<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Polytechnique</title>
	<atom:link href="http://ladrague.qc.ca/tag/polytechnique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://ladrague.qc.ca</link>
	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
	<lastBuildDate>Mon, 10 Oct 2011 19:43:32 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>La domination masculine</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/01/25/la-domination-masculine/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/01/25/la-domination-masculine/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 13:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[La domination masculine]]></category>
		<category><![CDATA[Polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Yvon Dallaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=1754</guid>
		<description><![CDATA[uel]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Hier soir, j’ai visionné le très attendu film documentaire <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank"><em>La domination masculine</em></a> du cinéaste français Patric Jean, qui a été tourné en partie au Québec. Voici mes commentaires et réflexions, en vrac (je tâcherai de ne pas répéter ce que l’on peut lire dans les médias depuis la sortie du film au Québec le 22 janvier).</p>
<p>Le propos du film, pro-féministe, soutient que le patriarcat demeure dominant, que l’égalité homme-femme n’est pas encore atteinte et que nous assistons à un ressac antiféministe (au Québec, ce ressac s&#8217;exprimerait depuis le massacre de Polytechnique, selon plusieurs féministes interrogées par Patric Jean). Le sujet du film est clair et net, mais peu nuancé. Un cours Féminisme 101 très condensé, en quelque sorte.</p>
<p>Alterner entre la France et le Québec, dans un film pro-féministe, c’est délicat. Les deux sociétés sont tellement différentes&#8230; De ce côté-ci de l&#8217;Atlantique, les Françaises de la séance de <em>speed dating</em> paraissent terriblement conservatrices — dans la salle de cinéma montréalaise où je me trouvais dimanche soir, c’était la consternation.</p>
<p>De la même manière, je crois que les Françaises seraient consternées de voir les Québécoises draguer avec autant d&#8217;aplomb des hommes au mieux ambivalents, au pire sans aucune assurance. (À quand un film documentaire sur le sujet ? <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> )</p>
<p><span id="more-1754"></span></p>
<p><em>La domination masculine</em>, que l’on décrit partout comme un documentaire «à thèse», me semble plutôt un long reportage. Un documentaire «à thèse» doit articuler un discours d’une manière originale et très rigoureuse pour forcer le spectateur à remettre en question les données initiales d’un problème. Pour demeurer dans l’optique féministe, le célèbre film <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=1094" target="_blank"><em>Mourir à tue-tête</em></a> d’Anne-Claire Poirier (1979) renverse le regard sur le viol pour le faire subir au spectateur, met en scène une fiction dans une fiction, lesquelles sont prolongées par des scènes documentaires et didactiques. Le tout pour soutenir une thèse et, en bout de ligne, inciter le spectateur à voir le phénomène du viol d’un oeil neuf.</p>
<p>Le film de Patric Jean, pour sa part, souffre d’une structure molle, ne présente pas toutes les pièces à conviction (le film ne dit mot sur la pornographie, pourtant un excellent exemple de domination masculine), n’offre presque pas de recul historique (un petit résumé de l’histoire du féminisme au XXe siècle aurait été très utile), ses images d’archives ne sont pas identifiées ni datées, etc. Toutes les scènes du film, considérées isolément, sont pertinentes (et percutantes) : les stéréotypes sexistes des jouets et livres pour enfants, la retouche numérique d’une photo de femme nue, le spectacle d’une danseuse devant une bande de morons roteux du samedi soir, des victimes de violence conjugale, le massacre de Polytechnique, etc., mais l’ensemble est mal articulé. Quels sont les liens entre ces scènes ? Est-ce qu&#8217;il y a des relations de cause à effet ? Pas clair.</p>
