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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Éducation</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Lettre aux immigrants</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 12:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,
Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.
J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Chers concitoyens venus d&#8217;ailleurs pour vivre parmi nous,</p>
<p>Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.</p>
<p>J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu&#8230; disons&#8230; bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.</p>
<p><strong>La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. </strong>Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c&#8217;est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n&#8217;est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/24/les-habitants/" target="_self">le repli sur la vie privée</a>, par l&#8217;individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.</p>
<p><strong>Les Québécois privilégient les relations sociales directes</strong>. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l&#8217;autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal.<span id="more-2868"></span></p>
<p><strong>Les Québécois ont réussi, en quelques décennies, à détruire la famille</strong>. Il y a encore 50 ans, ils accordaient beaucoup d&#8217;importance au mariage, ils avaient de nombreux enfants, entretenaient des liens étroits avec leurs oncles, tantes, cousins, etc., et respectaient leurs aïeux. Si vous appartenez à une culture qui valorise beaucoup la famille, vous serez choqués de découvrir qu&#8217;aujourd&#8217;hui, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/06/habiter-seul/" target="_self">plus du quart des ménages est formé d’une personne qui vit seule</a> ; que <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/29/le-couple-en-crise/" target="_self">les familles et les couples ont éclaté</a>, un mariage sur deux se termine par un divorce ; que les familles ont rarement plus de deux enfants, en moyenne ; que les liens avec la parenté éloignée sont distants et qu&#8217;on se débarrasse des vieillards en les confinant dans des mouroirs confortables. Cela dit, personne au Québec ne vous empêchera de mener une vie familiale intense et soudée. Mais vous vous sentirez peut-être marginaux, hors norme.</p>
<p><strong>Vous avez fui votre pays d’origine pour échapper à des problèmes politiques ?</strong> Réjouissez-vous : le Québec est le dernier endroit sur Terre où vous verrez une révolution populaire armée, un coup d’État, une grève générale, etc. La vie politique québécoise est généralement insignifiante, d’ailleurs les Québécois s’intéressent peu à la politique. Il n’y a aucun projet politique d’avenir au Québec, aucune ambition, rien qui puisse provoquer des remous, juste une gestion plus ou moins efficace des affaires courantes. C’est même la seule société au monde, à ma connaissance, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/01/15/oui-non-je-ne-sais-plus/" target="_self">où un peuple a voté deux fois par référendum contre son projet d’indépendance nationale</a>. Le Québec est parfois le théâtre de petits scandales ou de mini-crises politiques, mais rien de majeur, car la démocratie est une valeur bien ancrée. Bien ancrée dans l’insignifiance&#8230; Croyez-moi, la politique québécoise ne viendra jamais empoisonner votre existence (mais si vous vous y intéressez de près, elle viendra vous ennuyer).</p>
<p><strong>Vous vous installez parmi nous en croyant améliorer rapidement votre situation économique ?</strong> Désolé, mais vous risquez de déchanter. Ce n&#8217;est pas que l&#8217;économie et le marché du travail se portent mal au Québec, au contraire. Mais le taux de chômage des immigrants est beaucoup plus élevé que celui des citoyens qui sont nés ici, surtout pendant leurs premières années au Québec. Pire, le gouvernement du Québec sélectionne des immigrants en fonction de leurs qualifications professionnelles, mais <a href="http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/05/20100512-103949.html" target="_blank">il n’assure pas nécessairement leur arrimage aux besoins du marché du travail</a>. Vous serez désagréablement surpris de croiser au Québec des ingénieurs, médecins et autres professionnels formés à l’étranger qui sont forcés de conduire des taxis pour survivre.</p>
<p><strong>Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague.</strong> Vous ne résisterez pas longtemps à la force d’attraction de l’anglais, et personne ne vous le reprochera (à votre place, je m&#8217;angliciserais moi aussi). Maîtriser l’anglais vous permettra d’obtenir de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. Des Québécois francophones eux-mêmes ont tendance à utiliser l’anglais au travail, dans leurs productions artistiques, sur Internet, dans la rue, alors qu&#8217;ils pourraient très bien fonctionner en français&#8230; En fait, vous devez savoir que <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/288755/78e-congres-de-l-acfas-l-anglais-prend-de-la-vigueur-au-quebec" target="_blank">les Québécois francophones ne font rien pour empêcher leur marginalisation dans un univers anglophone</a>. Montréal, que l’on qualifie encore de «deuxième ville francophone au monde après Paris», est aujourd’hui une métropole officieusement bilingue. Malgré une loi qui protège le statut du français au Québec (depuis 1977), il est prévisible que l’anglais sera la langue de la majorité des Montréalais dans quelques années et que le reste de la province deviendra une société folklorique.</p>
