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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Peur du rejet</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Pierre le dragueur de rue</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 12:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Cette semaine, j’ai fait une rencontre. (Non, ce n&#8217;est pas ce que vous croyez&#8230; Le coup de foudre avec la fée des étoiles, ce sera pour une autre fois&#8230;  )
Il y a quelques jours, un inconnu m’a contacté par courriel pour m’inviter à le rencontrer. Il disait vouloir «discuter séduction, drague» avec moi. J’ai [...]]]></description>
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<p>Cette semaine, j’ai fait une rencontre. (Non, ce n&#8217;est pas ce que vous croyez&#8230; Le coup de foudre avec la fée des étoiles, ce sera pour une autre fois&#8230; <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> )</p>
<p>Il y a quelques jours, un inconnu m’a contacté par courriel pour m’inviter à le rencontrer. Il disait vouloir «discuter séduction, drague» avec moi. J’ai accepté. Je l’ai rejoint au centre-ville de Montréal après sa journée de travail. Nous nous sommes assis dans un parc pour discuter tranquillement.</p>
<p>Appelons-le Pierre, car il veut conserver l’anonymat. J’ignore son âge (dans la trentaine, je suppose). Taille moyenne, svelte, élégant.</p>
<p>Immigrant, Pierre est arrivé seul au Québec il y a un an environ. Il m&#8217;a d&#8217;abord raconté que tout va bien pour lui depuis qu’il s’est installé à Montréal : il a trouvé un emploi intéressant qui correspond bien à ses qualifications, il vit dans un appartement et un quartier qui lui plaisent, il fréquente des membres de sa famille élargie qui vivent ici, il se bâtit un réseau social. «Le Québec, c’est le paradis», m’a-t-il dit. Puis il a nuancé son affirmation : c’est le paradis, mais&#8230;</p>
<p>Pierre est célibataire. Depuis un an, il essaie tant bien que mal de faire des rencontres. Et il n’arrive à rien.<span id="more-2932"></span></p>
<p>La non-technique de drague à la québécoise l&#8217;a pris au dépourvu. Le blogue <em>Les Québécois ne veulent plus draguer</em>, qu&#8217;il a récemment découvert, a confirmé ce qu&#8217;il a pu observer&nbsp;: les célibataires semblent inapprochables, il est difficile d&#8217;établir un premier contact. D&#8217;autant plus que Pierre est d&#8217;un naturel timide. Il m’a raconté que pendant ses études, il était trop peu sûr de lui pour draguer&nbsp;: «J’ai passé à côté de toutes les occasions. Toutes&#8230; J’étais un homme des cavernes.» </p>
<p>Depuis qu’il vit à Montréal, il a tout essayé : sites web de rencontre, <em>speed dating</em>, etc. Sans succès. Son milieu de travail est très masculin et plupart des gens dans son entourage vivent en couple, ce qui n’aide en rien. Trop peu d’occasions de rencontre, trop peu de sorties avec des inconnues se présentent à lui. Lorsqu&#8217;il passe une soirée dans un bar, il voit trop peu de gens flirter, trop peu de couples se former, et ça le décourage.</p>
<p>Avec l’arrivée du printemps, Pierre a pris une grande décision : la drague «indirecte» (avec un intermédiaire, les sites web de rencontre par exemple), c’est fini pour lui. Place à la drague «directe», c’est-à-dire face à face. «Je n’ai plus le choix», m&#8217;a-t-il dit sur un ton très décidé. «Si je veux rencontrer quelqu’un, je dois y aller par le chemin le plus difficile. Et surmonter la peur.» Ainsi, depuis quelques semaines Pierre drague dans les endroits publics. Tous les soirs en sortant du bureau, tous les week-ends. Systématiquement.</p>
<p>Pierre voulait me rencontrer pour me raconter ça. Pour me prendre à témoin, en quelque sorte. Désormais, il se donne pour mission de surmonter sa timidité et de percer la carapace d&#8217;indifférence des Québécoises en entreprenant ce que peu de gens font à Montréal : la drague directe, en pleine rue, sans intermédiaire. «Je veux y aller nature !» </p>
<p>Le soir de notre première rencontre, nous avons donc fait connaissance dans un parc. Pierre m’a ensuite montré son terrain de chasse, les rues qu’il quadrille à Montréal. Sur les rues achalandées, il repère les jeunes femmes seules qui déambulent d’un pas léger (si elles marchent trop rapidement, elles sont trop pressées pour accorder de l’attention à un inconnu). Il s’arrange pour les croiser de manière naturelle, leur adresse la parole, se présente, tente d’établir un contact. «Surtout, ne pas réfléchir. Il faut y aller spontanément, autrement la peur reprend le dessus.» Les obstacles sur sa route sont nombreux : l&#8217;absence de contacts visuels (les gens marchent en regardant le trottoir) et aussi l’usage très répandu des téléphones cellulaires et des baladeurs par les piétons, «antisocial» selon Pierre. </p>
<p>Il drague aussi dans le Montréal souterrain (pas dans le métro, trop bruyant, mais dans le réseau souterrain qui relie des stations de métro et des endroits publics au centre-ville), dans les supermarchés, et surtout les cafés&nbsp;: «Quand une femme est en train de lire seule dans un café, c’est bon signe. Elle est là pour rencontrer quelqu’un. Elle aurait pu rester à la maison pour lire, installée bien confortablement, sans bruit ni agitation autour d’elle. Si elle est sortie seule pour lire dans un café&#8230;»</p>
