Articles avec le tag ‘Les hommes’

Le cahier des charges de l’homme idéal (2)

 

Je tiens à revenir sur les «Les 100 habiletés de l’homme québécois» récemment publiées par le magazine L’actualité (voir mon billet de jeudi dernier). J’ai relu cette liste, à plusieurs reprises, et je n’en reviens pas. Comment six hommes (cinq journalistes, un photographe) ont-ils pu accoucher d’une telle énumération d’incohérences et de clichés ?

On peut croire, à la première lecture, que les auteurs des «100 habiletés de l’homme québécois» ont voulu faire de l’humour, mais la mise en contexte démontre le contraire. La version imprimée du magazine L’actualité insiste sur la méthodologie de la liste d’épicerie : les journalistes et le photographe se sont enfermés dans un chalet pendant un week-end pour choisir, minutieusement, les 100 habiletés ; le magazine souligne, sur quatre pages de textes et de photos, le sérieux de leurs délibérations, les défis qu’ils ont dû relever, etc. Ils sont convaincus d’avoir élaboré une liste crédible, qui reflète la vraie nature du mâle d’ici. De plus, il est évident que L’actualité est une publication qui ne fait pas dans l’humour. (Si vous ne connaissez pas ce périodique, il s’agit d’un magazine pour gens d’affaires déguisé en média généraliste, assez conservateur sous une apparence grand public.)

Plusieurs «habiletés» supposément masculines, selon le magazine, me laissent perplexe. Par exemple, tout homme qui se respecte doit «Faire bonne impression lors d’une entrevue d’emploi». Ah bon ? Il me semble que tout individu, homme ou femme, a intérêt à laisser une impression favorable à un employeur potentiel… En quoi est-ce typiquement masculin ? Laisse-t-on entendre qu’au Québec, les hommes ne sont pas foutus de se comporter correctement lors d’une entrevue d’embauche ?

Dans le même ordre d’idées, «Sortir d’une voiture submergée» relève plus de la nécessité de sauver sa peau que de la condition masculine, non ? Lire la suite de ce billet »

Le cahier des charges de l’homme idéal

 

Le magazine L’actualité met en vedette, dans son numéro daté du 1er mai 2010, un dossier sur «Les 100 habiletés de l’homo quebecus», avec le comédien Claude Legault incarnant «le retour du vrai gars». Intéressant portrait de Claude Legault, de ses forces et faiblesses, de ses relations avec les femmes, ainsi que de ses personnages au petit et au grand écran. Le magazine affirme même que la série Minuit, le soir «aura marqué une rupture dans la représentation de la masculinité à la télévision.»

Selon un professeur de l’Université Harvard interviewé par L’actualité, les sociétés occidentales souffrent d’un manque de virilité. Et «bien des femmes, même si elles ont des restrictions quant à la virilité, sont attirées par les hommes virils plus que par les hommes sensibles», observe l’universitaire. Une interview très pertinente (non disponible sur le Web, tout comme le portrait de Claude Legault).

Le magazine et son site web publient également «Les 100 habiletés de l’homme québécois», une liste d’épicerie complètement ridicule — comme s’il était possible d’être bon dans tout. Allez demander la même performance aux femmes… elles refuseront tout naturellement de jouer les superwoman ! On reconnaît dans cette liste d’épicerie non seulement un calque des magazines féminins bas de gamme, mais aussi les obsessions habituelles (et ennuyantes, à la longue) de L’actualité : la performance et la quête de l’excellence, la réussite individuelle à tout prix, la condition humaine réduite à quelques enjeux de gestion, etc.  Il y a plus de viande autour de l’os dans «Les 100 habiletés vues par…» diverses personnalités masculines sollicitées par L’actualité.

Victimes de prêtres

 

Hier, j’ai appris l’existence de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux. Le mandat de cette organisation ? «Elle se veut, avant tout, une voix publique pour toutes les personnes victimes d’abus sexuels et d’abus de pouvoir, ainsi qu’une source de motivation À DÉNONCER LES COUPABLES afin d’obtenir JUSTICE et RÉPARATIONS.» (Les majuscules sont de l’Association.)

J’ai été troublé, en consultant le site web de l’Association, par les informations sur des agressions sexuelles qui auraient été commises au Collège Notre-Dame (institution d’enseignement montréalaise administrée par les frères de Sainte-Croix), jusque dans les années 1980. J’ai justement fréquenté ce collège au début des années 1980 — mais ne vous inquiétez pas pour moi, je n’ai pas été victime d’un pédophile.

Le site web de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux comporte même un formulaire de demande d’apostasie ! «L’apostasie est une démarche très simple qui consiste à demander, par lettre, d’être retiré du registre, c’est-à-dire exprimer sa décision de n’être plus compté dans les rangs de l’Église catholique», explique l’Association.

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Oui, non, je ne sais plus

 

Lundi dernier, j’ai écrit un petit billet sur la seductio interruptus (quand un homme drague une célibataire et, en plein milieu du processus, lui avoue piteusement qu’il est en couple…), billet qui se concluait par un parallèle avec le nationalisme québécois.

Et mercredi dernier, ma comparse Emmanuelle s’est amusée à dresser une liste de phrases types prononcées par les Québécois lorsqu’ils rencontrent une créature du sexe opposé, puis s’installent en couple. Avec, pour chaque déclaration, ce que monsieur pense mais ne dit point.

Ces comportements ambivalents sont typiquement québécois. Je ne connais pas d’autre peuple qui cultive autant l’ambiguïté, qui soit aussi hésitant, souvent confus. Ce n’est pas que les Québécois soient menteurs ou faux jetons, ça non. Ils privilégient le respect, la tolérance, la justice. Ils savent se montrer généreux et solidaires (par exemple avec la communauté haïtienne dévastée par le terrible séisme de mardi dernier). Mais quand il s’agit de leur propre destinée, ils peuvent se montrer incroyablement indécis, équivoques.

J’y repensais cette semaine en me disant que la question nationale y est sûrement pour quelque chose. Ce n’est pas la première fois que j’y songe. Il en est d’ailleurs question dans notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer…, mais brièvement. Nous n’avions pas envie d’écrire sur la politique.

Cette semaine, donc, je réfléchissais à tout ça. Je me suis dit que je devrais, même si ça me semble a priori un exercice pénible, essayer de creuser les liens entre la question nationale et le refus de la drague au Québec. Lire la suite de ce billet »

Les mots pour le dire

 

Un blogue s’est récemment amusé à recenser les phrases typiques que peuvent dire les femmes lorsqu’elles sont en amour… et leurs sous-entendus.

Bien sûr, on se reconnaît dans cette quinzaine de déclarations. De grands classiques ! Mais les femmes en entendent aussi des vertes et des pas mûres de la part de ces messieurs… Voici quelques perles qui me viennent immédiatement à l’esprit (avec leur sens caché). Lire la suite de ce billet »

Seductio interruptus

 

Connaissez-vous la seductio interruptus ? Plusieurs femmes de mon entourage ont vécu cette mésaventure. Voici un cas type.

Un Québécois, assez séduisant, se met à faire la cour à une célibataire — trop heureuse de rencontrer un homme entreprenant, enfin ! Pendant quelque temps, monsieur multiplie les invitations, les sorties, les petites attentions, etc., avec un certain succès. Un jour, au beau milieu d’un rendez-vous galant, il déclare à madame (avec un air de ti-chien battu) : «Il faut que je t’avoue quelque chose. J’ai une blonde…» ou, pire : «Je suis sur le point de me marier».

Toute son entreprise de drague s’écroule. Madame est bien sûr blessée et très déçue. Elle s’estime trahie. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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