<p><strong>Le système éducatif québécois est accessible à tous, mais l&#8217;élémentaire-secondaire est médiocre</strong>. Vous serez peut-être très déçus par la mauvaise qualité de la formation de base, et même obligés de payer des cours privés à vos enfants pour qu’ils obtiennent une scolarité qui serait jugée acceptable dans votre pays d’origine. <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/02/la-faute-de-lecole/" target="_self">Notre système d&#8217;éducation échoue dans toutes ses missions fondamentales</a> : il est incapable d&#8217;alphabétiser correctement tous les enfants et adolescents, incapable de transmettre un héritage culturel commun, incapable de valoriser les métiers, incapable de valoriser la vie intellectuelle, et le comble, incapable de former des enseignants compétents ! Vous remarquerez aussi à quel point les Québécois francophones accordent peu d’importance à l’éducation, à la culture, au savoir désintéressé (c’est évidemment lié à leur déclin sur le plan linguistique), et beaucoup d&#8217;importance aux formations «utiles» pour leur vie professionnelle. Leur principale préoccupation, c’est d&#8217;occuper un emploi le plus rapidement possible (en quittant l’école dès l’âge de 16 ans s’il le faut) pour être en mesure de consommer le plus possible. Surtout, se payer une <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/28/la-bagnole/" target="_self">voiture</a>, «la» marque de réussite sociale au Québec, et regarder la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/29/television-obstacle-rencontre/" target="_self">télévision</a>.</p>
<p><strong>Au premier abord, le système de santé québécois vous semblera accessible et généreux</strong> grâce à cette merveille qu’est l’assurance-maladie gratuite et universelle. Mais il y a des pénuries assez graves, notamment de médecins omnipraticiens : <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/05/12/001-medecins-famille-campagne.shtml" target="_blank">deux millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille</a>, et vous n’en trouverez pas un de sitôt. De plus, le gouvernement du Québec essaie depuis plusieurs années de privatiser la santé. Sa stratégie consiste à dégrader les conditions de travail des professionnels de la santé, à négliger les soins de première ligne, à ne pas entretenir les infrastructures, en somme à foutre de bordel dans le réseau de la santé, puis à présenter le secteur privé comme la solution à tous ces problèmes (pourtant créés de toutes pièces). Vous avez fui un pays où les soins de base sont inaccessibles parce que trop coûteux ? Ce cauchemar pointe à l&#8217;horizon du système de santé québécois.</p>
<p><strong>Au Québec, on vous l’a sûrement dit, l’égalité homme-femme est coulée dans le béton des chartes des droits et des lois.</strong> C’est un principe sacré, intouchable. Vous serez peut-être obligés de faire un effort d&#8217;adaptation. Croyez-moi, ce sera pour le mieux. (À ce propos, une curiosité : les Québécois sont tellement fiers de l’égalité homme-femme qu’il leur arrive de la décrire comme une «valeur typiquement québécoise»&#8230; Ce qui est bien sûr exagéré, l’égalité homme-femme est une valeur universelle. Les Québécois ne l’ont pas inventée. Mais bon, ça vous donne une idée de son importance ici.)</p>
<p><strong>L’égalité homme-femme en droit ne se traduit pas nécessairement par l’égalité dans les faits.</strong> Au jour le jour, les relations hommes-femmes ne sont pas strictement égales, elles sont soumises à des tensions et des contradictions, elles évoluent, se transforment. Des Québécoises sont encore victimes de sexisme, de discriminations, d’injustices et de violences, mais en même temps, le Québec est une société en voie de féminisation : de plus en plus, les femmes se montrent plus dynamiques que les hommes dans un nombre croissant de secteurs d’activité. Je mettrais ma main au feu qu&#8217;elles prendront un jour le leadership du Québec tout entier. Et que ce sera pour le mieux.</p>
<p><strong>Enfin, vous constaterez que les Québécois francophones ne draguent pas</strong>, surtout les hommes. Et qu’ils ne sont pas très séduisants&#8230; C’est normal : comment voulez-vous être attiré, séduit par un peuple qui se laisse dériver ?</p>
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		<title>Entre tu et vous</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 16:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Nouvelle réjouissante ce matin : la Commission scolaire de Montréal songe à implanter un code du civisme dans ses écoles en septembre prochain. Et ce code rétablirait notamment le vouvoiement à l’école. (Voir l’article de Rue Frontenac.)