<p>Pendant deux heures, j’ai marché dans les rues de Montréal avec Pierre, en suivant son regard (j’allais écrire son radar). Je me suis rapidement rendu compte qu&#8217;il est méticuleux et fin observateur. Il m’a posé une tonne de questions sur le Québec et les Québécoises. Nos échanges m&#8217;ont souvent étonné, surpris, ses commentaires étaient très judicieux. Par exemple sur la technique de drague bien connue qui consiste à se procurer un mignon de petit chien et à le traîner dans des parcs pour entrer en contact avec des célibataires qui y promènent pitou itou. Pour Pierre, cette astuce est pathétique : «Ce sont donc des chiens qui nous apprennent à nous rencontrer&#8230; Est-ce que les chiens seraient plus intelligents que nous ?»</p>
<p>Ma première soirée avec Pierre a été essentiellement consacrée à bavarder et à cerner son territoire de chasse. À la fin de cette première rencontre, je lui ai demandé si je pouvais raconter son histoire dans le blogue que vous lisez en ce moment. Il m&#8217;a donné son accord. Je lui ai aussi demandé une faveur : l’accompagner lors d’une prochaine virée drague à Montréal, pour l’observer en action sur le terrain, et ensuite rédiger un compte rendu de ses manoeuvres. Il a accepté volontiers. C’est donc une histoire à suivre.</p>
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		<title>Attention, gros scoop : séduire est stressant</title>
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		<pubDate>Thu, 06 May 2010 18:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Anxiété]]></category>
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		<category><![CDATA[Radio-Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
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		<description><![CDATA[(N.B. Le 7 mai, j&#8217;ai réécrit de fond en comble ce billet publié le 6 mai. Non pour m&#8217;autocensurer, mais pour m&#8217;exprimer plus clairement.)
J’ai travaillé à Radio-Canada il y a quelques années, à l&#8217;information continue sur le Web. Dans cette usine à produire de la nouvelle, un topo chasse l&#8217;autre très rapidement. Les journalistes sont souvent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>(N.B. Le 7 mai, j&#8217;ai réécrit de fond en comble ce billet publié le 6 mai. Non pour m&#8217;autocensurer, mais pour m&#8217;exprimer plus clairement.)</strong></p>
<p>J’ai travaillé à Radio-Canada il y a quelques années, à l&#8217;information continue sur le Web. Dans cette usine à produire de la nouvelle, un topo chasse l&#8217;autre très rapidement. Les journalistes sont souvent sous pression. Et lorsqu&#8217;on travaille sous pression, sans avoir le temps d&#8217;analyser l&#8217;information, on publie parfois des nouvelles qui confortent des stéréotypes, des clichés. Sur les relations hommes-femmes, par exemple.</p>
<p>Le site web de la Radio-Canada a publié jeudi matin <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2010/05/06/001-femmes-coeur-hommes.shtml" target="_blank">une nouvelle résumant une étude scientifique menée en Espagne</a>. Dans une salle d’attente, 84 étudiants devaient résoudre un sudoku. Il y avait deux inconnus dans la salle, un homme et une femme. Lorsque madame quittait la salle, les chercheurs ont noté que le niveau de cortisol dans le sang des étudiants, donc leur stress, diminuait. Mais lorsque les étudiants restaient seuls avec la femme, leur stress atteignait des sommets.</p>
<p>L’article radio-canadien souligne que le cortisol a des effets positifs sur le corps à petites doses. À forte doses, il «peut aggraver certaines maladies comme le diabète, l&#8217;hypertension et l&#8217;impuissance.» Et Radio-Canada met en exergue une citation des chercheurs : «nous considérons que la plupart des hommes en présence d&#8217;une femme attirante induisent qu&#8217;il existe une possibilité de séduction.» Hé ben&#8230; c’est supposé être une nouvelle ?</p>
<p>Cette expérience scientifique me semble superflue. Elle confirme ce que tous les hommes savent depuis toujours : la présence d’une jolie femme provoque un certain stress et, oui, une superbe créature du sexe opposé est synonyme de séduction.</p>
<p>Mais le plus ridicule, c’est le ton paternaliste de l’article de Radio-Canada.<span id="more-2806"></span> Le texte débute par «Messieurs, attention à votre santé», et se termine par «Conclusion messieurs : mieux vaut faire vos sudokus à la maison et ne pas passer trop de temps dans une salle d&#8217;attente en jolie compagnie.» Quoi, il faudrait fuir la compagnie des jolies femmes ? En quel honneur ?!?</p>