<p>De plus, le leitmotiv des photos d’objets phalliques n’apporte aucune information et n’éclaire en rien le discours du film. La finale, où le cinéaste assemble un collage de photos tirées du film, est décevante (à sa place, j&#8217;aurais conclu en reprenant la première scène du film, celle du gars qui croit qu&#8217;il deviendra plus mâle en se faisant allonger le pénis par chirurgie). On en reste à un survol des enjeux actuels du féminisme&#8230; et on aurait aimé en savoir plus, obtenir une analyse plus poussée — par exemple, lier le ressac antiféminisme à d’autres mouvements néoconservateurs.</p>
<p>L’une des scènes les plus mémorables du documentaire est bien sûr le chapelet de déclarations haineuses d’une série d’hommes québécois : «le féminisme est un crime contre l&#8217;humanité», «il y a plus d&#8217;hommes victimes de violence conjugale que de femmes», «les comparaisons avec le régime stalinien et le régime fasciste sont évidentes», et j’en passe. Des propos totalement aberrants.</p>
<p>Mais il est déplorable que le cinéaste ait inséré dans cette scène quelques mots du psychologue et sexologue Yvon Dallaire (citations si brèves et incompréhensibles qu’elles paraissent ésotériques). Yvon Dallaire n’est pas un extrémiste. Il s’intéresse à la condition masculine, il pose un regard critique sur le féminisme et la société québécoise, mais ce n’est pas un individu qui soutient un discours haineux. Au contraire, il plaide sincèrement pour la fin de la guerre des sexes. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses dires, je ne suis pas un fan inconditionnel de ses livres (qui sont parfois trop psycho-pop à mon goût), mais je les ai tous lus, ses livres, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">je l’ai rencontré en personne</a>, et je le répète : rien à voir avec les hommes victimaires et revanchards que l&#8217;on peut voir dans <em>La domination masculine</em>.</p>
<p>Enfin, il est regrettable que les personnes interviewées dans le film ne soient pas identifiées (sauf dans le générique de fin, mais qui prend la peine de lire attentivement les génériques ?). Identifier les gens à l’écran, à leur première apparition, aurait facilité la compréhension.</p>
<ul>
<li>Le <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank">site web officiel du film</a>.</li>
<li>Le <a href="http://patricjean.blogspot.com" target="_blank">blogue du cinéaste</a>.</li>
<li>Quelques critiques : dans <em><a href="http://www.ledevoir.com/culture/cinema/281600/au-coeur-du-ressac" target="_blank">Le Devoir</a></em>, <em><a href="http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/10559-au-dela-de-la-controverse.html" target="_blank">La Presse</a></em> et <a href="http://www.journalmetro.com/culture/article/429814--la-domination-masculine-la-femme-une-menace" target="_blank"><em>Métro Montréal</em></a>.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/01/25/la-domination-masculine/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>10</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Polytechnique, ultime horreur d’une décennie pourrie</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/12/07/polytechnique-decennie-pourrie/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2009/12/07/polytechnique-decennie-pourrie/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 09:07:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Années 1980]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Salon du livre de Montréal]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=1366</guid>
		<description><![CDATA[
Dimanche dernier, c&#8217;était les 20 ans de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal. J&#8217;ai vu des gens déposer des fleurs dans le parc qui commémore les événements tragiques du 6 décembre 1989, j&#8217;ai lu beaucoup de témoignages et d&#8217;analyses dans les médias, j&#8217;ai pris part à des discussions, etc.
