<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Politique</title>
	<atom:link href="http://ladrague.qc.ca/tag/politique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://ladrague.qc.ca</link>
	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
	<lastBuildDate>Mon, 10 Oct 2011 19:43:32 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Peuple ingrat</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2011/05/03/peuple-ingrat/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2011/05/03/peuple-ingrat/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 03 May 2011 16:48:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=4032</guid>
		<description><![CDATA[(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)
En novembre dernier, j’ai écrit un billet sur la politique provinciale québécoise où je posais la question suivante : existe-t-il au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)</strong></p>
<p>En novembre dernier, j’ai écrit <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/16/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique-2/" target="_self">un billet sur la politique provinciale québécoise</a> où je posais la question suivante : existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?</p>
<p>Ce billet a provoqué des réactions négatives, j’ai reçu de nombreux courriels de lecteurs très mécontents. J&#8217;ai eu le sentiment d&#8217;être allé trop loin&#8230; Quelques jours plus tard, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/18/toutes-mes-excuses/" target="_self">j’ai présenté mes excuses</a>.</p>
<p>En ce lendemain d’élections fédérales, j’ai changé d’idée. Je regrette d’avoir présenté mes excuses. Non, il n’existe pas au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois. Nous avons fait la preuve hier que nous sommes nuls, nuls, nuls !<span id="more-4032"></span></p>
<p>Que l’électorat québécois <a href="http://elections.radio-canada.ca/elections/federales2011/2011/05/02/049-quebec-vague-npd-deroute-bloc.shtml" target="_blank">ait élu tous ces candidats inexpérimentés du Nouveau Parti démocratique</a> (NPD) comme on succombe à une nouvelle mode, je n’en reviens pas. C’est un comportement complètement irrationnel.</p>
<p>Que les électeurs québécois <a href="http://elections.radio-canada.ca/elections/federales2011/2011/05/03/003-duceppe-bloc-defaite.shtml" target="_blank">aient congédié presque toute l’équipe du Bloc québécois</a>, je n’en reviens pas itou. Gilles Duceppe («un des plus remarquables chefs de parti politique à avoir oeuvré à Ottawa», <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/boisvert/2011/05/03/requiem-pour-un-politicien-droit/" target="_blank">souligne aujourd’hui un chroniqueur</a>) n’a rien fait pour mériter ça. Il était compétent, intègre, dévoué, tout comme ses députés. Aujourd&#8217;hui, nous n&#8217;avons plus de nationalistes québécois pour nous représenter à Ottawa.</p>
<p>Le chroniqueur politique <a href="http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/la-grande-evasion/8852/" target="_blank">Jean-François Lisée a écrit, à propos de la vague NPD qui a déferlé sur le Québec</a> : «Il y a de l’espièglerie dans la décision de l’électorat. Un sentiment d’école buissonnière. D’enfreindre des règles. De bousculer les usages. Une prise de liberté. Un écart, qu’on croit bénin, qu’on peut se permettre.» Espièglerie mon oeil. C’est de l’immaturité, tout simplement.</p>
<p>Cette désinvolture devant la politique, ce manque total de cohérence et de sens stratégique&#8230; comportements typiquement québécois. <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">J’en ai déjà parlé ici</a>.</p>
<p>Ce qui s&#8217;est passé le 2 mai 2011, c&#8217;est une énième mise en veilleuse du nationalisme québécois. Le refus, encore une fois, de s&#8217;affranchir, de grandir et de mûrir. Ça ne peut pas ne pas avoir de répercussions sur la sphère intime&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2011/05/03/peuple-ingrat/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Toutes mes excuses</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/18/toutes-mes-excuses/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/11/18/toutes-mes-excuses/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 17:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Parti libéral du Québec]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=3839</guid>
		<description><![CDATA[ 
Toutes mes excuses pour le ton de mon billet de mardi dernier sur la politique québécoise, qui m’a valu des commentaires négatifs et plusieurs courriels de protestation. Je regrette d&#8217;avoir écrit la phrase «Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?» et d’avoir laissé entendre que tous les gens qui ont voté pour le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Toutes mes excuses pour le ton de <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/16/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique-2/" target="_self">mon billet de mardi dernier sur la politique québécoise</a>, qui m’a valu des commentaires négatifs et plusieurs courriels de protestation. Je regrette d&#8217;avoir écrit la phrase «Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?» et d’avoir laissé entendre que tous les gens qui ont voté pour le Parti libéral de Jean Charest n’ont aucune culture politique.</p>
<p>Mon billet était un peu confus. Ce que je voulais exprimer, en fait, c’était ma consternation devant le <em>buzz</em> médiatique créé par la pétition en ligne réclamant la démission du premier ministre. Après la politique-spectacle, voici la pétition-spectacle&#8230; (Nous avons aussi une commission d’enquête-spectacle, la Commission Bastarache sur le processus de nomination des juges.) Notre vie politique est un gros <em>show</em>, elle manque vraiment de sérieux. Et ça me décourage.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/11/18/toutes-mes-excuses/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand on ne s&#8217;intéresse pas à la politique&#8230; (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/16/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique-2/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/11/16/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2010 19:34:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Charest]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Parti libéral du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=3794</guid>
		<description><![CDATA[ 
Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?
