Articles avec le tag ‘Féminisme’
Le féminisme est toujours pertinent, mais…
Pour compléter le récent billet d’Emmanuelle sur sa vision du féminisme (que je partage), j’ai quelques reproches à faire au mouvement féministe. Par souci de critique constructive.
La plupart des revendications traditionnelles des féministes sont aujourd’hui satisfaites. Est-ce à dire que le féminisme n’est plus pertinent ? Bien sûr que non. Il y a encore des combats féministes à mener. Mais je suis déçu de l’inertie des féministes dans certains dossiers. Les voici. Lire la suite de ce billet »
Féministe or not féministe ?
Nous avons appris récemment que notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… est une des lectures du cours Féminisme et antiféminisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Féminisme et antiféminisme… S’il faut en croire les commentaires concernant le féminisme reçus sur notre blogue, nos lecteurs interprètent notre livre de deux manières diamétralement opposées : certains nous rangent carrément dans le camp des masculinistes (au secours !) tandis que d’autres saluent notre sympathie à la cause féministe. Où nous placer sur cet échiquier où plusieurs voudraient que tout soit noir ou blanc ?
Tout d’abord, Jean-Sébastien et moi n’apprécions guère d’être enfermés dans une catégorie, un tiroir. Dans la vie, il y a beaucoup — presque toujours — des zones grises. Lire la suite de ce billet »
Polytechnique, ultime horreur d’une décennie pourrie
Dimanche dernier, c’était les 20 ans de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal. J’ai vu des gens déposer des fleurs dans le parc qui commémore les événements tragiques du 6 décembre 1989, j’ai lu beaucoup de témoignages et d’analyses dans les médias, j’ai pris part à des discussions, etc.
Parmi toutes les interprétations de l’événement, il y en a une qui m’a surpris… et qui ne m’a pas convaincu du tout : Polytechnique serait «la» cassure dans l’histoire des relations hommes-femmes au Québec, il y aurait un «avant» et un «après» 6 décembre 1989. (C’est par exemple l’opinion du comédien et dramaturge Gilbert Turp, auteur d’une pièce de théâtre inspirée du massacre de Polytechnique.)
Affirmer qu’il y a un «avant» et un «après» Polytechnique, c’est laisser entendre que c’était mieux (ou moins pire) «avant». Vraiment ? La cohabitation hommes-femmes était donc si agréable au Québec avant le 6 décembre 1989 ? Lire la suite de ce billet »
C’était en 1989

Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l’Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines.
Je veux aujourd’hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l’an de grâce 1989, quelques mois avant le traumatisme de Polytechnique : l’affaire Daigle-Tremblay et la première publication de Père manquant, fils manqué. Des événements qui ont durablement influencé les relations hommes-femmes au Québec. Lire la suite de ce billet »
Recherche coupables désespérément
Pourquoi les Québécois se montrent-ils si timides dans l’arène de la drague et dans l’univers de la séduction ? D’où vient ce repli sur soi, ce désarroi, ce refus de l’Autre ?, demandais-je dans mon billet d’hier.
Vaste question… Plusieurs présumés coupables sont généralement montrés du doigt. Passons-les rapidement en revue.
Un manque de savoir-vivre et d’éducation. Les Québécois semblent souffrir de lacunes en matière d’éducation sentimentale. Les parents n’apprennent pas à leurs enfants les règles élémentaires de la galanterie, et ce n’est pas l’école qui comblera ce vide.
Le féminisme. Autonomes, déterminées, sûres d’elles, les Québécoises ont bien intégré les acquis du féminisme. Elles sont les grandes gagnantes de la guerre des sexes qui a fait rage dans les années 1970-80 (sur le plan économique, par exemple, les Québécoises font aujourd’hui beaucoup mieux que les hommes). L’identité masculine, pour sa part, est fragilisée; privés de modèles (et souvent de pères) auxquels s’identifier ainsi que de rites de passage significatifs, les hommes vivent une crise profonde. Aujourd’hui, les hommes auraient peur des femmes.
L’idéologie du Grand Amour. Beaucoup de Québécois croient dur comme fer à l’existence d’un partenaire qui leur est fatalement prédestiné. C’est l’espérance du coup de foudre, de l’âme sœur, de l’amour-pour-la-vie… Ce rêve de contes de fées nous empêcherait de remarquer des partenaires potentiels, dans notre entourage immédiat, avec qui nous pourrions être heureux. Ajoutez à cela des standards de beauté romantique irréalistes (ceux d’Hollywood, par exemple) et vous obtenez un formidable concentré de fantasmes impossibles à satisfaire. Lire la suite de ce billet »


Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.