemple ; du Jean-Sébastien Bach à l’orgue d’église, je trouve ça beau. Mais mon sentiment est plus esthétique que spirituel.</p>
<p>En de rares occasions, un roman, un film ou une oeuvre d’art contemporaine réussissent à m’apporter quelque chose sur le plan spirituel. Par exemple, et pour m’en tenir à des Québécois que j&#8217;ai découvert ces dernières années, j&#8217;ai été secoué par les films de <a href="http://www.coopvideo.ca/membres/bernard-emond.fr" target="_blank">Bernard Émond</a> et par plusieurs essais de l&#8217;écrivain <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/15/le-bonheur-excessif/" target="_self">Pierre Vadeboncoeur</a>, qui actualisent des valeurs humanistes et spirituelles. Une pensée malheureusement peu courante dans le Québec actuel.</p>
<p>Je n&#8217;ai aucun atome crochu avec la spiritualité Nouvel Âge à la carte, ces assemblages de croyances dans les anges, les cristaux, les astres, etc., avec des emprunts superficiels aux religions orientales. Pour moi, c&#8217;est l&#8217;équivalent métaphysique d&#8217;une séance de magasinage dans un centre commercial «où l&#8217;on trouve de tout».</p>
<p>J&#8217;aime mieux me promener dans les cimetières (notamment dans le <a href="http://www.cimetierenddn.org/" target="_blank">cimetière Notre-Dame-des-Neiges</a>, sur le mont Royal), ce qui m&#8217;incite à réfléchir sur l&#8217;au-delà, quand est-ce qu&#8217;on me mettra dans le trou, etc. Et ça me plaît d&#8217;imaginer ce que je pourrais faire inscrire sur ma tombe. J&#8217;hésite entre trois épitaphes : «Si j&#8217;avais su, j&#8217;aurais pas venu», «C&#8217;est ça qui est ça» et «Vers un nouveau paradigme»&#8230; <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Blague à part&#8230; Compte tenu de la géographie du Québec, c&#8217;est peut-être dans la nature sauvage que je peux trouver le plus aisément de quoi nourrir ma vie spirituelle. Lorsque je fais de longues marches en forêt, ou quand je consacre des journées entières à la pêche au beau milieu d&#8217;un lac perdu, je suis dans les meilleures dispositions pour décrocher du train-train quotidien et réfléchir au sens de la vie (et de la mort).</p>
<p><strong>Ah, l&#8217;amour&#8230;</strong></p>
<p>Le Québec d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est qu&#8217;une bête société de consommation. Une société déspiritualisée. Par exemple, la fête de Noël est devenue une orgie commerciale, elle a beaucoup perdu de sa dimension spirituelle.</p>
<p>Le sens du sacré n’a pas disparu au Québec, il s’est déplacé dans des activités de consommation : les dépenses démesurées pour les cadeaux à Noël, pour les chocolats à Pâques, etc. La religion catholique a été remplacée par la religion cathodique (la télévision), la Sainte Famille a été détrônée par la <a href="http://reponses.qctop.com/pourquoi-appelle-t-on-le-club-de-hockey-les-canadiens-de-montreal-la-sainte-flanelle.html" target="_blank">Sainte Flanelle</a> (les Canadiens de Montréal), et la mégastar planétaire Céline Dion fait de l&#8217;ombre à la Vierge Marie en tombant enceinte de jumeaux sans avoir eu de relation charnelle avec son mari.</p>
<p>Je disais plus haut que je ne trouve presque rien, dans le monde actuel, pour combler mon besoin de spiritualité. J&#8217;ai écrit «presque» parce qu&#8217;il existe encore une activité spirituelle qui puisse me (et vous) faire vibrer. Un phénomène inouï qui nous fait oublier tous nos petits tracas, qui transcende complètement le métro-boulot-dodo, qui nous procure une formidable énergie, qui nous fait apprécier à fond la vie qui nous a été donnée. Un événement si intense qu&#8217;il nous entraîne au plus profond de nous-mêmes tout en nous propulsant vers l’absolu.</p>
<p>Vous avez peut-être deviné de quoi je parle&#8230;</p>
<p>Cette activité spirituelle, c’est tomber en amour. Séduire et être séduit(e).</p>
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		<title>Pour ou contre la Saint-Valentin : le débat se poursuit</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/02/11/pour-ou-contre-la-saint-valentin/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/02/11/pour-ou-contre-la-saint-valentin/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 13:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
(Le texte ci-dessous commente un billet publié le 10 février 2010 dans le blogue des Éditions de l’Homme par Geneviève Parent, sexologue clinicienne, sexoanalyste et psychothérapeute, auteure de L’intimité harmonieuse.)