<p>Le traitement de cette nouvelle par Radio-Canada est typiquement «objectif», désincarné, sans recul critique. (Radio-Canada n’est dépassée sur ce terrain que par le journal français <em>Le Monde</em>, quotidien hyper-sérieux qui a titré le 8 août 1945 après l’explosion de la première bombe atomique sur le Japon : «<a href="http://www.dissident-media.org/infonucleaire/lemonde_8aout.html" target="_blank">Une révolution scientifique</a>». Sans blague.) Comparez le style constipé de Radio-Canada avec le ton direct des commentaires affichés à la suite de <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2010/05/06/001-femmes-coeur-hommes.shtml" target="_blank">l’article</a>: «Eh ben ! Je veux mieux onze mille fois mourir devant le regard enflammé d&#8217;une jolie femme que d&#8217;aller m&#8217;isoler dans un confort génocide virtuel.» Ou encore : «Pour ceux qui comme moi sont aux prises avec ce joli problème&#8230; laissez tomber le sudoku». La plupart des commentaires, très critiques, n&#8217;accordent aucune crédibilité à l&#8217;étude scientifique espagnole.</p>
<p>Permettre aux internautes de commenter le travail des journalistes obligera peut-être un jour les médias à prendre conscience que le modèle traditionnel du journalisme «objectif» n&#8217;a plus de raison d&#8217;être&#8230; </p>
<p>Dans un monde journalistique idéal, à la fois respectueux des faits et critique, voici ce que j&#8217;aurais aimé lire jeudi matin dans le site web de Radio-Canada :</p>
<p style="padding-left: 60px;">Une équipe de chercheurs de l&#8217;Université de Valence (Espagne) a récemment perdu son temps à démontrer une évidence : passer cinq minutes en compagnie d&#8217;une femme attirante provoque un certain stress chez les messieurs. Pour en arriver à cette «découverte», les chercheurs ont analysé la manière d&#8217;agir de 84 étudiants en leur demandant de résoudre un sudoku assis dans une salle en compagnie de deux inconnus, un homme et une femme. Les résultats du test montrent que lorsque la femme quittait la salle, le niveau de stress des étudiants était moindre. Toutefois, lorsque les étudiants restaient seuls avec la femme, leurs niveaux de cortisol augmentaient beaucoup. Dans certains cas, le taux de cette hormone liée au stress est aussi élevé que si ces hommes avaient fait un saut en parachute ou une crise cardiaque. (Recommencer l’expérience en introduisant un ours enragé ou un le fantôme de Franco dans la salle aurait aussi démontré que le cortisol a un effet boeuf sur le corps humain&#8230;) Les chercheurs espagnols en concluent «que la plupart des hommes en présence d&#8217;une femme attirante induisent qu&#8217;il existe une possibilité de séduction.» Encore heureux !</p>
<p><strong>Surmonter la peur d&#8217;un premier contact</strong></p>
<p>Au lieu de perdre notre temps avec des études scientifiques gnangnan qui ne nous apprennent rien, si on retrouvait le goût de se rencontrer ?</p>
<p>À ce sujet, voici une petite anecdote personnelle.</p>
<p>Dans un commerce que je fréquente régulièrement, j’ai récemment remarqué la délicate beauté diaphane d’une employée. À chaque fois que je la croise dans ce commerce, c’est plus fort que moi : les battements de mon ti-coeur s’accélèrent, j’ai la tête qui tourne, j’ai chaud, j’ai froid, et surtout je ne sais jamais quoi dire d’intelligent. Je suis conscient que mon comportement est tout à fait naturel. En présence d’une jolie créature du sexe opposé, mon corps fonctionne normalement : je stresse ! (Pas besoin d&#8217;une étude scientifique pour me l&#8217;apprendre&#8230;)</p>
<p>Je ne suis pas un bon dragueur (et vous aurez compris je n’anime pas ce blogue pour donner des leçons de drague), je suis timide. Tout de même, j&#8217;ai eu une idée : écrire un petit mot pour inviter la jolie employée à entrer en contact avec moi. Je lui ai remis ce billet il y a quelques jours, en mains propres, dans le commerce où elle travaille. Le mot disait : «Vous êtes ravissante. J&#8217;aimerais bien faire votre connaissance», etc., et j’ai laissé mes coordonnées. Tout simplement.</p>
<p>Elle ne m’a pas contacté, ce qui était prévisible. Le taux d’échec de ce genre d’entreprise est de 99 %. Et je ne m’en fais pas.</p>
<p>Ce qui était important, à mes yeux, c’était d&#8217;entrer en contact avec cette personne. Je me connais, je suis trop timide pour élaborer une stratégie complexe, alors je me suis contenté d&#8217;un petit geste. Juste essayer. </p>
<p>Surmonter la peur. Ne pas rester enfermé à la maison pour faire des sudokus.</p>
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		<title>Le Salon de la drague</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 16:23:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Le Salon du livre de Montréal se termine aujourd’hui (snif). Je l’ai longuement fréquenté ce week-end, pendant des heures et des heures, jusqu’à l’épuisement (t&#8230; que j’avais mal aux jambes !). Formidable occasion de discuter avec quantité de gens intrigués par Les Québécois ne veulent plus draguer, de revoir une foule d’amis, de connaissances, et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Le <a href="http://www.salondulivredemontreal.com/" target="_blank">Salon du livre de Montréal</a> se termine aujourd’hui (snif). Je l’ai longuement fréquenté ce week-end, pendant des heures et des heures, jusqu’à l’épuisement (t&#8230; que j’avais mal aux jambes !). Formidable occasion de discuter avec quantité de gens intrigués par <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer</a></em>, de revoir une foule d’amis, de connaissances, et de bavarder un instant avec des écrivains que j’admire.</p>