Parmi toutes les interprétations de l&#8217;événement, il y en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.aapq.org/fiches_projets/MCR_RMG_Nef14reines.html" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-1381" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/12/poly.jpg" alt="" width="113" height="260" /></a></p>
<p>Dimanche dernier, c&#8217;était les 20 ans de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal. J&#8217;ai vu des gens déposer des fleurs dans <a href="http://www.aapq.org/fiches_projets/MCR_RMG_Nef14reines.html" target="_blank">le parc qui commémore les événements tragiques du 6 décembre 1989</a>, j&#8217;ai lu beaucoup de témoignages et d&#8217;analyses dans les médias, j&#8217;ai pris part à des discussions, etc.</p>
<p>Parmi toutes les interprétations de l&#8217;événement, il y en a une qui m&#8217;a surpris&#8230; et qui ne m&#8217;a pas convaincu du tout : Polytechnique serait «la» cassure dans l&#8217;histoire des relations hommes-femmes au Québec, il y aurait un «avant» et un «après» 6 décembre 1989. (<a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/12/03/001-polytechnique-theatre2.shtml" target="_blank">C&#8217;est par exemple l&#8217;opinion du comédien et dramaturge Gilbert Turp</a>, auteur d’une pièce de théâtre inspirée du massacre de Polytechnique.)</p>
<p>Affirmer qu’il y a un «avant» et un «après» Polytechnique, c’est laisser entendre que c’était mieux (ou moins pire) «avant». Vraiment ? La cohabitation hommes-femmes était donc si agréable au Québec avant le 6 décembre 1989 ?<span id="more-1366"></span></p>
<p>Je ne veux surtout pas minimiser le traumatisme de Polytechnique. Dans l’histoire récente du Québec, il n’y a pas d’événements aussi violents et aussi misogynes. Mais il ne faudrait pas oublier que pendant toute la décennie 1980, les relations hommes-femmes se dégradaient sans cesse : en réaction à l’émancipation sexuelle des années 1960-70, un nouveau célibat avait commencé à s’imposer au début des années 1980 ; en opposition aux mouvements collectifs des années 1960-70, un nouvel individualisme narcissique prenait de l’ampleur.</p>
<p>De plus, le virus de l&#8217;immunodéficience humaine (VIH) avait été formellement identifié par la communauté scientifique en 1983. Lorsque l’opinion publique a pris conscience de la menace du sida, c’était la panique, toutes sortes de rumeurs circulaient. Je me rappelle très bien que des gens refusaient de s’embrasser par crainte d&#8217;attraper le VIH ! Pas exactement une ambiance propice à la rencontre et à l&#8217;amour&#8230;</p>
<p>Au milieu des années 1980, les relations hommes-femmes étaient misérables au Québec et rien ne permettait de croire à une éventuelle amélioration. Replacés dans ce contexte, les 14 assassinats sexistes de Polytechnique me semblent l’ultime horreur, la confirmation absolue que les années 1980 furent pourries, minables, nulles à chier. Polytechnique n’est donc pas le déclenchement d’une crise, un événement qui démarque clairement un «avant» et un «après», plutôt une effroyable violence qui a exacerbé une régression amorcée plusieurs années auparavant.</p>
<p>Qu’en pensez-vous ?</p>
<ul>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/tag/polytechnique/" target="_self">Tous mes billets sur Polytechnique</a></li>
<li>Polytechnique, 20 ans après : les articles de <em><a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200912/05/01-928237-polytechnique-20-ans-deja.php" target="_blank">Cyberpresse</a></em>, du <em><a href="http://www.ledevoir.com/motcle/ecole-polytechnique-de-montreal/" target="_blank">Devoir, </a></em>de <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/12/04/005-polytechnique20ans-accueil.shtml" target="_blank">Radio-Canada</a> et de <em><a href="http://sisyphe.org/spip.php?breve1436" target="_blank">Sisyphe.org</a></em>.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2009/12/07/polytechnique-decennie-pourrie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Marc Lépine : quand Radio-Canada s&#8217;en mêle</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/11/30/marc-lepine-radio-canada/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2009/11/30/marc-lepine-radio-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 08:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les hommes]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Radio-Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=1329</guid>
		<description><![CDATA[ 
Le week-end dernier, j’ai été très désagréablement surpris de découvrir que Radio-Canada venait de consacrer des reportages exclusifs à un site web faisant l&#8217;apologie de&#8230; Marc Lépine. Oui, Marc Lépine, le sinistre auteur du massacre de Polytechnique le 6 décembre 1989 !