Chère Geneviève Parent,
Votre billet me donne terriblement envie d&#8217;exposer ma vision des relations hommes-femmes au Québec et le rôle joué par la Saint-Valentin. Je vais tenter de m&#8217;exprimer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>(Le texte ci-dessous commente un <a href="http://editionshomme.qc.ca/2010/02/10/pour-ou-contre-la-saint-valentin-le-debat-se-poursuit/" target="_blank">billet publié le 10 février 2010 dans le blogue des Éditions de l’Homme par Geneviève Parent</a>, sexologue clinicienne, sexoanalyste et psychothérapeute, auteure de <a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=343247" target="_blank"><em>L’intimité harmonieuse</em></a>.)</p>
<p>Chère Geneviève Parent,</p>
<p>Votre billet me donne terriblement envie d&#8217;exposer ma vision des relations hommes-femmes au Québec et le rôle joué par la Saint-Valentin. Je vais tenter de m&#8217;exprimer le plus clairement possible. Je dis bien «tenter», parce qu&#8217;il me semble toujours difficile de décrire notre concentré national de contradictions et de paradoxes. (J&#8217;ai essayé du mieux que j&#8217;ai pu dans le livre <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=343247" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</a></em>, mais je n&#8217;ai pas la prétention d&#8217;avoir fait le tour de la question, ni d&#8217;avoir épuisé le sujet.)<span id="more-1841"></span></p>
<p>J&#8217;ai une meilleure compréhension des relations hommes-femmes au Québec depuis que j&#8217;ai saisi à quel point les Québécois francophones constituent un peuple d&#8217;extrémistes. Je ne parle pas ici d&#8217;extrémisme idéologique ou politique, par exemple d’extrême-gauche ou d&#8217;extrême droite (sur le plan politique, les Québécois sont plutôt centristes tendance progressiste, pragmatiques, avec un souci marqué pour le consensus démocratique). Quand j&#8217;utilise le mot «extrémistes» pour qualifier les Québécois, je veux dire par là qu&#8217;ils passent très aisément d&#8217;un extrême à une autre. Je dirais même que nous sommes les champions du monde de la table rase, du bébé jeté avec l’eau du bain, de l’éternel recommencement.</p>
<p>Pour s’en convaincre, il suffit de prendre la mesure des immenses changements survenus dans la société québécoise depuis la Révolution tranquille, soit depuis 1960. Ainsi, en seulement un demi-siècle&#8230;</p>
<ul>
<li>D’un mode de vie essentiellement rural, nous sommes passés à un mode de vie essentiellement urbain.</li>
<li>De fanatiques religieux se mortifiant dans la pauvreté, nous sommes devenus les plus zélés des athées et des obsédés du confort domestique.</li>
<li>D’une économie axée sur l’extraction des ressources naturelles (monsieur au champ ou en forêt, madame qui éduque à la maison ce qui deviendra la main-d’oeuvre de demain), nous sommes passés à une société de surconsommation axée sur les services. Et la surconsommation a tout envahi, y compris l&#8217;amour. On peut aujourd’hui magasiner son partenaire amoureux dans les sites web ou les agences de rencontre. L’amour est un argument marketing et le sexe un produit.</li>
<li>D’un mode de vie communautaire (familles nombreuses, vie de village et de quartier), nous sommes passés à un mode de vie individualiste : aujourd’hui, le tiers des ménages est composé d’une personne vivant seule. La proportion de familles de six personnes et plus a fondu, de près de 30 % en 1951 à seulement 1,8 % en 2001.</li>
