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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Malaise</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Pour ou contre la Saint-Valentin : le débat se poursuit</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 13:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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(Le texte ci-dessous commente un billet publié le 10 février 2010 dans le blogue des Éditions de l’Homme par Geneviève Parent, sexologue clinicienne, sexoanalyste et psychothérapeute, auteure de L’intimité harmonieuse.)
Chère Geneviève Parent,
Votre billet me donne terriblement envie d&#8217;exposer ma vision des relations hommes-femmes au Québec et le rôle joué par la Saint-Valentin. Je vais tenter de m&#8217;exprimer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>(Le texte ci-dessous commente un <a href="http://editionshomme.qc.ca/2010/02/10/pour-ou-contre-la-saint-valentin-le-debat-se-poursuit/" target="_blank">billet publié le 10 février 2010 dans le blogue des Éditions de l’Homme par Geneviève Parent</a>, sexologue clinicienne, sexoanalyste et psychothérapeute, auteure de <a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=343247" target="_blank"><em>L’intimité harmonieuse</em></a>.)</p>
<p>Chère Geneviève Parent,</p>
<p>Votre billet me donne terriblement envie d&#8217;exposer ma vision des relations hommes-femmes au Québec et le rôle joué par la Saint-Valentin. Je vais tenter de m&#8217;exprimer le plus clairement possible. Je dis bien «tenter», parce qu&#8217;il me semble toujours difficile de décrire notre concentré national de contradictions et de paradoxes. (J&#8217;ai essayé du mieux que j&#8217;ai pu dans le livre <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=343247" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</a></em>, mais je n&#8217;ai pas la prétention d&#8217;avoir fait le tour de la question, ni d&#8217;avoir épuisé le sujet.)<span id="more-1841"></span></p>
<p>J&#8217;ai une meilleure compréhension des relations hommes-femmes au Québec depuis que j&#8217;ai saisi à quel point les Québécois francophones constituent un peuple d&#8217;extrémistes. Je ne parle pas ici d&#8217;extrémisme idéologique ou politique, par exemple d’extrême-gauche ou d&#8217;extrême droite (sur le plan politique, les Québécois sont plutôt centristes tendance progressiste, pragmatiques, avec un souci marqué pour le consensus démocratique). Quand j&#8217;utilise le mot «extrémistes» pour qualifier les Québécois, je veux dire par là qu&#8217;ils passent très aisément d&#8217;un extrême à une autre. Je dirais même que nous sommes les champions du monde de la table rase, du bébé jeté avec l’eau du bain, de l’éternel recommencement.</p>
<p>Pour s’en convaincre, il suffit de prendre la mesure des immenses changements survenus dans la société québécoise depuis la Révolution tranquille, soit depuis 1960. Ainsi, en seulement un demi-siècle&#8230;</p>
<ul>
<li>D’un mode de vie essentiellement rural, nous sommes passés à un mode de vie essentiellement urbain.</li>
<li>De fanatiques religieux se mortifiant dans la pauvreté, nous sommes devenus les plus zélés des athées et des obsédés du confort domestique.</li>
<li>D’une économie axée sur l’extraction des ressources naturelles (monsieur au champ ou en forêt, madame qui éduque à la maison ce qui deviendra la main-d’oeuvre de demain), nous sommes passés à une société de surconsommation axée sur les services. Et la surconsommation a tout envahi, y compris l&#8217;amour. On peut aujourd’hui magasiner son partenaire amoureux dans les sites web ou les agences de rencontre. L’amour est un argument marketing et le sexe un produit.</li>
<li>D’un mode de vie communautaire (familles nombreuses, vie de village et de quartier), nous sommes passés à un mode de vie individualiste : aujourd’hui, le tiers des ménages est composé d’une personne vivant seule. La proportion de familles de six personnes et plus a fondu, de près de 30 % en 1951 à seulement 1,8 % en 2001.</li>
<li>La rencontre amoureuse a énormément changé. Depuis la libération des moeurs des années 1960-1970, il n’y a plus d’obstacles ou presque, et l’encadrement social a disparu. Aujourd’hui, les occasions de rencontre sont très nombreuses. En théorie, on peut séduire ou draguer quasi n’importe quand et n’importe où. Dans les faits, cette liberté provoque beaucoup de gêne : quand on a trop de latitude, on ne sait pas quoi en faire&#8230; Quand il n’y a plus d’interdits, il n’y a plus rien d’excitant&#8230; Quand personne ne nous encadre, ne nous guide, on ne sait par quoi commencer&#8230; On a souvent un manque de confiance en soi, une peur d’aller vers les autres.</li>
<li>Avant 1960, l&#8217;individu était au service du couple ou de la famille. De nos jours, le couple est au service de l&#8217;individu. La vie en couple doit assurer le bonheur individuel des partenaires, elle doit effacer leurs blessures du passé et leur garantir un avenir heureux. À la moindre instatisfaction, le couple éclate.</li>
</ul>
<p>La totale liberté d&#8217;aimer que n&#8217;ont pas connue nos ancêtres nous impose de construire notre amour, car il n&#8217;y a personne pour le faire à notre place. Or les Québécois semblent encore désorientés par l’ampleur des changements sociaux, politiques, économiques, culturels, etc., survenus en seulement 50 ans (et je n’ai pas parlé des impacts du féminisme, de la pornographie, de la précarité d’emploi, de la crise écologique&#8230;), ils parviennent difficilement à construire du solide.</p>
