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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Égalité des sexes</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Le mirage de la conciliation travail-famille (3)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 12:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)
Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).
Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)</strong></p>
<p>Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).</p>
<p>Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d&#8217;enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation&#8230;</p>
<p>Où est le progrès ?<span id="more-3674"></span></p>
<p>Je ne suis évidemment pas un nostalgique du Québec de jadis. C’était une prison pour les femmes, et pour les hommes ce n’était pas aussi avantageux qu’on le croit (ils ne voyaient pas grandir leurs enfants). La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui est beaucoup plus juste qu’autrefois, mais elle n&#8217;est pas très subtile : elle a tellement bien assimilé le principe de l&#8217;égalité des sexes en droit, face à l&#8217;État, aux institutions, etc., qu&#8217;elle l&#8217;a appliqué sans nuances à la vie privée des individus.</p>
<p>Ainsi, les deux sexes ont non seulement les mêmes droits, mais nous croyons qu&#8217;ils ont les mêmes besoins et les mêmes aspirations, qu&#8217;ils se comporteront de la même manière dans toutes les dimensions de l&#8217;existence : études, travail, famille, loisirs, etc. Ajoutez-y cette idée reçue voulant que tout individu doit être bon dans tout, qu&#8217;il doit «réussir sa vie», et vous obtenez une société qui prône une utopie comme la «conciliation travail-famille».</p>
<p>Cette obsession pour l’égalité des sexes en toute chose est peut-être un effet pervers de la mixité. De nos jours au Québec, la mixité est quasi totale, de la pouponnière jusqu’au salon funéraire&nbsp;: les hommes et les femmes fréquentent les mêmes écoles mixtes, de la garderie au postdoctorat; ils et elles gagnent leur vie dans les mêmes lieux de travail, sauf exceptions (il y a encore quelques bastions masculins, les métiers de la construction par exemple, mais ça n&#8217;empêchera pas les ouvriers de croiser des secrétaires, des administratrices, des clientes, etc.); messieurs et mesdames fréquentent grosso-modo les mêmes lieux de loisirs; les deux sexes s’habillent souvent de la même manière, avec les mêmes jeans et les mêmes t-shirts; et au Québec, les femmes draguent comme des hommes. Tous pareils !</p>
<p>La mixité est une excellente chose. Encore une fois, je n&#8217;idéalise pas le Québec d&#8217;antan où les hommes et les femmes évoluaient séparément. Mais en égalisant les rôles et en nivelant les différences entre les hommes et les femmes, nous avons consacré le conformisme et l&#8217;uniformité. Pour reprendre une expression que je trouve très actuelle : «l&#8217;homme est devenu une femme comme les autres», et inversement; monsieur et madame sont maintenant interchangeables. Hybrides. Désexués.</p>
<p>C&#8217;est déjà compliqué, au Québec, de rencontrer quelqu&#8217;un puis de s&#8217;installer en couple&#8230; Il faudrait, en plus, se comporter de la même manière ? Gommer nos différences, aseptiser le désir&nbsp;? Et «concilier travail et vie familiale» ?!? </p>
<p>Quel ennui. Quelle misère de p&#8217;tite vie. Quel tue-l&#8217;amour.</p>
<ul>
<li>Pour lire le <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/" target="_self">premier</a> et le <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/02/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-2/" target="_self">second</a> billet de cette série</li>
</ul>
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		<title>Quelques trouvailles (13)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/06/07/quelques-trouvailles-13/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 12:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Mes dernières découvertes sur le web et dans l&#8217;actualité récente : la Fête des voisins, une thèse de doctorat avec des utilisateurs de RéseauContact, la légère suprématie des Québécoises sur le marché de l&#8217;emploi, et une ressource sur l&#8217;intuition.
La Fête des voisins a célébré le samedi 5 juin dernier sa cinquième édition au Québec (voir l&#8217;article dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Mes dernières découvertes sur le web et dans l&#8217;actualité récente : la Fête des voisins, une thèse de doctorat avec des utilisateurs de <em>RéseauContact</em>, la légère suprématie des Québécoises sur le marché de l&#8217;emploi, et une ressource sur l&#8217;intuition.</p>
<p><strong>La Fête des voisins a célébré le samedi 5 juin dernier sa cinquième édition au Québec</strong> (<a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/06/05/001-fete-des-voisins.shtml" target="_blank">voir l&#8217;article dans le site web de Radio-Canada</a>). «Cette année, plus de 300 municipalités et organismes locaux ont enregistré quelque 3000 fêtes auprès du Réseau québécois de villes et villages en santé. Et cela, sans compter les initiatives non officielles», indique Radio-Canada. C&#8217;est le genre de nouvelle qui me laisse à la fois encouragé et affligé. Que des habitants d’une localité prennent la peine d&#8217;organiser une activité pour mieux se connaître (et, qui sait, tisser des liens plus intimes), c&#8217;est formidable. Mais que l&#8217;on soit obligé d&#8217;organiser un événement annuel pour que des voisins parviennent enfin à se rencontrer et se parler, c&#8217;est pathétique, non ?</p>
<p><strong>J&#8217;ai appris récemment qu&#8217;un chargé de cours de l&#8217;UQAM, Éric Champagne, a réalisé une thèse de doctorat sur la drague en ligne</strong>. Plus précisément, sa thèse en communication est intitulée <em>La quête de soi et de l&#8217;autre à l&#8217;heure des sites de rencontre en ligne au Québec</em>. Éric Champagne a réalisé une quarantaine d&#8217;entrevues avec des personnes hétérosexuelles abonnées au site web de rencontres <em><a href="http://www.reseaucontact.com/" target="_blank">RéseauContact</a></em>. Pour en savoir plus, voyez ce <a href="http://www.uqam.ca/entrevues/entrevue.php?id=652" target="_blank">petit article dans le site web de l&#8217;UQAM</a>.</p>
