Articles avec le tag ‘Malaise’
Pour ou contre la Saint-Valentin : le débat se poursuit
(Le texte ci-dessous commente un billet publié le 10 février 2010 dans le blogue des Éditions de l’Homme par Geneviève Parent, sexologue clinicienne, sexoanalyste et psychothérapeute, auteure de L’intimité harmonieuse.)
Chère Geneviève Parent,
Votre billet me donne terriblement envie d’exposer ma vision des relations hommes-femmes au Québec et le rôle joué par la Saint-Valentin. Je vais tenter de m’exprimer le plus clairement possible. Je dis bien «tenter», parce qu’il me semble toujours difficile de décrire notre concentré national de contradictions et de paradoxes. (J’ai essayé du mieux que j’ai pu dans le livre Les Québécois ne veulent plus draguer…, mais je n’ai pas la prétention d’avoir fait le tour de la question, ni d’avoir épuisé le sujet.) Lire la suite de ce billet »
Les célibataires et la Saint-Valentin, couple maudit… au Québec
Le problème avec la Saint-Valentin au Québec, c’est le mot «Québec».
La séduction, dans un monde normal, devrait être un jeu, une activité agréable et régulière, sans stress ni déceptions difficiles à vivre. C’est-à-dire cultiver le plaisir d’entrer en contact avec des inconnus, de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir et de nourrir son réseau social, et aussi d’apprendre de ses erreurs.
Or les Québécois ne veulent généralement pas profiter à fond des occasions de rencontre, qui sont pourtant si nombreuses — presque toutes les situations de la vie en société peuvent s’y prêter, qu’il s’agisse de l’école, du travail, des loisirs, etc. Lire la suite de ce billet »
Oui, non, je ne sais plus
Lundi dernier, j’ai écrit un petit billet sur la seductio interruptus (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple…), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.
Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une liste de phrases types prononcées par les Québécois lorsqu’ils rencontrent une créature du sexe opposé, puis s’installent en couple. Avec, pour chaque déclaration, ce que monsieur pense mais ne dit point.
Ces comportements ambivalents sont typiquement québécois. Je ne connais pas d’autre peuple qui cultive autant l’ambiguïté, qui soit aussi hésitant, souvent confus. Ce n’est pas que les Québécois soient menteurs ou faux jetons, ça non. Ils privilégient le respect, la tolérance, la justice. Ils savent se montrer généreux et solidaires (par exemple avec la communauté haïtienne dévastée par le terrible séisme de mardi dernier). Mais quand il s’agit de leur propre destinée, ils peuvent se montrer incroyablement indécis, équivoques.
J’y repensais cette semaine en me disant que la question nationale y est sûrement pour quelque chose. Ce n’est pas la première fois que j’y songe. Il en est d’ailleurs question dans notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer…, mais brièvement. Nous n’avions pas envie d’écrire sur la politique.
Cette semaine, donc, je réfléchissais à tout ça. Je me suis dit que je devrais, même si ça me semble a priori un exercice pénible, essayer de creuser les liens entre la question nationale et le refus de la drague au Québec. Lire la suite de ce billet »
C’était en 1989

Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l’Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines.
Je veux aujourd’hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l’an de grâce 1989, quelques mois avant le traumatisme de Polytechnique : l’affaire Daigle-Tremblay et la première publication de Père manquant, fils manqué. Des événements qui ont durablement influencé les relations hommes-femmes au Québec. Lire la suite de ce billet »
Les sites web de rencontre et les sites pornos se ressemblent
Je poursuis ma réflexion sur la pornographie amorcée hier…
À mes yeux, les sites web de rencontre et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.
L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’abondance, l’incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout… jusqu’à ressentir une sensation de vertige : il y a tellement de célibataires intéressants, par qui commencer, où s’arrêter ? Même phénomène sur un site porno : il y a tant de photos et de vidéos, tant de scènes de sexe qui attirent le voyeur… La surabondance excite, puis provoque un malaise. Sur le Web, il y a trop de corps et de coeurs à prendre. Lire la suite de ce billet »
Souvenir pornographique

Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J’avais 12 ou 13 ans. La scène s’est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique soft du genre Playboy. Un choc. Oui, je le dis sans exagérer : mon ami et moi, nous étions soufflés.
La publication sur papier glacé était illustrée de photos de femmes nues de la tête aux pieds, la poitrine et le pubis dénudés, ou encore les fesses à l’air, dans diverses mises en scène (sur la plage, sur le pont d’un yacht, sur des draps de satin rouge, etc.). Stupéfaction : la nudité intégrale !
Avec mon ami, conversations gênées sur les diverses caractéristiques et fonctions du corps de la femme, spéculations à n’en plus finir, questions sans réponses. Nous étions envahis par un mélange de curiosité et de culpabilité, d’excitation et d’angoisse. Il faut dire que l’éducation sexuelle de l’époque ne nous avait pas appris grand-chose (le premier véritable programme d’éducation sexuelle, dans les écoles primaires et secondaires du Québec, a été implanté un peu plus tard, en 1985). Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.