Que les enfants apprennent à dire «vous» avant «tu» améliorera les rapports de séduction au Québec, j’en suis convaincu.
Pourquoi ? Parce [...]]]></description>
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<p>Nouvelle réjouissante ce matin : la Commission scolaire de Montréal songe à implanter un code du civisme dans ses écoles en septembre prochain. Et ce code rétablirait notamment le vouvoiement à l’école. (<a href="http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/education/19746-csdm-vouvoiement" target="_blank">Voir l’article de <em>Rue Frontenac</em></a>.)</p>
<p>Que les enfants apprennent à dire «vous» avant «tu» améliorera les rapports de séduction au Québec, j’en suis convaincu.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que «vous» marque une distance polie. Vouvoyer quelqu’un que l’on ne connaît pas intimement, c’est une marque de respect. Tutoyer une personne qui nous est inconnue, c’est imposer une relation trop familière au premier abord.</p>
<p>Le «tu» à la première rencontre, ce n’est pas séduisant du tout. C’est une fausse proximité, une égalité des relations qui nivelle par le bas. C’est même agressant. Lorsqu’on a lâché le «tu» qui tue, c’est foutu, on ne peut revenir en arrière.</p>
<p>Séduire, c’est réussir à passer du «vous» au «tu» sans brusquer l&#8217;autre.</p>
<ul>
<li>Voir aussi mon billet «<a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/27/parler-quebecois-crainte-drague/">Le parler des Québécois exprime leur crainte de la drague</a>»</li>
</ul>
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		<title>C’est la faute de l’école (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/02/23/la-faute-de-lecole-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 13:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ui]]></description>
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<p>La «réforme» (il faudrait plutôt dire la régression généralisée) de l’éducation au Québec, aussi appelée «renouveau pédagogique», est en branle depuis 2000. Vous avez sûrement entendu parler du constructivisme, de la pédagogie par projets, des fameuses compétences transversales, des bulletins de notes incompréhensibles, etc. Les résultats sont, à l’évidence, catastrophiques.</p>
<p>Les élèves, toujours ramenés à leur sempiternel «vécu», doivent construire eux-mêmes leur savoir, leurs habiletés et leur compréhension du monde, le professeur n’étant plus qu’une sorte de gentil animateur de classe. Il n’y a plus de transmission d&#8217;un héritage culturel, nulle rigueur dans l’acquisition des connaissances ; c’est le relativisme intégral (ton savoir vaut bien le mien), le mépris du travail intellectuel, de l’effort, de la persévérance.<span id="more-1972"></span></p>
<p>Il y a quelques semaines, le journaliste indépendant Claude Marcil <a href="http://kiosquemedias.wordpress.com/2009/12/21/la-reforme-scolaire-ne-pour-un-petit-bulletin/" target="_blank">a résumé, dans son blogue <em>Le Kiosque Médias</em></a>, l’ouvrage <em>Contre la réforme pédagogique</em> (sous la direction de Robert Comeau et Josiane Lavallée, VLB éditeur, 2008). À lire «pour comprendre comment le Québec s’est retrouvé avec une réforme pédagogique dont personne ne voulait sauf un petit groupe d’idéologues.» Claude Marcil a récemment rassemblé <a href="http://kiosquemedias.wordpress.com/2010/02/20/quelques-mauvaises-nouvelles-de-l%e2%80%99education" target="_blank">d’autres mauvaises nouvelles sur la réforme pédagogique</a>, qui indiquent notamment que la normalisation des notes à la hausse consacre la loi du moindre effort et que les jeunes qui s’apprêtent à entrer au cégep sont «immatures, désorganisés, désinvoltes».</p>
<p>Je viens de terminer la lecture d&#8217;un petit recueil de textes de <a href="http://nbaillargeon.blogspot.com/" target="_blank">Normand Baillargeon</a>, professeur en sciences de l’éducation à l’UQAM : <em><a href="http://www.pum.umontreal.ca/ca/fiches/978-2-7606-2143-5.html" target="_blank">Contre la réforme. La dérive idéologique du système d’éducation québécois</a></em> (Les Presses de l’Université de Montréal, 2009). Ce livre expose à quel point les fondements de la réforme de l’éducation n’ont pas ou peu d’assises scientifiques et que ces nouvelles pratiques pédagogiques n’ont pas fait leurs preuves. Nos enfants sont actuellement soumis à une expérience pseudo-scientifique qui dérape allègrement. Comme si le ministère de la Santé avait autorisé la vente d’un médicament sans le tester, tolérant même que ce médicament détériore la santé de la population, illustre Normand Baillargeon.</p>
<p>À mon avis, le système éducatif nous prépare une génération de piètres séducteurs. En effet, un jeune homme ou une jeune femme qui ne maîtrise pas sa langue, qui n’a pas appris à structurer sa pensée, qui ne valorise pas l’effort et la persévérance, et qui n&#8217;a aucune culture générale, qui ne connaît rien au-delà de ses «compétences de vie», aura bien de la difficulté à faire l&#8217;effort d&#8217;entrer en contact avec l’Autre, à communiquer, à partager une même culture et des intérêts communs, à persévérer dans ses tentatives de drague&#8230; (<a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/02/la-faute-de-lecole/" target="_self">J’en parlais déjà en septembre dernier</a>.) Une génération sacrifiée.</p>
