Articles avec le tag ‘Relations hommes-femmes’
Les cafés de l’amour débarquent au Québec
Les 18, 19 et 21 mai, j’animerai des cafés de l’amour avec l’auteure française Bénédicte Ann. Ça se déroulera comme un café philo, mais on parlera d’amour !
La Parisienne Bénédicte Ann, «coach amoureux» et auteure du livre Le prochain, c’est le bon ! (Albin Michel), a inventé lors de la Saint-Valentin 2004 le concept du café de l’amour. Dans l’esprit des cafés philo, entre le salon littéraire et l’atelier de développement personnel, il s’agit d’éclairer la relation amoureuse à travers différents perspectives : développement personnel, psychologie, philosophie, sociologie, psychanalyse, etc., pour présenter au plus grand nombre des approches qui aident à aimer et à être aimé.
Quand Bénédicte m’a approché, il y a quelques semaines, pour organiser une petite tournée québécoise, j’ai tout de suite dit oui. Après Paris, Bruxelles, Luxembourg, Montreux, Monaco, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Nantes, Montpellier et Marseille, il était temps d’exporter le Café de l’amour à Québec, Montréal et Trois-Rivières ! Lire la suite de ce billet »
Au revoir et merci
Chers lecteurs, chères lectrices,
J’ai décidé aujourd’hui de cesser d’animer le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer, complément au livre du même nom publié par Les Éditions de l’Homme.
Depuis quelques temps, je manque de temps, d’énergie et d’inspiration pour bloguer, car je dois me consacrer à d’autres projets.
Et puis ma comparse Emmanuelle a dû cesser de bloguer il y a plusieurs mois déjà.
Il est donc temps de tourner la page.
Depuis l’été 2009, vous avez été nombreux à lire régulièrement ce blogue et à commenter les billets. Je vous en remercie de tout coeur. Nos échanges ont considérablement fait évoluer ma vision des relations hommes-femmes au Québec.
Je tiens aussi à remercier l’équipe des Éditions de l’Homme pour sa confiance, sa générosité, et pour le support technique.
Ce n’est qu’un au revoir…
Romantisme et cinéma québécois (2)
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
J’ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (La femme de l’hôtel, Anne Trister, À corps perdu), des personnages qui n’ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d’amour.
Qui a tiré sur nos histoires d’amour ?, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d’animation de l’Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, consacré au personnage mythologique de Narcisse. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l’errance existentielle qui débouche sur le suicide (Sonatine de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l’affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part. Lire la suite de ce billet »
Romantisme et cinéma québécois
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n’y trouve pas de grandes histoires d’amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l’aura sulfureuse.
Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre). Lire la suite de ce billet »
Réédition numérique
Un peu plus d’un an après sa première édition papier, le livre Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) est désormais disponible en version électronique, sur le site web de l’éditeur et sur Jelis.ca, une boutique de livres numériques francophones.
Bonne lecture !
Le mariage d’amour a échoué
Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le dernier essai de l’écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d’amour ne fonctionne pas. L’amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d’amour, c’est une lubie.
Avant de vous exposer mon point de vue en m’appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.
- De l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d’un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l’espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l’amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait hors mariage, dans l’adultère, le concubinage et la prostitution.
- Au XXe siècle, l’institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D’un côté, une nouvelle mentalité romantique s’est imposée : un mariage heureux, c’est un mariage d’amour, avec quelqu’un librement choisi par sentiment. D’autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.
- Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l’émergence d’un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au party sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l’exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d’amour s’est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)
Aujourd’hui, le mariage d’amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d’une divinité, qu’il est devenu, comme le bonheur, l’alpha et l’oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d’inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.» Lire la suite de ce billet »



Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.