Articles avec le tag ‘Idéologie’
Vingt ans de capitalisme sauvage
Il y a 20 ans, le mur de Berlin vacillait (la date officielle de sa déconfiture est le 9 novembre 1989).
J’ai découvert hier, dans le site web du journal allemand Der Spiegel, plusieurs photos qui racontent très bien (mieux qu’avec des mots) la construction et la chute du mur de Berlin. Si ça vous intéresse, voyez ces formidables témoignages visuels sur la vie quotidienne en République démocratique allemande (ici et là), sur la construction du mur qui sépara Berlin pendant 28 ans, sur la première brèche dans le Rideau de fer (ce n’est pas à Berlin, mais à la frontière de la Hongrie et de l’Autriche, en août 1989, que l’Histoire a commencé à basculer) et sur les soulèvements populaires qui ont précipité la chute du Mur. Vingt ans plus tard, plusieurs n’ont pas encore digéré la disparition du communisme : d’après un sondage mené en Allemagne, plus de la moitié des anciens citoyens de l’Est sont nostalgiques de leur existence derrière le Rideau de fer…
Ces photos m’ont replongé dans mes souvenirs. Lors de la chute du mur de Berlin, je débutais mes études au cégep. Je voyais mes profs soixante-huitards, qui avaient jadis été membres du Mouvement pour un Québec socialiste ou de groupuscules trotskystes, maoïstes, etc., complètement stupéfaits par les événements qui se déroulaient en Europe centrale. Ils n’en revenaient pas.
À l’automne 1989, il y avait quelque chose de spécial dans l’air. L’Histoire connaissait l’une de ces grandes ruptures qui surgissent une ou deux fois par siècle. Avec l’écroulement de toutes ces dictatures en Europe, il y avait la promesse d’un avenir meilleur. Je me disais que les années 1990 seraient exaltantes.
Je me suis royalement trompé. Lire la suite de ce billet »
Recherche coupables désespérément
Pourquoi les Québécois se montrent-ils si timides dans l’arène de la drague et dans l’univers de la séduction ? D’où vient ce repli sur soi, ce désarroi, ce refus de l’Autre ?, demandais-je dans mon billet d’hier.
Vaste question… Plusieurs présumés coupables sont généralement montrés du doigt. Passons-les rapidement en revue.
Un manque de savoir-vivre et d’éducation. Les Québécois semblent souffrir de lacunes en matière d’éducation sentimentale. Les parents n’apprennent pas à leurs enfants les règles élémentaires de la galanterie, et ce n’est pas l’école qui comblera ce vide.
Le féminisme. Autonomes, déterminées, sûres d’elles, les Québécoises ont bien intégré les acquis du féminisme. Elles sont les grandes gagnantes de la guerre des sexes qui a fait rage dans les années 1970-80 (sur le plan économique, par exemple, les Québécoises font aujourd’hui beaucoup mieux que les hommes). L’identité masculine, pour sa part, est fragilisée; privés de modèles (et souvent de pères) auxquels s’identifier ainsi que de rites de passage significatifs, les hommes vivent une crise profonde. Aujourd’hui, les hommes auraient peur des femmes.
L’idéologie du Grand Amour. Beaucoup de Québécois croient dur comme fer à l’existence d’un partenaire qui leur est fatalement prédestiné. C’est l’espérance du coup de foudre, de l’âme sœur, de l’amour-pour-la-vie… Ce rêve de contes de fées nous empêcherait de remarquer des partenaires potentiels, dans notre entourage immédiat, avec qui nous pourrions être heureux. Ajoutez à cela des standards de beauté romantique irréalistes (ceux d’Hollywood, par exemple) et vous obtenez un formidable concentré de fantasmes impossibles à satisfaire. Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.