<p><strong>Pour la première fois dans l&#8217;histoire du Québec, le nombre de femmes occupant un emploi dépasse légèrement celui des hommes</strong>, indique l&#8217;Institut de la statistique du Québec. Les dernières données disponibles, pour l&#8217;année 2009, révèlent que 1&nbsp;642&nbsp;900 Québécoises détenaient un emploi salarié (excluant le travail autonome) comparativement à 1&nbsp;636&nbsp;700 hommes. (Pour en savoir plus : un <a href="http://www.lesaffaires.com/ma-carriere/remuneration/les-quebecoises-plus-salariees-que-les-quebecois/515042" target="_blank">article de <em>LesAffaires.com</em></a>.) La légère supériorité des femmes sur le marché de l&#8217;emploi se répercutera sur la rencontre amoureuse, j&#8217;en suis certain. Déjà, un homme qui drague en ne parlant que de son emploi, de son statut professionnel, passe pour un individu paternaliste ou macho&#8230; Cette technique de drague sera bientôt révolue.<span id="more-3066"></span></p>
<p><strong>Pour précipiter une rencontre amoureuse, il faut souvent avoir de l&#8217;intuition.</strong> Cette petite voix qui nous dit, au fond de nous-mêmes : «Allez, vas-y, c&#8217;est le bon moment !»  Prendre une décision en se fiant à son «sixième sens», sans trop réfléchir et rationaliser&#8230; J&#8217;ai découvert à ce sujet <a href="http://www.monintuition.ca" target="_blank">un site animé par une «spécialiste de l&#8217;intuition et de la force émotionnelle»</a> — une sorte de coach, quoi. Ce site propose plusieurs articles intéressants, notamment les textes sur <a href="http://www.monintuition.ca/index.php/articles/sixiemesens" target="_blank">l&#8217;intuition et la science</a>, sur <a href="http://www.monintuition.ca/index.php/articles/passion" target="_blank">l&#8217;intuition et la passion amoureuse</a> ainsi que sur <a href="http://www.monintuition.ca/index.php/articles/int_feminine" target="_blank">cette idée reçue voulant que les femmes aient plus d&#8217;intuition que les hommes</a>. </p>
<ul>
<li>Toutes nos <a href="http://ladrague.qc.ca/?s=Quelques+trouvailles" target="_self">trouvailles</a></li>
</ul>
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		<title>Lettre aux immigrants</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/05/13/lettre-aux-immigrants/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 12:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,
Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.
J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,</p>
<p>Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.</p>
<p>J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu&#8230; disons&#8230; bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.</p>
<p><strong>La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. </strong>Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c&#8217;est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n&#8217;est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/" target="_self">le repli sur la vie privée</a>, par l&#8217;individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.</p>
<p><strong>Les Québécois privilégient les relations sociales directes</strong>. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l&#8217;autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal.<span id="more-2868"></span></p>
<p><strong>Les Québécois ont réussi, en quelques décennies, à détruire la famille</strong>. Il y a encore 50 ans, ils accordaient beaucoup d&#8217;importance au mariage, ils avaient de nombreux enfants, entretenaient des liens étroits avec leurs oncles, tantes, cousins, etc., et respectaient leurs aïeux. Si vous appartenez à une culture qui valorise beaucoup la famille, vous serez choqués de découvrir qu&#8217;aujourd&#8217;hui, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/06/habiter-seul/" target="_self">plus du quart des ménages est formé d’une personne qui vit seule</a> ; que <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/29/le-couple-en-crise/" target="_self">les familles et les couples ont éclaté</a>, un mariage sur deux se termine par un divorce ; que les familles ont rarement plus de deux enfants, en moyenne ; que les liens avec la parenté éloignée sont distants et qu&#8217;on se débarrasse des vieillards en les confinant dans des mouroirs confortables. Cela dit, personne au Québec ne vous empêchera de mener une vie familiale intense et soudée. Mais vous vous sentirez peut-être marginaux, hors norme.</p>
<p><strong>Vous avez fui votre pays d’origine pour échapper à des problèmes politiques ?</strong> Réjouissez-vous : le Québec est le dernier endroit sur Terre où vous verrez une révolution populaire armée, un coup d’État, une grève générale, etc. La vie politique québécoise est généralement insignifiante, d’ailleurs les Québécois s’intéressent peu à la politique. Il n’y a aucun projet politique d’avenir au Québec, aucune ambition, rien qui puisse provoquer des remous, juste une gestion plus ou moins efficace des affaires courantes. C’est même la seule société au monde, à ma connaissance, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">où un peuple a voté deux fois par référendum contre son projet d’indépendance nationale</a>. Le Québec est parfois le théâtre de petits scandales ou de mini-crises politiques, mais rien de majeur, car la démocratie est une valeur bien ancrée. Bien ancrée dans l’insignifiance&#8230; Croyez-moi, la politique québécoise ne viendra jamais empoisonner votre existence (mais si vous vous y intéressez de près, elle viendra vous ennuyer).</p>
<p><strong>Vous vous installez parmi nous en croyant améliorer rapidement votre situation économique ?</strong> Désolé, mais vous risquez de déchanter. Ce n&#8217;est pas que l&#8217;économie et le marché du travail se portent mal au Québec, au contraire. Mais le taux de chômage des immigrants est beaucoup plus élevé que celui des citoyens qui sont nés ici, surtout pendant leurs premières années au Québec. Pire, le gouvernement du Québec sélectionne des immigrants en fonction de leurs qualifications professionnelles, mais <a href="http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/05/20100512-103949.html" target="_blank">il n’assure pas nécessairement leur arrimage aux besoins du marché du travail</a>. Vous serez désagréablement surpris de croiser au Québec des ingénieurs, médecins et autres professionnels formés à l’étranger qui sont forcés de conduire des taxis pour survivre.</p>