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		<title>Souvenir pornographique</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/28/souvenir-pornographique/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 06:04:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J&#8217;avais 12 ou 13 ans. La scène s&#8217;est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique soft du genre Playboy. Un choc. Oui, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-902" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/playboy.jpg" alt="Playboy, août 1983" width="173" height="228" /></p>
<p>Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J&#8217;avais 12 ou 13 ans. La scène s&#8217;est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique <em>soft</em> du genre <em>Playboy</em>. Un choc. Oui, je le dis sans exagérer : mon ami et moi, nous étions soufflés.</p>
<p>La publication sur papier glacé était illustrée de photos de femmes nues de la tête aux pieds, la poitrine et le pubis dénudés, ou encore les fesses à l’air, dans diverses mises en scène (sur la plage, sur le pont d’un yacht, sur des draps de satin rouge, etc.). Stupéfaction : la nudité intégrale !</p>
<p>Avec mon ami, conversations gênées sur les diverses caractéristiques et fonctions du corps de la femme, spéculations à n’en plus finir, questions sans réponses. Nous étions envahis par un mélange de curiosité et de culpabilité, d’excitation et d’angoisse. Il faut dire que l’éducation sexuelle de l’époque ne nous avait pas appris grand-chose (le premier véritable programme d&#8217;éducation sexuelle, dans les écoles primaires et secondaires du Québec, a été implanté un peu plus tard, en 1985).<span id="more-900"></span></p>
<p>Ainsi, mon ami et moi-même, deux garçons à peine pubères, nous contemplions longuement plusieurs photos montrant des demoiselles entièrement nues. Nous étions excités comme des taureaux en rut, il va sans dire. Tsunami de fantasmes. Et pourtant, le contact avec des créatures du sexe opposé était alors à la limite de notre entendement, nous étions difficilement capables de concevoir les détails d’une relation sexuelle, les préliminaires, le coït, ce qu’il faut dire à la madame pour qu’elle glousse d’excitation, etc. Nous pensions naïvement qu’il suffisait qu’un homme touche aux seins ou aux fesses d’une femme pour que celle-ci explose de plaisir&#8230;</p>
<p>Surtout, nous n’imaginions pas qu’il puisse exister un au-delà de ce que nous pouvions voir dans le magazine cochon. Notre compréhension du sexe s’arrêtait à ces images de nudité, les seules qui étaient accessibles à l’époque (âgés de 12 ou 13 ans, il nous était impossible d’acheter des publications <em>hard core</em> en kiosque ou de fréquenter les salles de cinéma XXX, réservés aux clients de 18 ans et plus).</p>
<p>Cette anecdote est somme toute banale. Tous les ados du monde ont les hormones au plafond, ils sont très curieux de la sexualité. Il est normal que les images de nudité les excitent au plus haut point, nourrissent leurs fantasmes, leur imaginaire.</p>
<p>Vingt-cinq ans plus tard&#8230; Les adolescents n&#8217;ont pas changé, leurs hormones non plus. La pornographie, pour sa part, est devenue une énorme industrie complètement démocratisée, peu coûteuse ou gratuite (notamment sur Internet). La pornographie <em>hard core</em>, beaucoup plus dégradante et violente et que la porno grand public d’il y a 25 ans, est maintenant très accessible, entrée dans les moeurs, et elle contamine tout : la publicité, les vidéo-clips, les magazines dits féminins, les jeux électroniques, etc. En comparaison, un <em>Playboy</em> de 1983 (voir la photo ci-dessus) nous semble innocent et candide. </p>
<p>Le premier contact avec la pornographie surgit dès l’âge de 11-12 ans, parfois plus tôt, indiquent toutes les études menées auprès des adolescents. Autrement dit, à la découverte des représentations de la sexualité peut correspondre à une pornographie des plus <em>hard</em>. L’éducation sexuelle à l’école, pour sa part, est quasi inexistante (le programme formel implanté au Québec en 1985 a disparu au début des années 2000), et bien des parents se sentent dépassés.</p>
<p>La consommation de porno à un si jeune âge influence forcément les fantasmes, les premiers contacts sexuels, ainsi que les comportements de séduction. Peu de gens en parlent sur la place publique, à l&#8217;exception de la sexologue bien connue <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/15/jocelyne-robert/" target="_self">Jocelyne Robert</a> (voir notamment son essai <em><a href="http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=284570" target="_blank">Le sexe en mal d&#8217;amour</a></em>, 2005) ou encore la sexologue moins connue Valérie Morency, qui a signé l&#8217;an dernier un livre intitulé <em>La vie porno de nos ados.</em></p>
<p>Et vous, votre premier contact avec la pornographie&#8230; c&#8217;était quand ? et comment ?</p>
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		<title>Jocelyne Robert, auteur, sexologue</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 06:34:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici le quatrième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.
Aujourd&#8217;hui : Jocelyne Robert, auteur, sexologue et synergologue (spécialiste du langage non verbal).

