Articles avec le tag ‘Question nationale’

Le 20 mai 1980

 

Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l’avenir.

Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.

Pierre Vadeboncoeur (mon intellectuel québécois préféré) a écrit dans les années 1970 que «l’échec du projet d’indépendance ne serait que le commencement d’une fin à n’en plus finir». C’est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l’américaine, déclin de l’usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé… Tout le portrait du Québec d’aujourd’hui, y compris dans les relations hommes-femmes.

Oui, non, je ne sais plus

 

Lundi dernier, j’ai écrit un petit billet sur la seductio interruptus (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple…), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.

Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une liste de phrases types prononcées par les Québécois lorsqu’ils rencontrent une créature du sexe opposé, puis s’installent en couple. Avec, pour chaque déclaration, ce que monsieur pense mais ne dit point.

Ces comportements ambivalents sont typiquement québécois. Je ne connais pas d’autre peuple qui cultive autant l’ambiguïté, qui soit aussi hésitant, souvent confus. Ce n’est pas que les Québécois soient menteurs ou faux jetons, ça non. Ils privilégient le respect, la tolérance, la justice. Ils savent se montrer généreux et solidaires (par exemple avec la communauté haïtienne dévastée par le terrible séisme de mardi dernier). Mais quand il s’agit de leur propre destinée, ils peuvent se montrer incroyablement indécis, équivoques.

J’y repensais cette semaine en me disant que la question nationale y est sûrement pour quelque chose. Ce n’est pas la première fois que j’y songe. Il en est d’ailleurs question dans notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer…, mais brièvement. Nous n’avions pas envie d’écrire sur la politique.

Cette semaine, donc, je réfléchissais à tout ça. Je me suis dit que je devrais, même si ça me semble a priori un exercice pénible, essayer de creuser les liens entre la question nationale et le refus de la drague au Québec. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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