<p>Vendredi dernier, au Salon, je me suis procuré <em>Le paradoxe amoureux</em> de Pascal Bruckner (Grasset), essai sur les exigences contradictoires des amoureux d&#8217;aujourd&#8217;hui : vivre à la fois la passion et la stabilité, la fusion et la liberté, etc. Ce n&#8217;est pas la première fois que Bruckner s’intéresse aux relations hommes-femmes. En 1977, il a cosigné <em>Le nouveau désordre amoureux</em>, un livre qui a eu un gros impact à l’époque (<a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/30/secret-du-succes-de-la-pornographie/" target="_blank">et qui m’a fortement impressionné</a>).</p>
<p>J&#8217;ai immédiatement plongé dans <em>Le paradoxe amoureux</em>. Au deuxième chapitre, Bruckner consacre quelques pages à la rectitude politique et à la lutte au harcèlement sexuel en Amérique du Nord, codes et règlements qui finissent par étouffer la drague, notamment dans les universités (Bruckner sait de quoi il parle, il a enseigné aux États-Unis dans les années 1980 et 1990). À la page 65, il mentionne le Québec : «Une de mes étudiantes de Science-Po, jolie Québécoise d’origine japonaise, nous disait en public sa déception des hommes nord-américains, paralysés dans leur élan par le sexuellement correct. Elle passait ses vacances en Italie afin d’être ouvertement sollicitée par les garçons, assez confiante en elle pour éconduire les gêneurs.»</p>
<p>Hé misère&#8230;<span id="more-1301"></span></p>
<p>Dimanche midi, j’ai croisé Pascal Bruckner au Salon du livre. Nous avons bavardé quelques secondes, je lui ai parlé du livre que j&#8217;ai cosigné avec Emmanuelle Gril. «Les Québécois ne veulent plus draguer ? Mais comment vous faites, alors ?!?», m’a-t-il demandé.</p>
<p>Hé misère&#8230; (bis).</p>
<p>Cela dit, ne soyons pas défaitistes. J&#8217;ai remarqué, ces derniers jours, que le Salon du livre est un merveilleux endroit pour draguer. Puisque tous les visiteurs s&#8217;intéressent aux bouquins, qu&#8217;ils sont à l&#8217;affût des nouveautés, il est facile d&#8217;amorcer une conversation sur ce sujet avec des inconnus. Il suffit d&#8217;aborder un individu pendant qu&#8217;il consulte un livre, en se positionnant en connaisseur : «Je vous recommande ce livre, il est vraiment excellent. Vous avez lu les autres bouquins du même auteur ?», etc. Que vous ayez lu ou non les livres en question, ce n&#8217;est pas important. Ce qui compte, c&#8217;est <strong>avoir l&#8217;air</strong> allumé, cultivé, et surtout de surmonter la peur du rejet. La personne abordée ne manifeste pas d&#8217;enthousiasme, n&#8217;a pas envie de discuter ? Pas de problème. «Bon Salon, bonne lecture !», puis on approche une autre créature du sexe opposé. Simple, non ?</p>
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		<title>Un vendredi soir rue Crescent</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/11/20/vendredi-soir-rue-crescent/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bars]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Savoir-vivre]]></category>
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		<description><![CDATA[ 
Voici une petite anecdote, souvenir personnel de (non) drague à la québécoise.
À la fin du mois d&#8217;août dernier, un vendredi soir, une amie et moi avons rendez-vous rue Crescent, au centre-ville de Montréal. Pas que nous soyons si friandes des bars qui peuplent cette artère achalandée, mais nous voulons suivre à la trace un chef [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Voici une petite anecdote, souvenir personnel de (non) drague à la québécoise.</p>
<p>À la fin du mois d&#8217;août dernier, un vendredi soir, une amie et moi avons rendez-vous rue Crescent, au centre-ville de Montréal. Pas que nous soyons si friandes des bars qui peuplent cette artère achalandée, mais nous voulons suivre à la trace un chef cuisinier que nous apprécions particulièrement et qui avait alors changé de restaurant.</p>
<p>L&#8217;établissement en question se trouve au-dessus d&#8217;un bar bien connu de la métropole, ouvert il y a quelques années sous l&#8217;impulsion d&#8217;un célèbre coureur québécois de Formule 1, Jacques Villeneuve pour ne pas le nommer.<span id="more-1292"></span></p>
<p>Après un excellent souper, mon amie et moi décidons de faire oeuvre utile en étudiant les comportements de séduction de la faune de la rue Crescent. Guillerettes et prêtes à de nouvelles aventures, nous descendons les quelques marches qui séparent le restaurant du bar pour nous installer au comptoir. Autour de nous, une flopée de jeunes femmes sexy rivalisent d&#8217;invention pour attirer l&#8217;attention des quelques mâles assis ici et là. L&#8217;une d&#8217;elles porte une robe très légère, d&#8217;un rouge flamboyant, qui ne semble tenir qu&#8217;à un fil.</p>
<p>Les mâles en question, regroupés par deux ou trois, s&#8217;ingénient pour leur part à se comporter comme si les appétissantes créatures autour d&#8217;eux <strong>n&#8217;existent pas</strong>. Ils évitent de croiser leurs regards, se replient sur leurs conversations (de gars). Mon amie m&#8217;a cependant assuré que son voisin de gauche lui a <strong>presque</strong> adressé la parole lorsque je l&#8217;ai laissée seule pour aller aux toilettes quelques instants…</p>