Depuis 25 ans, Jocelyne Robert contribue à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Voici le quatrième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em> Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui : Jocelyne Robert, auteur, sexologue et synergologue (spécialiste du langage non verbal).</strong></p>
<p><img class="size-full wp-image-826 alignleft" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/jocelynerobert.jpg" alt="Jocelyne Robert" width="137" height="192" /></p>
<p>Depuis 25 ans, Jocelyne Robert contribue à l&#8217;éducation et au mieux-être sexuel de son prochain grâce à ses livres à succès (traduits en une vingtaine de langues), ses chroniques dans divers médias, conférences, etc. Depuis une dizaine d&#8217;années, elle s&#8217;intéresse plus spécifiquement aux relations hommes-femmes et à l&#8217;impact de l&#8217;hypersexualisation. Elle prépare en ce moment un ouvrage sur les baby-boomeuses : leur peur de vieillir, leur rapport au corps, à la beauté, à l&#8217;amour et à l&#8217;érotisme ainsi que l&#8217;engouement pour les chirurgies esthétiques. Jocelyne Robert a été récompensée par de nombreux prix et distinctions.</p>
<p>Nous avons rencontré Jocelyne Robert en juin 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits (qui reprennent le fil de <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/" target="_self">notre entrevue avec le psychologue et sexologue Yvon Dallaire</a>, sur l&#8217;éducation des garçons).<span id="more-825"></span></p>
<p><strong>Question</strong> : Quel est l&#8217;impact de la pornographie sur la rencontre amoureuse ?</p>
<p><strong>Réponse</strong> : Depuis une quinzaine d&#8217;années, avec l&#8217;hypersexualisation de nos sociétés, on propose et impose un modèle d&#8217;homme-machine, hyper-performant.</p>
<p>Le garçon grandit souvent dans un monde de femmes (à la maison, à la garderie, à la maternelle, à l&#8217;école primaire&#8230;). Il arrive à l&#8217;adolescence, et il n&#8217;est qu&#8217;hormones sur deux pattes. Souvent, il y a peu ou pas d&#8217;hommes autour de lui à la maison et à l&#8217;école pour l&#8217;aider, le rassurer, pour lui dire que c&#8217;est normal, qu&#8217;il ne doit pas angoisser avec la sexualité, etc. Alors, naturellement, ce garçon a besoin de support, de repères pour affirmer, consolider son identité sexuelle. Il cherche du matériel érotique. Et il le prend où, son matériel érotique ? Comme il n&#8217;a pas ou peu de modèle masculin autour de lui, qu&#8217;il n&#8217;y a pas de véritable accompagnement à l&#8217;école et que les parents sont un peu dépassés, il le prend n&#8217;importe où sur Internet. À 11 ans ou 12 ans, il consomme du porno pour alimenter son univers fantasmatique et érotique. Et il consomme aussi des vidéo-clips ; ce qui mène le monde musical en Occident aujourd’hui, c&#8217;est le rap, et un rap violent, un rap qui dit aux filles de sucer tous leurs chums et qui dit aux gars qu&#8217;ils doivent toujours être prêts, toujours bandés, au point où des jeunes de 14 ans volent du Viagra à leur grand-père pour performer au lendemain d&#8217;un party — ce n&#8217;est pas anecdotique !</p>