<li>La rencontre amoureuse a énormément changé. Depuis la libération des moeurs des années 1960-1970, il n’y a plus d’obstacles ou presque, et l’encadrement social a disparu. Aujourd’hui, les occasions de rencontre sont très nombreuses. En théorie, on peut séduire ou draguer quasi n’importe quand et n’importe où. Dans les faits, cette liberté provoque beaucoup de gêne : quand on a trop de latitude, on ne sait pas quoi en faire&#8230; Quand il n’y a plus d’interdits, il n’y a plus rien d’excitant&#8230; Quand personne ne nous encadre, ne nous guide, on ne sait par quoi commencer&#8230; On a souvent un manque de confiance en soi, une peur d’aller vers les autres.</li>
<li>Avant 1960, l&#8217;individu était au service du couple ou de la famille. De nos jours, le couple est au service de l&#8217;individu. La vie en couple doit assurer le bonheur individuel des partenaires, elle doit effacer leurs blessures du passé et leur garantir un avenir heureux. À la moindre instatisfaction, le couple éclate.</li>
</ul>
<p>La totale liberté d&#8217;aimer que n&#8217;ont pas connue nos ancêtres nous impose de construire notre amour, car il n&#8217;y a personne pour le faire à notre place. Or les Québécois semblent encore désorientés par l’ampleur des changements sociaux, politiques, économiques, culturels, etc., survenus en seulement 50 ans (et je n’ai pas parlé des impacts du féminisme, de la pornographie, de la précarité d’emploi, de la crise écologique&#8230;), ils parviennent difficilement à construire du solide.</p>
<p>Les Québécois, en fait, ne savent plus quoi faire de leur liberté&#8230; sauf revendiquer toujours plus de liberté ; la rupture avec le passé est devenue une valeur en soi et la liberté une fuite en avant. Les Québécois font constamment table rase, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">tout en se montrant incroyablement ambivalents face à l&#8217;avenir</a>. Cette attitude insouciante ouvre la porte aux pires niaiseries : relativisme absolu (tout se vaut et ne vaut rien), pensée magique, nivellement par le bas, loi du moindre effort, sectes et Nouvel Âge, pseudo sciences (de l’éducation, de la gestion&#8230;), anti-intellectualisme, infantilisme, bons sentiments, morale gnangnan&#8230;</p>
<p>Dans ce contexte, la Saint-Valentin m’apparaît une fête ultracommerciale, très éloignée de sa signification initiale (<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/02/01/histoire-saint-valentin-1/" target="_self">que j’ai documentée dans un billet</a>), et aussi une nouvelle norme sociale : au royaume de l’individu triomphant axé sur les résultats, il faut «réussir» sa Saint-Valentin, tout comme on «réussit» sa carrière, ses vacances et ses REER !</p>
<p>La Saint-Valentin <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/02/09/celibataires-saint-valentin-quebec/" target="_self">est devenue un conformisme</a>. Dans une société comme le Québec, cruellement en manque de repères, cette supposée fête des amoureux est en fait une norme sociale tyrannique. Comme si l’on nous disait, sur un ton qui ne supporte pas la réplique : «Vous DEVEZ absolument être en couple ou rencontrer quelqu’un pour la Saint-Valentin. Autrement, votre vie est ratée !»</p>
<p>Je crois plutôt que nous devrions réapprendre à nous rencontrer, à tout moment de l&#8217;année. Aussi, nous devrions cesser d’évaluer la vie de couple avec des critères de performance, cesser d&#8217;exiger la perfection et la satisfaction immédiate. Comme vous le dites dans votre billet, «la personne idéale ne viendra pas sonner à ma porte car elle n’existe pas.»</p>
<ul>
<li>Tous nos <a href="http://ladrague.qc.ca/tag/saint-valentin/" target="_self">billets sur la Saint-Valentin</a></li>
</ul>
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		<title>Il est né le divin célibataire</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 10:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans quelques jours, ce sera Noël. Et Noël célèbre la naissance du célibataire endurci le plus influent en Occident : Jésus de Nazareth.
