Articles avec le tag ‘Politique’

Quand on ne s’intéresse pas à la politique…

 

La semaine dernière, j’ai écrit un billet sur l’immigration. J’ai envie de poursuivre cette réflexion politique (parce que l’immigration, c’est politique) en vous confiant ce que je pense de la relation entre le peuple et le gouvernement québécois actuel, celui du Parti libéral et du premier ministre Jean Charest.

Vous avez tous constaté à quel point le gouvernement libéral de Jean Charest est plongé dans une crise sans précédent, avec ces rumeurs de corruption généralisée. La population est scandalisée.

Moi, ce qui m’étonne, c’est que les citoyens se scandalisent… Lire la suite de ce billet »

Lettre aux immigrants

 

Chers concitoyens venus d’ailleurs pour vivre parmi nous,

Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.

J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu… disons… bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.

La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c’est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n’est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par le repli sur la vie privée, par l’individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.

Les Québécois privilégient les relations sociales directes. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l’autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal. Lire la suite de ce billet »

Les «habitants»

 

Pour compléter mon billet de lundi dernier sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec, voici une petite réflexion sur l’importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.

Il était une fois…

Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français se sont retrouvés isolés. Les nouveaux colonisateurs anglais exerçaient désormais le pouvoir politique, dominaient l’économie, le commerce, les grands axes de communication, en somme tous les échanges avec l’extérieur.

Aux Canadiens français, il restait leur langue, leur clergé, la possession du sol et leur démographie galopante (la fameuse «revanche des berceaux»). Les francophones n’exerçaient de pouvoir réel que dans leur milieu immédiat, sur leurs terres, ce qui a fait d’eux un peuple de paysans. Leur vie était essentiellement familiale, leur milieu social était souvent limité au village. Ils se qualifiaient eux-mêmes d’«habitants», ce qui veut tout dire.

Tandis que les Anglais dominaient le monde, les échanges, les voyages, etc., les Canadiens français se repliaient sur leur vie privée. Lire la suite de ce billet »

Funeste Lucien Bouchard

 

Depuis deux semaines, il est de retour. Lucien Bouchard, l’ex-imposteur en chef.

Le 16 février, il s’est permis des commentaires désobligeants sur le Parti Québécois et sur la souveraineté. Ce n’était pas la meilleure nouvelle du jour, mais bon, un ancien dirigeant du PQ a droit à ses opinions politiques (et à ses rancunes).

Une semaine plus tard, le 23 février, il est réapparu dans le débat public, cette fois pour prôner un dégel des frais de scolarité à l’université. Il s’est alors montré sous le visage que nous connaissons trop bien. Celui du grand démolisseur du Québec. De l’austérité morbide. De l’avenir bouché.

Des médias commentaient encore hier le propos de Lucien Bouchard sur le financement des universités, comme si c’était une grande révélation. Je n’en peux plus… Ça me rappelle tant de mauvais souvenirs. J’ai l’impression de replonger dans l’atmosphère noire, noire, noire des années qui ont suivi le référendum de 1995.

C’était il y a 15 ans… Lire la suite de ce billet »

Oui, non, je ne sais plus

 

Lundi dernier, j’ai écrit un petit billet sur la seductio interruptus (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple…), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.

Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une liste de phrases types prononcées par les Québécois lorsqu’ils rencontrent une créature du sexe opposé, puis s’installent en couple. Avec, pour chaque déclaration, ce que monsieur pense mais ne dit point.

Ces comportements ambivalents sont typiquement québécois. Je ne connais pas d’autre peuple qui cultive autant l’ambiguïté, qui soit aussi hésitant, souvent confus. Ce n’est pas que les Québécois soient menteurs ou faux jetons, ça non. Ils privilégient le respect, la tolérance, la justice. Ils savent se montrer généreux et solidaires (par exemple avec la communauté haïtienne dévastée par le terrible séisme de mardi dernier). Mais quand il s’agit de leur propre destinée, ils peuvent se montrer incroyablement indécis, équivoques.

J’y repensais cette semaine en me disant que la question nationale y est sûrement pour quelque chose. Ce n’est pas la première fois que j’y songe. Il en est d’ailleurs question dans notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer…, mais brièvement. Nous n’avions pas envie d’écrire sur la politique.

Cette semaine, donc, je réfléchissais à tout ça. Je me suis dit que je devrais, même si ça me semble a priori un exercice pénible, essayer de creuser les liens entre la question nationale et le refus de la drague au Québec. Lire la suite de ce billet »

Où sont les modèles masculins ? (1)

Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.

Le système éducatif québécois, à la garderie et à l’élémentaire, est féminisé — voyez notre entrevue à ce sujet avec le psychologue et sexologue Yvon Dallaire. Le père manquant (ou manqué) est un thème omniprésent dans la réalité québécoise (voyez par exemple les statistiques sur les familles monoparentales) et dans notre imaginaire (la littérature, le théâtre, les téléromans, le cinéma, la publicité, etc.). Certains vont jusqu’à soutenir que les Québécois — les hommes, s’entend — se complaisent dans l’échec.

Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles pour les hommes ? Quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? (Je me suis inspiré de l’essai du journaliste montréalais Mathieu-Robert Sauvé, Échecs et mâles. Les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau, Les Éditions des Intouchables, 2005.)

Je classe ces personnalités masculines par secteurs d’activité. Débutons par la politique et les affaires. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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