<p>Les Québécois, en fait, ne savent plus quoi faire de leur liberté&#8230; sauf revendiquer toujours plus de liberté ; la rupture avec le passé est devenue une valeur en soi et la liberté une fuite en avant. Les Québécois font constamment table rase, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">tout en se montrant incroyablement ambivalents face à l&#8217;avenir</a>. Cette attitude insouciante ouvre la porte aux pires niaiseries : relativisme absolu (tout se vaut et ne vaut rien), pensée magique, nivellement par le bas, loi du moindre effort, sectes et Nouvel Âge, pseudo sciences (de l’éducation, de la gestion&#8230;), anti-intellectualisme, infantilisme, bons sentiments, morale gnangnan&#8230;</p>
<p>Dans ce contexte, la Saint-Valentin m’apparaît une fête ultracommerciale, très éloignée de sa signification initiale (<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/02/01/histoire-saint-valentin-1/" target="_self">que j’ai documentée dans un billet</a>), et aussi une nouvelle norme sociale : au royaume de l’individu triomphant axé sur les résultats, il faut «réussir» sa Saint-Valentin, tout comme on «réussit» sa carrière, ses vacances et ses REER !</p>
<p>La Saint-Valentin <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/02/09/celibataires-saint-valentin-quebec/" target="_self">est devenue un conformisme</a>. Dans une société comme le Québec, cruellement en manque de repères, cette supposée fête des amoureux est en fait une norme sociale tyrannique. Comme si l’on nous disait, sur un ton qui ne supporte pas la réplique : «Vous DEVEZ absolument être en couple ou rencontrer quelqu’un pour la Saint-Valentin. Autrement, votre vie est ratée !»</p>
<p>Je crois plutôt que nous devrions réapprendre à nous rencontrer, à tout moment de l&#8217;année. Aussi, nous devrions cesser d’évaluer la vie de couple avec des critères de performance, cesser d&#8217;exiger la perfection et la satisfaction immédiate. Comme vous le dites dans votre billet, «la personne idéale ne viendra pas sonner à ma porte car elle n’existe pas.»</p>
<ul>
<li>Tous nos <a href="http://ladrague.qc.ca/tag/saint-valentin/" target="_self">billets sur la Saint-Valentin</a></li>
</ul>
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		<item>
		<title>Les célibataires et la Saint-Valentin, couple maudit&#8230; au Québec</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/02/09/celibataires-saint-valentin-quebec/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 13:17:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Le problème avec la Saint-Valentin au Québec, c’est le mot «Québec».
La séduction, dans un monde normal, devrait être un jeu, une activité agréable et régulière, sans stress ni déceptions difficiles à vivre. C’est-à-dire cultiver le plaisir d’entrer en contact avec des inconnus, de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir et de nourrir son réseau social, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Le problème avec la Saint-Valentin au Québec, c’est le mot «Québec».</p>
<p>La séduction, dans un monde normal, devrait être un jeu, une activité agréable et régulière, sans stress ni déceptions difficiles à vivre. C’est-à-dire cultiver le plaisir d’entrer en contact avec des inconnus, de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir et de nourrir son réseau social, et aussi d’apprendre de ses erreurs.</p>
<p>Or les Québécois ne veulent généralement pas profiter à fond des occasions de rencontre, qui sont pourtant si nombreuses — presque toutes les situations de la vie en société peuvent s’y prêter, qu’il s’agisse de l’école, du travail, des loisirs, etc. <span id="more-1829"></span></p>
<p>Ils préfèrent surinvestir la Saint-Valentin, considérant (à tort) que le 14 février est «le» moment de l’année pour rencontrer l’amour. Ils se préparent donc longtemps à l’avance, insistent à mort auprès de célibataires de leur entourage pour les convaincre d’accepter une invitation au restaurant ou au cinéma, n’en finissent plus de planifier le jour J&#8230; Si, par malheur ou malchance, ils se retrouvent seuls le 14 au soir, c’est la grosse déprime. Le désespoir. L&#8217;échec total.</p>
<p>Les Québécois accordent une importance démesurée à la Saint-Valentin. Pendant les 364 autres jours de l’année, les rapports de séduction sont trop rares et souvent gênants&#8230; Le 14 février, ils n’en peuvent plus, ils ont attendu ce jour tellement longtemps. Ils ne veulent surtout pas gâcher cette chance ! Ainsi, ils se mettent beaucoup de pression sur les épaules. Ce stress contribue à favoriser les gaffes ou les tensions et, trop souvent, gâche les occasions de rencontre.</p>
<p>La Saint-Valentin devrait plutôt être une occasion de rencontre amoureuse parmi tant d’autres, l’un des nombreux prétextes pour flirter, séduire, draguer. Quand retrouverons-nous le plaisir de nous rencontrer ?</p>
<ul>
<li>Tous nos <a href="http://ladrague.qc.ca/tag/saint-valentin/" target="_self">billets sur la Saint-Valentin</a></li>
<li>Voyez aussi les <a href="http://editionshomme.qc.ca/tag/saint-valentin/" target="_blank">billets sur la Saint-Valentin du blogue des Éditions de l&#8217;Homme</a>, notamment <a href="http://editionshomme.qc.ca/2010/02/08/la-saint-valentin-pourquoi-faire/#comments" target="_blank">mes commentaires</a> à la suite d&#8217;un billet de la sexologue Geneviève Parent</li>
</ul>
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		<title>Oui, non, je ne sais plus</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 13:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Lundi dernier, j’ai écrit un petit billet sur la seductio interruptus (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple&#8230;), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.
Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une liste de phrases types [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Lundi dernier, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/11/seductio-interruptus/" target="_self">j’ai écrit un petit billet sur la <em>seductio interruptus</em></a> (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple&#8230;), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.</p>
<p>Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/13/les-mots-pour-le-dire/" target="_self">liste de phrases types</a> prononcées par les Québécois lorsqu’ils rencontrent une créature du sexe opposé, puis s&#8217;installent en couple. Avec, pour chaque déclaration, ce que monsieur pense mais ne dit point.</p>
<p>Ces comportements ambivalents sont typiquement québécois. Je ne connais pas d’autre peuple qui cultive autant l’ambiguïté, qui soit aussi hésitant, souvent confus. Ce n’est pas que les Québécois soient menteurs ou faux jetons, ça non. Ils privilégient le respect, la tolérance, la justice. Ils savent se montrer généreux et solidaires (par exemple avec la communauté haïtienne dévastée par le terrible séisme de mardi dernier). Mais quand il s&#8217;agit de leur propre destinée, ils peuvent se montrer incroyablement indécis, équivoques.</p>
<p><a href="http://www.republiquelibre.org/cousture/REFERENDUM.HTM" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-1601" src="http://ladrague.qc.ca/files/2010/01/ref1.gif" alt="" width="172" height="167" /></a> J’y repensais cette semaine en me disant que la question nationale y est sûrement pour quelque chose. Ce n’est pas la première fois que j’y songe. Il en est d’ailleurs question dans notre livre <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_self">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</a></em>, mais brièvement. Nous n’avions pas envie d’écrire sur la politique.</p>
<p>Cette semaine, donc, je réfléchissais à tout ça. Je me suis dit que je devrais, même si ça me semble a priori un exercice pénible, essayer de creuser les liens entre la question nationale et le refus de la drague au Québec. <span id="more-1597"></span></p>
<p>Pour alimenter ma réflexion, j’ai replongé dans quelques bouquins de mon intellectuel québécois préféré, <a href="http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/vadeboncoeur-pierre-457/" target="_blank">Pierre Vadeboncoeur</a>. Dans la deuxième moitié des années 1970, après avoir pris sa retraite du milieu syndical (il fut négociateur et conseiller à la CSN de 1950 à 1975), Pierre Vadeboncoeur a publié plusieurs ouvrages sur la nécessité de l’indépendance du Québec, notamment <em>Un génocide en douce</em> (1976) et <em>To be or not to be, that is the question</em> (1980). Depuis les années 1980, il explore la postmodernité, la spiritualité, les arts plastiques, l’amour, le bonheur, la liberté&#8230; (J’ai consacré <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/15/le-bonheur-excessif/" target="_self">un billet</a> à son meilleur livre sur la naissance du sentiment amoureux, <em>Le bonheur excessif</em>.)</p>
<p>Pour revenir à la question nationale, Pierre Vadeboncoeur a noirci une grande quantité de pages, dans les années 1970, sur le nationalisme québécois et sur le référendum que préparait le gouvernement de René Lévesque. Vadeboncoeur se montrait extrêmement préoccupé par les conséquences d’un «non» majoritaire au terme de la consultation populaire. Son discours était souvent tenu pour pessimiste, rabat-joie.</p>
<p>Il faut se rappeler que la conscience nationale s’est essoufflée après la victoire du Parti Québécois le 15 novembre 1976. Ça peut nous paraître illogique aujourd’hui, mais bien des militants ont pris leur retraite le 16 novembre 1976 en se disant : «Le PQ s’occupe de nous donner un pays, alors je vais me reposer.» Cette attitude se vérifie dans la production culturelle : la chanson politique s’est estompée après 1976 (la mode, à la fin des années 1970, était à la chanson granola et au rock sans contenu politique) ; les poètes et les écrivains se sont repliés sur eux-mêmes, comme si le pays qu’ils avaient tant espéré était désormais réalité ; le cinéma québécois, si original à la fin des années 1960 et pendant la première moitié des années 1970, est devenu ennuyant après la victoire de René Lévesque. Et les intellectuels se sont tus, surtout après l’adoption de la loi 101 en 1977. «Le français est protégé, mission accomplie», se disaient-ils.</p>