<p>La soirée avance et il ne se passe rien de rien. Les hommes et les femmes restent sur leurs positions, serrés les uns contre les autres en deux groupes compacts comme des bancs de poissons, sans doute pour éviter les contacts avec l’autre sexe… Quand soudain, coup de théâtre !, mon voisin de droite, un homme dans la soixantaine complètement ivre (qui menace d&#8217;ailleurs de s&#8217;effondrer sur mon épaule depuis un bon moment), commande une bouteille de champagne et demande à la serveuse de verser le divin nectar dans deux coupes qui nous sont destinées. Stupeur et tremblements !!!</p>
<p>«Je te laisse gérer ça, moi je ne sais absolument pas quoi faire», me souffle à l&#8217;oreille mon amie. Je prends donc la situation en main : je dis merci à notre bienfaiteur et je fais un brin de causette avec lui. L&#8217;homme, totalement éméché, a bien du mal à articuler une phrase complète. Il continue à ingurgiter verre sur verre. Il interpelle une marchande de fleurs qui venait d&#8217;entrer ; lui arrachant ses roses des mains, il en choisit deux et nous les offre. Nous sommes littéralement pétrifiées de surprise.</p>
<p>Pendant ce temps&#8230; Un groupe de jeunes hommes manifestement d&#8217;origine africaine, à l&#8217;autre bout du comptoir, suit d&#8217;un oeil hilare le petit manège du poivrot. L&#8217;un de ces jeunes mâles finit par se glisser sur le siège libre à côté de mon amie. Ils discutent de bon coeur. Avant de quitter le bar (il le fallait bien : notre mécène improvisé commandait une <em>deuxième</em> bouteille de champagne&#8230;), mon amie et son interlocuteur échangent leurs numéros de téléphone. Ils se sont revus pour prendre un verre la semaine suivante.</p>
<p>La morale de cette soirée sur Crescent ? Mesdames, lorsque seuls des sexagénaires ivres ou des ressortissants d&#8217;autres pays sont prêts à vous adresser la parole un vendredi soir dans un bar, on touche le fond du baril&#8230; <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_sad.gif' alt=':-(' class='wp-smiley' /> </p>
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		<title>Marie-France Archibald, coach séduction</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 14:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Nous entreprenons aujourd&#8217;hui la publication d&#8217;une série de billets consacrés à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans  l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.
Aujourd&#8217;hui : Marie-France Archibald, coach séduction.

En 2004, à Montréal, Marie-France Archibald a démarré un service de [...]]]></description>
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<p><strong>Nous entreprenons aujourd&#8217;hui la publication d&#8217;une série de billets consacrés à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em> Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans  l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui : Marie-France Archibald, coach séduction.</strong></p>
<p><img class="size-full wp-image-732 alignright" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/mfarchibald.jpg" alt="Marie-France Archibald" width="130" height="200" /></p>
<p>En 2004, à Montréal, Marie-France Archibald a démarré un service de coaching personnalisé et des ateliers individuels pour célibataires, <a href="http://www.coachseduction.com" target="_blank">CoachSéduction</a>. Depuis 2008, elle a élargi sa pratique à des ateliers de groupe mixtes. Voulant répondre à sa demande croissante de clients, elle offre maintenant des ateliers semi-privés mixtes.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une agence de rencontres ou d&#8217;un cabinet de psy, mais bien de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coaching" target="_blank">coaching</a> : cours en relations humaines et en communication, structure d&#8217;accompagnement qui permette au client de se remettre en question, de se prendre en main et de passer à l&#8217;action. «Avec mes années d&#8217;expérience, je me rends bien à l’évidence qu’une large partie de la population a grand besoin d’aide, <a href="http://www.coachseduction.com/fondatrice/fondatrice.php" target="_blank">écrit Marie-France Archibald dans son site web</a>. C’est pourquoi un des buts de CoachSéduction est de donner des outils aux gens pour qu&#8217;ils se sentent mieux, qu&#8217;il soient plus heureux, pour ensuite mieux vivre à deux.»</p>
<p>Nous avons rencontré Marie-France Archibald en mai 2008. Voici quelques extraits inédits de cette entrevue.<span id="more-730"></span></p>
<p><strong>Question</strong> : On dit souvent eu les Québécois sont timides en matière de drague, qu’ils manquent d’assurance. Est-ce que c’est vrai ? Ou est-ce un cliché ?</p>
<p><strong>Réponse</strong> : Je pense que ça correspond à une réalité. Sinon, CoachSéduction n’existerait pas !</p>
