Articles avec le tag ‘Peur de l’engagement’
S’engager sur-le-champ ou rien (2)
Je vous parlais hier de ces rendez-vous galants et déconcertants avec une célibataire dans la trentaine qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille, le genre de femme qui s’empresse de demander à son vis-à-vis : «Moi, je suis à la recherche d’un homme qui veut s’engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l’engagement…»
Comment expliquer que des femmes puissent draguer en s’empressant de discuter de couple et de famille lors d’une première rencontre ? J’ai ma petite idée… Un ou plusieurs phénomènes peuvent entrer en jeu :
- L’imaginaire amoureux de ces femmes est infantile, marqué par l’attente anxieuse du prince charmant. Elles veulent vivre un amour de contes de fées. Et tous les contes de fées, on le sait, se terminent par : «ils se marièrent et ils eurent de nombreux enfants».
- Ces femmes ne sont pas autonomes sur le plan affectif. Leur désir désespéré d’engagement, de vie de couple, trahit une peur fondamentale : celle d’être seule.
- Par conformisme, ces femmes croient que la «réalisation de soi» passe obligatoirement par le bonheur conjugal et familial. Elles croient qu’une vie sans couple et sans enfants est une existence «ratée».
- Ces femmes sont hyper-compétitives, carriéristes et soucieuses de performer, elles veulent «réussir leur vie». Elles ont déjà un emploi, un condo, une voiture, un REER ? Maintenant, elles crèvent d’envie de rencontrer l’Homme, de se marier et d’avoir des enfants, prochains items sur leur checklist de superwoman. Elles n’ont pas de temps à perdre, alors elles sautent l’étape de la séduction pour entrer dans le vif du sujet : dès la première rencontre, parler de contrat de mariage, de grossesse sans complications et d’investissement immobilier.
- En parlant de leur désir d’union et d’enfant, mesdames veulent simplement mettre cartes sur table pour éviter que leurs interlocuteurs mâles se méprennent. Par exemple, parler de couple assez rapidement lors d’une première rencontre envoie un message clair aux célibataires qui ne cherchent qu’une aventure d’un soir : meilleure chance la prochaine fois !
S’engager sur-le-champ ou rien
Messieurs, avez-vous déjà été confronté à une «beauté désespérée» dans la trentaine, une célibataire qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille parce qu’elle n’en peut plus de vivre seule et d’entendre l’obsédant tic-tac tic-tac de son horloge biologique ? J’en ai rencontré quelques-unes, et j’en connais d’autres dans mon entourage. Une première date avec ce genre de femme peut être assez surprenante…
Le scénario est généralement le suivant (je vais ici condenser des rencontres dont j’ai été l’acteur ou le témoin). Après un premier contact avec un homme qui semble disponible pour une rencontre, la trentenaire célibataire organise un rendez-vous dans un endroit public, officiellement pour faire plus ample connaissance. Lors des 30 ou 40 premières minutes de la rencontre, les deux individus discutent de choses et d’autres dans un contexte relax. Puis la beauté désespérée profite d’une pause dans la conversation pour prendre une mine sévère, pour regarder fixement le mâle dans les yeux et lui demander, avec un sérieux solennel : «Moi, je suis à la recherche d’un homme qui veut s’engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l’engagement…»
Incroyable, mais vrai : une femme demande à un homme qu’elle ne connaît presque pas s’il veut s’engager. Elle n’a pas encore parlé d’amour… mais elle parle déjà de couple, de mariage, d’enfants ! On se croirait dans le Québec traditionnel, avant la Révolution tranquille, quand une «fille à marier» cherchait désespérément un «bon parti», un homme qui a une «situation», pour fonder une famille et éviter la honte du statut de «vieille fille». Lire la suite de ce billet »
Seductio interruptus
Connaissez-vous la seductio interruptus ? Plusieurs femmes de mon entourage ont vécu cette mésaventure. Voici un cas type.