<p>Ce laisser-aller est une erreur stratégique et un bon exemple de notre traditionnelle ambivalence, clamait Pierre Vadeboncoeur à la fin des années 1970. Ce n&#8217;était plus le temps de tergiverser, car l’histoire du Québec était sur le point de se jouer. En 1978, Vadeboncoeur a écrit : «On n’a pas beaucoup souligné jusqu’ici une idée pourtant majeure : le choix qu’on fera [lors du référendum] débordera amplement la seule problématique de l’indépendance et il aura par conséquent des effets d’une portée bien plus générale que celle de la question entendue dans son sens explicite. (&#8230;) On se trouve, qu’on le veuille ou non, engagé dans un processus où il s’agira de savoir si l’on vote pour ou contre soi.»</p>
<p><em>Un génocide en douce</em> et <em>To be or not to be&#8230;</em>, que je me suis farcis cette semaine, sont des essais crève-coeur. Dans ces pages, parfois d’une rare noirceur, l’auteur anticipe ce qui arrivera aux Québécois s’ils refusent de se donner un pays : «l’échec du projet d’indépendance ne serait que le commencement d’une fin à n’en plus finir». C’est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l’américaine, déclin de l’usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé&#8230;</p>
<p>Toutes les craintes de Vadeboncoeur se sont avérées.</p>
<p>La société québécoise, en ce début d’année 2010, entretient son incapacité de se donner un avenir. Par exemple en ne réagissant pas au lent déclin de l&#8217;usage du français, en se marginalisant au sein du Canada (et, par extension, sur la scène internationale). Et a-t-on déjà vu un peuple aussi mal à l&#8217;aise sur le plan identitaire, par exemple dans le débat sur les «accommodements raisonnables» et sur la laïcité ?</p>
<p>Existe-t-il un peuple au comportement politique plus incohérent ? Bien des Québécois votaient et pour Pierre Elliott Trudeau au fédéral, et pour René Lévesque au provincial&#8230; De nos jours, la culture politique du Québécois moyen est pauvre et toujours ambivalente. Par exemple, beaucoup se moquent de la gauche et du «modèle québécois» sans se demander un instant si la droite et le modèle américain leur auraient donné ce dont ils profitent aujourd’hui : un système de santé universel, l’éducation quasi gratuite jusqu’à l’université, une panoplie de programmes sociaux, l&#8217;électricité nationalisée, l&#8217;égalité hommes-femmes&#8230; On succombe à n&#8217;importe quelle mode, par exemple les vagues promesses de «changement» de Mario Dumont ou le discours hystérique sur la dette publique&#8230; Les Québécois s’intéressent peu aux débats politiques, ils votent selon leur humeur, et après ils se plaignent d’avoir élu un Jean Charest ou un Stephen Harper&#8230; Surtout, a-t-on déjà vu sur le globe un peuple refuser à deux reprises de se donner un pays ?!?</p>
<p>L’économie québécoise se porte assez bien aujourd’hui compte tenu de la crise financière et de la récession en 2008-2009, car notre structure économique est diversifiée (sur ce plan, nous avons fait beaucoup de progrès depuis les années 1970). Notre production culturelle et nos artistes sont très dynamiques — la culture est notre «marque de commerce», ce qui nous distingue dans le monde. Mais pour le reste, le Québec ne va nulle part.</p>
<p>Je ne connais pas de peuple aussi incertain, flou, indéterminé que les Québécois. Notre sport national, ce n’est pas le hockey, c’est l’ambivalence ! Une ambivalence si bien ancrée dans nos mentalités, dans nos comportements, qu’elle ne nous étonne plus.</p>
<p>Cette ambivalence, on la voit aussi dans nos relations hommes-femmes. D&#8217;où le refus de draguer (et pourtant, beaucoup de gens meurent d&#8217;envie de faire des rencontres amoureuses), la peur panique du rejet, les faux-fuyants sentimentaux, les occasions en or tuées dans l&#8217;oeuf&#8230; Quand drague il y a, elle est maladroite, incertaine, souvent compromise. Il y a aussi la peur de s&#8217;engager dans une relation durable que manifestent tant de Québécois&#8230; les mêmes Québécois qui, au fond d&#8217;eux-mêmes, idéalisent la vie de couple ! Oui, non, je ne sais plus&#8230;</p>
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		<title>C&#8217;était en 1989</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/11/09/1989/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 06:09:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 

Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. 
Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <br />
<a href="http://www.aapq.org/fiches_projets/MCR_RMG_Nef14reines.html" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1238 alignleft" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/11/polytechnique.jpg" alt="L'un des 14 tertres commémorant les victimes du massacre de Polytechnique" width="108" height="182" /></a><br />
Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. </p>
<p>Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois avant le traumatisme de Polytechnique : l&#8217;affaire Daigle-Tremblay et la première publication de <em>Père manquant, fils manqué</em>. Des événements qui ont durablement influencé les relations hommes-femmes au Québec.<span id="more-1228"></span></p>
<p>Pendant l&#8217;été, <strong>l&#8217;affaire Daigle-Tremblay</strong> battait son plein. Chantal Daigle était cette jeune femme qui avait quitté un partenaire violent, Jean-Guy Tremblay, alors qu&#8217;elle était enceinte de 18 semaines. Elle avait décidé d&#8217;interrompre sa grossesse, mais Jean-Guy Tremblay s&#8217;y opposait ; le 26 juillet, il a obtenu en Cour d&#8217;appel du Québec une injonction empêchant son ex-conjointe d&#8217;aller de l&#8217;avant malgré un jugement historique de la Cour suprême en 1988 (l&#8217;arrêt Morgentaler) stipulant que l&#8217;avortement n&#8217;était plus un geste criminel au Canada. Situation complètement dingue : Chantal Daigle était devenue la seule femme au Canada ne pouvant avoir recours à l&#8217;avortement, sous peine d&#8217;amende et d&#8217;emprisonnement ! Les pro-vie et pro-choix s&#8217;affrontaient quotidiennement ou presque. L&#8217;affaire a tenu le pays en haleine jusqu&#8217;au 8 août, lorsque la Cour suprême du Canada a levé l&#8217;injonction du tribunal québécois. Chantal Daigle s&#8217;était réfugiée secrètement à Boston pour obtenir une interruption volontaire de grossesse.</p>
<p>L&#8217;affaire Daigne-Tremblay fut un choc pour tous ceux qui croyaient que le corps d&#8217;une femme appartient de plein droit à la principale intéressée, et qui croyaient aussi que le principe de l&#8217;égalité hommes-femmes obtenu de haute lutte par les féministes était un acquis définitif. (Jean-Guy Tremblay, pour sa part, reviendra dans l&#8217;actualité judiciaire au cours des années 1990-2000 : il sera reconnu coupable de plusieurs cas de violence conjugale.)</p>
<p>L&#8217;année 1989 fut aussi celle de la publication de <em><strong>Père manquant, fils manqué</strong></em>, du psychanalyste <a href="http://www.editions-homme.com/ficheAuteur.aspx?codeaut=CORN1003" target="_blank">Guy Corneau</a>. Un ouvrage-choc qui a permis aux Québécois de prendre conscience de la condition masculine. En 1989, grâce à Guy Corneau, la réalité des hommes était enfin devenue un sujet de discussion pour les médias, des spécialistes, des chercheurs, etc., et le grand public  (tout comme le Québec s&#8217;était intéressé de près, dans les années 1970-80, à la condition féminine).</p>
<p>Et le 6 décembre se produisait le massacre de Polytechnique. Il y a 20 ans, donc, trois événements médiatisés à l&#8217;extrême, trois secousses sismiques sur le terrain des relations entre les sexes.</p>
<p>Sans oublier la <strong>chute du mur de Berlin</strong>, survenue il y a exactement 20 ans aujourd&#8217;hui. Cet événement a consacré l&#8217;écroulement des idéologies d&#8217;extrême-gauche et laissé toute la place à une nouvelle conception de la vie en société qui, on s&#8217;en rendra compte au fil des ans, n&#8217;est pas des plus excitantes pour la rencontre amoureuse : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/22/vingt-ans-de-capitalisme-sauvage/" target="_self">le néolibéralisme</a>.</p>
<p>En songeant à l&#8217;actualité tourmentée au Québec en 1989, je me pose plusieurs questions sur les relations hommes-femmes. Avons-nous progressé depuis 20 ans ? Ou régressé ? Quand j&#8217;observe le triste état de la séduction et de la drague au Québec, je suis perplexe&#8230;</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
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		<title>Les sites web de rencontre et les sites pornos se ressemblent</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 06:05:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Je poursuis ma réflexion sur la pornographie amorcée hier&#8230;
À mes yeux, les sites web de rencontre et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.