<p>La femme a changé, elle a pris sa place dans la société. En matière de séduction, il y a une certaine indépendance des femmes. Les hommes me disent souvent : «Je ne sais plus quoi faire, les femmes ont l’air tellement indépendantes.» Il y a sûrement un lien avec l’autonomie financière : les professionnelles, les cadres, etc., théoriquement, je dis bien théoriquement, n’ont pas besoin d’un homme. Théoriquement, ça veut dire monétairement. Quand je compare la génération de ma mère avec les jeunes d’aujourd’hui, on voit bien qu’une femme a les moyens de vivre seule si elle laisse son chum ou son mari. Ou alors elle attend, elle n’est pas pressée financièrement de vivre avec un homme.</p>
<p>Dans mon travail, je vois que les hommes sont affectés. Les hommes qui veulent s’engager dans une relation avec une femme, et qui ne sont pas nés avec des capacités de séduction, ils trouvent ça dur, ils me disent : «On dirait que les femmes ne sont pas ouvertes à la séduction, elles m’envoient promener si je leur fais un compliment.» J’ai connu des clients qui avaient des capacités de séduction dans la vingtaine, puis ils ont été casés en couple pendant six, sept, neuf ou dix ans. Ils redeviennent célibataires dans la trentaine ou la quarantaine et là, ils trouvent ça dur.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Sommes-nous aux prises avec une crise de la rencontre ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Oui. Officiellement, selon les chiffres, il y a au moins 30 % de célibataires si on enlève les couples qui n’habitent pas ensemble. C’est énorme. On assiste à une crise de la rencontre, et c’est la faute des deux sexes.</p>
<p>La tendance générale, c’est que les gars ne foncent pas assez. Des fois, ils n’approchent pas les femmes juste parce qu’ils ont entendu des histoires négatives racontées par leurs amis. Et aussi parce qu’ils se disent : «Les femmes sont libérées ; alors si elles sont intéressées, qu’elles viennent me voir.» Mais ils ont peur, c’est clair.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Dans un Québec idéal, comment se déroulerait la drague ?</p>
<p><strong>R.</strong> : D’abord, que les femmes acceptent que les hommes viennent vers elles (à moins qu&#8217;un gars ait une approche vraiment non appropriée). Et que les hommes reprennent leur rôle de chasseurs, entre guillemets. Leurs peurs sont imaginaires. Ils ne savent pas comment les femmes vont réagir tant qu’ils n’ont rien essayé.</p>
<ul>
<li>Pour en savoir plus : le<a href="http://www.coachseduction.com/blog/" target="_blank"> blogue de CoachSéduction</a></li>
</ul>
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		<title>Internet ou le rejet instantané</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/05/internet-rejet-instantane/</link>
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		<pubDate>Sat, 05 Sep 2009 09:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Enfin, quelqu&#8217;un ose le dire : la drague sur Internet est une manière plus rapide et beaucoup plus efficace de se faire rejeter que la drague dans les bars ou les clubs de loisirs pour célibataires !
Grâce à Internet, il est possible d&#8217;accumuler les déceptions à une vitesse étourdissante ! Bon Dieu, comment avons-nous pu vivre sans [...]]]></description>
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<p>Enfin, quelqu&#8217;un ose le dire : la drague sur Internet est une manière plus rapide et beaucoup plus efficace de se faire rejeter que la drague dans les bars ou les clubs de loisirs pour célibataires !</p>
<p>Grâce à Internet, il est possible d&#8217;accumuler les déceptions à une vitesse étourdissante ! Bon Dieu, comment avons-nous pu vivre sans Internet&#8230; ? Qui est encore nostalgique de cette époque où il fallait attendre que quelqu&#8217;un nous présente une connaissance, ou qu&#8217;un(e) célibataire se décide à nous parler, et qu&#8217;il se passe de longs moments avant avant que l&#8217;inévitable se produise — se faire rejeter ? Avec Internet, le permier contact est suivi d&#8217;un rejet instantané ou presque ! Révolutionnaire !</p>
<p><strong>Bon, vous aurez compris que nous déconnons&#8230;</strong></p>
<p>Nous voulions simplement vous introduire à une petite vidéo du site américain de fausses nouvelles <em>The Onion</em>. Le titre du clip ? «<a href="http://www.theonion.com/content/video/online_dating_helping_pathetic" target="_blank">Online Dating Helping Pathetic Women Get Their Hopes Crushed More Efficiently</a>». Citation choc : «Innovative new features like instant messaging and video chat make destroying one&#8217;s self esteem as easy as clicking a mouse». </p>
<p>(Nos remerciements à <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/17/ne-manquez-pas-le-lancement-du-livre/#comments">Julie-la-rouquine</a>, qui nous a fait découvrir l&#8217;existence de ce clip.)</p>
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		<title>Cette sacrée peur du rejet (4)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/07/23/cette-sacree-peur-du-rejet-4/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 07:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, beaucoup d’hommes ne font plus aucune tentative de séduction parce qu’ils sont littéralement paralysés par la peur que la femme convoitée les rembarre sèchement. Mais permettez-moi de vous raconter une anecdote qui fera peut-être réfléchir certains d‘entre vous.