C’est la question que je me pose depuis hier soir, lorsque j’ai appris qu’une pétition sur Internet réclamant la démission du premier ministre Jean Charest recueillait rapidement des dizaines de milliers de signatures (il y en avait plus de 73 000 aujourd’hui à midi, rapporte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?</p>
<p>C’est la question que je me pose depuis hier soir, lorsque j’ai appris qu’une pétition sur Internet réclamant la démission du premier ministre Jean Charest recueillait rapidement des dizaines de milliers de signatures (il y en avait plus de 73 000 aujourd’hui à midi, <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/11/16/001-petition-demission-charest.shtml" target="_blank">rapporte Radio-Canada</a>).</p>
<p>Cette pétition est ridicule. Elle ne sert à rien, sauf à se défouler et occulter les enjeux de fond. <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/05/17/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique/" target="_self">Comme je le soulignais en mai dernier dans ce blogue</a>, il fallait réfléchir avant de voter pour le Parti libéral du Québec. Permettez que je me cite moi-même (hé oui, je suis fier de mon billet sur la politique) :<span id="more-3794"></span></p>
<p style="padding-left: 30px;">Vous vous souvenez de la coalition «Je n’ai pas voté pour ça», en 2003 ? Des représentants des milieux communautaire, altermondialiste, syndical, etc., protestaient contre le nouveau gouvernement de Jean Charest parce que ce dernier ne respectait pas ses promesses électorales et s’était lancé dans une série de mesures régressives (compressions à l’aide sociale, augmentation des tarifs dans les garderies et l’électricité, etc.).</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Je n’ai pas voté pour ça» ? Hé ben si. Les Québécois avaient voté pour les libéraux, donc pour la régression. Il fallait réfléchir avant de voter.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Il y avait même des gens, en 2003, qui brandissaient le slogan «Destituons Patapouf» (Patapouf est le surnom affectueux du premier ministre dans l’intimité). Sans blague, des gens proposaient de destituer un premier ministre démocratiquement élu ! Ça va pas, non ? On ne destitue pas un gouvernement élu dans le respect des règles du jeu. Il fallait réfléchir avant de voter.</p>
<p style="padding-left: 30px;">D’un gouvernement du Parti libéral du Québec, il ne faut jamais s’attendre à grand-chose de constructif. Ce parti n’est qu’une machine à récolter des fonds, à gagner des élections, et, une fois au pouvoir, à remercier les généreux donateurs, à flatter dans le sens du poil le milieu de la finance et le gratin du «Québec inc». C’est un parti au service des gens d’affaires, tout simplement. (Le dernier budget du gouvernement Charest le démontre très bien.)</p>
<p>Les Québécois ne s’intéressent pas à la politique. La seule chose qui les préoccupe, c’est leur confort domestique. On le voit très bien dans le dossier des gaz de schiste : des citoyens en colère s’opposent à l’éventuelle extraction de cette ressource naturelle parce que ça se déroulerait directement dans leur cour, <em>et seulement pour cette raison</em>. Si le gaz de schiste était exploité sur un territoire inhabité, ça laisserait les Québécois complètement indifférents (sauf les écologistes).</p>
<p>L’opposition aux gaz de schiste ne s’inscrit pas dans une conscience écologiste populaire ou dans une réflexion sur l’avenir énergétique du Québec, il s’agit simplement du syndrome «pas dans ma cour». Quand un Québécois s’est acheté une maison de banlieue, avec la pelouse, le garage et toute la quincaillerie, la société n’existe plus pour lui et il n’existe plus pour la société. Il a travaillé fort, il s’est endetté pour se procurer son confort domestique, alors il ne laissera personne creuser des trous dans sa cour pour y puiser du gaz et polluer les environs. C&#8217;est une réaction tout à fait légitime. Mais le problème, c&#8217;est que la réflexion s’arrête là.</p>
<p>Je comprends les résidents de la vallée du Saint-Laurent de s’opposer à l’industrie du gaz de schiste et au gouvernement Charest. Je n’en veux pas, moi non plus, de cette énergie polluante, et je suis bien d’accord avec ceux qui reprochent au gouvernement libéral son manque de transparence dans ce dossier. Mais ces citoyens qui se dressent farouchement contre l’industrie gazière sont les mêmes qui surconsomment une autre énergie fossile très polluante, le pétrole, pour faire rouler leurs sacro-saintes <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/28/la-bagnole/" target="_self">voitures</a>&#8230;</p>
<p>Pendant les dix années qui ont suivi la signature du protocole de Kyoto, de 1997 à 2007, la population du Québec a crû de 5,5 %. Pendant la même période, le nombre d&#8217;automobiles et de camions légers immatriculés dans la province a bondi de 22,4 %, <a href="http://www.ledevoir.com/non-classe/199422/premiere-decennie-de-kyoto-toujours-aussi-dependants-de-la-voiture" target="_blank">a relevé Richard Bergeron</a>, chef du parti municipal Projet Montréal. «Année après année, notre parc automobile s&#8217;accroît de 100 000 véhicules sans que personne ne ressente le besoin ni ne juge pertinent de le souligner», écrit Richard Bergeron, l’un des rares personnages politiques québécois qui ait développé un discours critique sur la voiture. Sa carrière publique sera très difficile, car le confort domestique des Québécois est intouchable, sacré.</p>
<p>La pétition en ligne réclamant la démission du premier ministre a du succès parce qu’elle s’adresse à un peuple qui se complaît dans le confort. Il suffit de la signer <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-1123/index.html" target="_blank">sur le site de l’Assemblée nationale</a>. Quelques clics et on a l’impression de poser un geste citoyen, de faire de la politique. Tout comme on a l’impression d’être séduisant en s’inscrivant sur un site web de rencontre ou d’être une bête de sexe en zyeutant un site porno.</p>
<p>Pourquoi réclamer la démission du premier ministre, aussi détestable soit-il ? S’il quitte ses fonctions, il sera automatiquement remplacé par la vice-première ministre, Nathalie Normandeau. Rien ne va changer, car Nathalie Normandeau est aussi inepte et bornée que Jean Charest (sinon plus).</p>
<p>Réclamer des élections générales au plus vite serait plus efficace sur le plan politique, il me semble. (Je signerais volontiers une pétition à ce sujet.) Mais des élections, c&#8217;est compliqué&#8230; Il y aurait une campagne électorale, des assemblées, des débats&#8230; La population serait confrontée à quelque chose qui ne l’intéresse pas : la politique.</p>
<p>La politique&#8230; Évaluer les partis, les programmes, les enjeux. Choisir entre plusieurs candidats. Faire un effort.</p>
<p>Signer une pétition sur Internet, c&#8217;est si facile pour un peuple paresseux de la politique. Dans la vie privée comme dans la vie publique des Québécois, c’est toujours la loi du moindre effort qui règne.</p>
<ul>
<li>Tous les billets <a href="http://ladrague.qc.ca/tag/politique/" target="_self">sur la politique</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/11/16/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Crise d’octobre 1970, les hommes et les femmes</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/10/04/crise-octobre-1970-hommes-femmes/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/10/04/crise-octobre-1970-hommes-femmes/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2010 11:31:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[Condition masculine]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise d'octobre 1970]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=3460</guid>