<p><strong>Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague.</strong> Vous ne résisterez pas longtemps à la force d’attraction de l’anglais, et personne ne vous le reprochera (à votre place, je m&#8217;angliciserais moi aussi). Maîtriser l’anglais vous permettra d’obtenir de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. Des Québécois francophones eux-mêmes ont tendance à utiliser l’anglais au travail, dans leurs productions artistiques, sur Internet, dans la rue, alors qu&#8217;ils pourraient très bien fonctionner en français&#8230; En fait, vous devez savoir que <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/288755/78e-congres-de-l-acfas-l-anglais-prend-de-la-vigueur-au-quebec" target="_blank">les Québécois francophones ne font rien pour empêcher leur marginalisation dans un univers anglophone</a>. Montréal, que l’on qualifie encore de «deuxième ville francophone au monde après Paris», est aujourd’hui une métropole officieusement bilingue. Malgré une loi qui protège le statut du français au Québec (depuis 1977), il est prévisible que l’anglais sera la langue de la majorité des Montréalais dans quelques années et que le reste de la province deviendra une société folklorique.</p>
<p><strong>Le système éducatif québécois est accessible à tous, mais l&#8217;élémentaire-secondaire est médiocre</strong>. Vous serez peut-être très déçus par la mauvaise qualité de la formation de base, et même obligés de payer des cours privés à vos enfants pour qu’ils obtiennent une scolarité qui serait jugée acceptable dans votre pays d’origine. <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/02/la-faute-de-lecole/" target="_self">Notre système d&#8217;éducation échoue dans toutes ses missions fondamentales</a> : il est incapable d&#8217;alphabétiser correctement tous les enfants et adolescents, incapable de transmettre un héritage culturel commun, incapable de valoriser les métiers, incapable de valoriser la vie intellectuelle, et le comble, incapable de former des enseignants compétents ! Vous remarquerez aussi à quel point les Québécois francophones accordent peu d’importance à l’éducation, à la culture, au savoir désintéressé (c’est évidemment lié à leur déclin sur le plan linguistique), et beaucoup d&#8217;importance aux formations «utiles» pour leur vie professionnelle. Leur principale préoccupation, c’est d&#8217;occuper un emploi le plus rapidement possible (en quittant l’école dès l’âge de 16 ans s’il le faut) pour être en mesure de consommer le plus possible. Surtout, se payer une <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/28/la-bagnole/" target="_self">voiture</a>, «la» marque de réussite sociale au Québec, et regarder la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/29/television-obstacle-rencontre/" target="_self">télévision</a>.</p>
<p><strong>Au premier abord, le système de santé québécois vous semblera accessible et généreux</strong> grâce à cette merveille qu’est l’assurance-maladie gratuite et universelle. Mais il y a des pénuries assez graves, notamment de médecins omnipraticiens : <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/05/12/001-medecins-famille-campagne.shtml" target="_blank">deux millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille</a>, et vous n’en trouverez pas un de sitôt. De plus, le gouvernement du Québec essaie depuis plusieurs années de privatiser la santé. Sa stratégie consiste à dégrader les conditions de travail des professionnels de la santé, à négliger les soins de première ligne, à ne pas entretenir les infrastructures, en somme à foutre de bordel dans le réseau de la santé, puis à présenter le secteur privé comme la solution à tous ces problèmes (pourtant créés de toutes pièces). Vous avez fui un pays où les soins de base sont inaccessibles parce que trop coûteux ? Ce cauchemar pointe à l&#8217;horizon du système de santé québécois.</p>
<p><strong>Au Québec, on vous l’a sûrement dit, l’égalité homme-femme est coulée dans le béton des chartes des droits et des lois.</strong> C’est un principe sacré, intouchable. Vous serez peut-être obligés de faire un effort d&#8217;adaptation. Croyez-moi, ce sera pour le mieux. (À ce propos, une curiosité : les Québécois sont tellement fiers de l’égalité homme-femme qu’il leur arrive de la décrire comme une «valeur typiquement québécoise»&#8230; Ce qui est bien sûr exagéré, l’égalité homme-femme est une valeur universelle. Les Québécois ne l’ont pas inventée. Mais bon, ça vous donne une idée de son importance ici.)</p>
<p><strong>L’égalité homme-femme en droit ne se traduit pas nécessairement par l’égalité dans les faits.</strong> Au jour le jour, les relations hommes-femmes ne sont pas strictement égales, elles sont soumises à des tensions et des contradictions, elles évoluent, se transforment. Des Québécoises sont encore victimes de sexisme, de discriminations, d’injustices et de violences, mais en même temps, le Québec est une société en voie de féminisation : de plus en plus, les femmes se montrent plus dynamiques que les hommes dans un nombre croissant de secteurs d’activité. Je mettrais ma main au feu qu&#8217;elles prendront un jour le leadership du Québec tout entier. Et que ce sera pour le mieux.</p>
<p><strong>Enfin, vous constaterez que les Québécois francophones ne draguent pas</strong>, surtout les hommes. Et qu’ils ne sont pas très séduisants&#8230; C’est normal : comment voulez-vous être attiré, séduit par un peuple qui se laisse dériver ?</p>
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		<title>Journée de la femme : faire le point</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/03/08/journee-de-la-femme/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 13:03:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Gril</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
C’est le 8 mars : bonne fête à nous toutes, mesdames !
En cette Journée internationale des droits de la femme, tout le monde voudra donner son point de vue.