Dans mon métier de journaliste, je réalise chaque semaine des entrevues [...]]]></description>
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<p>Comme je l’expliquais dans mon <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/22/cette-sacree-peur-du-rejet-3/" target="_self">précédent billet</a>, beaucoup d’hommes ne font plus aucune tentative de séduction parce qu’ils sont littéralement paralysés par la peur que la femme convoitée les rembarre sèchement. Mais permettez-moi de vous raconter une anecdote qui fera peut-être réfléchir certains d‘entre vous.</p>
<p>Dans mon métier de journaliste, je réalise chaque semaine des entrevues avec de nombreuses personnes, hommes et femmes de tous âges aux occupations variées. La plupart des entretiens sont réalisés par téléphone, mais certains se font en personne. Au printemps dernier, j’ai eu l’occasion d’interviewer dans son bureau un homme assez haut placé dans la hiérarchie d’un organisme dont je tairai le nom. Cette personne, il faut le signaler, a la réputation d’être un sacré coureur de jupons et ce, malgré sa soixantaine avancée et son statut marital. À peine passais-je la porte de son bureau qu’il me demandait si j’étais mariée. La table était mise…</p>
<p>Ma réponse négative a littéralement déclenché (mais peut-être en aurait-il été de même avec une réponse positive…) un processus de drague frontale dans les règles, auquel j’ai réagi par des sourires crispés et des petits rires gênés. L’effet de surprise était total ; il faut dire que je n’en ai plus l’habitude. Cela ne m’était plus arrivé depuis des lustres, compte tenu du peu d’ardeur des mâles québécois dans ce domaine !<span id="more-166"></span></p>
<p>Lorsque je quittais enfin son bureau, ayant décliné les nombreuses propositions qui m’avaient été faites, j’étais d’humeur légère et folâtre. Le soir même, je soupais avec une amie à qui je racontais mon aventure du matin. Après en avoir rit tant et plus &#8211; car l’homme avait véritablement une personnalité flamboyante et des techniques de drague à l’avenant –, nous nous sommes regardées d’un air grave. «Quand même, c’est flatteur, m’a déclaré mon amie, songeuse. Si j’ai besoin de me remonter le moral, je vais lui demander un rendez-vous…».</p>
<p>Oui, je le confesse: c’était flatteur. Et ce même si le séducteur en question était marié, bedonnant et suffisamment âgé pour être mon père ! Je souligne son audace, car même s’il savait que ses chances avec moi étaient inférieures ou égales à zéro, il a tout de même tenté sa chance.</p>
<p>En guise de conclusion, je citerai le <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/16/recherche-coupables-desesperement/#comment-17" target="_self">commentaire </a>d’une internaute à l’un de nos billets : «On oublie que la drague est un jeu. Le but c’est pas toujours de &#8220;closer&#8221; … c’est juste de jouer le jeu, pour le plaisir, ce que plusieurs semblent oublier.» Des paroles à méditer…</p>
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		<title>Cette sacrée peur du rejet (3)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/07/22/cette-sacree-peur-du-rejet-3/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 07:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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Presque tous les hommes que nous avons rencontré pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire sont littéralement pétrifiés par la peur de se faire dire non par une femme convoitée. Un phénomène que l’on pourrait expliquer par certaines réalités sociales et culturelles typiquement québécoises.
L’une des personnes que nous avons [...]]]></description>
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<p>Presque tous les hommes que nous avons rencontré pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire</em> sont littéralement pétrifiés <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/20/cette-sacree-peur-du-rejet" target="_self">par la peur de se faire dire non par une femme convoitée</a>. Un phénomène que l’on pourrait expliquer par <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/21/cette-sacree-peur-du-rejet-2/" target="_self">certaines réalités sociales et culturelles typiquement québécoises</a>.</p>
<p>L’une des personnes que nous avons interviewées, la coach séduction <a href="http://www.coachseduction.com/" target="_blank">Marie-France Archibald</a>, nous a fait observer ceci: la réaction féminine face aux tentatives d’approche des hommes est parfois si agressive que certains en demeurent marqués au fer rouge et, par conséquent, paralysés. Dans ses interventions, elle a d’ailleurs recours à la programmation neurolinguistique pour permettre à ses clients de passer outre leurs mauvaises expériences et de repartir à la conquête des femmes…</p>
<p>Quand on y pense, la peur du rejet sentimental éprouvée par les hommes est disproportionnée. L&#8217;animateur, humoriste et grand dragueur devant l’éternel <a href="http://www.marcboilard.com/" target="_blank">Marc Boilard</a>, souligne, dans son <em>Code Boilard du vrai gars</em> (Les Intouchables, 2002), que les Québécois ont <strong>peur d’avoir peur</strong> de draguer, et que cette crainte est démesurée.<span id="more-163"></span></p>
<p>Dans son ouvrage, il apostrophe les hommes et leur lance le message suivant : «Qu&#8217;un père ait peur pour ses enfants, ça se comprend. Qu&#8217;un gars ait peur pour sa job et ses revenus, ça se comprend. Mais dis-moi, pourquoi avoir peur des filles ? Peur d&#8217;avoir mal ? As-tu déjà eu des problèmes d&#8217;argent ? Des problèmes de santé graves ? As-tu un ami qui s&#8217;est ramassé en chaise roulante ou un parent mort accidentellement ? Tu ne penses pas que ce sont des exemples de vraies douleurs comparé à des peines d&#8217;amour ? Y a pas moyen de vous raisonner un peu pour mieux profiter de la vie, simplement ?» Une mise en perspective qui donne à réfléchir…</p>
<p>Dans le prochain billet : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/23/cette-sacree-peur-du-rejet-4/" target="_self">pour en finir avec la peur du rejet</a>.</p>