		<description><![CDATA[ 
Il y a 40 ans éclatait la Crise d’octobre 1970. Les discussions sur ce chapitre de notre histoire ont repris de plus belle à la fin du mois de septembre, notamment à la suite de l&#8217;émission de Radio-Canada Tout le monde en parlait. Des journaux ont publié des témoignages, des analyses, etc. Et l’écrivain Louis Hamelin a récemment lancé un roman inspiré des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Il y a 40 ans éclatait la Crise d’octobre 1970. Les discussions sur ce chapitre de notre histoire ont repris de plus belle à la fin du mois de septembre, notamment à la suite de l&#8217;émission de Radio-Canada <em><a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/09/14/003-octobre-TLMEP.shtml" target="_blank">Tout le monde en parlait</a></em>. Des journaux ont publié des témoignages, des analyses, etc. Et l’écrivain Louis Hamelin a récemment lancé un roman inspiré des événements d’octobre 1970, <em><a href="http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/constellation-lynx-1766.html" target="_blank">La constellation du Lynx</a></em>, qui ajoute une autre dimension au débat. Ce n&#8217;est pas tous les jours que la devise «Je me souviens» prend tout son sens, il faut en profiter !</p>
<p>Du point de vue les-Québécois-ne-veulent-plus-vous-savez-quoi, avez-vous remarqué à quel point les membres du Front de libération du Québec (FLQ) n&#8217;étaient pas très charismatiques ? Leur doctrine était peu sophistiquée, mal articulée. Ils avaient un look peu inspirant avec leurs chemises à carreaux et leurs cheveux gras. Ils n&#8217;étaient pas du tout sexy. Nous sommes loin de l&#8217;aura de Che Guevara, de l&#8217;envergure intellectuelle de Lénine, de la fougue oratoire de Danton ou de la sagesse de Gandhi&#8230;</p>
<p>Lorsqu&#8217;on compare les moyens et les procédés du FLQ avec d&#8217;autres organisations terroristes nationalistes (par exemple celles des Palestiniens, l&#8217;Armée républicaine irlandaise, l&#8217;ETA en Espagne, le séparatisme corse, etc.), ce n&#8217;est pas reluisant. Les felquistes étaient une bande d&#8217;amateurs. Ces soi-disant révolutionnaires ont complètement échoué dans leur entreprise. Après les événements de 1970, personne n&#8217;a voulu poursuivre leur action clandestine.</p>
<p>En somme, les felquistes n&#8217;avaient rien pour devenir des modèles, des icônes. La seule image forte que nous conservons du FLQ, en fait, c&#8217;est la lecture de son <em>Manifeste</em> à la télévision de Radio-Canada (un texte bien rédigé, avec un style percutant).<span id="more-3460"></span></p>
<p>La débandade des felquistes en 1970 a contribué à l&#8217;image dévalorisante que l&#8217;on se fait du mâle québécois, qui est souvent décrit (à tort ou à raison) comme un velléitaire, un anti-héros, un spécialiste de l&#8217;échec. Québécoises, vous fantasmez sur la figure du «guerrier» ? Vous rêvez d&#8217;un révolutionnaire romantique, d&#8217;un Robin des bois des temps modernes ? Ce n&#8217;est pas dans la Crise d&#8217;octobre que vous le trouverez.</p>
<p>Pendant qu&#8217;une poignée de guérilleros mal dégrossis posait des bombes dans les boîtes aux lettres et revendiquait deux enlèvements politiques, un autre mouvement de révolte contre l&#8217;ordre établi prenait de l&#8217;ampleur, soutenu par une base militante beaucoup plus nombreuse et mieux organisée : le féminisme. «On oublie, semble-t-il, que le seul mouvement révolutionnaire qui ait vraiment produit une petite révolution est le mouvement des femmes», <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/297325/le-manifeste-des-femmes-quebecoises" target="_blank">écrit l&#8217;historienne québécoise Micheline Dumont dans la foulée du 40e anniversaire de la Crise d&#8217;octobre</a>.</p>
<p>De nos jours, les femmes continuent à changer le Québec. Les hommes, eux, se cherchent encore&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/10/04/crise-octobre-1970-hommes-femmes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le 20 mai 1980</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/05/20/le-20-mai-1980/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/05/20/le-20-mai-1980/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 May 2010 14:19:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vadeboncoeur]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Question nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2952</guid>
		<description><![CDATA[ 
Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l&#8217;avenir.
Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.
Pierre Vadeboncoeur (mon intellectuel québécois préféré) a écrit dans les années 1970 que «l&#8217;échec du projet d&#8217;indépendance ne serait que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l&#8217;avenir.</p>
<p>Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.</p>
<p>Pierre Vadeboncoeur (<a href="http://ladrague.qc.ca/tag/pierre-vadeboncoeur/">mon intellectuel québécois préféré</a>) a écrit dans les années 1970 que «l&#8217;échec du projet d&#8217;indépendance ne serait que le commencement d&#8217;une fin à n&#8217;en plus finir». C&#8217;est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l&#8217;américaine, déclin de l&#8217;usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé&#8230; <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/">Tout le portrait du Québec d&#8217;aujourd&#8217;hui, y compris dans les relations hommes-femmes</a>.</p>
<ul>
<li>Dans son édition de ce matin, le quotidien <em>Le Soleil</em> <a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201005/19/01-4282143-il-y-a-30-ans-le-non-ecrasait-le-oui.php" target="_blank">décrit bien le contexte du référendum de 1980</a></li>
<li>Un autre article du <em>Soleil</em> <a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201005/19/01-4282147-les-quebecois-entre-deux-chaises.php" target="_blank">commente un sondage récent sur la question nationale</a></li>
<li>Un billet du <a href="http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/30-ans-apres-le-canada-quossa-donne/3620/" target="_blank">blogueur politique Jean-François Lisée</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/05/20/le-20-mai-1980/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un orgasme pour soigner notre névrose</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/05/19/orgasme-pour-soigner-notre-nevrose/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/05/19/orgasme-pour-soigner-notre-nevrose/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 May 2010 12:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célibat]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Draguer]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Bouchard]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Duplessis]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[René Lévesque]]></category>
		<category><![CDATA[Séduire]]></category>
		<category><![CDATA[Wilhelm Reich]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2919</guid>
		<description><![CDATA[ 
Chers lecteurs et lectrices, continuons à discuter politique (voir mon billet de lundi dernier). Aujourd&#8217;hui, je ressors des boules à mites le psychiatre et psychanalyste d’origine autrichienne Wilhelm Reich (1897-1957). Vous connaissez ?
