Articles avec le tag ‘Grand amour’
Les chansons d’amour ? Beurk !
Je le confesse et j’en suis fier : je déteste à mort les chansons d’amour. Surtout les ballades rock.
Ces compositions musicales bas de gamme se ressemblent toutes. Elles sont monotones comme la pluie (tempo lent, instrumentation mollassonne, paroles convenues) et ultraprévisibles : ça commence doucement, puis le chanteur ou la chanteuse se lamente, force sa voix, les musiciens jouent avec plus d’emphase, et c’est la finaaaaale dégoulinante de pathos.
De deux choses l’une : soit les artistes qui écrivent et interprètent des chansons d’amour ne le font que pour le cash, soit ils sont assez fous pour croire aux niaiseries qu’ils vocalisent comme des désespérés : «je t’ai attendu(e) si longtemps», «un jour, mon Prince viendra», «toi et moi, c’est pour toujours», «je ne pourrai vivre sans toi», etc. Dans tous les cas, ces interprètes contribuent à valoriser des sentiments exacerbés, des mises en scènes irréalistes et des situations pathétiques qui n’ont rien, mais alors rien à voir avec la réalité des relations hommes-femmes, de la séduction et de la rencontre amoureuse. Lire la suite de ce billet »
Recherche coupables désespérément
Pourquoi les Québécois se montrent-ils si timides dans l’arène de la drague et dans l’univers de la séduction ? D’où vient ce repli sur soi, ce désarroi, ce refus de l’Autre ?, demandais-je dans mon billet d’hier.
Vaste question… Plusieurs présumés coupables sont généralement montrés du doigt. Passons-les rapidement en revue.
Un manque de savoir-vivre et d’éducation. Les Québécois semblent souffrir de lacunes en matière d’éducation sentimentale. Les parents n’apprennent pas à leurs enfants les règles élémentaires de la galanterie, et ce n’est pas l’école qui comblera ce vide.
Le féminisme. Autonomes, déterminées, sûres d’elles, les Québécoises ont bien intégré les acquis du féminisme. Elles sont les grandes gagnantes de la guerre des sexes qui a fait rage dans les années 1970-80 (sur le plan économique, par exemple, les Québécoises font aujourd’hui beaucoup mieux que les hommes). L’identité masculine, pour sa part, est fragilisée; privés de modèles (et souvent de pères) auxquels s’identifier ainsi que de rites de passage significatifs, les hommes vivent une crise profonde. Aujourd’hui, les hommes auraient peur des femmes.
L’idéologie du Grand Amour. Beaucoup de Québécois croient dur comme fer à l’existence d’un partenaire qui leur est fatalement prédestiné. C’est l’espérance du coup de foudre, de l’âme sœur, de l’amour-pour-la-vie… Ce rêve de contes de fées nous empêcherait de remarquer des partenaires potentiels, dans notre entourage immédiat, avec qui nous pourrions être heureux. Ajoutez à cela des standards de beauté romantique irréalistes (ceux d’Hollywood, par exemple) et vous obtenez un formidable concentré de fantasmes impossibles à satisfaire. Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.