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		<title>Cette sacrée peur du rejet (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/07/21/cette-sacree-peur-du-rejet-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 07:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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Tel que le souligne si justement un commentaire à notre premier billet : «Après des décennies de &#8220;Fais de l’air, gros épais&#8221;, normal que les hommes aient décidé d’en finir avec la drague et de passer à autre chose…»
Est-ce aussi la raison pour laquelle ces messieurs semblent littéralement pétrifiés par la peur de se faire [...]]]></description>
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<p>Tel que le souligne si justement un <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/13/en-guise-d%e2%80%99introduction/#comment-7" target="_self">commentaire </a>à notre <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/13/en-guise-d%e2%80%99introduction/" target="_self">premier billet </a>: «Après des décennies de &#8220;Fais de l’air, gros épais&#8221;, normal que les hommes aient décidé d’en finir avec la drague et de passer à autre chose…»</p>
<p>Est-ce aussi la raison pour laquelle ces messieurs semblent littéralement pétrifiés par la peur de se faire dire non par une femme, comme je le mentionne dans mon <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/20/cette-sacree-peur-du-rejet" target="_self">billet précédent</a> ? D’où vient cette crainte maladive du rejet ? Les recherches et entrevues réalisées pour la rédaction de notre livre nous ont permis de dégager quelques hypothèses, que voici.</p>
<p>• Lorsqu’on regarde en arrière, à une époque pas si lointaine, les hommes devaient souvent s’absenter pour de longues périodes de travail aux champs, en forêt, en usine. Des lieux de dur labeur et de silence… Les femmes, en revanche, ont conservé la mainmise sur la sphère privée, sur le couple et la famille, cellules de base de la société, espaces de communication et de parole.<span id="more-159"></span></p>
<p>• Les femmes constituent les forces vives du Québec d’aujourd’hui. On n’a qu’à jeter un coup d’œil sur les <a href="http://duhamel.argent.canoe.ca/2009/06/10/vive_les_quebecoises" target="_blank">statistiques </a>concernant l’éducation, le monde du travail, la croissance économique : les femmes déclassent systématiquement les hommes.</p>
<p>• Un vieil adage dit : «L’homme propose et la femme dispose»… Mais que faire quand l&#8217;homme ne propose même plus ?!? Lasses d’attendre, les femmes font désormais les premiers pas et «partent en chasse». Habiles à communiquer, elles manient comme des pros l’un des principaux outils de la drague: la parole.</p>
<p>Un ras-le-bol de se faire rembarrer sèchement se conjugue au sentiment diffus de ne pas être vraiment à la hauteur. Résultat : l’<em>homo quebecensis</em> ne prend plus l’initiative de la séduction, au grand dam de ces dames. Soupir…</p>
<p>Dans le prochain billet: <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/22/cette-sacree-peur-du-rejet-3/" target="_self">la peur d’avoir peur?</a></p>
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		<title>Cette sacrée peur du rejet…</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jul 2009 07:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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Qu’est-ce qui paralyse davantage un homme que le refus de la femme convoitée ? La peur du rejet elle-même ! Se faire dire non est une chose, et on comprend que le dragueur soit échaudé par cette réponse. Mais il y a pire encore : lorsque la seule crainte de se faire dire non tue [...]]]></description>
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<p>Qu’est-ce qui paralyse davantage un homme que le refus de la femme convoitée ? La peur du rejet elle-même ! Se faire dire non est une chose, et on comprend que le dragueur soit échaudé par cette réponse. Mais il y a pire encore : lorsque <strong>la seule crainte de se faire dire non</strong> tue dans l’œuf toute velléité de séduction.<img class="size-full wp-image-249 alignright" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/07/shutterstock_3007318.jpg" alt="Crédit photo: Shutterstock" width="126" height="112" /></p>
<p>Cette peur maladive du rejet semble enracinée au cœur même du mâle québécois. C’est du moins ce qui ressort de toutes les entrevues réalisées pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire</em> (publié en septembre 2009 par <a href="http://www.edhomme.com" target="_blank">Les Éditions de l’Homme)</a>.</p>
<p>«Je ne veux pas qu’on me prenne pour un macho», disent les uns. «La drague peut-être perçue comme une agression par les femmes», mentionnent les autres. Résultat : beaucoup de Québécois n’osent même plus aborder une créature du sexe opposé.<span id="more-139"></span></p>
<p>Cela me rappelle une anecdote. Le printemps dernier, une amie prend un verre après le travail en compagnie d’une collègue. Un homme assis au bar dévisage mon amie; visiblement, il la trouve à son goût. Ils échangent des regards, tous les espoirs sont permis, mais la soirée avance et il ne fait aucune tentative d’approche. Lorsque mon amie finit par s’en aller, elle frôle l’homme et lui lance un sourire radieux, invitant. Pour toute réponse, il prend un air contrit et plonge les yeux au fond de son verre. «Il y a quand même du progrès : un homme m’a <em>presque</em> adressé la parole hier soir», m’a-t-elle confié par la suite.</p>
<p>Imaginons la même scène avec un Méditerranéen, un Sud-Américain ou un Africain, et la finale serait tout autre. Ces derniers ont la drague facile, et ne se laissent pas démonter par un refus non plus. Mais chez nous&#8230; c’est le calme plat. Bon nombre de Québécois préfèrent d’ailleurs la solitude au risque d’être éconduit par une femme.</p>
<p>D’où vient cette peur viscérale du rejet ? <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/21/cette-sacree-peur-du-rejet-2/" target="_self">C’est ce que nous explorerons dans le prochain billet</a>.</p>
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