Aujourd&#8217;hui, comme à l’accoutumée, nous allons être abreuvées d’une foule de données concernant l’avancée ou le recul de la cause des femmes. Ça s’améliore, ça empire, l’équité salariale, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>C’est le 8 mars : bonne fête à nous toutes, mesdames !</p>
<p>En cette Journée internationale des droits de la femme, tout le monde voudra donner son point de vue.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, comme à l’accoutumée, nous allons être abreuvées d’une foule de données concernant l’avancée ou le recul de la cause des femmes. Ça s’améliore, ça empire, l’équité salariale, le plafond de verre. Sans parler de ces politiciens qui voudront se faire du capital politique sur notre dos.</p>
<p>Nous aurons droit à des témoignages de jeunes chroniqueuses qui s’interrogeront pour la énième fois sur la valeur du féminisme. Comme si c’était toujours à rééexpliquer&#8230; Je préfère les hommages des femmes d’aujourd’hui aux combattantes d’hier, pour les remercier d’avoir fait avancer la condition féminine, et surtout les témoignages des femmes d’hier qui nous expliquent comment elles sont parvenues à faire avancer leur condition.<span id="more-2077"></span></p>
<p>Petite curiosité : en France, pour souligner l’événement, des actrices célèbres <a href="http://tele.premiere.fr/News-Tele/Journee-de-la-femme-2010-des-femmes-celebres-se-mettent-a-nu-pour-l-association-Enfants-du-Desert/(gid)/2235442" target="_blank">ont eu l’étrange idée de poser à moitié nues pour une photographe qui vendra ses oeuvres au profit de l’association Enfants du désert</a>, laquelle vise à scolariser les petites filles au Maroc. Une «belle démarche artistique et humaine», nous dit-on. Pas sûre de bien comprendre ladite démarche… Décidément, nos cousins ne font jamais rien comme les autres. Déshabiller les femmes pour célébrer leur journée, il fallait y penser !</p>
<p>Et espérons que cette année, Stéphane Laporte observera une minute de silence (dans sa <a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/stephane-laporte/200903/08/01-834316-lhomme-et-la-journee-de-la-femme.php" target="_blank">chronique dégoulinante de bons sentiments publiée à pareille date l’an dernier</a>, il suggérait à ses congénères de cacher leurs testicules pour faire oublier leur passé d’esclavagistes paternalistes&#8230;)</p>
<p>Pour ma part, au milieu de tout ce tumulte, je proposerais plutôt de réfléchir aux «vraies affaires» en rappelant quelques faits.</p>
<p>Au Québec, nous sommes quand même assez bien loties. L’égalité des sexe est bien intégrée dans les moeurs et dans le monde du travail, mais d’autres phénomènes de société demeurent préoccupants. Par exemple, le fait que les familles monoparentales qui ont une femme à leur tête (et ça arrive dans près de 78 % des cas) sont généralement frappées par la pauvreté. On l’oublie souvent, mais le revenu moyen d’emploi des femmes québécoises n’équivaut encore qu’à environ 68 % de celui des hommes. La précarité des femmes est aggravée lorsque qu’elles vivent seules, lorsqu’elles sont monoparentales ou lorsqu’elles se séparent. Cet écart dans les revenus se répercute aussi sur les placements et les fonds de retraite. De ce fait, le nombre de femmes âgées vivant sous le seuil de la pauvreté est particulièrement élevé.</p>
<p>Notons enfin que plus de la moitié des 15 000 femmes adultes victimes d’actes criminels le sont dans un contexte conjugal (données de 2006). Quant à elles, les jeunes filles de moins de 18 ans sont touchées de plein fouet par les agressions sexuelles : elles représentent près de 80 % des femmes victimes de ces actes. (Pour en savoir plus, <a href="http://smr.newswire.ca/fr/conseil-du-statut-de-la-femme/regard-sur-legalite-entre-les-femmes-et-les-hommes" target="_blank">consultez les portraits socioéconomiques publiés par le Conseil du statut de la femme à l’occasion du 8 mars</a>.)</p>
<p>Un peu décourageant, tout ça… Mais au-delà de ces sombres statistiques, profitons de ce 8 mars pour prendre un temps d’arrêt. Sans être défaitistes ni jovialistes, pensons à demain, regardons devant nous et avançons. Au lieu de voir les hommes comme des ennemis responsables de tout nos maux, tendons-leur la main, réfléchissons aux relations que nous avons avec eux. Et qui sait, si ces messieurs y mettent aussi du leur, peut-être parviendrons-nous à nous réinventer, et à réinventer du même coup la rencontre amoureuse et le couple.</p>
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		<title>La domination masculine</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 13:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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<p>Hier soir, j’ai visionné le très attendu film documentaire <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank"><em>La domination masculine</em></a> du cinéaste français Patric Jean, qui a été tourné en partie au Québec. Voici mes commentaires et réflexions, en vrac (je tâcherai de ne pas répéter ce que l’on peut lire dans les médias depuis la sortie du film au Québec le 22 janvier).</p>
<p>Le propos du film, pro-féministe, soutient que le patriarcat demeure dominant, que l’égalité homme-femme n’est pas encore atteinte et que nous assistons à un ressac antiféministe (au Québec, ce ressac s&#8217;exprimerait depuis le massacre de Polytechnique, selon plusieurs féministes interrogées par Patric Jean). Le sujet du film est clair et net, mais peu nuancé. Un cours Féminisme 101 très condensé, en quelque sorte.</p>