Dans les années 1920 et 1930, qui marquent une certaine évolution sur le plan sexuel (les «années folles», les femmes qui s’habillent «à la garçonne», l&#8217;invention du stérilet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Chers lecteurs et lectrices, continuons à discuter politique (<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/05/17/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique/">voir mon billet de lundi dernier</a>). Aujourd&#8217;hui, je ressors des boules à mites le psychiatre et psychanalyste d’origine autrichienne <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Reich" target="_blank">Wilhelm Reich</a> (1897-1957). Vous connaissez ?</p>
<p>Dans les années 1920 et 1930, qui marquent une certaine évolution sur le plan sexuel (les «années folles», les femmes qui s’habillent «à la garçonne», l&#8217;invention du stérilet en 1928 et la commercialisation du condom en latex dans les années 1930), Reich affirme que l’on peut soigner les névroses par l’orgasme. Non seulement sur le plan individuel, mais aussi collectif !</p>
<p>Ce juif communiste voit la politique partout, y compris dans les chambres à coucher : pour lui, l’orgasme est un acte politique. Le capitalisme est synonyme de répression sexuelle, et il affirme aussi que les régimes fascistes et staliniens s’expliquent par la frustration sexuelle des populations et des dirigeants concernés.<span id="more-2919"></span></p>
<p>Après avoir fui l’Allemagne en 1933, Reich vit temporairement en Angleterre puis trouve refuge aux États-Unis. Dans l’Amérique puritaine, ses théories sur la sexualité font sursauter. Il mène des expériences de plus en plus ésotériques (notamment avec ce qu’il appelle l’«orgone», une énergie cosmique qui chargerait les tissus vivants lors de l’orgasme). Emprisonné pour fraude, il meurt en prison (d’une crise cardiaque) en 1957.</p>
<p>À la fin des années 1960, le mouvement hippie redécouvre Reich. Les jeunes aux cheveux longs croient dur comme fer qu&#8217;à chaque fois qu&#8217;ils font l&#8217;amour en toute liberté, ils contribuent à une révolution politique.</p>
<p>Il y a quelques années, j’ai vu un film de répertoire inspiré des théories de Reich, <em>W.R., les Mystères de l’organisme</em>, tourné en Yougoslavie en 1971 par le cinéaste Dusan Makavejev. Les scènes de fiction et documentaires soutiennent avec beaucoup d’humour que la libération politique des peuples passe par l’orgasme. Les dictateurs seraient tous des individus extrêmement refoulés, peu importe qu’ils soient de gauche ou de droite (<em>W.R., les Mystères de l’organisme</em> se paie autant la tête de Hitler que de Staline). En voyant ce film, j’ai pensé à la chanson <em>Penis Dimension</em> de Frank Zappa (aussi de 1971), qui clame que les choix de carrière et l&#8217;ambition politique des hommes sont déterminés par la longueur de leur membre viril&#8230; Surtout par les complexes liés à la taille de l&#8217;organe&nbsp;: «Weird, twisted anxieties that could force a human being to have to become a politician&nbsp;! A policeman&nbsp;! A Jesuit monk»&#8230;</p>
<p>Déconnage ? Pas tant que ça. Pensez à la scène politique québécoise. Maurice Duplessis, notre petit tyran provincial, a été célibataire toute sa vie. À l&#8217;opposé, René Lévesque, démocrate exemplaire qui a énormément contribué à libérer les Québécois de leurs peurs, a connu bien des femmes et il avait une réputation de séducteur. (Je vous laisse imaginer la frustration ou la libération sexuelle que l&#8217;on peut associer à Jean Lesage, Robert Bourassa, Jacques Parizeau, Jean Charest&#8230; Sur <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/02/funeste-lucien-bouchard/">Lucien Bouchard</a>, j&#8217;ai mon opinion.)</p>
<p>Bien des Québécois ont peur des occasions de rencontre parce qu&#8217;ils sont paralysés par le «politiquement correct». Je ne peux m&#8217;empêcher de croire qu&#8217;un peuple qui ne réussit pas à vivre à fond ses pulsions amoureuses et sexuelles accumule une tonne de frustrations, de violence latente&#8230; Et je me dis que l&#8217;orgasme est peut-être un excellent remède à notre névrose collective.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/05/19/orgasme-pour-soigner-notre-nevrose/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand on ne s&#8217;intéresse pas à la politique&#8230;</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/05/17/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/05/17/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 17 May 2010 12:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Célibat]]></category>
		<category><![CDATA[Draguer]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Charest]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Parti libéral du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Séduire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2897</guid>
		<description><![CDATA[ 
La semaine dernière, j’ai écrit un billet sur l’immigration. J’ai envie de poursuivre cette réflexion politique (parce que l’immigration, c’est politique) en vous confiant ce que je pense de la relation entre le peuple et le gouvernement québécois actuel, celui du Parti libéral et du premier ministre Jean Charest.