<p>Je reçois énormément de courriels — j&#8217;ai mon adresse électronique dans tous mes livres — et je constate que des jeunes adultes dans la vingtaine et la trentaine, hommes et femmes, ne savent plus ce que c&#8217;est entrer en relation. Ils demeurent dans l&#8217;antichambre relationnelle. Ils font des rencontres, mais passer de la rencontre à l&#8217;établissement d&#8217;une relation, ils ne savent plus comment. Et ceux qui y arrivent, qui vont entrer en relation et former un couple, très rapidement ils seront en situation de problèmes et de dysfonctionnements parce que le gars est fabriqué à partir du modèle dont on vient de parler. Alors la fille va dire : «Au début, pour lui faire plaisir je faisais ça ou ça, mais là, j&#8217;en ai marre !» Des gars m&#8217;écrivent, ils me disent : «Je suis désespéré. J&#8217;aime ma blonde, je la trouve belle, objectivement je la trouve désirable, mais je ne suis pas capable de fonctionner. J&#8217;ai essayé de tout jeter mon matériel porno, mais ça ne marche pas.» Il faut presque les envoyer en thérapie pour les désensibiliser à l&#8217;impact de la pornographie sur leurs capacités non seulement érotiques, mais relationnelles.</p>
<p>Pour draguer, séduire, aller vers l&#8217;autre et entrer en relation, il faut avoir eu des modèles. Et le modèle dominant, dans nos sociétés occidentales, n&#8217;est pas un modèle relationnel. C&#8217;est un modèle de performance et de consommation. C&#8217;est ça qu&#8217;on valorise. On est dans la performance, avec l&#8217;homme et la femme objets. Le rapport au corps va dans le même sens : le corps est un objet qu&#8217;on fabrique, qu&#8217;on triture, qu&#8217;on découpe, qu&#8217;on rapièce, qu&#8217;on réorganise. Il y a une croissance de la demande pour les augmentations péniennes, pour les reconstructions vaginales pour avoir une vulve d&#8217;enfant quand on a 50 ans&#8230; On n&#8217;est plus dans le corps-personne, ni dans la relation, mais dans l&#8217;objectivation de l&#8217;être.</p>
<p>Il y a toute une démarche à faire pour faire prendre conscience aux gens qu&#8217;on se fait imposer des normes et des diktats, qui nous habitent, et qui sont très insécurisants, très angoissant, très anxiogènes. Un modèle de performance est un modèle anxiogène, qu&#8217;on le veuille ou non. La liberté sexuelle, c&#8217;est le contraire de se soumettre !</p>
<ul>
<li>Pour en savoir plus : le <a href="http://jocelynerobert.blogspot.com/" target="_blank">blogue de Jocelyne Robert</a></li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/category/entrevues/" target="_self">Toutes nos entrevues</a></li>
</ul>
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		<title>Yvon Dallaire, psychologue et sexologue</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2009/09/10/yvon-dallaire/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 06:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Voici le deuxième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.