L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’abondance, l&#8217;incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout&#8230; jusqu’à ressentir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Je poursuis ma <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/28/souvenir-pornographique/" target="_self">réflexion sur la pornographie amorcée hier</a>&#8230;</p>
<p>À mes yeux, les <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/19/les-sites-web-de-rencontre-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire/" target="_self">sites web de rencontre</a> et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.</p>
<p>L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’<strong>abondance, </strong>l&#8217;incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout&#8230; jusqu’à ressentir une sensation de vertige : il y a tellement de célibataires intéressants, par qui commencer, où s’arrêter ? Même phénomène sur un site porno : il y a tant de photos et de vidéos, tant de scènes de sexe qui attirent le voyeur&#8230; La surabondance excite, puis provoque un malaise. Sur le Web, il y a trop de corps et de coeurs à prendre.<span id="more-918"></span></p>
<p>Ensuite, les sites web de rencontre et les sites porno regorgent de <strong>contenus très segmentés</strong>. Par exemple, on peut utiliser un moteur de recherche pour identifier, trier, classer des célibataires disponibles pour la rencontre amoureuse selon une foule de critères : âge, sexe, poids, couleur des yeux et des cheveux, situation professionnelle, localité, religion, opinions politiques, etc. Les <em>porn stars</em> et modèles XXX sont aussi classés de toutes les manières imaginables : par âge, sexe, poids, couleur des yeux et des cheveux, etc., selon le type de scène lubrique recherché, en fonction des perversions les plus inavouables.</p>
<p>Les deux types de sites web contribuent également à alimenter des <strong>fantasmes complètement déconnectés de la réalité </strong>: le Grand Amour ultraromantique pour ces dames, la performance-domination sexuelle totale pour ces messieurs. «Il y a deux types de sites pornographiques : les sites pornographiques physiques et les sites pornographiques affectifs», a déclaré le psychologue et sexologue <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">Yvon Dallaire</a> lorsque nous l&#8217;avons rencontré pour un projet qui allait devenir <a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_self"><em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em></a><em> </em>«Les sites de rencontre, ce sont des sites pornographiques affectifs pour femmes, car ce sont surtout des femmes qui vont là-dessus. &#8220;L&#8217;âme soeur&#8221;, c&#8217;est comme la page centrale du <em>Playboy</em> !» Autrement dit, la poupoune blonde californienne aux gros seins et le prince charmant sur son cheval blanc, ce sont les deux faces d&#8217;une même médaille. </p>
<p>Il existe bien sûr une différence de taille entre les plateformes web de rencontre et les sites XXX : les premiers sont conçus pour l’échange, la conversation entre les internautes, tandis que les seconds interdisent toute communication et isolent les utilisateurs.</p>
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		<title>Souvenir pornographique</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 06:04:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J&#8217;avais 12 ou 13 ans. La scène s&#8217;est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique soft du genre Playboy. Un choc. Oui, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-902" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/playboy.jpg" alt="Playboy, août 1983" width="173" height="228" /></p>
<p>Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J&#8217;avais 12 ou 13 ans. La scène s&#8217;est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique <em>soft</em> du genre <em>Playboy</em>. Un choc. Oui, je le dis sans exagérer : mon ami et moi, nous étions soufflés.</p>
<p>La publication sur papier glacé était illustrée de photos de femmes nues de la tête aux pieds, la poitrine et le pubis dénudés, ou encore les fesses à l’air, dans diverses mises en scène (sur la plage, sur le pont d’un yacht, sur des draps de satin rouge, etc.). Stupéfaction : la nudité intégrale !</p>
<p>Avec mon ami, conversations gênées sur les diverses caractéristiques et fonctions du corps de la femme, spéculations à n’en plus finir, questions sans réponses. Nous étions envahis par un mélange de curiosité et de culpabilité, d’excitation et d’angoisse. Il faut dire que l’éducation sexuelle de l’époque ne nous avait pas appris grand-chose (le premier véritable programme d&#8217;éducation sexuelle, dans les écoles primaires et secondaires du Québec, a été implanté un peu plus tard, en 1985).<span id="more-900"></span></p>
<p>Ainsi, mon ami et moi-même, deux garçons à peine pubères, nous contemplions longuement plusieurs photos montrant des demoiselles entièrement nues. Nous étions excités comme des taureaux en rut, il va sans dire. Tsunami de fantasmes. Et pourtant, le contact avec des créatures du sexe opposé était alors à la limite de notre entendement, nous étions difficilement capables de concevoir les détails d’une relation sexuelle, les préliminaires, le coït, ce qu’il faut dire à la madame pour qu’elle glousse d’excitation, etc. Nous pensions naïvement qu’il suffisait qu’un homme touche aux seins ou aux fesses d’une femme pour que celle-ci explose de plaisir&#8230;</p>
<p>Surtout, nous n’imaginions pas qu’il puisse exister un au-delà de ce que nous pouvions voir dans le magazine cochon. Notre compréhension du sexe s’arrêtait à ces images de nudité, les seules qui étaient accessibles à l’époque (âgés de 12 ou 13 ans, il nous était impossible d’acheter des publications <em>hard core</em> en kiosque ou de fréquenter les salles de cinéma XXX, réservés aux clients de 18 ans et plus).</p>
<p>Cette anecdote est somme toute banale. Tous les ados du monde ont les hormones au plafond, ils sont très curieux de la sexualité. Il est normal que les images de nudité les excitent au plus haut point, nourrissent leurs fantasmes, leur imaginaire.</p>
<p>Vingt-cinq ans plus tard&#8230; Les adolescents n&#8217;ont pas changé, leurs hormones non plus. La pornographie, pour sa part, est devenue une énorme industrie complètement démocratisée, peu coûteuse ou gratuite (notamment sur Internet). La pornographie <em>hard core</em>, beaucoup plus dégradante et violente et que la porno grand public d’il y a 25 ans, est maintenant très accessible, entrée dans les moeurs, et elle contamine tout : la publicité, les vidéo-clips, les magazines dits féminins, les jeux électroniques, etc. En comparaison, un <em>Playboy</em> de 1983 (voir la photo ci-dessus) nous semble innocent et candide. </p>
<p>Le premier contact avec la pornographie surgit dès l’âge de 11-12 ans, parfois plus tôt, indiquent toutes les études menées auprès des adolescents. Autrement dit, à la découverte des représentations de la sexualité peut correspondre à une pornographie des plus <em>hard</em>. L’éducation sexuelle à l’école, pour sa part, est quasi inexistante (le programme formel implanté au Québec en 1985 a disparu au début des années 2000), et bien des parents se sentent dépassés.</p>
<p>La consommation de porno à un si jeune âge influence forcément les fantasmes, les premiers contacts sexuels, ainsi que les comportements de séduction. Peu de gens en parlent sur la place publique, à l&#8217;exception de la sexologue bien connue <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/15/jocelyne-robert/" target="_self">Jocelyne Robert</a> (voir notamment son essai <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=284570" target="_blank">Le sexe en mal d&#8217;amour</a></em>, 2005) ou encore la sexologue moins connue Valérie Morency, qui a signé l&#8217;an dernier un livre intitulé <em>La vie porno de nos ados.</em></p>
<p>Et vous, votre premier contact avec la pornographie&#8230; c&#8217;était quand ? et comment ?</p>
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		<title>Nous vivons dans un monde de paradoxes</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/08/25/nous-vivons-dans-un-monde-de-paradoxes/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 07:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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J’ai souvent l’impression que les Québécois, sur le plan de la séduction et de l’amour, veulent le beurre et l’argent du beurre.
