Articles avec le tag ‘Peur du rejet’
Pierre le dragueur de rue
Cette semaine, j’ai fait une rencontre. (Non, ce n’est pas ce que vous croyez… Le coup de foudre avec la fée des étoiles, ce sera pour une autre fois…
)
Il y a quelques jours, un inconnu m’a contacté par courriel pour m’inviter à le rencontrer. Il disait vouloir «discuter séduction, drague» avec moi. J’ai accepté. Je l’ai rejoint au centre-ville de Montréal après sa journée de travail. Nous nous sommes assis dans un parc pour discuter tranquillement.
Appelons-le Pierre, car il veut conserver l’anonymat. J’ignore son âge (dans la trentaine, je suppose). Taille moyenne, svelte, élégant.
Immigrant, Pierre est arrivé seul au Québec il y a un an environ. Il m’a d’abord raconté que tout va bien pour lui depuis qu’il s’est installé à Montréal : il a trouvé un emploi intéressant qui correspond bien à ses qualifications, il vit dans un appartement et un quartier qui lui plaisent, il fréquente des membres de sa famille élargie qui vivent ici, il se bâtit un réseau social. «Le Québec, c’est le paradis», m’a-t-il dit. Puis il a nuancé son affirmation : c’est le paradis, mais…
Pierre est célibataire. Depuis un an, il essaie tant bien que mal de faire des rencontres. Et il n’arrive à rien. Lire la suite de ce billet »
Attention, gros scoop : séduire est stressant
(N.B. Le 7 mai, j’ai réécrit de fond en comble ce billet publié le 6 mai. Non pour m’autocensurer, mais pour m’exprimer plus clairement.)
J’ai travaillé à Radio-Canada il y a quelques années, à l’information continue sur le Web. Dans cette usine à produire de la nouvelle, un topo chasse l’autre très rapidement. Les journalistes sont souvent sous pression. Et lorsqu’on travaille sous pression, sans avoir le temps d’analyser l’information, on publie parfois des nouvelles qui confortent des stéréotypes, des clichés. Sur les relations hommes-femmes, par exemple.
Le site web de la Radio-Canada a publié jeudi matin une nouvelle résumant une étude scientifique menée en Espagne. Dans une salle d’attente, 84 étudiants devaient résoudre un sudoku. Il y avait deux inconnus dans la salle, un homme et une femme. Lorsque madame quittait la salle, les chercheurs ont noté que le niveau de cortisol dans le sang des étudiants, donc leur stress, diminuait. Mais lorsque les étudiants restaient seuls avec la femme, leur stress atteignait des sommets.
L’article radio-canadien souligne que le cortisol a des effets positifs sur le corps à petites doses. À forte doses, il «peut aggraver certaines maladies comme le diabète, l’hypertension et l’impuissance.» Et Radio-Canada met en exergue une citation des chercheurs : «nous considérons que la plupart des hommes en présence d’une femme attirante induisent qu’il existe une possibilité de séduction.» Hé ben… c’est supposé être une nouvelle ?
Cette expérience scientifique me semble superflue. Elle confirme ce que tous les hommes savent depuis toujours : la présence d’une jolie femme provoque un certain stress et, oui, une superbe créature du sexe opposé est synonyme de séduction.
Mais le plus ridicule, c’est le ton paternaliste de l’article de Radio-Canada. Lire la suite de ce billet »
Le Salon de la drague
Le Salon du livre de Montréal se termine aujourd’hui (snif). Je l’ai longuement fréquenté ce week-end, pendant des heures et des heures, jusqu’à l’épuisement (t… que j’avais mal aux jambes !). Formidable occasion de discuter avec quantité de gens intrigués par Les Québécois ne veulent plus draguer, de revoir une foule d’amis, de connaissances, et de bavarder un instant avec des écrivains que j’admire.
Vendredi dernier, au Salon, je me suis procuré Le paradoxe amoureux de Pascal Bruckner (Grasset), essai sur les exigences contradictoires des amoureux d’aujourd’hui : vivre à la fois la passion et la stabilité, la fusion et la liberté, etc. Ce n’est pas la première fois que Bruckner s’intéresse aux relations hommes-femmes. En 1977, il a cosigné Le nouveau désordre amoureux, un livre qui a eu un gros impact à l’époque (et qui m’a fortement impressionné).