<p>Alterner entre la France et le Québec, dans un film pro-féministe, c’est délicat. Les deux sociétés sont tellement différentes&#8230; De ce côté-ci de l&#8217;Atlantique, les Françaises de la séance de <em>speed dating</em> paraissent terriblement conservatrices — dans la salle de cinéma montréalaise où je me trouvais dimanche soir, c’était la consternation.</p>
<p>De la même manière, je crois que les Françaises seraient consternées de voir les Québécoises draguer avec autant d&#8217;aplomb des hommes au mieux ambivalents, au pire sans aucune assurance. (À quand un film documentaire sur le sujet ? <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> )</p>
<p><span id="more-1754"></span></p>
<p><em>La domination masculine</em>, que l’on décrit partout comme un documentaire «à thèse», me semble plutôt un long reportage. Un documentaire «à thèse» doit articuler un discours d’une manière originale et très rigoureuse pour forcer le spectateur à remettre en question les données initiales d’un problème. Pour demeurer dans l’optique féministe, le célèbre film <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=1094" target="_blank"><em>Mourir à tue-tête</em></a> d’Anne-Claire Poirier (1979) renverse le regard sur le viol pour le faire subir au spectateur, met en scène une fiction dans une fiction, lesquelles sont prolongées par des scènes documentaires et didactiques. Le tout pour soutenir une thèse et, en bout de ligne, inciter le spectateur à voir le phénomène du viol d’un oeil neuf.</p>
<p>Le film de Patric Jean, pour sa part, souffre d’une structure molle, ne présente pas toutes les pièces à conviction (le film ne dit mot sur la pornographie, pourtant un excellent exemple de domination masculine), n’offre presque pas de recul historique (un petit résumé de l’histoire du féminisme au XXe siècle aurait été très utile), ses images d’archives ne sont pas identifiées ni datées, etc. Toutes les scènes du film, considérées isolément, sont pertinentes (et percutantes) : les stéréotypes sexistes des jouets et livres pour enfants, la retouche numérique d’une photo de femme nue, le spectacle d’une danseuse devant une bande de morons roteux du samedi soir, des victimes de violence conjugale, le massacre de Polytechnique, etc., mais l’ensemble est mal articulé. Quels sont les liens entre ces scènes ? Est-ce qu&#8217;il y a des relations de cause à effet ? Pas clair.</p>
<p>De plus, le leitmotiv des photos d’objets phalliques n’apporte aucune information et n’éclaire en rien le discours du film. La finale, où le cinéaste assemble un collage de photos tirées du film, est décevante (à sa place, j&#8217;aurais conclu en reprenant la première scène du film, celle du gars qui croit qu&#8217;il deviendra plus mâle en se faisant allonger le pénis par chirurgie). On en reste à un survol des enjeux actuels du féminisme&#8230; et on aurait aimé en savoir plus, obtenir une analyse plus poussée — par exemple, lier le ressac antiféminisme à d’autres mouvements néoconservateurs.</p>
<p>L’une des scènes les plus mémorables du documentaire est bien sûr le chapelet de déclarations haineuses d’une série d’hommes québécois : «le féminisme est un crime contre l&#8217;humanité», «il y a plus d&#8217;hommes victimes de violence conjugale que de femmes», «les comparaisons avec le régime stalinien et le régime fasciste sont évidentes», et j’en passe. Des propos totalement aberrants.</p>
<p>Mais il est déplorable que le cinéaste ait inséré dans cette scène quelques mots du psychologue et sexologue Yvon Dallaire (citations si brèves et incompréhensibles qu’elles paraissent ésotériques). Yvon Dallaire n’est pas un extrémiste. Il s’intéresse à la condition masculine, il pose un regard critique sur le féminisme et la société québécoise, mais ce n’est pas un individu qui soutient un discours haineux. Au contraire, il plaide sincèrement pour la fin de la guerre des sexes. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses dires, je ne suis pas un fan inconditionnel de ses livres (qui sont parfois trop psycho-pop à mon goût), mais je les ai tous lus, ses livres, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">je l’ai rencontré en personne</a>, et je le répète : rien à voir avec les hommes victimaires et revanchards que l&#8217;on peut voir dans <em>La domination masculine</em>.</p>
<p>Enfin, il est regrettable que les personnes interviewées dans le film ne soient pas identifiées (sauf dans le générique de fin, mais qui prend la peine de lire attentivement les génériques ?). Identifier les gens à l’écran, à leur première apparition, aurait facilité la compréhension.</p>
<ul>
<li>Le <a href="http://www.ladominationmasculine.net" target="_blank">site web officiel du film</a>.</li>
<li>Le <a href="http://patricjean.blogspot.com" target="_blank">blogue du cinéaste</a>.</li>
<li>Quelques critiques : dans <em><a href="http://www.ledevoir.com/culture/cinema/281600/au-coeur-du-ressac" target="_blank">Le Devoir</a></em>, <em><a href="http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/10559-au-dela-de-la-controverse.html" target="_blank">La Presse</a></em> et <a href="http://www.journalmetro.com/culture/article/429814--la-domination-masculine-la-femme-une-menace" target="_blank"><em>Métro Montréal</em></a>.</li>
</ul>
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		<title>Le féminisme est toujours pertinent, mais&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 13:09:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Pour compléter le récent billet d’Emmanuelle sur sa vision du féminisme (que je partage), j’ai quelques reproches à faire au mouvement féministe. Par souci de critique constructive.