On oublie souvent à quel point le christianisme fut une révolution dans les relations hommes-femmes. Auparavant, le couple existait, le mariage était une institution importante, mais la fidélité n&#8217;était pas un incontournable (surtout pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><a href="http://media.photobucket.com/image/j%25C3%25A9sus/leelee93_photo/VirginMaryWithBabyJesusSonofGod.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-1480" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/12/jesus.jpg" alt="" width="108" height="162" /></a>Dans quelques jours, ce sera Noël. Et Noël célèbre la naissance du célibataire endurci le plus influent en Occident : Jésus de Nazareth.</p>
<p>On oublie souvent à quel point le christianisme fut une révolution dans les relations hommes-femmes. Auparavant, le couple existait, le mariage était une institution importante, mais la fidélité n&#8217;était pas un incontournable (surtout pour les hommes, qui ne se gênaient pas pour aller voir ailleurs&#8230;), et les comportements sexuels étaient variés, de la copulation gênée dans le noir jusqu&#8217;aux parties de jambes en l&#8217;air les plus olé-olé.</p>
<p>La doctrine de Jésus a complètement bouleversé cet ordre des choses.<span id="more-1461"></span></p>
<p>En théorie, le Christ prêche l&#8217;amour : «aimez-vous les uns les autres». En pratique, il ne favorise pas les relations hommes-femmes : «L&#8217;enseignement de Jésus de Nazareth est celui d&#8217;un célibataire qui s&#8217;adresse à des célibataires ou à des hommes qui ont pour lui délaissé leurs femmes», souligne l&#8217;historien Jean-Claude Bologne dans son <em>Histoire du célibat et des célibataires </em>(Hachette Littératures, 2007). «S&#8217;il y a autour d&#8217;eux des femmes — Marie de Magdala est la plus connue —, elles n&#8217;interviennent ni dans la prédication, ni dans l&#8217;organisation spirituelle, et encore moins dans la vie sentimentale du Christ et de ses apôtres.»</p>
<p>Les premiers chrétiens n&#8217;ont pas mis de temps à manifester une obsession pour le mariage à vie, avec l&#8217;obligation de fidélité, et l’exigence de la chasteté dans toutes les autres situations de l’existence. Ce mode de vie austère surprenait beaucoup à l&#8217;époque — ça ne s&#8217;était jamais vu, sauf chez quelques sectes. Même la sexualité dans le mariage était suspecte aux chrétiens ; dans leur esprit, ce qui se passe sous les couvertures n’a pour fonction que la reproduction, la famille, pas le plaisir.</p>
<p>Il a fallu plusieurs siècles aux Églises chrétiennes pour imposer l’idéal du couple-marié-uni-pour-la-vie, au fil d’un long processus de répression des comportements de séduction et des pulsions sexuelles. Le christianisme a réussi à modifier les mentalités, mais il n&#8217;est pas parvenu à domestiquer complètement les comportements — au Moyen Âge comme à notre époque, le voeu de chasteté des membres des ordres religieux est un sujet de controverse.</p>
<p>Faut-il rappeler que pendant 425 ans, du premier voyage de Jacques Cartier jusqu&#8217;à la mort de Maurice Duplessis, le Québec a été très, très marqué par le christianisme ? Une société de fondamentalistes, de fous de Dieu. Dans les années 1960, le rejet de l’Église a été radical, et depuis cette date l&#8217;institution religieuse est discrète, mais l&#8217;influence du christianisme est encore visible. Quand je vois des célibataires rêver d’une relation-pour-la-vie exclusive et fusionnelle, je vois un héritage de l’idéal chrétien (et aussi, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/12/02/mefiez-vous-du-grand-amour/" target="_self">comme je le souligne dans un billet précédent, une influence du romantisme manière XIXe siècle</a>). Et j&#8217;ai noté <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/10/le-baiser-colombin/" target="_self">dans un autre billet sur le christianisme</a> que des comportements typiques d’une société marquée au fer rouge par l’Église sont encore visibles de nos jours au Québec (surtout chez les hommes) : peur des femmes, silence, repli sur soi, culpabilité… Des comportements que l’on observe aujourd&#8217;hui chez des jeunes qui n’ont pourtant pas connu le Québec ultrareligieux d’avant la Révolution tranquille.</p>
<p style="text-align: center;">*****</p>
<p>Sur ces mots, je vous souhaite un excellent Noël, une bonne et heureuse année 2010, santé, prospérité, gloire, etc., et surtout de l&#8217;amour ! Tout plein d&#8217;amooouuuur ! (Et un amour réaliste, que l&#8217;on peut vivre concrètement, pas un rêve irrationnel de fée des étoiles ou de prince charmant sur son foutu cheval blanc&#8230;)</p>
<p>Emmanuelle et moi, nous serons en congé de publication dans ce blogue pendant les Fêtes (mais je répondrai aux commentaires et aux courriels, et je serai aussi actif sur <a href="http://twitter.com/jsmarsan" target="_blank">Twitter</a>). Nous vous retrouverons sur le blogue au début du mois de janvier.</p>
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		<title>Les relations hommes-femmes pendant la Révolution tranquille</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 09:08:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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À l’époque du «Maître chez nous», de la pilule contraceptive et du déclin de la pratique religieuse, les Québécois devaient draguer avec une belle assurance, croit-on.