J’ai immédiatement plongé dans Le paradoxe amoureux. Au deuxième chapitre, Bruckner consacre quelques pages à la rectitude politique et à la lutte au harcèlement sexuel en Amérique du Nord, codes et règlements qui finissent par étouffer la drague, notamment dans les universités (Bruckner sait de quoi il parle, il a enseigné aux États-Unis dans les années 1980 et 1990). À la page 65, il mentionne le Québec : «Une de mes étudiantes de Science-Po, jolie Québécoise d’origine japonaise, nous disait en public sa déception des hommes nord-américains, paralysés dans leur élan par le sexuellement correct. Elle passait ses vacances en Italie afin d’être ouvertement sollicitée par les garçons, assez confiante en elle pour éconduire les gêneurs.»
Hé misère… Lire la suite de ce billet »
Un vendredi soir rue Crescent
Voici une petite anecdote, souvenir personnel de (non) drague à la québécoise.
À la fin du mois d’août dernier, un vendredi soir, une amie et moi avons rendez-vous rue Crescent, au centre-ville de Montréal. Pas que nous soyons si friandes des bars qui peuplent cette artère achalandée, mais nous voulons suivre à la trace un chef cuisinier que nous apprécions particulièrement et qui avait alors changé de restaurant.
L’établissement en question se trouve au-dessus d’un bar bien connu de la métropole, ouvert il y a quelques années sous l’impulsion d’un célèbre coureur québécois de Formule 1, Jacques Villeneuve pour ne pas le nommer. Lire la suite de ce billet »
Marie-France Archibald, coach séduction
Nous entreprenons aujourd’hui la publication d’une série de billets consacrés à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.
Aujourd’hui : Marie-France Archibald, coach séduction.

En 2004, à Montréal, Marie-France Archibald a démarré un service de coaching personnalisé et des ateliers individuels pour célibataires, CoachSéduction. Depuis 2008, elle a élargi sa pratique à des ateliers de groupe mixtes. Voulant répondre à sa demande croissante de clients, elle offre maintenant des ateliers semi-privés mixtes.
Il ne s’agit pas d’une agence de rencontres ou d’un cabinet de psy, mais bien de coaching : cours en relations humaines et en communication, structure d’accompagnement qui permette au client de se remettre en question, de se prendre en main et de passer à l’action. «Avec mes années d’expérience, je me rends bien à l’évidence qu’une large partie de la population a grand besoin d’aide, écrit Marie-France Archibald dans son site web. C’est pourquoi un des buts de CoachSéduction est de donner des outils aux gens pour qu’ils se sentent mieux, qu’il soient plus heureux, pour ensuite mieux vivre à deux.»
Nous avons rencontré Marie-France Archibald en mai 2008. Voici quelques extraits inédits de cette entrevue. Lire la suite de ce billet »
Internet ou le rejet instantané
Enfin, quelqu’un ose le dire : la drague sur Internet est une manière plus rapide et beaucoup plus efficace de se faire rejeter que la drague dans les bars ou les clubs de loisirs pour célibataires !
Grâce à Internet, il est possible d’accumuler les déceptions à une vitesse étourdissante ! Bon Dieu, comment avons-nous pu vivre sans Internet… ? Qui est encore nostalgique de cette époque où il fallait attendre que quelqu’un nous présente une connaissance, ou qu’un(e) célibataire se décide à nous parler, et qu’il se passe de longs moments avant avant que l’inévitable se produise — se faire rejeter ? Avec Internet, le permier contact est suivi d’un rejet instantané ou presque ! Révolutionnaire !
Bon, vous aurez compris que nous déconnons…
Nous voulions simplement vous introduire à une petite vidéo du site américain de fausses nouvelles The Onion. Le titre du clip ? «Online Dating Helping Pathetic Women Get Their Hopes Crushed More Efficiently». Citation choc : «Innovative new features like instant messaging and video chat make destroying one’s self esteem as easy as clicking a mouse».
(Nos remerciements à Julie-la-rouquine, qui nous a fait découvrir l’existence de ce clip.)

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.