Articles avec le tag ‘Expression orale’

Entre tu et vous

 

Nouvelle réjouissante ce matin : la Commission scolaire de Montréal songe à implanter un code du civisme dans ses écoles en septembre prochain. Et ce code rétablirait notamment le vouvoiement à l’école. (Voir l’article de Rue Frontenac.)

Que les enfants apprennent à dire «vous» avant «tu» améliorera les rapports de séduction au Québec, j’en suis convaincu.

Pourquoi ? Parce que «vous» marque une distance polie. Vouvoyer quelqu’un que l’on ne connaît pas intimement, c’est une marque de respect. Tutoyer une personne qui nous est inconnue, c’est imposer une relation trop familière au premier abord.

Le «tu» à la première rencontre, ce n’est pas séduisant du tout. C’est une fausse proximité, une égalité des relations qui nivelle par le bas. C’est même agressant. Lorsqu’on a lâché le «tu» qui tue, c’est foutu, on ne peut revenir en arrière.

Séduire, c’est réussir à passer du «vous» au «tu» sans brusquer l’autre.

Le parler des Québécois exprime leur crainte de la drague

 

Pour compléter la série de billets sur la peur du rejet, récemment signés par ma comparse Emmanuelle… Voici des tournures de phrases typiques du Québécois moyen qui ose enfin sortir de son silence, et surmonter sa peur d’avoir peur, pour se lancer dans l’arène de la drague. (Dans les exemples ci-dessous, un homme aborde une femme.)

  • Formules convenues : «Tu viens souvent par ici ?», «On se connaît, il me semble…», «C’est quoi ton signe ?», etc.Crédit photo: Shutterstock
  • Il tutoie tout ce qui bouge : «J’peux-tu m’asseoir à côté de toi?»
  • Une fâcheuse tendance à tourner autour du pot : «Puisque nous sommes assis au bar… Peut-être que je pourrais t’offrir un verre ? Si t’en as envie, bien sûr… Mais c’est vrai qu’on ne se connaît pas… T’es pas obligée d’accepter… J’aurais peut-être dû te dire que… En fait, ce n’est pas ce que je voulais te dire…», etc.
  • Il va même jusqu’à s’excuser d’entrer en contact avec une inconnue : «S’cuse, là, je ne voudrais pas te déranger…»

Non mais, je vous le demande : comment peut-on charmer, envoûter une femme lorsqu’on s’excuse d’emblée de l’aborder, qu’on lui ressert des formules stéréotypées, qu’on bafouille et qu’on la tutoie à tour de bras ? Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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