Articles avec le tag ‘Les Québécois’

Séduction médiocre, couple médiocre

 

Au Québec, la séduction n’est pas un art de vivre, la drague est trop rare et souvent malaisée. Avec quels impacts sur la vie de couple ? Je me suis posé la question il y a quelques jours… Voici le fruit de ma réflexion. 

Permettez-moi de dresser un portrait du couple québécois. Pour mieux faire ressortir plusieurs caractéristiques, je vais tourner les coins ronds, caricaturer, multiplier les généralisations grossières. S.v.p. n’allez pas croire que je veux me moquer des gens qui vivent en couple. Je veux seulement souligner, par l’exagération, quelques comportements culturels.

Avant que le couple se forme, les individus sont animés par un imaginaire amoureux infantile de type «conte de fées». C’est d’abord l’attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles. La rencontre de rêve doit se manifester par un coup de foudre (autrement, ce ne serait pas un véritable amour). Elle sera suivie d’une passion torride qui débouchera sur une relation pour-la-vie. (Hé oui, des gens dans la vingtaine ou la trentaine croient qu’ils vont rencontrer un partenaire pour-la-vie ! En passant, l’espérance de vie au Québec est d’environ 83 ans pour les femmes et de 78 ans et quelque pour les hommes…)

L’imaginaire amoureux «conte de fées» valorise l’union fusionnelle. C’est-à-dire une relation monogame, exclusive et ultra-romantique, à vie. Les deux partenaires sont repliés sur eux-mêmes, coupés du monde, ils vivent leur amour en autarcie.

On passe souvent sous silence qu’il existe d’autres manières de vivre en couple, avec plus ou moins de souplesse et d’autonomie pour les partenaires… Mais pour les besoins de ma démonstration, je vais m’en tenir au couple fusionnel, qui est dominant dans notre culture. Lire la suite de ce billet »

Conversation de café

 

Samedi dernier, vers midi. Je fais des courses dans mon quartier. En traversant une rue, j’entends siffler. Je me dis : «Quoi, une femme se fait siffler dans la rue ? Ici, à Montréal ?!? Ô joie, ô bonheur retrouvé ! Où est cet homme qui ose siffler les créatures du sexe opposé, que je le remercie ?» En fait, c’est à moi que le sifflet s’adresse : de l’autre coté de la rue, sur la terrasse d’un café, un homme me fait signe.

Je le reconnais, c’est un ami d’un ami qui avait accepté de témoigner pour le livre Les Québécois ne veulent plus draguer — dans l’ouvrage, il est identifié par le prénom Daniel. Heureuses retrouvailles !

Daniel me dit qu’il n’a pu mette la main sur mon livre. Je lui prie de m’attendre sur la terrasse du café le temps que j’aille chez moi (c’est juste à côté) lui chercher un exemplaire. Lire la suite de ce billet »

Pierre le dragueur de rue

 

Cette semaine, j’ai fait une rencontre. (Non, ce n’est pas ce que vous croyez… Le coup de foudre avec la fée des étoiles, ce sera pour une autre fois… ;-) )

Il y a quelques jours, un inconnu m’a contacté par courriel pour m’inviter à le rencontrer. Il disait vouloir «discuter séduction, drague» avec moi. J’ai accepté. Je l’ai rejoint au centre-ville de Montréal après sa journée de travail. Nous nous sommes assis dans un parc pour discuter tranquillement.

Appelons-le Pierre, car il veut conserver l’anonymat. J’ignore son âge (dans la trentaine, je suppose). Taille moyenne, svelte, élégant.

Immigrant, Pierre est arrivé seul au Québec il y a un an environ. Il m’a d’abord raconté que tout va bien pour lui depuis qu’il s’est installé à Montréal : il a trouvé un emploi intéressant qui correspond bien à ses qualifications, il vit dans un appartement et un quartier qui lui plaisent, il fréquente des membres de sa famille élargie qui vivent ici, il se bâtit un réseau social. «Le Québec, c’est le paradis», m’a-t-il dit. Puis il a nuancé son affirmation : c’est le paradis, mais…

Pierre est célibataire. Depuis un an, il essaie tant bien que mal de faire des rencontres. Et il n’arrive à rien. Lire la suite de ce billet »

Le 20 mai 1980

 

Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l’avenir.

Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.

Pierre Vadeboncoeur (mon intellectuel québécois préféré) a écrit dans les années 1970 que «l’échec du projet d’indépendance ne serait que le commencement d’une fin à n’en plus finir». C’est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l’américaine, déclin de l’usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé… Tout le portrait du Québec d’aujourd’hui, y compris dans les relations hommes-femmes.

Un orgasme pour soigner notre névrose

 

Chers lecteurs et lectrices, continuons à discuter politique (voir mon billet de lundi dernier). Aujourd’hui, je ressors des boules à mites le psychiatre et psychanalyste d’origine autrichienne Wilhelm Reich (1897-1957). Vous connaissez ?

Dans les années 1920 et 1930, qui marquent une certaine évolution sur le plan sexuel (les «années folles», les femmes qui s’habillent «à la garçonne», l’invention du stérilet en 1928 et la commercialisation du condom en latex dans les années 1930), Reich affirme que l’on peut soigner les névroses par l’orgasme. Non seulement sur le plan individuel, mais aussi collectif !

Ce juif communiste voit la politique partout, y compris dans les chambres à coucher : pour lui, l’orgasme est un acte politique. Le capitalisme est synonyme de répression sexuelle, et il affirme aussi que les régimes fascistes et staliniens s’expliquent par la frustration sexuelle des populations et des dirigeants concernés. Lire la suite de ce billet »

Quand on ne s’intéresse pas à la politique…

 

La semaine dernière, j’ai écrit un billet sur l’immigration. J’ai envie de poursuivre cette réflexion politique (parce que l’immigration, c’est politique) en vous confiant ce que je pense de la relation entre le peuple et le gouvernement québécois actuel, celui du Parti libéral et du premier ministre Jean Charest.

Vous avez tous constaté à quel point le gouvernement libéral de Jean Charest est plongé dans une crise sans précédent, avec ces rumeurs de corruption généralisée. La population est scandalisée.

Moi, ce qui m’étonne, c’est que les citoyens se scandalisent… Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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