Articles avec le tag ‘Peur de l’engagement’

Nous vivons dans un monde de paradoxes

 

J’ai souvent l’impression que les Québécois, sur le plan de la séduction et de l’amour, veulent le beurre et l’argent du beurre.

Par exemple, ils aspirent au Grand Amour et à la Liberté, deux notions qui s’opposent comme l’eau et le feu. Ils valorisent le couple, mais refusent de s’engager. Ils rêvent d’amour, mais ne font aucun effort pour concrétiser ce rêve.

Vous voulez d’autres exemples ? Lire la suite de ce billet »

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (3)

 

Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, certains hommes font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de s’engager. Mais quelques-uns d’entre eux profitent parfois du fait qu’ils ont déjà une relation stable dans leur vie pour draguer à qui mieux mieux (les hommes mariés, pour ne pas les nommer).

Quoi qu’il en soit, les allergiques à l’engagement peuvent déployer une créativité remarquable pour conserver toutes les portes de sortie ouvertes. Cette esquive sentimentale atteint des sommets chez certains, et je ne peux résister à l’envie de vous raconter une petite anecdote.

L’une de mes connaissances a rencontré un célibataire qui, de prime abord, semblait très bien, mais qui dans les faits la maintenait dans un état de disette affective permanente. Jugez plutôt : l’homme en question avait si peur de s’engager qu’il avait conçu un véritable «horaire» de visites. Au début, sa blonde était «autorisée» à le voir seulement le samedi et le dimanche. Quelques mois après le début de leur relation, une journée supplémentaire fut rajoutée… Aucune raison n’était invoquée pour justifier un mode de fonctionnement aussi rigide. Il disait simplement qu’il n’était pas «prêt».

Petit détail important : si la jeune femme avait d’autres obligations les jours qui lui étaient généreusement concédés par son copain, tant pis pour elle ! Elle ratait son tour et aucun remplacement n’était possible. Inutile de vous dire que cette relation a tourné court…

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (2)

 

Mesdames, avez-vous remarqué à quel point les hommes mariés, lorsqu’ils se l’autorisent, draguent plus facilement que les célibataires ? Cette légèreté dans le propos, ce sourire enjôleur… Vous savez sûrement de quoi je parle.

Je me suis longtemps demandé d’où leur venait cette aisance. La réponse m’est venue tout naturellement, en écrivant le billet précédent : c’est fort probablement parce qu’ils sont déjà engagés ailleurs ! De ce fait, ils ne peuvent faire aucune promesse à la femme qu’ils tentent de séduire. Elle le sait parfaitement, en prend son parti et en accepte même parfois les risques.

Ah ! Quelle situation confortable pour les hommes mariés qui jouent malgré tout au Don Juan : ils peuvent draguer effrontément ; en cas de dérapage, ils ont toujours la possibilité de se réfugier derrière un : «Mais enfin, tu savais bien que j’étais marié, non ?». Ou encore : «Je ne peux pas divorcer, je te l’ai dit mille fois, ma femme me ruinerait…». Dernière variante : «Si je quitte ma femme, mes enfants seront traumatisés et m’en voudront pour la vie…»

À l’inverse, un célibataire reculera sans cesse devant le moment de se déclarer, se gardant constamment une porte de sortie. Il ne voudra pas se commettre, ni annoncer ses couleurs, et poussera la femme, excédée, à prendre les devants. Et si ça ne fonctionne pas, là encore la parade est toute prête : «Ben là, ce n’est pas moi qui suis venu te chercher !», disent ceux qui sont particulièrement de mauvaise foi.

Dans le prochain billet : l’esquive sentimentale.

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (1)

 

Jusqu’à présent, nous avons beaucoup parlé de peur dans ce blogue : peur du rejet, peur de passer pour un macho, peur du ridicule, etc. Aujourd’hui, attaquons-nous à un autre type de crainte, qui est tout aussi chronique chez nos contemporains : la peur de l’engagement amoureux.

La plupart de mes consœurs vous le diront : les hommes ont une peur bleue de l’engagement, c’est presque un cliché. Et j’en viens parfois à me demander si, pour ces messieurs, draguer ne serait pas aussi devenu une forme d’engagement qu’ils fuient à toutes jambes.

Comme le faisait remarquer mon comparse Jean-Sébastien dans sa réponse au commentaire d’un internaute, «Séduire, c’est un code social, une façon d’entrer en contact avec les gens, d’être aimable en société. Au Québec, malheureusement, ce code social est mal compris, peu et mal pratiqué.»

Voici mon raisonnement : dans la Belle province, la séduction a été déviée de sa fonction initiale. Au lieu d’être considérée et vécue comme un simple jeu, une façon légère d’entrer en contact avec le sexe opposé, elle s’est alourdie d’une autre signification, d’un véritable enjeu qui ne devrait pas être le sien.

Annoncer ses couleurs à une femme, lui montrer sans équivoque son intérêt, est un comportement qui plonge ces messieurs dans un abîme de perplexité, car ils craignent que cela ne soit décodé par ces dames comme le signal clair d’une volonté d’engagement. Vous avez peut-être déjà entendu, de la bouche d’un homme célibataire : «Oui, bon, d’accord, elle me plaît, mais faudrait quand même pas qu’elle s’imagine que je vais me marier avec elle !» Ou encore : «Ben là, faudrait pas qu’elle pense qu’elle est devenue ma blonde officielle !»

À cet égard, lorsqu’on scrute un peu les blogues animés par de jeunes hommes, on se rend compte à quel point cette notion de «blonde officielle» est un sujet de discussion récurrent. C’est dire à quel point l’engagement les terrifie !

Dans le prochain billet : quand l’engagement fait l’affaire des hommes.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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