J’ai mis la main sur un petit livre daté de 1965 qu’une de mes amies a déniché dans une vente de garage : La Canadienne française et l&#8217;amour ou l&#8217;homme [...]]]></description>
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<p>À l’époque du «Maître chez nous», de la pilule contraceptive et du déclin de la pratique religieuse, les Québécois devaient draguer avec une belle assurance, croit-on.</p>
<p>J’ai mis la main sur un petit livre daté de 1965 qu’une de mes amies a déniché dans une vente de garage : <em>La Canadienne française et l&#8217;amour ou l&#8217;homme démystifié</em>, par le journaliste Pierre Léger (Les Éditions du Jour). La préface est signée par nul autre que le psychiatre Camille Laurin, qui s’illustrera 12 ans plus tard en pilotant la Loi 101.<span id="more-1394"></span></p>
<p>Sollicitées par Pierre Léger, 146 femmes, principalement des 15-40 ans, avaient accepté de répondre à un questionnaire sur les hommes. Les résultats sont peu favorables à ces messieurs&#8230; Pierre Léger écrit : «la quasi-unanimité des témoignages laisse supposer qu&#8217;il existe chez le mâle canadien-français une peur profonde de la femme, et que cette peur se traduit souvent par un comportement autoritaire ou par des infidélités nombreuses, ou par une fuite dans l&#8217;alcool.»</p>
<p>Les jeunes femmes interrogées par Pierre Léger remarquent que leurs parents ne se parlent pas, ou si peu. Règle générale, les couples d&#8217;avant la Révolution tranquille faisaient l&#8217;amour par devoir conjugal et se sacrifiaient pour leurs nombreux enfants. Enfermés dans cette institution statique qu&#8217;était le mariage, résignés à leur sort.</p>
<p>Ces jeunes femmes des années 1960 devaient avoir une grande envie de flirter en toute liberté, de réinventer la relation de couple, peut-on penser aujourd&#8217;hui. Et pourtant&#8230; Un autre extrait du livre de Pierre Léger : «&#8221;Nous, on croit que l&#8217;amour, c&#8217;est le centre de la vie&#8221;, proclame, au nom d&#8217;un petit groupe de ses compagnes, infirmières comme elle, Jeanne S&#8230;, 22 ans, de Sherbrooke. &#8220;Mais avant de se marier, il faut SORTIR. Voyez-vous, c&#8217;est en SORTANT que vous connaissez les deux côtés de la médaille. Les filles sont encore attachées à l&#8217;image du prince charmant. Elles se réveillent déçues, le lendemain du mariage. Et ça, ce n&#8217;est pas seulement la faute à l&#8217;homme.&#8221;»</p>
<p>La peur des femmes, le repli sur soi&#8230; Le refus de sortir, de faire des rencontres&#8230; L&#8217;espérance du prince charmant&#8230; C&#8217;est le Québec de 1965 et d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
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		<title>Quelques trouvailles (2)</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Pour se mettre dans l’ambiance du Salon du livre de Montréal, qui ouvrira ses portes demain, voici mes premières impressions sur deux nouveautés littéraires québécoises. Deux livres qui approfondissent des thématiques exploitées dans Les Québécois ne veulent plus draguer : la pornographie et la postmodernité.
