Articles avec le tag ‘Les Québécois’

Un réflexe puritain

 

L’été dernier, j’ai lu un excellent livre sur l’infidélité en amour, Bienheureuse infidélité (Albin Michel, 2003), de la philosophe et thérapeute Paule Salomon. Un passage m’a frappé : «De nos jours, partout où nous allons, l’ambiance est mixte, donc sexuée. Ou bien nous nous posons consciemment dans ce frôlement de sensibilité et nous cultivons une érotisation de l’être, ou bien nous nous fermons à toute influence par un réflexe puritain dont nous n’avons même pas conscience et qui nous prive du plaisir de vivre.»

Un réflexe puritain… C’est bien ce qui règne au Québec dans les contacts quotidiens entre des hommes et femmes qui ne se connaissent pas : l’austérité, le repli sur soi, l’autocensure des sentiments et des pulsions.

Un exemple. Une personne célibataire invite un(e) autre célibataire à prendre un verre, pour faire connaissance. Dans une société normale, l’invité(e) se dira tout naturellement : «Pourquoi pas ?» Mais au Québec, l’invité(e) va automatiquement se méfier et se tourmenter : «Pourquoi cette personne m’invite à prendre un verre ? Qu’est-ce qu’elle a derrière la tête ? Je n’ai pas envie de me sentir redevable… Pour éviter toute tentative de séduction, je pourrais peut-être accepter l’invitation en laissant croire que je suis en couple…», etc.

Un réflexe puritain, je vous dis !

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Réinventer la virilité

 

Le 10 août dernier, j’ai été invité à participer à un débat sur la virilité organisé par l’émission AM (Première Chaîne Radio de Radio-Canada). Une discussion intéressante, quoique dans le feu de l’action (c’était un enregistrement en direct) j’ai un peu confondu virilité, identité et condition masculine. 

Pour mettre ma pensée au clair, j’ai décidé de prendre le temps d’exposer ici mon point de vue sur la virilité.

Qu’est-ce que la virilité ? Comment définir cette «notion polysémique et réalité protéiforme», comme diraient des spécialistes des sciences humaines en mal de jargonnage ?

En 1950, la réponse à cette question était simple :

  • Force physique.
  • Un mâle viril est un gros travailleur, dur à l’ouvrage, au détriment de sa vie privée.
  • Machisme.
  • Vie sexuelle égoïste et peu sophistiquée (monsieur baise en vitesse, satisfaire madame n’est pas important; monsieur ignore d’ailleurs qu’une femme peut avoir un orgasme).
  • Amitié «virile» entre hommes, bruyante et turbulente, sans épanchements ni confessions intimes.
  • Toujours être maître de soi, toujours triompher des obstacles, ne jamais douter ou hésiter.
  • Ne jamais parler de ses émotions, encore moins les afficher.
  • Refouler toute féminité et, surtout, tout ce qui peut laisser croire à une pulsion homosexuelle. Raconter régulièrement des blagues stupides sur les «fifs», sur les «bonnes femmes» et sur les «belles-mères».
  • Le poil est viril.
  • Les odeurs de sueur et de crasse sont tolérées jusqu’à un certain point (quand les autres gars s’en plaignent, il est temps de se laver).
  • Un mâle est capable de démontrer sa force et sa résistance en se livrant à des épreuves physiques, en buvant toute une caisse de bière sans rouler sous la table, en se battant dans une ruelle, etc., avec des «Arrrrgggh !», des «J’vais te péter la gueule en sang, mon tab…!» et autres interjections viriles. Lire la suite de ce billet »

L’amour en chansons

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, j’ai fait de l’insomnie. Pour m’occuper, je me suis posé une question : quelles sont les plus belles chansons d’amour interprétées par des Québécois ? Les classiques, pas les dernières niaiseries à la mode…

Voici mes choix (très subjectifs).

Bozo de Félix Leclerc (1951), portrait d’un amoureux pathétique.

La Manic de Georges Dor (1966), complainte d’un déraciné.

Suzanne (1967) et autres chansons mélancoliques de Leonard Cohen.

Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie de Diane Dufresne (1973), pour son humour. 

Offenbach interprétant L’hymne à l’amour d’Édith Piaf (1975), pour l’originalité et l’intensité de l’adaptation.

Je reviendrai à Montréal de Robert Charlebois (1976), pour se marier avec l’hiver.

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De retour

 

Chers lecteurs et lectrices, bonjour ! Comment allez-vous ?

Après quelques semaines de vacances, le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer est de retour. (C’était le blogue qui était en vacances. Pour ma part, j’ai bossé comme un fou sur divers projets pendant l’été.)

Ces dernières semaines, j’ai découvert quelques publications qui pourraient vous intéresser.

