Articles avec le tag ‘Québec’

Quelques trouvailles (14)

 

Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.

Sexe et littérature. L’universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l’édition contemporaine, a lancé l’été dernier Sexe et littérature aujourd’hui (La Musardine), tour d’horizon de la sexualité et de l’érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.

En 1989, le roman Le boucher d’Alina Reyes a donné un nouveau souffle à la littérature érotique au féminin. Mais dans les années 1990 et 2000, le porno-chic a tout contaminé. En y ajoutant les confessions autobiographiques à n’en plus finir d’auteurs qui baisent pour baiser et ne savent plus aimer, le portrait de la littérature osée des 20 dernières années est peu ragoûtant : violence gratuite, complaisance, tristesse, solitude, désabusement. Olivier Bessard-Banquy retient quand même quelques auteurs de talent : Alina Reyes et sa description du désir charnel, Françoise Rey et la sensualité de La femme de papier, la réflexion sur la relation sadomasochiste de Vanessa Duriès (Le Lien), Catherine Millet pour le style clinique de La vie sexuelle de Catherine M., la critique du désordre amoureux de Michel Houellebecq (Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires), la rhétorique d’Alain Soral dans Sociologie du dragueur, les gauloiseries de Michel Polac dans son Journal, la spontanéité d’Anna Rozen (Plaisir d’offrir, joie de recevoir), la noirceur de Nelly Arcan (Putain) et les romans de gare d’Esparbec (pseudonyme de Georges Pailler).

Personnellement, la littérature osée contemporaine me semble trop trash, elle manque cruellement d’humour, d’imagination et de sentiments. J’ai l’impression que personne n’a dépassé la grivoiserie des poètes coquins du Moyen Âge, la pornographie du marquis de Sade, la critique sociale de Balzac et le romantisme du XIXe siècle. Si vous avez envie de vous échauffer l’âme et les sens avec les lettres françaises, les classiques vous procureront probablement plus de sensations fortes que les derniers succès de librairie… Lire la suite de ce billet »

La Fédération des femmes du Québec se perd en Afghanistan

 

Avez-vous vu sur YouTube la série de clips vidéo de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) pour promouvoir la prochaine Marche mondiale des femmes ? Le clip sur l’hypersexualisation et le droit des femmes de décider de leur corps est original, humoristique. Celui sur l’aide sociale et le salaire minimum ne manque pas de punch.

En revanche, la vidéo sur les droits des autochtones est ennuyante, et le clip antimilitariste n’a aucune pertinence ni subtilité. Ce dernier clip a d’ailleurs été dénoncé par la mère d’un soldat décédé en Afghanistan, ce qui a provoqué une polémique hier dans les médias (voir les articles de Radio-Canada.ca et du Soleil, le reportage de TVA-LCN et le commentaire de Jean-Luc Mongrain).

Cette vidéo met en scène une femme qui a perdu un fils militaire en Afghanistan. La mère éplorée prépare le sac de sa fille récemment engagée dans les forces armées, y dépose une arme de gros calibre, et déclare : «Avoir su qu’en donnant la vie j’allais fournir de la chair à canon, je n’aurais peut-être pas eu d’enfants.» Ce propos est très exagéré, ridicule. Comme si tous les jeunes, au Canada, étaient conscrits pour aller se faire massacrer sur un champ de bataille… Lire la suite de ce billet »

La Crise d’octobre 1970, les hommes et les femmes

 

Il y a 40 ans éclatait la Crise d’octobre 1970. Les discussions sur ce chapitre de notre histoire ont repris de plus belle à la fin du mois de septembre, notamment à la suite de l’émission de Radio-Canada Tout le monde en parlait. Des journaux ont publié des témoignages, des analyses, etc. Et l’écrivain Louis Hamelin a récemment lancé un roman inspiré des événements d’octobre 1970, La constellation du Lynx, qui ajoute une autre dimension au débat. Ce n’est pas tous les jours que la devise «Je me souviens» prend tout son sens, il faut en profiter !