Vous avez tous constaté à quel point [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>La semaine dernière, j’ai écrit <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/05/13/lettre-aux-immigrants/">un billet sur l’immigration</a>. J’ai envie de poursuivre cette réflexion politique (parce que l’immigration, c’est politique) en vous confiant ce que je pense de la relation entre le peuple et le gouvernement québécois actuel, celui du <a href="http://www.plq.org" target="_blank">Parti libéral</a> et du premier ministre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Charest" target="_blank">Jean Charest</a>.</p>
<p>Vous avez tous constaté à quel point le gouvernement libéral de Jean Charest est plongé dans une crise sans précédent, avec ces rumeurs de corruption généralisée. La population est scandalisée.</p>
<p>Moi, ce qui m’étonne, c’est que les citoyens se scandalisent&#8230;<span id="more-2897"></span> </p>
<p>Vous vous souvenez de la coalition «Je n’ai pas voté pour ça», en 2003 ? Des représentants des milieux communautaire, altermondialiste, syndical, etc., protestaient contre le nouveau gouvernement de Jean Charest parce que ce dernier ne respectait pas ses promesses électorales et s’était lancé dans une série de mesures régressives (compressions à l&#8217;aide sociale, augmentation des tarifs dans les garderies et l’électricité, etc.).</p>
<p>«Je n’ai pas voté pour ça» ? Hé ben si. Les Québécois avaient voté pour les libéraux, donc pour la régression. Il fallait réfléchir avant de voter.</p>
<p>Il y avait même des gens, en 2003, qui brandissaient le slogan «Destituons Patapouf» (Patapouf est le surnom affectueux du premier ministre dans l’intimité). Sans blague, des gens proposaient de destituer un premier ministre démocratiquement élu ! Ça va pas, non ? On ne destitue pas un gouvernement élu dans le respect des règles du jeu. Il fallait réfléchir avant de voter.</p>
<p>D’un gouvernement du Parti libéral du Québec, il ne faut jamais s&#8217;attendre à grand-chose de constructif. Ce parti n’est qu’une machine à récolter des fonds, à gagner des élections, et, une fois au pouvoir, à remercier les généreux donateurs, à flatter dans le sens du poil le milieu de la finance et le gratin du «Québec inc». C’est un parti au service des gens d’affaires, tout simplement. (Le dernier budget du gouvernement Charest le démontre très bien.)</p>
<p>À chaque fois que les libéraux sont au pouvoir, c&#8217;est la même chose : ils ne gouvernent pas sérieusement, donc les problèmes s&#8217;accumulent, des crises éclatent, le peuple réclame des interventions du gouvernement&#8230; et les élus ne font rien (ou font semblant de réagir), car faire quelque chose, ce serait se mettre au service du peuple, véritablement faire de la politique. Mais les libéraux ne font pas de la politique. Ils ne font que de la gestion des affaires courantes et des courbettes devant les gens d’affaires.</p>
<p>Jean Charest est un politicien cohérent. Il n’a pas changé depuis 2003 : il ne s&#8217;intéresse pas au bien commun et il soigne ses ti-amis du secteur privé. Il gère les affaires courantes, plus ou moins efficacement (ces derniers mois, il s&#8217;est montré particulièrement négligent), il va briller dans les cocktails, il se pète les bretelles quand il a l’occasion de s’exprimer sur des tribunes prestigieuses, et c’est tout.</p>
<p>C&#8217;est toujours ainsi avec les libéraux. À une exception près : pendant la Révolution tranquille (1960-1966), sous le gouvernement de Jean Lesage. À l’époque, tout le monde était très conscient que le Québec devait entrer au plus vite dans la modernité. Ce gouvernement a fondé un véritable État-providence en se lançant dans les investissements et le développement tous azimuts. C&#8217;était un gouvernement libéral atypique : intelligent et compétent (d&#8217;ailleurs surnommé «l’équipe du tonnerre»), soucieux de bâtir pour l&#8217;avenir, avec un penchant nationaliste (le ministre libéral le plus nationaliste, à l&#8217;époque, était bien sûr René Lévesque).</p>
<p>Ensuite, sous Robert Bourassa, ce fut le retour à la plate gestion des affaires courantes, avec un chapelet de crises : crise linguistique en 1969, crise d’octobre en 1970, crise des relations de travail en 1972&#8230; Bourassa ne réagissait pas, il laissait moisir les enjeux trop complexes. Fin 1976, après la victoire du Parti québécois de René Lévesque, Bourassa était si impopulaire qu’il a préféré se faire oublier en Europe.</p>
<p>En reprenant le pouvoir en 1985, Robert Bourassa n’avait pas fondamentalement changé, il était seulement plus expérimenté dans l&#8217;art de ne rien décider. Mais le peuple avait déjà oublié les années 1970&#8230; Encore une fois, le gouvernement libéral a laissé pourrir des conflits (re-crise linguistique en 1987, crise d&#8217;Oka en 1990, etc.). Et les Québécois se plaignaient, se scandalisaient. À quoi s’attendaient-ils ? Un gouvernement libéral est, par essence, un gouvernement inepte (à l&#8217;exception du gouvernement de la Révolution tranquille).</p>
<p>Les Québécois ne s’intéressent pas à la politique. Ils refusent de faire l’effort d’apprendre, de comparer, de comprendre. Ils n’ont pas de mémoire politique, ni de vision d’avenir. Ils peuvent succomber à n’importe quel discours politique présenté dans un bel emballage marketing, et même populiste. Ils votent au gré de leur humeur. Ils veulent le beurre et l&#8217;argent du beurre : un bon gouvernement, tout de suite, sans effort de leur part. Et ils se plaignent : «Je n’ai pas voté pour ça»&#8230;</p>
<p>Ils se comportent de la même manière sur le terrain de la drague : aucune stratégie, aucune démarche cohérente, aucune envie d&#8217;apprendre et d&#8217;évoluer. Ils se fient au hasard des rencontres (qui sont peu nombreuses quand seul le hasard entre en jeu). Ils peuvent succomber à n’importe quelle solution présentée dans un bel emballage marketing (sites web de rencontre, <em>speed dating</em>, etc.), et même à la pensée magique («un jour, mon prince charmant/ma fée des étoiles viendra»). Ils veulent le beurre et l&#8217;argent du beurre : la rencontre amoureuse de rêve, tout de suite, sans effort de leur part. Et quand leur vie sentimentale est misérable, ils se plaignent : «Je n’ai pas voulu ça»&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/05/17/quand-on-ne-sinteresse-pas-a-la-politique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Lettre aux immigrants</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/05/13/lettre-aux-immigrants/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/05/13/lettre-aux-immigrants/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 May 2010 12:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Savoir-vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Draguer]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Séduire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2868</guid>
		<description><![CDATA[ 
Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,
Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.