Par exemple, ils aspirent au Grand Amour et à la Liberté, deux notions qui s’opposent comme l’eau et le feu. Ils valorisent le couple, mais refusent de s’engager. Ils rêvent d’amour, mais ne font [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>J’ai souvent l’impression que les Québécois, sur le plan de la séduction et de l’amour, veulent le beurre et l’argent du beurre.</p>
<p>Par exemple, ils aspirent au Grand Amour et à la Liberté, deux notions qui s’opposent comme l’eau et le feu. Ils valorisent le couple, mais refusent de s’engager. Ils rêvent d’amour, mais ne font aucun effort pour concrétiser ce rêve.</p>
<p>Vous voulez d&#8217;autres exemples ?<span id="more-577"></span></p>
<ul>
<li>Nous jouissons d&#8217;une grande liberté dans le choix de nos partenaires (de sexe ou de vie&#8230;), mais la surabondance de choix provoque de l’embarras, de la gêne.</li>
<li>Il n&#8217;y a jamais eu autant de possibilités de rencontre (par le travail, les voyages, les loisirs, Internet, etc.), mais nous n’avons jamais eu tant de difficultés à nous rencontrer.</li>
<li>Le célibat est aujourd&#8217;hui un mode de vie « branché», mais nous persistons à croire qu’il n’est pas «normal» de rester seul(e) trop longtemps.</li>
<li>Des célibataires qui ne sortaient pas souvent il y a quelques années ne sortent plus du tout aujourd’hui, car ils utilisent beaucoup&#8230; <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/19/les-sites-web-de-rencontre-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire/" target="_self">les sites web de rencontre</a> !</li>
</ul>
<p>Et tant d’autres contradictions&#8230;</p>
<p>Et si la condition humaine, dans le Québec du XXIe siècle, consistait à tenter de réconcilier des extrêmes ?</p>
<p>Les gens les plus heureux sont peut-être ceux qui ont appris à apprivoiser ces paradoxes&#8230;</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le baiser colombin</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 06:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire. Nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, <a href="http://www.lucgregoire.com" target="_blank">Luc Grégoire</a>. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre <em><a href="http://www.edhomme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire</a></em>. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.</p>
<p>Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.</p>
<p>Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m&#8217;a stupéfié.<span id="more-403"></span></p>
<p>«En 1957, j’avais 15 ans. Au Collège Jean-de-Brébeuf, alors propriété des jésuites, la classe dans laquelle j’étais eut à faire une retraite fermée de trois jours (peut-être moins, mais cela m’a paru une éternité) sur le baiser colombin. C’est à ce moment-là, je m&#8217;en souviens encore, que j&#8217;ai décroché de la religion catholique.<br />
— Le baiser quoi ?!?, ai-je demandé.<br />
— Colombin. Autrement dit, le <em>french kiss</em> ! Les jésuites nous ont expliqué tous les troubles physiques et les problèmes émotifs que nous ressentirions si nous avions le malheur de nous adonner au baiser avec la langue.»</p>
<p>Les jésuites, la morale catho, 1957&#8230; cela nous semble très lointain. Depuis les années 1960, les Québécois ont massivement «décroché» de l’Église, dit-on. La Révolution tranquille a marqué une rupture radicale avec le Québec d’antan, peut-on lire dans nos manuels d’histoire.</p>
<p>Permettez-moi d’en douter. Je ne suis pas convaincu que les Québécois se soient complètement détachés de la morale religieuse, de ses interdits, de la notion de péché. Des comportements typiques d’une société marquée au fer rouge par l’Église sont encore visibles aujourd’hui (surtout chez les hommes) : peur des femmes, silence, repli sur soi, culpabilité&#8230; Des comportements que l&#8217;on observe chez les jeunes, qui n&#8217;ont pourtant pas connu le Québec ultrareligieux d&#8217;avant la Révolution tranquille.</p>
<p>Les Québécois, castrés pour l’éternité par le christianisme ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://envers-des-mots.skyblog.com" target="_blank"><img class="size-full wp-image-404 aligncenter" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/oratoirestjoseph.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal" width="426" height="301" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Offrir des fleurs</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/08/07/offrir-des-fleurs/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2009 07:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Hier, je me suis fendu d’un billet sur cette habitude ô combien québécoise de séparer des factures de bar ou de restaurant à la cenne près au lieu d’offrir (donc de payer) le repas ou les consommations. J’expliquais que les Québécois sont tellement individualistes et mal à l&#8217;aise dans les rapports de séduction qu&#8217;ils n&#8217;osent [...]]]></description>
