Articles avec le tag ‘Histoire’

Réinventer la virilité

 

Le 10 août dernier, j’ai été invité à participer à un débat sur la virilité organisé par l’émission AM (Première Chaîne Radio de Radio-Canada). Une discussion intéressante, quoique dans le feu de l’action (c’était un enregistrement en direct) j’ai un peu confondu virilité, identité et condition masculine. 

Pour mettre ma pensée au clair, j’ai décidé de prendre le temps d’exposer ici mon point de vue sur la virilité.

Qu’est-ce que la virilité ? Comment définir cette «notion polysémique et réalité protéiforme», comme diraient des spécialistes des sciences humaines en mal de jargonnage ?

En 1950, la réponse à cette question était simple :

  • Force physique.
  • Un mâle viril est un gros travailleur, dur à l’ouvrage, au détriment de sa vie privée.
  • Machisme.
  • Vie sexuelle égoïste et peu sophistiquée (monsieur baise en vitesse, satisfaire madame n’est pas important; monsieur ignore d’ailleurs qu’une femme peut avoir un orgasme).
  • Amitié «virile» entre hommes, bruyante et turbulente, sans épanchements ni confessions intimes.
  • Toujours être maître de soi, toujours triompher des obstacles, ne jamais douter ou hésiter.
  • Ne jamais parler de ses émotions, encore moins les afficher.
  • Refouler toute féminité et, surtout, tout ce qui peut laisser croire à une pulsion homosexuelle. Raconter régulièrement des blagues stupides sur les «fifs», sur les «bonnes femmes» et sur les «belles-mères».
  • Le poil est viril.
  • Les odeurs de sueur et de crasse sont tolérées jusqu’à un certain point (quand les autres gars s’en plaignent, il est temps de se laver).
  • Un mâle est capable de démontrer sa force et sa résistance en se livrant à des épreuves physiques, en buvant toute une caisse de bière sans rouler sous la table, en se battant dans une ruelle, etc., avec des «Arrrrgggh !», des «J’vais te péter la gueule en sang, mon tab…!» et autres interjections viriles. Lire la suite de ce billet »

L’amour en chansons

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, j’ai fait de l’insomnie. Pour m’occuper, je me suis posé une question : quelles sont les plus belles chansons d’amour interprétées par des Québécois ? Les classiques, pas les dernières niaiseries à la mode…

Voici mes choix (très subjectifs).

Bozo de Félix Leclerc (1951), portrait d’un amoureux pathétique.

La Manic de Georges Dor (1966), complainte d’un déraciné.

Suzanne (1967) et autres chansons mélancoliques de Leonard Cohen.

Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie de Diane Dufresne (1973), pour son humour. 

Offenbach interprétant L’hymne à l’amour d’Édith Piaf (1975), pour l’originalité et l’intensité de l’adaptation.

Je reviendrai à Montréal de Robert Charlebois (1976), pour se marier avec l’hiver.

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Le 20 mai 1980

 

Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l’avenir.

Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.

Pierre Vadeboncoeur (mon intellectuel québécois préféré) a écrit dans les années 1970 que «l’échec du projet d’indépendance ne serait que le commencement d’une fin à n’en plus finir». C’est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l’américaine, déclin de l’usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé… Tout le portrait du Québec d’aujourd’hui, y compris dans les relations hommes-femmes.

Un orgasme pour soigner notre névrose

 

Chers lecteurs et lectrices, continuons à discuter politique (voir mon billet de lundi dernier). Aujourd’hui, je ressors des boules à mites le psychiatre et psychanalyste d’origine autrichienne Wilhelm Reich (1897-1957). Vous connaissez ?

Dans les années 1920 et 1930, qui marquent une certaine évolution sur le plan sexuel (les «années folles», les femmes qui s’habillent «à la garçonne», l’invention du stérilet en 1928 et la commercialisation du condom en latex dans les années 1930), Reich affirme que l’on peut soigner les névroses par l’orgasme. Non seulement sur le plan individuel, mais aussi collectif !

Ce juif communiste voit la politique partout, y compris dans les chambres à coucher : pour lui, l’orgasme est un acte politique. Le capitalisme est synonyme de répression sexuelle, et il affirme aussi que les régimes fascistes et staliniens s’expliquent par la frustration sexuelle des populations et des dirigeants concernés. Lire la suite de ce billet »

Quand on ne s’intéresse pas à la politique…

 

La semaine dernière, j’ai écrit un billet sur l’immigration. J’ai envie de poursuivre cette réflexion politique (parce que l’immigration, c’est politique) en vous confiant ce que je pense de la relation entre le peuple et le gouvernement québécois actuel, celui du Parti libéral et du premier ministre Jean Charest.

Vous avez tous constaté à quel point le gouvernement libéral de Jean Charest est plongé dans une crise sans précédent, avec ces rumeurs de corruption généralisée. La population est scandalisée.

Moi, ce qui m’étonne, c’est que les citoyens se scandalisent… Lire la suite de ce billet »

Quelques trouvailles (11)

 

Glanés sur le web au cours des derniers jours : un site web qui écrit des poèmes amoureux à votre place, un débat sur les célibataires incapables de demander conseil, et une exposition en ligne sur la rencontre amoureuse et le couple au XIXe siècle.

Le générateur de mots d’amour. Vous aimeriez écrire un petit poème à l’élu(e) de votre coeur, mais vous n’avez pas de talent avec les mots ? Il existe un site web qui génère automatiquement de la poésie galante. Il peut aussi composer un acrostiche (poème dont les premières lettres de chaque vers, lues dans le sens vertical, forment le prénom du destinataire) ou un petit récit amoureux. Le plus drôle : le «narcissotron», qui permet de s’envoyer à soi-même un message élogieux !

Le savoir-rencontrer, c’est important. Le communicateur Marc Boilard, dans son blogue De retour du Vietnam (pour ceux et celles qui retournent sur le marché du célibat après une rude séparation), a provoqué un débat intéressant la semaine dernière en posant une question toute simple : pourquoi les Québécois sont-ils si gênés d’avouer qu’ils sont tannés d’être célibataires et qu’ils ont besoin de trucs pour faire des rencontres ? C’est quoi, cette peur ? «Il n’y a pas de gêne à dire que vous êtes célibataire ! Vous avez le droit de consulter du monde !», s’exclame dans une vidéo un Marc Boilard un peu exaspéré. Et il écrit : «Tout le monde aujourd’hui a besoin de savoir s’y prendre pour rencontrer du nouveau monde. Nouvelle job, nouvelle ville, nouveaux collègues, blondes, voisines, amis, etc. Ce n’était pas comme ça à l’époque des Filles de Caleb !!» Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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