De la porno à huit ans
Martin Bisaillon et Isabelle Maher, journalistes au [...]]]></description>
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<p>Pour se mettre dans l’ambiance du <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/11/16/salon-du-livre-de-montrealsalon-du-livre-de-montreal" target="_self">Salon du livre de Montréal</a>, qui ouvrira ses portes demain, voici mes premières impressions sur deux nouveautés littéraires québécoises. Deux livres qui approfondissent des thématiques exploitées dans <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer</a></em> : la pornographie et la postmodernité.</p>
<p><strong>De la porno à huit ans</strong><br />
Martin Bisaillon et Isabelle Maher, journalistes au <em>Journal de Montréal</em>, viennent de lancer un petit bouquin aussi succinct que percutant sur l’hypersexualisation des jeunes, <em>Buffet à volonté sur le Web. Enquête sur les ravages du XXX chez nos enfants</em> (Les Intouchables). Les auteurs démontrent, statistiques et témoignages à l’appui, que la consommation de porno débute à un âge toujours plus précoce — parfois dès huit ans ! —, peut devenir une pratique compulsive et provoquer d’énormes problèmes tant sur le plan physique que psychologique.<span id="more-1271"></span></p>
<p>Certains jeunes se lancent dans une sexualité de performance calquée sur le modèle porno, génitalité égoïste et mécanique qui peut devenir agression, viol. D’autres surconsommateurs de porno s’isolent socialement, ne parviennent plus à entrer en relation, n’ont plus de vie sexuelle (outre des marathons de masturbation). Après avoir baigné pendant des années dans un univers parallèle, ces épaves vont de thérapie en thérapie pour tenter de retrouver l’estime d’eux-mêmes et une vie affective normale. Et on ne parle pas ici de «vieux cochons» finis, mais de jeunes de 17 ou de 22 ans qui ont plusieurs années de consommation effrénée de porno à leur actif ! Épeurant&#8230;</p>
<p>Malgré le raz-de-marée porno, l&#8217;âge de la premìère relation sexuelle (15-16 ans) n&#8217;a pas bougé depuis dix ans au Québec. Ce qui laisse croire que le XXX s&#8217;attaque surtout à ce que nous avons de plus précieux : l&#8217;imaginaire. Nos représentations de l&#8217;Autre. Notre vision de l&#8217;amour et de la sexualité.</p>
<p><strong>Le vide de la postmodernité</strong><br />
J’ai été très impressionné par un petit livre consacré au cinéaste québécois Bernard Émond, <em>La perte et le lien. Entretiens sur le cinéma, la culture et la société</em> (Médiaspaul). Le réalisateur de <em>La Neuvaine</em> et de <em>La Donation</em> est longuement interviewé par le critique de cinéma Simon Galiero. Outre ses propos sur ses films documentaires et de fiction, Bernard Émond parle avec beaucoup de pertinence de la médiocrité de nos élites politiques, de l’effondrement de la gauche, de la dégradation du système d&#8217;éducation québécois, de la pauvreté de nos débats, etc.</p>
<p>Il déplore notamment les ravages de la postmodernité. Après la Révolution tranquille, rupture historique qui était sans doute nécessaire, les Québécois ont jeté le bébé avec l’eau du bain en reniant le vieux fond philosophique chrétien qui avait si longtemps structuré leur pensée et leur culture. Cette coupure avec le passé, devenue fuite en avant, a ouvert la porte aux pires niaiseries : relativisme absolu (tout se vaut et ne vaut rien), rectitude politique, pensée magique, nivellement par le bas généralisé, loi du moindre effort, et tant d’autres insignifiances. (Si vous avez vu les films de Bernard Émond, notamment <em>La Neuvaine</em>, vous aurez constaté à quel point ce cinéaste tente de nous reconnecter avec certaines valeurs pré-Révolution tranquille, dans une perspective humaniste — Bernard Émond est non croyant.)</p>
<p><em>La perte et le lien</em> est le genre de bouquin qui permet mieux comprendre les changements très profonds qui ont marqué le Québec depuis la Révolution tranquille, cette perte du passé et cette misère du lien social qui influencent toutes les dimensions de notre existence (y compris les relations hommes-femmes). Notre société a tellement changé&#8230; mais tout laisse croire qu’elle n’a pas évolué pour autant.</p>
<ul>
<li>Cette semaine, ne ratez pas l&#8217;occasion de <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/11/16/salon-du-livre-de-montreal/" target="_self">me rencontrer au Salon du livre de Montréal</a></li>
</ul>
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		<title>Où sont les modèles masculins ? (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/17/modeles-masculins-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 06:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.
Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.</strong></p>
<p>Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? (Je me suis inspiré de l’essai du journaliste montréalais Mathieu-Robert Sauvé, <em>Échecs et mâles. Les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau</em>, Les Éditions des Intouchables, 2005.)</p>
<p>Aujourd’hui, examinons le cas des précurseurs de la Révolution tranquille et des intellectuels.<span id="more-779"></span></p>
<p><strong>Les réformistes tranquilles</strong>. Les Québécois sont fiers de leurs acquis de la Révolution tranquille, qu&#8217;ils aiment opposer aux misères d&#8217;une période qualifiée de «Grande Noirceur». En réalité, le contraste entre les deux époques est moins tranché. Les années 1940-50 ont été agitées par des réformistes avant la lettre, individus frondeurs qui ont préparé le terrain de la modernité. Ils me semblent aussi admirables, sinon plus, que les artisans du développement lors des années 1960.</p>
<p>Paul-Émile Borduas et les signataires de <em>Refus global</em> en 1948, par exemple. Le manifeste <em>Refus global</em> était un acte courageux dans un Québec figé. Le groupe de signataires a malheureusement éclaté, ses membres ont fui diverses tracasseries. Ce fut notamment le cas pour Paul-Émile Borduas : il a perdu son emploi de professeur, sa famille s&#8217;est disloquée, puis il s&#8217;est exilé à New York avant d&#8217;aboutir à Paris où il est mort dans la solitude. Pas exactement un modèle de réussite&#8230;</p>
<p>Le syndicaliste Michel Chartrand, dont les premiers faits d’armes remontent à la fin des années 1930, a beaucoup contribué à la pré-Révolution tranquille, de même que des militants syndicaux, les animateurs de la revue <em>Cité Libre</em> et des artistes, des enseignants et universitaires, etc. La plupart des réformistes des années 1950, rompus aux jeux de coulisses, étaient effacés. La mémoire populaire les a malheureusement occultés — sauf Michel Chartrand, aujourd&#8217;hui nonagénaire, un homme toujours populaire et apprécié des Québécois. Un authentique modèle masculin, d&#8217;autant plus que sa vie de couple et de famille (avec la militante féministe Simonne Monet-Chartrand) est aussi très inspirante.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/photos/5885.html" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-780" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/chartrand.jpg" alt="Michel Chartrand" width="303" height="220" /></a></p>
<p><strong>Les intellectuels</strong>. En 2009, qui sont les intellectuels québécois les plus illustres ? Et quand je dis intellectuel, je pense aux gens qui interviennent régulièrement dans le débat public, qui n’ont pas peur de sortir du champ de leur discipline et qui brassent la cage. Quelques noms me viennent spontanément à l&#8217;esprit : Hubert Reeves, Normand Baillargeon, Gil Courtemanche&#8230; Le débat sur les accommodements raisonnables nous a permis de mieux connaître le philosophe Charles Taylor et l&#8217;historien sociologue Gérard Bouchard. Mes deux intellos préférés : l&#8217;essayiste Pierre Vadeboncoeur, au style lumineux et inimitable, ainsi que l&#8217;écologue Pierre Dansereau (qui fêtera bientôt ses 98 ans).</p>
<p>Certains artistes interviennent régulièrement dans les affaires publiques (mais je traiterai plus spécifiquement des artistes dans un autre billet). Sans oublier tous ceux qui alimentent le débat intello numéro un au Québec (débat qui écrase souvent tous les autres et qui finit par tomber sur les nerfs), celui de la question nationale.</p>
<p>Le principal handicap des intellos québécois : ils sont souvent ridiculisés. Le terme «intellectuel» est carrément péjoratif dans la Belle province, les penseurs n’ont pas de prestige. Ils ne s&#8217;imposent donc pas en modèles à suivre, encore moins en séducteurs.</p>
<ul>
<li>Le billet précédent est consacré <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/16/modeles-masculins-1/" target="_self">aux personnalités politiques et du monde des affaires</a>.</li>
<li>Dans le prochain billet de la série : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/21/modeles-masculins-3/" target="_self">les vedettes de la télévision et du sport</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le baiser colombin</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/08/10/le-baiser-colombin/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 06:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire. Nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, <a href="http://www.lucgregoire.com" target="_blank">Luc Grégoire</a>. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre <em><a href="http://www.edhomme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire</a></em>. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.</p>