Un individu a créé un site web en hommage à Marc Lépine, site au discours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Le week-end dernier, j’ai été très désagréablement surpris de découvrir que Radio-Canada venait de consacrer des <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/11/27/001-polytech-lepine-masculinistes.shtml" target="_blank">reportages exclusifs</a> à un site web faisant l&#8217;apologie de&#8230; Marc Lépine. Oui, Marc Lépine, le sinistre auteur du massacre de Polytechnique le 6 décembre 1989 !</p>
<p>Un individu a créé un site web en hommage à Marc Lépine, site au discours haineux qui renferme des menaces de violence, nous apprend Radio-Canada. Ah bon ? A-t-on appelé la police ? Mais où est la nouvelle ? Et où est l&#8217;exclusivité ? Ce site web sur Marc Lépine existe depuis un bout de temps, j&#8217;étais déjà tombé dessus. Des sites web aux propos extrémistes, il en existe une quantitié innombrable. Sur le Web, toutes sortes d’extrémistes s’agitent : des néo-nazis, des racistes, des homophobes, des poseurs de bombes, des amateurs de théories du complot, etc. Lorsque les médias en parlent, c’est généralement pour déplorer l&#8217;existence de ce genre de contenu, ah dans quel monde débile vivons-nous, etc.</p>
<p>Mais là, on ne rigole plus : un site web faisant l’apologie de Marc Lépine a eu droit à des reportages de Radio-Canada, rien de moins ! Au secours !<span id="more-1329"></span></p>
<p>Il faut se rappeler qu’à Radio-Canada règne un journalisme dit objectif, d’inspiration anglo-saxonne : les faits, les faits et rien que les faits, en imposant une neutralité idéologique totale. Un journaliste radio-canadien n’a pas le droit d’exprimer un point de vue, de défendre une thèse, d’élaborer un discours, il doit s’en tenir à la minutieuse description des faits. Ce qui nous donne des reportages irréprochables sur le plan factuel, mais désincarnés, qui manquent souvent d’empathie et d’esprit critique. (La Société Radio-Canada est tellement obsédée par l’objectivité que ses journalistes vont jusqu’à chronométrer le temps d’antenne consacré aux partis politiques pendant les campagnes électorales, pour s’assurer que tous les partis soient traités équitablement et que rien ne laisse croire que le média ait le début de l&#8217;ombre d’une opinion politique&#8230;)</p>
<p>Lorsqu&#8217;un média dit sérieux traite de manière «objective» le discours d’un extrémiste, c&#8217;est-à-dire avec le plus de neutralité possible, en accordant autant d&#8217;importance au pour et au contre, en équilibrant soigneusement les opinions de chacun, ce média met cet extrémiste sur un même pied d&#8217;égalité que des personnalités et des organismes modérés, respectables, crédibles, solides. Il s’agit d’un traitement journalistique irresponsable qui donne une visibilité disproportionnée à un discours disjoncté qui n’a aucune légitimité. Dans le cas qui nous intéresse, c’est exactement le comportement de Radio-Canada ce week-end : notre média public a fait le jeu d&#8217;un site web qui prône la violence, qui alimente délibérément la guerre des sexes (et la crise de la rencontre amoureuse), en donnant la parole à son auteur comme s&#8217;il était un individu crédible, respectable.</p>
<p>Pour mieux me faire comprendre, voici un exemple fictif. Supposons que je décide de mon propre chef, sans appartenir à quelque organisation ou groupuscule que ce soit, de grimper au sommet d’un gratte-ciel pour déployer une pancarte géante où l&#8217;on peut lire : «Mort aux féministes» (ou «Mort aux Juifs», ou «Mort aux nègres», ou n&#8217;importe quel discours haineux). Qu&#8217;est-ce qui va m&#8217;arriver ? Dix minutes après avoir installé ma pancarte à la vue de tous, la police et les médias seront à mes trousses. Les policiers vont m&#8217;arrêter. Les journalistes