Du point de vue les-Québécois-ne-veulent-plus-vous-savez-quoi, avez-vous remarqué à quel point les membres du Front de libération du Québec (FLQ) n’étaient pas très charismatiques ? Leur doctrine était peu sophistiquée, mal articulée. Ils avaient un look peu inspirant avec leurs chemises à carreaux et leurs cheveux gras. Ils n’étaient pas du tout sexy. Nous sommes loin de l’aura de Che Guevara, de l’envergure intellectuelle de Lénine, de la fougue oratoire de Danton ou de la sagesse de Gandhi…

Lorsqu’on compare les moyens et les procédés du FLQ avec d’autres organisations terroristes nationalistes (par exemple celles des Palestiniens, l’Armée républicaine irlandaise, l’ETA en Espagne, le séparatisme corse, etc.), ce n’est pas reluisant. Les felquistes étaient une bande d’amateurs. Ces soi-disant révolutionnaires ont complètement échoué dans leur entreprise. Après les événements de 1970, personne n’a voulu poursuivre leur action clandestine.

En somme, les felquistes n’avaient rien pour devenir des modèles, des icônes. La seule image forte que nous conservons du FLQ, en fait, c’est la lecture de son Manifeste à la télévision de Radio-Canada (un texte bien rédigé, avec un style percutant). Lire la suite de ce billet »

L’amour en chansons

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, j’ai fait de l’insomnie. Pour m’occuper, je me suis posé une question : quelles sont les plus belles chansons d’amour interprétées par des Québécois ? Les classiques, pas les dernières niaiseries à la mode…

Voici mes choix (très subjectifs).

Bozo de Félix Leclerc (1951), portrait d’un amoureux pathétique.

La Manic de Georges Dor (1966), complainte d’un déraciné.

Suzanne (1967) et autres chansons mélancoliques de Leonard Cohen.

Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie de Diane Dufresne (1973), pour son humour. 

Offenbach interprétant L’hymne à l’amour d’Édith Piaf (1975), pour l’originalité et l’intensité de l’adaptation.

Je reviendrai à Montréal de Robert Charlebois (1976), pour se marier avec l’hiver.

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Message d’intérêt public à toutes les caissières du Québec

 

Dans plusieurs commerces que je fréquente, des caissières (et parfois des caissiers, mais ce sont le plus souvent des femmes qui travaillent aux caisses) ont l’habitude de m’accueillir avec un «Bonjour, ça va bien ?» C’est un phénomène relativement nouveau, on ne me posait pas cette question il y a quelques années.

Je déteste me faire poser cette question en public. À chaque fois, ça me met mal à l’aise.

Cette question est trop directe, trop personnelle, d’autant plus qu’elle est formulée à la deuxième personne du singulier (cette manie, au Québec, de dire «tu» à tout ce qui bouge). Entre inconnus, ce premier contact est saugrenu. On n’interpelle pas n’importe qui en lui disant «Toi, ça va bien ?», ça n’a aucun sens.

Quand une caissière me dit «Bonjour, ça va bien ?», je réponds  forcément «Oui» pour être aimable, même si en vérité, ce jour-là, je ne vais pas bien. Si je réponds «Non», je vais créer un malaise (j’ai déjà répondu «Non» à une caissière, juste pour voir quel effet ça ferait, et effectivement je l’ai mise dans l’embarras). Je n’ose pas imaginer quelle gêne je provoquerais en répondant «Je vais très mal, ma vie est un enfer»… Lire la suite de ce billet »

Le retour du slow

 

La dernière fois que j’ai vu des jeunes danser un slow, c’était dans les années 1980.

«Le déclin du slow est lié à celui du bal, et à l’avènement de la disco dans les années 70», remarque un spécialiste de la sociologie des danses de couple, Christophe Apprill. Les vagues house, rap et techno des années 1980-1990 ont fortement contribué à faire du slow une danse has been. La chanson d’amour et la ballade rock, supports du slow, n’ont pourtant pas disparu du paysage musical…

Pour s’assurer de pouvoir danser en couple, il faut aujourd’hui apprendre le tango ou autres danses «ethniques», qui sont complexes et pratiquées par une minorité de gens. Le slow, pour sa part, est si facile à exécuter, à la portée de tous, parfaitement démocratique. Et pendant une soirée aux lumières tamisées, un slow permet de flirter, de faire les premiers pas…

Le slow est-il mort ? Dans les années 1990, j’aurais répondu que oui. Mais aujourd’hui, quelques indices laissent croire qu’il pourrait renaître de ses cendres. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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