J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,</p>
<p>Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.</p>
<p>J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu&#8230; disons&#8230; bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.</p>
<p><strong>La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. </strong>Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c&#8217;est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n&#8217;est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/" target="_self">le repli sur la vie privée</a>, par l&#8217;individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.</p>
<p><strong>Les Québécois privilégient les relations sociales directes</strong>. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l&#8217;autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal.<span id="more-2868"></span></p>
<p><strong>Les Québécois ont réussi, en quelques décennies, à détruire la famille</strong>. Il y a encore 50 ans, ils accordaient beaucoup d&#8217;importance au mariage, ils avaient de nombreux enfants, entretenaient des liens étroits avec leurs oncles, tantes, cousins, etc., et respectaient leurs aïeux. Si vous appartenez à une culture qui valorise beaucoup la famille, vous serez choqués de découvrir qu&#8217;aujourd&#8217;hui, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/06/habiter-seul/" target="_self">plus du quart des ménages est formé d’une personne qui vit seule</a> ; que <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/29/le-couple-en-crise/" target="_self">les familles et les couples ont éclaté</a>, un mariage sur deux se termine par un divorce ; que les familles ont rarement plus de deux enfants, en moyenne ; que les liens avec la parenté éloignée sont distants et qu&#8217;on se débarrasse des vieillards en les confinant dans des mouroirs confortables. Cela dit, personne au Québec ne vous empêchera de mener une vie familiale intense et soudée. Mais vous vous sentirez peut-être marginaux, hors norme.</p>
<p><strong>Vous avez fui votre pays d’origine pour échapper à des problèmes politiques ?</strong> Réjouissez-vous : le Québec est le dernier endroit sur Terre où vous verrez une révolution populaire armée, un coup d’État, une grève générale, etc. La vie politique québécoise est généralement insignifiante, d’ailleurs les Québécois s’intéressent peu à la politique. Il n’y a aucun projet politique d’avenir au Québec, aucune ambition, rien qui puisse provoquer des remous, juste une gestion plus ou moins efficace des affaires courantes. C’est même la seule société au monde, à ma connaissance, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">où un peuple a voté deux fois par référendum contre son projet d’indépendance nationale</a>. Le Québec est parfois le théâtre de petits scandales ou de mini-crises politiques, mais rien de majeur, car la démocratie est une valeur bien ancrée. Bien ancrée dans l’insignifiance&#8230; Croyez-moi, la politique québécoise ne viendra jamais empoisonner votre existence (mais si vous vous y intéressez de près, elle viendra vous ennuyer).</p>
<p><strong>Vous vous installez parmi nous en croyant améliorer rapidement votre situation économique ?</strong> Désolé, mais vous risquez de déchanter. Ce n&#8217;est pas que l&#8217;économie et le marché du travail se portent mal au Québec, au contraire. Mais le taux de chômage des immigrants est beaucoup plus élevé que celui des citoyens qui sont nés ici, surtout pendant leurs premières années au Québec. Pire, le gouvernement du Québec sélectionne des immigrants en fonction de leurs qualifications professionnelles, mais <a href="http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/05/20100512-103949.html" target="_blank">il n’assure pas nécessairement leur arrimage aux besoins du marché du travail</a>. Vous serez désagréablement surpris de croiser au Québec des ingénieurs, médecins et autres professionnels formés à l’étranger qui sont forcés de conduire des taxis pour survivre.</p>
<p><strong>Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague.</strong> Vous ne résisterez pas longtemps à la force d’attraction de l’anglais, et personne ne vous le reprochera (à votre place, je m&#8217;angliciserais moi aussi). Maîtriser l’anglais vous permettra d’obtenir de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. Des Québécois francophones eux-mêmes ont tendance à utiliser l’anglais au travail, dans leurs productions artistiques, sur Internet, dans la rue, alors qu&#8217;ils pourraient très bien fonctionner en français&#8230; En fait, vous devez savoir que <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/288755/78e-congres-de-l-acfas-l-anglais-prend-de-la-vigueur-au-quebec" target="_blank">les Québécois francophones ne font rien pour empêcher leur marginalisation dans un univers anglophone</a>. Montréal, que l’on qualifie encore de «deuxième ville francophone au monde après Paris», est aujourd’hui une métropole officieusement bilingue. Malgré une loi qui protège le statut du français au Québec (depuis 1977), il est prévisible que l’anglais sera la langue de la majorité des Montréalais dans quelques années et que le reste de la province deviendra une société folklorique.</p>
<p><strong>Le système éducatif québécois est accessible à tous, mais l&#8217;élémentaire-secondaire est médiocre</strong>. Vous serez peut-être très déçus par la mauvaise qualité de la formation de base, et même obligés de payer des cours privés à vos enfants pour qu’ils obtiennent une scolarité qui serait jugée acceptable dans votre pays d’origine. <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/02/la-faute-de-lecole/" target="_self">Notre système d&#8217;éducation échoue dans toutes ses missions fondamentales</a> : il est incapable d&#8217;alphabétiser correctement tous les enfants et adolescents, incapable de transmettre un héritage culturel commun, incapable de valoriser les métiers, incapable de valoriser la vie intellectuelle, et le comble, incapable de former des enseignants compétents ! Vous remarquerez aussi à quel point les Québécois francophones accordent peu d’importance à l’éducation, à la culture, au savoir désintéressé (c’est évidemment lié à leur déclin sur le plan linguistique), et beaucoup d&#8217;importance aux formations «utiles» pour leur vie professionnelle. Leur principale préoccupation, c’est d&#8217;occuper un emploi le plus rapidement possible (en quittant l’école dès l’âge de 16 ans s’il le faut) pour être en mesure de consommer le plus possible. Surtout, se payer une <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/28/la-bagnole/" target="_self">voiture</a>, «la» marque de réussite sociale au Québec, et regarder la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/29/television-obstacle-rencontre/" target="_self">télévision</a>.</p>