vont capter des images, recueillir des informations, et j’aurai droit à mon petit moment de gloire médiatique. Au nom de la sacro-sainte objectivité, les journalistes vont prendre soin de contacter la Fédération des femmes du Québec (ou le Congrès juif, ou la Ligue des Noirs, ou n&#8217;importe quel organisme établi qui pourra condamner mon geste). Les reportages des médias seront construits de la manière suivante : 1) un individu a déployé au sommet d’un gratte-ciel une pancarte géante avec un message haineux ; 2) voici les réactions outrées des individus et organismes concernés. Et les journalistes accorderont autant d’importance à 1) qu’à 2) ! Ça peut paraître dingue, mais c’est ainsi que bien des journalistes travaillent (surtout ceux qui alimentent l’information continue), comme des robots.</p>
<p>En exhibant au sommet d&#8217;un gratte-ciel une pancarte géante «Mort aux féministes», j&#8217;aurais autant de visibilité médiatique qu’une porte-parole de la Fédération des femmes du Québec, par exemple. Et pourtant, je ne représenterais personne d’autre que moi, que mon délire haineux.</p>
<p>Depuis vendredi dernier, Radio-Canada accorde une formidable visibilité à un individu marginal qui utilise le web pour glorifier Marc Lépine. Ce gars doit actuellement être mort de rire d&#8217;avoir obtenu une publicité gratuite sur les plateformes de Radio-Canada (radio, télévision, Internet). Le travail de Radio-Canada a ensuite été synthétisé par l’agence La Presse Canadienne (qui alimente de nombreux médias partout au pays), ce qui a donné une seconde vie à Marc Lépine.</p>
<p>Devant un site web faisant l’apologie de Marc Lépine (ou de Hitler, ou de Pol Pot, ou du meurtre, ou de la haine misogyne, ou de la pédophilie, ou du terrorisme, etc.), on ne peut rester objectif, neutre, impartial, en alternant les faits et opinions de tous les intervenants, comme si l’on réalisait le compte rendu d’un débat parlementaire ou un reportage sur un match de hockey. Devant un délire haineux, le traitement journalistique traditionnel est inopérant, incapable de prendre la juste mesure des enjeux. De deux choses l&#8217;une : soit les médias dénoncent carrément ce genre de site web (en appelant la police s’il le faut), soit ils l&#8217;ignorent — devant l’imbécilité, le mépris est souvent la meilleure arme.</p>
<p><strong>P. S.</strong> <em>J&#8217;ai écrit ce billet (cette montée de lait, plus précisément) dimanche dernier. Je l&#8217;avais titré «Marc Lépine : quand Radio-Canada dérape». Lundi après-midi, en me relisant, je me suis rendu compte que le titre était un peu fort de café. Je l&#8217;ai donc modifié. (L&#8217;équipe de Radio-Canada n&#8217;a pas dérapé, elle a travaillé comme elle a l&#8217;habitude de le faire&#8230; et c&#8217;est cela qui pose problème.)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2009/11/30/marc-lepine-radio-canada/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>C&#8217;était en 1989</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/11/09/1989/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2009/11/09/1989/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 06:09:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Condition masculine]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Affaire Daigle-Tremblay]]></category>
		<category><![CDATA[Chute du mur de Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Draguer]]></category>
		<category><![CDATA[Égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Corneau]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Malaise]]></category>
		<category><![CDATA[Polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Séduire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=1228</guid>
		<description><![CDATA[ 

Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. 
Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <br />
<a href="http://www.aapq.org/fiches_projets/MCR_RMG_Nef14reines.html" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1238 alignleft" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/11/polytechnique.jpg" alt="L'un des 14 tertres commémorant les victimes du massacre de Polytechnique" width="108" height="182" /></a><br />
Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. </p>
<p>Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois avant le traumatisme de Polytechnique : l&#8217;affaire Daigle-Tremblay et la première publication de <em>Père manquant, fils manqué</em>. Des événements qui ont durablement influencé les relations hommes-femmes au Québec.<span id="more-1228"></span></p>
<p>Pendant l&#8217;été, <strong>l&#8217;affaire Daigle-Tremblay</strong> battait son plein. Chantal Daigle était cette jeune femme qui avait quitté un partenaire violent, Jean-Guy Tremblay, alors qu&#8217;elle était enceinte de 18 semaines. Elle avait décidé d&#8217;interrompre sa grossesse, mais Jean-Guy Tremblay s&#8217;y opposait ; le 26 juillet, il a obtenu en Cour d&#8217;appel du Québec une injonction empêchant son ex-conjointe d&#8217;aller de l&#8217;avant malgré un jugement historique de la Cour suprême en 1988 (l&#8217;arrêt Morgentaler) stipulant que l&#8217;avortement n&#8217;était plus un geste criminel au Canada. Situation complètement dingue : Chantal Daigle était devenue la seule femme au Canada ne pouvant avoir recours à l&#8217;avortement, sous peine d&#8217;amende et d&#8217;emprisonnement ! Les pro-vie et pro-choix s&#8217;affrontaient quotidiennement ou presque. L&#8217;affaire a tenu le pays en haleine jusqu&#8217;au 8 août, lorsque la Cour suprême du Canada a levé l&#8217;injonction du tribunal québécois. Chantal Daigle s&#8217;était réfugiée secrètement à Boston pour obtenir une interruption volontaire de grossesse.</p>
<p>L&#8217;affaire Daigne-Tremblay fut un choc pour tous ceux qui croyaient que le corps d&#8217;une femme appartient de plein droit à la principale intéressée, et qui croyaient aussi que le principe de l&#8217;égalité hommes-femmes obtenu de haute lutte par les féministes était un acquis définitif. (Jean-Guy Tremblay, pour sa part, reviendra dans l&#8217;actualité judiciaire au cours des années 1990-2000 : il sera reconnu coupable de plusieurs cas de violence conjugale.)</p>
<p>L&#8217;année 1989 fut aussi celle de la publication de <em><strong>Père manquant, fils manqué</strong></em>, du psychanalyste <a href="http://www.editions-homme.com/ficheAuteur.aspx?codeaut=CORN1003" target="_blank">Guy Corneau</a>. Un ouvrage-choc qui a permis aux Québécois de prendre conscience de la condition masculine. En 1989, grâce à Guy Corneau, la réalité des hommes était enfin devenue un sujet de discussion pour les médias, des spécialistes, des chercheurs, etc., et le grand public  (tout comme le Québec s&#8217;était intéressé de près, dans les années 1970-80, à la condition féminine).</p>
<p>Et le 6 décembre se produisait le massacre de Polytechnique. Il y a 20 ans, donc, trois événements médiatisés à l&#8217;extrême, trois secousses sismiques sur le terrain des relations entre les sexes.</p>
<p>Sans oublier la <strong>chute du mur de Berlin</strong>, survenue il y a exactement 20 ans aujourd&#8217;hui. Cet événement a consacré l&#8217;écroulement des idéologies d&#8217;extrême-gauche et laissé toute la place à une nouvelle conception de la vie en société qui, on s&#8217;en rendra compte au fil des ans, n&#8217;est pas des plus excitantes pour la rencontre amoureuse : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/22/vingt-ans-de-capitalisme-sauvage/" target="_self">le néolibéralisme</a>.</p>
<p>En songeant à l&#8217;actualité tourmentée au Québec en 1989, je me pose plusieurs questions sur les relations hommes-femmes. Avons-nous progressé depuis 20 ans ? Ou régressé ? Quand j&#8217;observe le triste état de la séduction et de la drague au Québec, je suis perplexe&#8230;</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2009/11/09/1989/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