La plupart des revendications traditionnelles des féministes sont aujourd’hui satisfaites. Est-ce à dire que le féminisme n’est plus pertinent ? Bien sûr que non. Il y a encore des combats [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Pour compléter <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/18/feministe-or-not-feministe/" target="_self">le récent billet d’Emmanuelle sur sa vision du féminisme</a> (que je partage), j’ai quelques reproches à faire au mouvement féministe. Par souci de critique constructive.</p>
<p>La plupart des revendications traditionnelles des féministes sont aujourd’hui satisfaites. Est-ce à dire que le féminisme n’est plus pertinent ? Bien sûr que non. Il y a encore des combats féministes à mener. Mais je suis déçu de l’inertie des féministes dans certains dossiers. Les voici.<span id="more-1669"></span></p>
<p><strong>Le commerce du sexe.</strong> Au cours des années 1980, les féministes étaient beaucoup plus militantes qu’aujourd’hui dans les dossiers de la pornographie et de la prostitution. Je sais bien que ce n’est pas évident de s’attaquer à cette industrie si bien intégrée à l’économie mondiale, si accessible et si populaire, mais bon, je ne vois pas les féministes intervenir avec force (déplorer platement l’exploitation sexuelle des femmes, ce n&#8217;est pas suffisant). À quand une stratégie renouvelée face à l’industrie du sexe ?</p>
<p>Il m&#8217;arrive de lire ou d&#8217;entendre des témoignages de femmes qui ont été exploitées par l&#8217;industrie du sexe. C&#8217;est beaucoup plus fort, plus porteur d&#8217;une révolte que le discours féministe actuel.</p>
<p><strong>Les stéréotypes sexistes dans les médias</strong>. Les stéréotypes de femme-objet sont toujours présents. Ils sont de plus en plus subtils, sournois, de sorte qu&#8217;on ne les remarque plus à la longue. Les féministes les condamnent (mollement) en produisant des rapports et des communiqués (ennuyants). Et rien ne change.</p>
<p>Nouveauté : la caricature sexiste touche aussi les hommes, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/24/pitoyable-image-homme-publicite/" target="_self">notamment dans la publicité</a>, comme si la consécration de l’égalité des sexes consacrait l’égalité de la bêtise sexiste ! Cette nouvelle donne semble échapper aux féministes.</p>
<p>Et où sont les féministes dans les médias ? On ne les voit presque pas, sauf quand la Fédération des femmes du Québec ou le Conseil du statut de la femme, par exemple, organise une communication ou un événement officiel.</p>
<p>Face à l’abrutissement télévisuel et l’industrie des magazines dits féminins, les féministes ne font pas le poids médiatique. <em>La Gazette des femmes</em>, jadis un superbe magazine papier glacé vendu en kiosque, est maintenant un <a href="http://www.gazettedesfemmes.com" target="_blank">simple fichier PDF à télécharger</a>.</p>
<p>Face aux contenus misogynes qui pullulent sur Internet, les féministes ne font pas le poids numérique (il existe des sites intéressants sur le féminisme, par exemple le magazine électronique <em><a href="http://sisyphe.org/" target="_blank">Sisyphe.org</a></em> et le blogue <em><a href="http://www.jesuisfeministe.com/" target="_blank">Jesuisféministe.com</a></em>, mais ils sont peu nombreux). Je rêve à la résurrection du magazine <em>La vie en rose</em>, et sur plusieurs plateformes : web, vidéo, imprimé&#8230;</p>
<p><strong>Les féministes ont baissé les bras devant les préjugés dont elles sont victimes</strong>. De nos jours, il est de bon ton de railler les féministes, de les peindre en lesbiennes frustrées, en mégères habillées comme des camionneurs, en théoriciennes hyper-intellos qui n’ont pas connu l’orgasme depuis 1979&#8230; et le mouvement des femmes ne réagit pas. Incroyable mais vrai : l’image publique des féministes est déplorable et les féministes ne font rien ! À quand une campagne de marketing pour renverser la vapeur ?</p>
<p>Enfin, ce qui me déçoit le plus : <strong>les féministes n&#8217;accordent pas d&#8217;importance à la crise de la rencontre amoureuse</strong>, crise qui blesse pourtant les femmes dans leur chair et leur âme.</p>
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		<title>C&#8217;était en 1989</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 06:09:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. 
Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <br />
<a href="http://www.aapq.org/fiches_projets/MCR_RMG_Nef14reines.html" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1238 alignleft" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/11/polytechnique.jpg" alt="L'un des 14 tertres commémorant les victimes du massacre de Polytechnique" width="108" height="182" /></a><br />
Il y aura bientôt 20 ans, le 6 décembre 1989, un jeune homme assassinait 14 jeunes étudiantes de l’École polytechnique de l&#8217;Université de Montréal en hurlant : «Vous êtes toutes des féministes !» Effroyable, monstrueuse tragédie que les Québécois commémoreront dans quelques semaines. </p>
<p>Je veux aujourd&#8217;hui insister sur deux autres événements qui ont marqué l&#8217;an de grâce 1989, quelques mois avant le traumatisme de Polytechnique : l&#8217;affaire Daigle-Tremblay et la première publication de <em>Père manquant, fils manqué</em>. Des événements qui ont durablement influencé les relations hommes-femmes au Québec.<span id="more-1228"></span></p>
<p>Pendant l&#8217;été, <strong>l&#8217;affaire Daigle-Tremblay</strong> battait son plein. Chantal Daigle était cette jeune femme qui avait quitté un partenaire violent, Jean-Guy Tremblay, alors qu&#8217;elle était enceinte de 18 semaines. Elle avait décidé d&#8217;interrompre sa grossesse, mais Jean-Guy Tremblay s&#8217;y opposait ; le 26 juillet, il a obtenu en Cour d&#8217;appel du Québec une injonction empêchant son ex-conjointe d&#8217;aller de l&#8217;avant malgré un jugement historique de la Cour suprême en 1988 (l&#8217;arrêt Morgentaler) stipulant que l&#8217;avortement n&#8217;était plus un geste criminel au Canada. Situation complètement dingue : Chantal Daigle était devenue la seule femme au Canada ne pouvant avoir recours à l&#8217;avortement, sous peine d&#8217;amende et d&#8217;emprisonnement ! Les pro-vie et pro-choix s&#8217;affrontaient quotidiennement ou presque. L&#8217;affaire a tenu le pays en haleine jusqu&#8217;au 8 août, lorsque la Cour suprême du Canada a levé l&#8217;injonction du tribunal québécois. Chantal Daigle s&#8217;était réfugiée secrètement à Boston pour obtenir une interruption volontaire de grossesse.</p>
