Articles avec le tag ‘Malaise’

Nous vivons dans un monde de paradoxes

 

J’ai souvent l’impression que les Québécois, sur le plan de la séduction et de l’amour, veulent le beurre et l’argent du beurre.

Par exemple, ils aspirent au Grand Amour et à la Liberté, deux notions qui s’opposent comme l’eau et le feu. Ils valorisent le couple, mais refusent de s’engager. Ils rêvent d’amour, mais ne font aucun effort pour concrétiser ce rêve.

Vous voulez d’autres exemples ? Lire la suite de ce billet »

Le baiser colombin

 

Il y a quelques jours, j’ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.

Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.

Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m’a stupéfié. Lire la suite de ce billet »

Offrir des fleurs

 

Hier, je me suis fendu d’un billet sur cette habitude ô combien québécoise de séparer des factures de bar ou de restaurant à la cenne près au lieu d’offrir (donc de payer) le repas ou les consommations. J’expliquais que les Québécois sont tellement individualistes et mal à l’aise dans les rapports de séduction qu’ils n’osent plus inviter l’autre, offrir une soirée ou un repas, et ce sans contrepartie.

Vous aurez sûrement remarqué que les hommes, au Québec, ne sont pas portés à offrir des fleurs aux femmes. Si vous vous demandez pourquoi, ne cherchez pas de midi à quatorze heures : un peuple qui divise les factures de restaurant en parties rigoureusement égales sera bien évidemment réticent à offrir des bouquets de fleurs ! Lire la suite de ce billet »

Comment survivre aux week-ends ?

 

Lancée en mai dernier, la série Web-télé Comment survivre aux week-ends ? (sur le blogue du magazine féminin Clin d’oeil) met en scène trois jeunes femmes célibataires dans un Sex and the City à la sauce québécoise. 

Sur les 13 épisodes de la série, le septième est particulièrement savoureux. On y relate une blind date désastreuse dont le point fort réside dans les malaises gastriques du cavalier, joué par un Pierre-François Legendre (le Carlos des Invincibles) goujat à souhait. On adore quand il annonce, retournant à table après un passage prolongé aux toilettes : «S’cuse, c’est mon heure»…

Allez, bon week-end !

À tout prendre, les deux chats sont dans le même sac

 

Dans mon billet de ce matin sur le film québécois J’ai tué ma mère, j’ai cité deux films québécois des années 1960, À tout prendre et Le chat dans le sac. Dans une réponse à un commentaire sur mon billet, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai vus et revus je ne sais combien de fois lorsque je fréquentais le cégep et l’université (je suivais des cours sur le cinéma, j’étais un cinéphile compulsif tendance fétichiste). À l’UQAM,  j’avais même rédigé une petite analyse comparative des deux oeuvres.

Dans la soirée, j’ai repensé à ce travail universitaire. Où l’avais-je foutu ? (Car je conserve tout.) J’ai fouillé dans mes archives. J’ai dû rallumer un vieil ordinateur, le secouer un peu… et j’ai retrouvé mon document Word pondu pour un cours sur le cinéma à l’UQAM, intouché depuis 1993 ou 1994 ! Je l’ai relu et, ma foi, je l’ai trouvé assez bon. J’ai entrepris de le réécrire (il y avait des coquilles, et le style était trop académique…), de le coder en HTML et de le publier dans mon site web personnel. (Vive le contenu culturel gratuit sur Internet !)

Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre deux films des années 1960 et les relations hommes-femmes dans le Québec des années 2000. Justement, il y a un lien : les personnages masculins d’À tout prendre et du Chat dans le sac, trentenaires urbains en pleine errance existentielle, malhabiles avec les femmes, égocentriques et névrosés, incapables de s’engager, me semblent très actuels. On croirait les ancêtres des Invincibles (le sens de l’humour en moins).

Le parler des Québécois exprime leur crainte de la drague

 

Pour compléter la série de billets sur la peur du rejet, récemment signés par ma comparse Emmanuelle… Voici des tournures de phrases typiques du Québécois moyen qui ose enfin sortir de son silence, et surmonter sa peur d’avoir peur, pour se lancer dans l’arène de la drague. (Dans les exemples ci-dessous, un homme aborde une femme.)

  • Formules convenues : «Tu viens souvent par ici ?», «On se connaît, il me semble…», «C’est quoi ton signe ?», etc.Crédit photo: Shutterstock
  • Il tutoie tout ce qui bouge : «J’peux-tu m’asseoir à côté de toi?»
  • Une fâcheuse tendance à tourner autour du pot : «Puisque nous sommes assis au bar… Peut-être que je pourrais t’offrir un verre ? Si t’en as envie, bien sûr… Mais c’est vrai qu’on ne se connaît pas… T’es pas obligée d’accepter… J’aurais peut-être dû te dire que… En fait, ce n’est pas ce que je voulais te dire…», etc.
  • Il va même jusqu’à s’excuser d’entrer en contact avec une inconnue : «S’cuse, là, je ne voudrais pas te déranger…»

Non mais, je vous le demande : comment peut-on charmer, envoûter une femme lorsqu’on s’excuse d’emblée de l’aborder, qu’on lui ressert des formules stéréotypées, qu’on bafouille et qu’on la tutoie à tour de bras ? Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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