<p><strong>Au premier abord, le système de santé québécois vous semblera accessible et généreux</strong> grâce à cette merveille qu’est l’assurance-maladie gratuite et universelle. Mais il y a des pénuries assez graves, notamment de médecins omnipraticiens : <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/05/12/001-medecins-famille-campagne.shtml" target="_blank">deux millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille</a>, et vous n’en trouverez pas un de sitôt. De plus, le gouvernement du Québec essaie depuis plusieurs années de privatiser la santé. Sa stratégie consiste à dégrader les conditions de travail des professionnels de la santé, à négliger les soins de première ligne, à ne pas entretenir les infrastructures, en somme à foutre de bordel dans le réseau de la santé, puis à présenter le secteur privé comme la solution à tous ces problèmes (pourtant créés de toutes pièces). Vous avez fui un pays où les soins de base sont inaccessibles parce que trop coûteux ? Ce cauchemar pointe à l&#8217;horizon du système de santé québécois.</p>
<p><strong>Au Québec, on vous l’a sûrement dit, l’égalité homme-femme est coulée dans le béton des chartes des droits et des lois.</strong> C’est un principe sacré, intouchable. Vous serez peut-être obligés de faire un effort d&#8217;adaptation. Croyez-moi, ce sera pour le mieux. (À ce propos, une curiosité : les Québécois sont tellement fiers de l’égalité homme-femme qu’il leur arrive de la décrire comme une «valeur typiquement québécoise»&#8230; Ce qui est bien sûr exagéré, l’égalité homme-femme est une valeur universelle. Les Québécois ne l’ont pas inventée. Mais bon, ça vous donne une idée de son importance ici.)</p>
<p><strong>L’égalité homme-femme en droit ne se traduit pas nécessairement par l’égalité dans les faits.</strong> Au jour le jour, les relations hommes-femmes ne sont pas strictement égales, elles sont soumises à des tensions et des contradictions, elles évoluent, se transforment. Des Québécoises sont encore victimes de sexisme, de discriminations, d’injustices et de violences, mais en même temps, le Québec est une société en voie de féminisation : de plus en plus, les femmes se montrent plus dynamiques que les hommes dans un nombre croissant de secteurs d’activité. Je mettrais ma main au feu qu&#8217;elles prendront un jour le leadership du Québec tout entier. Et que ce sera pour le mieux.</p>
<p><strong>Enfin, vous constaterez que les Québécois francophones ne draguent pas</strong>, surtout les hommes. Et qu’ils ne sont pas très séduisants&#8230; C’est normal : comment voulez-vous être attiré, séduit par un peuple qui se laisse dériver ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/05/13/lettre-aux-immigrants/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>26</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les «habitants»</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 13:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Vie privée]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2188</guid>
		<description><![CDATA[ 
Pour compléter mon billet de lundi dernier sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec, voici une petite réflexion sur l&#8217;importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.
Il était une fois&#8230;
Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Pour compléter mon billet de lundi dernier <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/22/drague-degel-printemps/">sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec</a>, voici une petite réflexion sur l&#8217;importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.</p>
<p>Il était une fois&#8230;</p>
<p>Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français se sont retrouvés isolés. Les nouveaux colonisateurs anglais exerçaient désormais le pouvoir politique, dominaient l’économie, le commerce, les grands axes de communication, en somme tous les échanges avec l’extérieur.</p>
<p>Aux Canadiens français, il restait leur langue, leur clergé, la possession du sol et leur démographie galopante (la fameuse «revanche des berceaux»). Les francophones n’exerçaient de pouvoir réel que dans leur milieu immédiat, sur leurs terres, ce qui a fait d’eux un peuple de paysans. Leur vie était essentiellement familiale, leur milieu social était souvent limité au village. Ils se qualifiaient eux-mêmes d&#8217;«habitants», ce qui veut tout dire.</p>
<p>Tandis que les Anglais dominaient le monde, les échanges, les voyages, etc., les Canadiens français se repliaient sur leur vie privée.<span id="more-2188"></span></p>
<p>Dans les années 1960, les Québécois ont été propulsés dans la modernité, avec une puissance qui a peu d’équivalent ailleurs dans le monde. Ils ont apprivoisé la politique, l&#8217;économie et les affaires, les communications, les relations extérieures, etc. Et pourtant&#8230;</p>
<p>Malgré l’urbanisation, malgré une culture plus individualiste, malgré l&#8217;offre de loisirs et les nombreuses possibilités de sortir de chez soi, nous avons conservé notre traditionnelle mentalité de repli sur la vie privée. Nous sommes des gens casaniers, peu portés sur les sorties et les voyages (sauf une petite minorité cosmopolite et «branchée»), très friands de la vie de <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/26/desert-de-la-banlieue/" target="_self">banlieue</a> (la moitié de la population québécoise vit en banlieue), de la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/28/la-bagnole/" target="_self">voiture</a> (qui, au fond, est un mini-bungalow sur quatre roues), de <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/29/television-obstacle-rencontre/" target="_self">télévision</a>, de <em>cocooning</em>. Les couples sont souvent fusionnels, repliés sur eux-mêmes, en autarcie. Notre vie politique est pauvre (et ce sont toujours les mêmes qui fréquentent les assemblées syndicales, les organismes militants, etc.), nos rues sont désertes après l&#8217;heure de pointe (<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/02/25/copenhaguiser-montreal/" target="_self">la vie quartier laisse souvent à désirer</a>), nos places publiques manquent de public&#8230; Et tant de scènes clef de nos téléromans, films, romans, pièces de théâtre, etc., se déroulent dans une cuisine !</p>
<p>Ce goût pour la vie privée n&#8217;est pas une mauvaise chose en soi (à chaque peuple ses coutumes), mais il faut admettre qu&#8217;il n&#8217;y a pas grand-chose dans cette culture qui puisse favoriser la rencontre avec des inconnus et la drague de rue.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Funeste Lucien Bouchard</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/03/02/funeste-lucien-bouchard/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/03/02/funeste-lucien-bouchard/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 15:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Bouchard]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ladrague.qc.ca/?p=2033</guid>
		<description><![CDATA[ 
Depuis deux semaines, il est de retour. Lucien Bouchard, l’ex-imposteur en chef.