<p>L&#8217;affaire Daigne-Tremblay fut un choc pour tous ceux qui croyaient que le corps d&#8217;une femme appartient de plein droit à la principale intéressée, et qui croyaient aussi que le principe de l&#8217;égalité hommes-femmes obtenu de haute lutte par les féministes était un acquis définitif. (Jean-Guy Tremblay, pour sa part, reviendra dans l&#8217;actualité judiciaire au cours des années 1990-2000 : il sera reconnu coupable de plusieurs cas de violence conjugale.)</p>
<p>L&#8217;année 1989 fut aussi celle de la publication de <em><strong>Père manquant, fils manqué</strong></em>, du psychanalyste <a href="http://www.editions-homme.com/ficheAuteur.aspx?codeaut=CORN1003" target="_blank">Guy Corneau</a>. Un ouvrage-choc qui a permis aux Québécois de prendre conscience de la condition masculine. En 1989, grâce à Guy Corneau, la réalité des hommes était enfin devenue un sujet de discussion pour les médias, des spécialistes, des chercheurs, etc., et le grand public  (tout comme le Québec s&#8217;était intéressé de près, dans les années 1970-80, à la condition féminine).</p>
<p>Et le 6 décembre se produisait le massacre de Polytechnique. Il y a 20 ans, donc, trois événements médiatisés à l&#8217;extrême, trois secousses sismiques sur le terrain des relations entre les sexes.</p>
<p>Sans oublier la <strong>chute du mur de Berlin</strong>, survenue il y a exactement 20 ans aujourd&#8217;hui. Cet événement a consacré l&#8217;écroulement des idéologies d&#8217;extrême-gauche et laissé toute la place à une nouvelle conception de la vie en société qui, on s&#8217;en rendra compte au fil des ans, n&#8217;est pas des plus excitantes pour la rencontre amoureuse : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/22/vingt-ans-de-capitalisme-sauvage/" target="_self">le néolibéralisme</a>.</p>
<p>En songeant à l&#8217;actualité tourmentée au Québec en 1989, je me pose plusieurs questions sur les relations hommes-femmes. Avons-nous progressé depuis 20 ans ? Ou régressé ? Quand j&#8217;observe le triste état de la séduction et de la drague au Québec, je suis perplexe&#8230;</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
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		<title>Louise Masson, consultante en étiquette des affaires</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 06:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici le troisième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.
Aujourd&#8217;hui : Louise Masson, consultante en étiquette des affaires..
Louise Masson a eu un parcours hors de l’ordinaire. Dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Voici le troisième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em> Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui : Louise Masson, consultante en étiquette des affaires.</strong>.<img class="alignright size-full wp-image-815" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/photo-louise.jpg" alt="Louise Masson" width="174" height="171" /></p>
<p>Louise Masson a eu un parcours hors de l’ordinaire. Dans les années 1960, elle quitte le Québec pour suivre des études de géographie à La Sorbonne. Elle entame sa carrière de géographe au Maroc. Quelques années plus tard, elle devient de sous-chef du protocole des affaires étrangères du roi du Maroc Hassan II, rien de moins ! Mariée à un diplomate, Louise Masson a fait de la planète son terrain de jeu. De retour dans la région de Montréal au début des années 1990, elle fonde Beaux Gestes, un service d’étiquette sociale et professionnelle, nationale et internationale.</p>
<p>Nous l’avons rencontrée en mars 2007 pour discuter étiquette et savoir-vivre. Voici quelques extraits inédits de cette entrevue.<span id="more-809"></span></p>
<p><strong>Louise Masson</strong> : J’ai vécu dans plusieurs pays, et je peux vous dire que le Québec est la société où le dialogue entre un homme et une femme est le moins possible.</p>
<p><strong>Question</strong> : Pourquoi ?</p>
<p><strong>Réponse</strong> : Je vais vous répondre en racontant une anecdote extrêmement typique dont j’ai été témoin, il y a trois semaines. Une femme suivait un homme dans un immeuble. Cet homme est sorti de l’immeuble en tenant la porte à la femme. Au lieu de le remercier, elle lui a dit : «Est-ce que vous m’avez tenu la porte parce que je suis une femme ?» Il a répondu : «Non madame, je l’ai tenue parce que je suis un gentleman.» Le comportement de cette femme, c’est typique.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Typiquement québécois ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Non, typiquement <em>féminin québécois</em>. En tout cas, il était beau ce gentleman-là, j’ai failli lui sauter au cou, mais comme je suis Madame Étiquette, j’ai dû retenir mes élans biologiques ! J’ai bien regretté par la suite ! [rires] Il était superbe. J’aurais aimé le féliciter d’une façon bien affectueuse… [rires]</p>
<p>Ici, les femmes sont frustrées, les femmes sont seules. Regardez la crise du logement à Montréal, un phénomène relativement nouveau. Avant, il y avait toujours des appartements à louer en quantité. Là, il n’y en a plus. Il y a trop de gens seuls. Des gens seuls qui n’ont pas choisi d’être seuls. Et qui vont draguer sur Internet.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Pourquoi les hommes et les femmes ne dialoguent plus ?</p>
