Articles avec le tag ‘Grand amour’

Le mariage d’amour a échoué

 

Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le dernier essai de l’écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d’amour ne fonctionne pas. L’amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d’amour, c’est une lubie.

Avant de vous exposer mon point de vue en m’appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.

  • De l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d’un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l’espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l’amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait hors mariage, dans l’adultère, le concubinage et la prostitution.
  • Au XXe siècle, l’institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D’un côté, une nouvelle mentalité romantique s’est imposée : un mariage heureux, c’est un mariage d’amour, avec quelqu’un librement choisi par sentiment. D’autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.
  • Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l’émergence d’un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au party sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l’exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d’amour s’est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)

Aujourd’hui, le mariage d’amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d’une divinité, qu’il est devenu, comme le bonheur, l’alpha et l’oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d’inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.» Lire la suite de ce billet »

Quel trouble de la personnalité narcissique?

 

Connaissez-vous le «trouble de la personnalité narcissique», cliniquement parlant ?

Voici la traduction française de la définition du trouble de la personnalité narcissique dans le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), le manuel de référence de l’American Psychiatric Association utilisé par les professionnels de la santé pour le diagnostic de divers troubles de comportements et maladies mentales.

L’individu présente au moins cinq des symptômes suivants :

  1. il manifeste un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, il surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme un individu supérieur sans avoir accompli quelque chose de significatif);
  2. il est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d’amour idéal;
  3. il pense être «spécial», unique, et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de prestige;
  4. il montre un besoin excessif d’être admiré;
  5. il pense que tout lui est dû, il s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits;
  6. il exploite l’autre dans les relations interpersonnelles, il utilise autrui pour parvenir à ses propres fins;
  7. il manque d’empathie, n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui;
  8. il envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient;
  9. il fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains. Lire la suite de ce billet »

L’amour n’est pas prédestiné

 

Je connais une femme (je ne la nommerai pas) qui a une drôle de manie : elle croit percevoir des «signes du destin» dans de petits événements du quotidien et elle essaie constamment de les interpréter.

Nous avons récemment passé un après-midi ensemble dans les rues de Montréal. Elle ne cessait de remarquer la présence de voitures de marque BMW… «Regarde Jean-Sébastien, une autre BMW ! Je n’arrête pas d’en croiser depuis ce matin. Ça doit être un signe.»
— Un signe de quoi ?, lui ai-je demandé.
— Je ne sais pas, mais je vais le trouver.
— Bof, ça ne veut rien dire. C’est un hasard.
— Mais non ! Il y a sûrement une raison.
— Il n’y a pas de raison, outre le fait que des gens aiment rouler en BMW…
— Non, c’est un signe ! Ça m’annonce quelque chose. Je dois le découvrir.

Je ne veux pas me moquer ici de mon interlocutrice (une personnalité très intelligente, dynamique, allumée, qui a tout mon respect), je veux seulement m’attarder à un comportement qui me semble typiquement féminin (quoique certains hommes peuvent aussi le manifester) : la croyance au destin et l’interprétation des «signaux» émis par ce tout-puissant Destin. Il s’agit d’un trait culturel, peu importe l’intelligence des individus — des gens brillants et surscolarisés, en apparence très rationnels, ont parfois l’imaginaire saturé de pensée magique. Lire la suite de ce billet »

Il est né le divin célibataire

 

Dans quelques jours, ce sera Noël. Et Noël célèbre la naissance du célibataire endurci le plus influent en Occident : Jésus de Nazareth.

On oublie souvent à quel point le christianisme fut une révolution dans les relations hommes-femmes. Auparavant, le couple existait, le mariage était une institution importante, mais la fidélité n’était pas un incontournable (surtout pour les hommes, qui ne se gênaient pas pour aller voir ailleurs…), et les comportements sexuels étaient variés, de la copulation gênée dans le noir jusqu’aux parties de jambes en l’air les plus olé-olé.

La doctrine de Jésus a complètement bouleversé cet ordre des choses. Lire la suite de ce billet »

Méfiez-vous du grand amour

Une adaptation québécoise de Roméo et Juliette

Si vous fréquentez les sites web ou les petites annonces de rencontre, vous aurez constaté à quel point les célibataires célèbrent, valorisent, exigent à tout prix le «grand amour». Je me suis demandé d’où vient cette expression si présente dans notre culture de la rencontre amoureuse, et ce qu’elle signifie au juste.

Voici quelques réponses… et des pistes de réflexion.

Le grand amour est une passion absolue, magique, amour-fusionnel-pour-la-vie (et même après, dans la mort) qui déclasse tous les autres relations intimes que l’on puisse vivre. Le très espéré grand amour ne surgirait qu’une fois dans une existence, croit-on, et il ne faudrait surtout pas le laisser filer entre ses doigts. Une vie sans grand amour serait donc une vie ratée. Lire la suite de ce billet »

Les sites web de rencontre et les sites pornos se ressemblent

 

Je poursuis ma réflexion sur la pornographie amorcée hier

À mes yeux, les sites web de rencontre et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.

L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’abondance, l’incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout… jusqu’à ressentir une sensation de vertige : il y a tellement de célibataires intéressants, par qui commencer, où s’arrêter ? Même phénomène sur un site porno : il y a tant de photos et de vidéos, tant de scènes de sexe qui attirent le voyeur… La surabondance excite, puis provoque un malaise. Sur le Web, il y a trop de corps et de coeurs à prendre. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
›››
Nous sommes aussi présents sur Twitter !
À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
›››Acheter le livre en ligne
Suivez-nous sur Twitter
    Catégories
    Recherche

    Powered by Web Design Company Plugins