Un Québécois, assez séduisant, se met à faire la cour à une célibataire — trop heureuse de rencontrer un homme entreprenant, enfin ! Pendant quelque temps, monsieur multiplie les invitations, les sorties, les petites attentions, etc., avec un certain succès. Un jour, au beau milieu d’un rendez-vous galant, il déclare à madame (avec un air de ti-chien battu) : «Il faut que je t’avoue quelque chose. J’ai une blonde…» ou, pire : «Je suis sur le point de me marier».
Toute son entreprise de drague s’écroule. Madame est bien sûr blessée et très déçue. Elle s’estime trahie. Lire la suite de ce billet »
La solitude
J’entends souvent dire que le célibat est un problème de société. Je n’en suis pas convaincu… À toutes les époques et dans toutes les cultures du monde, il y a toujours eu des célibataires, qu’il s’agisse de jeunes à la recherche d’un(e) partenaire, de personnes séparées, divorcées, de veufs et de veuves, de «vieux garçons» et de «vieilles filles», ou encore de gens qui exercent des occupations où le célibat est la norme (les métiers qui nécessitent des déplacements constants, la vie en communauté religieuse, etc.).
À mon avis, le phénomène marquant des dernières décennies n’est pas le célibat, mais la forte progression d’un nouveau mode de vie : la solitude. Au Québec, de 1951 à 2001, la proportion de ménages ne comptant qu’une seule personne a bondi de 4,5 % à près de 30 %. Parallèlement, la proportion de familles de six personnes et plus a dégringolé, de près de 30 % en 1951 à seulement 1,8 % en 2001 — voyez les statistiques officielles.
La solitude est une réalité assez répandue au Québec. On voit des gens habiter fin seuls dans de grands appartements où jadis s’entassaient des familles de six, sept, huit personnes… Pour certains, c’est même un choix doublé d’une exigence perfectionniste : «Je préfère la solitude à la vie avec quelqu’un qui ne me convient pas parfaitement.» Lire la suite de ce billet »
Jocelyne Robert, auteur, sexologue
Voici le quatrième billet d’une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.
Aujourd’hui : Jocelyne Robert, auteur, sexologue et synergologue (spécialiste du langage non verbal).

Depuis 25 ans, Jocelyne Robert contribue à l’éducation et au mieux-être sexuel de son prochain grâce à ses livres à succès (traduits en une vingtaine de langues), ses chroniques dans divers médias, conférences, etc. Depuis une dizaine d’années, elle s’intéresse plus spécifiquement aux relations hommes-femmes et à l’impact de l’hypersexualisation. Elle prépare en ce moment un ouvrage sur les baby-boomeuses : leur peur de vieillir, leur rapport au corps, à la beauté, à l’amour et à l’érotisme ainsi que l’engouement pour les chirurgies esthétiques. Jocelyne Robert a été récompensée par de nombreux prix et distinctions.
Nous avons rencontré Jocelyne Robert en juin 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits (qui reprennent le fil de notre entrevue avec le psychologue et sexologue Yvon Dallaire, sur l’éducation des garçons). Lire la suite de ce billet »
Il existerait six types de relations amoureuses

La science distingue plusieurs types d’amours. Consciemment ou non, nous obéirions à l’un ou l’autre de ces schèmes — qui ont sûrement une influence sur les comportements de séduction.
Voici un modèle théorique des plus connus et éprouvés, publié pour la première fois en 1977 dans la revue savante Personality and Social Psychology Bulletin. Je l’ai découvert dans l’excellent livre de vulgarisation scientifique du psychologue Lubomir Lamy L’amour ne doit rien au hasard (Eyrolles, 2006). Lorsque j’ai pris connaissance de ce modèle théorique, j’ai été ébloui, frappé par la Lumineuse Évidence de la Vérité : j’y ai reconnu toutes mes relations de couple… et j’ai compris pourquoi la plupart de ces relations ont foiré ! Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.