La féminisation des États-Unis. Le numéro de juillet-août du magazine américain The Atlantic présente un dossier intitulé «The End of Men». Vous avez peut-être entendu dire que les Américaines (tout comme les Québécoises) se montrent plus dynamiques que les hommes à l’école et dans un nombre croissant de secteurs d’activité économique. Elles sont maintenant légèrement plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail.

The Atlantic fait le point sur l’émancipation de l’Américaine moyenne en abordant une foule de phénomènes : la récession de 2008-2009 a fait disparaître des emplois manufacturiers typiquement masculins qui ne reviendront plus tandis que les femmes tirent mieux leur épingle du jeu dans l’économie postindustrielle et la «société du savoir», elles occuperont d’ailleurs la majorité des emplois promis à la plus forte croissance au cours des prochaines années ; nouveauté, des femmes de carrière gagnent plus que leur conjoint ; les femmes sont encore rares à la direction des grandes entreprises, mais elles dominent l’univers des cadres intermédiaires ; et des parents préfèrent maintenant donner naissance à une fille qu’à un garçon ! Un renversement complet des rôles traditionnels. La classe moyenne américaine est en train de se féminiser, souligne The Atlantic, ce qui aura évidemment des répercussions importantes sur les relations hommes-femmes, le couple, la famille, etc. Et je suis convaincu que la situation est presque la même au Québec. Lire la suite de ce billet »

Un an déjà !

 

Le 23 juin 2009, le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer était fonctionnel. Notre premier billet a été publié le 13 juillet. Le lancement du livre Les Québécois ne veulent plus draguer a eu lieu le 8 septembre 2009.

Depuis un an déjà, je blogue. (Ma comparse Emmanuelle a dû cesser de bloguer il y a quelques mois, par manque de temps.) Je le dis sans exagérer, Les Québécois ne veulent plus draguer a changé en profondeur ma vision des relations hommes-femmes. Je ne suis plus le même homme qu’à l’été 2009.

Vous êtes nombreux à lire régulièrement ce blogue, à le faire connaître, à commenter les billets (à ce jour, le blogue contient près de 600 commentaires), à échanger avec d’autres internautes. J’ai même pu rencontrer quelques-uns d’entre vous autour d’un verre, pour poursuivre la discussion.

Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour votre fidélité, pour vos questions et suggestions, pour votre intelligence et votre pertinence. Lire la suite de ce billet »

Quelques trouvailles (13)

 

Mes dernières découvertes sur le web et dans l’actualité récente : la Fête des voisins, une thèse de doctorat avec des utilisateurs de RéseauContact, la légère suprématie des Québécoises sur le marché de l’emploi, et une ressource sur l’intuition.

La Fête des voisins a célébré le samedi 5 juin dernier sa cinquième édition au Québec (voir l’article dans le site web de Radio-Canada). «Cette année, plus de 300 municipalités et organismes locaux ont enregistré quelque 3000 fêtes auprès du Réseau québécois de villes et villages en santé. Et cela, sans compter les initiatives non officielles», indique Radio-Canada. C’est le genre de nouvelle qui me laisse à la fois encouragé et affligé. Que des habitants d’une localité prennent la peine d’organiser une activité pour mieux se connaître (et, qui sait, tisser des liens plus intimes), c’est formidable. Mais que l’on soit obligé d’organiser un événement annuel pour que des voisins parviennent enfin à se rencontrer et se parler, c’est pathétique, non ?

J’ai appris récemment qu’un chargé de cours de l’UQAM, Éric Champagne, a réalisé une thèse de doctorat sur la drague en ligne. Plus précisément, sa thèse en communication est intitulée La quête de soi et de l’autre à l’heure des sites de rencontre en ligne au Québec. Éric Champagne a réalisé une quarantaine d’entrevues avec des personnes hétérosexuelles abonnées au site web de rencontres RéseauContact. Pour en savoir plus, voyez ce petit article dans le site web de l’UQAM.

Pour la première fois dans l’histoire du Québec, le nombre de femmes occupant un emploi dépasse légèrement celui des hommes, indique l’Institut de la statistique du Québec. Les dernières données disponibles, pour l’année 2009, révèlent que 1 642 900 Québécoises détenaient un emploi salarié (excluant le travail autonome) comparativement à 1 636 700 hommes. (Pour en savoir plus : un article de LesAffaires.com.) La légère supériorité des femmes sur le marché de l’emploi se répercutera sur la rencontre amoureuse, j’en suis certain. Déjà, un homme qui drague en ne parlant que de son emploi, de son statut professionnel, passe pour un individu paternaliste ou macho… Cette technique de drague sera bientôt révolue. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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