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<p>Hier, je me suis fendu d’un <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/06/diviser-une-facture-ou-le-refus-de-la-galanterie/" target="_self">billet</a> sur cette habitude ô combien québécoise de séparer des factures de bar ou de restaurant à la cenne près au lieu d’offrir (donc de payer) le repas ou les consommations. J’expliquais que les Québécois sont tellement individualistes et mal à l&#8217;aise dans les rapports de séduction qu&#8217;ils n&#8217;osent plus inviter l’autre, offrir une soirée ou un repas, et ce sans contrepartie.</p>
<p>Vous aurez sûrement remarqué que les hommes, au Québec, ne sont pas portés à offrir des fleurs aux femmes. Si vous vous demandez pourquoi, ne cherchez pas de midi à quatorze heures : un peuple qui divise les factures de restaurant en parties rigoureusement égales sera bien évidemment réticent à offrir des bouquets de fleurs !<span id="more-380"></span></p>
<p>Examinons un instant la signification profonde de l’acte d’offrir un bouquet de fleurs, cet objet à nul autre pareil.<img class="alignright size-full wp-image-389" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/shutterstock_15681466.jpg" alt="Crédit photo: Shutterstock" width="189" height="189" /></p>
<ul>
<li>C&#8217;est du luxe à 100 %, un don total : il faut payer en espèces sonnantes et trébuchantes une sélection de végétaux périssables qui, immanquablement, vont s&#8217;affaisser après un séjour de quelques jours dans un vase et, au bout du compte, finir dans la poubelle (ou au compost, si madame est écolo).</li>
<li>Il s’agit d’un cadeau étroitement associé à «l&#8217;identité de genre», diraient les féministes : ce sont les hommes qui offrent des fleurs aux femmes, sauf exceptions.</li>
<li>Lorsqu&#8217;une femme accepte un bouquet de fleurs, cela ne l’engage à rien. Il s&#8217;agit aussi d&#8217;un don sans contrepartie monétaire : quand une femme reçoit un bouquet, elle ne sort pas son portefeuille pour offrir à son vis-à-vis un objet de valeur équivalente !</li>
<li>Faut-il le souligner, on ne peut diviser la facture d&#8217;un bouquet de fleurs en parts égales&#8230;</li>
</ul>
<p>Quand on offre des fleurs, tout est dans le geste. L&#8217;intention. Les formes. Le discours galant qui vient avec. Que le bouquet ait coûté cinq ou cent dollars n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui compte, c’est l’attitude de monsieur : le bouquet de fleurs accompagne-t-il une fracassante déclaration d’amour ? Une invitation au restaurant ? Ou est-il offert par simple courtoisie ?</p>
<p>Il me semble que les Québécois aient vraiment du mal avec ce genre de galanterie. Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
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		<title>Comment survivre aux week-ends ?</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 07:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
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Lancée en mai dernier, la série Web-télé Comment survivre aux week-ends ? (sur le blogue du magazine féminin Clin d&#8217;oeil) met en scène trois jeunes femmes célibataires dans un Sex and the City à la sauce québécoise. 
Sur les 13 épisodes de la série, le septième est particulièrement savoureux. On y relate une blind date désastreuse [...]]]></description>
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<p>Lancée en mai dernier, la série Web-télé <em>Comment survivre aux week-ends ?</em> (<a href="http://blog.canoe.ca/cswe" target="_blank">sur le blogue du magazine féminin <em>Clin d&#8217;oeil</em></a>) met en scène trois jeunes femmes célibataires dans un <em>Sex and the City</em> à la sauce québécoise. </p>
<p>Sur les 13 épisodes de la série, le septième est particulièrement savoureux. On y relate une <em>blind date</em> désastreuse dont le point fort réside dans les malaises gastriques du cavalier, joué par un Pierre-François Legendre (le Carlos des <em>Invincibles</em>) goujat à souhait. On adore quand il annonce, retournant à table après un passage prolongé aux toilettes : «S&#8217;cuse, c&#8217;est mon heure»&#8230;</p>
<p>Allez, bon week-end !</p>
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