<p><strong>R.</strong> : D’abord parce qu’on ne sait plus converser chez nous. On a des répondeurs, des fax, Internet. On ne fait plus de phrases complètes sur Internet. Vous pensez que les gens qui chattent sur Internet sont des gens capables de faire du <em>small talk</em> ? Mais la beauté de la drague, c’est justement le <em>small talk</em>. Je crois que les gens qui ont de la conversation sont ceux qui ont le plus de succès.</p>
<p>Récemment, j’étais au Ritz à attendre quelqu’un, et il y avait une femme et un homme qui se trouvaient au bar. C’était évident qu’ils étaient seuls et qu’ils cherchaient à ne plus l’être. À un moment donné, la femme s’est approchée, les yeux éteints, et lui a dit : «C’est quoi ton signe ?» Il a répondu : «Devine !» Déjà, il y avait le «tu» ; c’est un coup de poing, le «tu»&#8230; La femme a dit : «Je l’sais pas, là… aide-moi un peu.» Finalement, l’homme a fini par répondre : «Sagittaire.» C’était misérable.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Il y a donc une lacune en communication.</p>
<p><strong>R.</strong> : Énorme, é-nor-me, et ça prend tout son petit change pour séduire sans avoir peur. Il faut quasiment avoir une assurance-vie pour draguer !</p>
<p>La chose absurde, c’est qu’à la télévision, dans la rue, partout, on ne parle que de cul chez nous. Que de ça. Et pas enveloppé dans du papier de soie et des pétales de rose, non, que de la façon la plus vulgaire.</p>
<p>Les Québécois sont devenus craintifs à l’égard des femmes, de peur de se faire traiter de macho. Écoutez, les hommes d’aujourd’hui s’épilent les poils de la poitrine. La petite forêt ! Au Canada, on a besoin de fourrure, quand même ! [rires] À mon avis, avoir cette fourrure près de mon corps, c’est du luxe ; j’aime mieux ça qu’une peau d’ours ! [rires] Je trouve que les femmes ont rendu les hommes hybrides. Ça n’a plus de bon sens ce que font les hommes pour essayer de plaire aux femmes&#8230; Elles les qualifient d’hommes roses. Mais moi, tout ce je veux, surtout, c’est qu’il ne soit pas rose ! Je veux bien qu’il passe l’aspirateur, mais il doit le faire comme Tarzan !</p>
<p>Nous sommes une société hybride. On n’a pas trouvé l’équilibre homme-femme, ce que l’on veut et ce qu’on ne veut pas, ce qu’est un homme et ce qu’est une femme. Il faut que les deux sexes établissent une différence, que chacun respecte cette différence, et c’est dans cette différence qu’il y a une possibilité d’attraction.</p>
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<li>Pour en savoir plus : <a href="http://www.beauxgestes.net/" target="_blank">le site de Beaux Gestes</a></li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/category/entrevues/" target="_self">Toutes nos entrevues</a></li>
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		<title>Diviser une facture ou le refus de la galanterie</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Aug 2009 07:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Drague]]></category>
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		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
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		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
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Scène banale au Québec : dans un restaurant ou un bar, un homme et une femme en situation de flirt séparent scrupuleusement une facture en deux. Ils vont jusqu’à effectuer des calculs avec un crayon ou la calculatrice de leur téléphone cellulaire, dans le genre : «Tu as bu trois verres et moi deux, tu n’a pas pris [...]]]></description>
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<p>Scène banale au Québec : dans un restaurant ou un bar, un homme et une femme en situation de flirt séparent scrupuleusement une facture en deux. Ils vont jusqu’à effectuer des calculs avec un crayon ou la calculatrice de leur téléphone cellulaire, dans le genre : «Tu as bu trois verres et moi deux, tu n’a pas pris d’entrée, mais j’ai commandé un dessert, alors je divise ici et j’additionne là&#8230;»<img class="size-full wp-image-191 alignright" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/07/facture_resto1.jpg" alt="facture_resto1" width="226" height="126" /></p>
<p>Cette mauvaise habitude est d’une impolitesse crasse. Aussi galant que roter à table ou se moucher avec la nappe.</p>
<p>Ce comportement typiquement québécois provient, à mon avis, de l’égalité des sexes érigée en absolu. D&#8217;une lecture doctrinaire de la <em>Charte des droits et libertés de la personne</em>. </p>
<p>Que l’on me comprenne bien : je suis heureux de vivre dans un État de droit qui impose l’égalité des sexes dans les lois, les institutions, au travail, etc. Les Québécois sont attachés à la notion d’égalité homme-femme, et c’est tant mieux. Le seul problème, c’est que l’exigence d’égalité a, mine de rien, contaminé plusieurs rapports sociaux qui ne devraient pas reposer sur l&#8217;équilibre parfait entre les droits de monsieur et de madame. <span id="more-189"></span></p>
<p>Les Québécois ne semblent pas conscients que la séduction et la drague sont des situations, par essence, inégalitaires : il y a toujours quelqu’un qui invite et quelqu’un qui est invité, il y a toujours une personne qui tombe en amour et une autre sujet de cet amour, toujours un individu qui propose et l’autre qui dispose. Le sentiment amoureux est une situation de déséquilibre (et même de vertige !) entre individus.</p>
<p>Séparer une facture en deux parties rigoureusement égales, c’est se barricader dans son individualisme, se replier sur soi, refuser la rencontre amoureuse.</p>
<p>Cela dit, il arrive souvent qu’une <em>date</em> se révèle un fiasco, qu’on n’ait pas du tout envie de revoir un homme ou une femme décevant(e). Et je comprends qu’une personne à qui l’on offre un verre n’ait pas nécessairement envie de se sentir redevable. Mais offrir un verre ou un repas au restaurant devrait toujours être un <strong>don</strong>, manière de dire : «J’ai envie de faire votre connaissance. C’est moi qui vous invite, et ça ne vous engage à rien.» Le b.a.-ba du savoir-vivre !</p>
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