<p>Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.</p>
<p>Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m&#8217;a stupéfié.<span id="more-403"></span></p>
<p>«En 1957, j’avais 15 ans. Au Collège Jean-de-Brébeuf, alors propriété des jésuites, la classe dans laquelle j’étais eut à faire une retraite fermée de trois jours (peut-être moins, mais cela m’a paru une éternité) sur le baiser colombin. C’est à ce moment-là, je m&#8217;en souviens encore, que j&#8217;ai décroché de la religion catholique.<br />
— Le baiser quoi ?!?, ai-je demandé.<br />
— Colombin. Autrement dit, le <em>french kiss</em> ! Les jésuites nous ont expliqué tous les troubles physiques et les problèmes émotifs que nous ressentirions si nous avions le malheur de nous adonner au baiser avec la langue.»</p>
<p>Les jésuites, la morale catho, 1957&#8230; cela nous semble très lointain. Depuis les années 1960, les Québécois ont massivement «décroché» de l’Église, dit-on. La Révolution tranquille a marqué une rupture radicale avec le Québec d’antan, peut-on lire dans nos manuels d’histoire.</p>
<p>Permettez-moi d’en douter. Je ne suis pas convaincu que les Québécois se soient complètement détachés de la morale religieuse, de ses interdits, de la notion de péché. Des comportements typiques d’une société marquée au fer rouge par l’Église sont encore visibles aujourd’hui (surtout chez les hommes) : peur des femmes, silence, repli sur soi, culpabilité&#8230; Des comportements que l&#8217;on observe chez les jeunes, qui n&#8217;ont pourtant pas connu le Québec ultrareligieux d&#8217;avant la Révolution tranquille.</p>
<p>Les Québécois, castrés pour l’éternité par le christianisme ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://envers-des-mots.skyblog.com" target="_blank"><img class="size-full wp-image-404 aligncenter" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/oratoirestjoseph.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal" width="426" height="301" /></a></p>
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		<title>À tout prendre, les deux chats sont dans le même sac</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 22:10:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans mon billet de ce matin sur le film québécois J’ai tué ma mère, j’ai cité deux films québécois des années 1960, À tout prendre et Le chat dans le sac. Dans une réponse à un commentaire sur mon billet, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/" target="_self">Dans mon billet de ce matin sur le film québécois <em>J’ai tué ma mère</em></a>, j’ai cité deux films québécois des années 1960, <em>À tout prendre</em> et <em>Le chat dans le sac. </em>Dans une <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/#comment-53" target="_self">réponse à un commentaire sur mon billet</a>, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai vus et revus je ne sais combien de fois lorsque je fréquentais le cégep et l’université (je suivais des cours sur le cinéma, j’étais un cinéphile compulsif tendance fétichiste). À l&#8217;UQAM,  j’avais même rédigé une petite analyse comparative des deux oeuvres.</p>
<p>Dans la soirée, j’ai repensé à ce travail universitaire. Où l’avais-je foutu ? (Car je conserve tout.) J’ai fouillé dans mes archives. J’ai dû rallumer un vieil ordinateur, le secouer un peu&#8230; et j’ai retrouvé mon document Word pondu pour un cours sur le cinéma à l&#8217;UQAM, intouché depuis 1993 ou 1994 ! Je l’ai relu et, ma foi, je l’ai trouvé assez bon. J’ai entrepris de le réécrire (il y avait des coquilles, et le style était trop académique&#8230;), de le coder en HTML et de le <a href="http://pages.mlink.net/~jsm/A_tout_prendre_Le_chat_dans_le_sac.html" target="_blank">publier dans mon site web personnel</a>. (Vive le contenu culturel gratuit sur Internet !)</p>
<p>Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre deux films des années 1960 et les relations hommes-femmes dans le Québec des années 2000. Justement, il y a un lien : les personnages masculins d’<em>À tout prendre</em> et du <em>Chat dans le sac</em>, trentenaires urbains en pleine errance existentielle, malhabiles avec les femmes, égocentriques et névrosés, incapables de s&#8217;engager, me semblent très actuels. On croirait les ancêtres des <em><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/les_invincibles/2009/" target="_blank">Invincibles</a></em> (le sens de l’humour en moins).</p>
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