Le 16 février, il s’est permis des commentaires désobligeants sur le Parti Québécois et sur la souveraineté. Ce n’était pas la meilleure nouvelle du jour, mais bon, un ancien dirigeant du PQ a droit à ses opinions politiques (et à ses rancunes).
Une semaine plus tard, le 23 février, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Depuis deux semaines, il est de retour. <a href="http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/BOUCL.htm" target="_blank">Lucien Bouchard</a>, l’ex-imposteur en chef.</p>
<p>Le 16 février, il s’est permis des <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/02/16/006-Bouchard-Marois-critique.shtml" target="_blank">commentaires désobligeants</a> sur le Parti Québécois et sur la souveraineté. Ce n’était pas la meilleure nouvelle du jour, mais bon, un ancien dirigeant du PQ a droit à ses opinions politiques (et à ses rancunes).</p>
<p>Une semaine plus tard, le 23 février, il est réapparu dans le débat public, cette fois pour <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/02/23/002-Financement-universite-pacte.shtml" target="_blank">prôner un dégel des frais de scolarité à l’université</a>. Il s’est alors montré sous le visage que nous connaissons trop bien. Celui du grand démolisseur du Québec. De l’austérité morbide. De l’avenir bouché.</p>
<p>Des médias commentaient encore hier le propos de Lucien Bouchard sur le financement des universités, comme si c’était une grande révélation. Je n’en peux plus&#8230; Ça me rappelle tant de mauvais souvenirs. J’ai l’impression de replonger dans l’atmosphère noire, noire, noire des années qui ont suivi le référendum de 1995.</p>
<p>C&#8217;était il y a 15 ans&#8230;<span id="more-2033"></span></p>
<p>Lucien Bouchard avait épaté tout le monde pendant la campagne référendaire. Il pouvait être fier de sa performance — une quasi-victoire ! Après son arrivée au poste de premier ministre, en 1996, son vieux fond conservateur a pris le dessus : il s’est acharné à démolir ce Québec qu’il avait voulu transformer en pays.</p>
<p>Rappelez-vous les compressions monstres pour parvenir au sacro-saint déficit zéro. L’implosion du système de santé (notamment quand des milliers d’infirmières ont préféré une retraite anticipée au calvaire budgétaire du gouvernement Bouchard). Les fusions municipales forcées. L’hypocrisie écologique (des pollueurs devenaient les «partenaires» du ministère de l&#8217;Environnement&#8230;). La construction sauvage de la ligne électrique Hertel-des-Cantons. Le laisser-aller des infrastructures publiques et du patrimoine. Etc., etc., etc.</p>
<p>Lucien Bouchard, l’homme d’État, n&#8217;a eu de cesse de fragiliser l&#8217;État. Jusqu’à sa démission, en 2001, il a préféré de brutales restrictions budgétaires à une réforme de la fiscalité (qui est pourtant une méthode éprouvée pour augmenter les revenus d’un gouvernement&#8230; à condition de faire fi de l’opinion des banquiers et de supprimer les passe-droits des mieux nantis). Le Québec était dans une situation lamentable : le fossé entre les riches et les pauvres prenait de l&#8217;ampleur, l’Éducation et la Santé n’en finissaient plus de se serrer la ceinture, l’humeur des citoyens était à la déprime. Lucien Bouchard justifiait nombre de ses massacres au nom des «conditions gagnantes» en vue d&#8217;un prochain référendum, mais il ne faisait pas la promotion de la souveraineté sur le terrain.</p>
<p>Du règne de Lucien Bouchard, je me souviens surtout de deux réalisations positives : les garderies à 5 $ et la loi sur l’équité salariale. L&#8217;actuel programme de congés parentaux, c&#8217;était aussi une bonne idée de son gouvernement. Tout le reste n’était que régression et fatalisme.</p>
<p>Quelques années après avoir quitté la politique, Monsieur Sinistrose est sorti de l’ombre pour nous faire la morale sur nos heures de travail (il nous a reproché, collectivement, de moins travailler que les Ontariens et les Américains&#8230;). Et maintenant, il prône le dégel des frais de scolarité&#8230; Il prétend avoir à coeur les intérêts du Québec, mais il ne fait que régurgiter le discours des banquiers et favoriser le chacun pour soi. Incapable de faire la différence entre une dépense et un investissement, il ramène tout au degré zéro de la comptabilité. Chaque fois qu’il nous sermonne, tel un curé frustré des années 1950, il donne envie de fuir le Québec (comme plusieurs ont fui le duplessisme).</p>
<p>Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que je suis sûr qu&#8217;il y a un lien entre la politique et les relations hommes-femmes. Ce lien n&#8217;est pas évident, mais il existe, j&#8217;en suis convaincu.</p>
<p>Lucien Bouchard avait et a toujours de l&#8217;influence sur les Québécois. Pendant la première moitié des années 1990, il démontrait beaucoup d&#8217;envergure. Un magnétisme. Une aura de séducteur. Son enthousiasme était contagieux. Aujourd&#8217;hui, c’est l&#8217;inverse : éteignoir des ambitions, Lucien Bouchard est tellement désespérant qu&#8217;il nous donne mauvaise humeur. </p>
<p>À chaque fois que je revois sa silhouette d&#8217;homme en noir et son air maussade, je me dis qu&#8217;il tue l&#8217;amour.</p>
<ul>
<li><em>Le Devoir</em> a récemment publié deux excellents textes d’opinion sur Lucien Bouchard, signés par l’écrivain <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/283858/libre-opinion-le-beta-bloquant" target="_blank">Yves Beauchemin</a> et par une étudiante, <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/283782/libre-opinion-petits-rappels-aux-riches-de-ce-monde" target="_blank">Mélissa Pilon</a>.</li>
<li>«<a href="http://jobboomblog.com/2010/02/18/bouchard_le_fossoyeur" target="_blank">Bouchard le fossoyeur</a>», un billet d’Éric Grenier (rédacteur en chef du magazine <em>Jobboom</em>)</li>
<li>Mon billet sur <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/16/modeles-masculins-1/" target="_self">les modèles masculins en politique</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ladrague.qc.ca/2010/03/02/funeste-lucien-bouchard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