Aujourd&#8217;hui : Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.
En plus de son travail de thérapeute dans sa clinique de Québec, Yvon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Voici le deuxième billet d&#8217;une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230;</em> Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l&#8217;élaboration d&#8217;un nouvel ordre amoureux.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui : Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-743" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/yvon-dallaire.jpg" alt="Yvon Dallaire" width="144" height="159" />En plus de son travail de thérapeute dans sa clinique de Québec, Yvon Dallaire mène depuis le début des années 1980 une réflexion sur la condition masculine et la vie de couple. En témoignent ses nombreux livres (il possède sa propre maison d&#8217;édition, Option Santé), articles, chroniques, émissions de télévision, conférences, ateliers et formations.</p>
<p>Nous avons rencontré Yvon Dallaire en mai 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits qui s&#8217;attardent à un phénomène toujours d&#8217;actualité : la socialisation des garçons dans une société en voie de féminisation.<span id="more-742"></span></p>
<p><strong>Question</strong> : Au Québec, les femmes sont très entreprenantes. Est-ce parce que les hommes ne draguent plus ?</p>
<p><strong>Réponse</strong> : On a beaucoup valorisé les femmes au Québec, on les a incitées à devenir plus intrusives, plus actives, fonceuses. Ces femmes-là ne font pas peur aux hommes qui sont bien dans leur peau. Mais ceux qui ont été castrés, ceux qui ont eu «trop» de mère, ceux qui ont été victimes d&#8217;un inceste émotif par leur mère, c&#8217;est sûr que ces hommes-là vont avoir peur d&#8217;une femme qui se tient debout et qui s&#8217;affirme. Pour eux, ça veut dire perdre son identité, ne pas avoir le droit d&#8217;exister.</p>
<p>Une fille qui est victime d&#8217;inceste sur le plan sexuel aura de la difficulté à s&#8217;épanouir sexuellement lorsqu&#8217;elle sera adulte. Un garçon qui est victime d&#8217;inceste sur le plan émotif — pendant les cinq premières années de sa vie, il vit avec une mère, son père est absent, puis il arrive à la garderie, et à l&#8217;école, où il est encore avec des femmes ; on sait qu&#8217;à l&#8217;école primaire, il n&#8217;y a que 15 % d&#8217;hommes —, c&#8217;est un petit garçon entouré de femmes qui, spontanément, vont valoriser les valeurs féminines. Il a très peu de modèles masculins parce que le père n&#8217;est pas là, parce qu&#8217;il y a peu d&#8217;intervenants masculins dans les garderies, etc.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Il y aurait une génération perdue ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Oui, la génération qui a suivi les baby-boomers. On a sorti les cours d&#8217;éducation physique des écoles à partir du moment où il y a eu de plus en plus de filles dans les écoles. Il y a même des écoles à Montréal où on interdit aux garçons de courir dans la cour d&#8217;école ! Au contraire, il faut les laisser courir, se dépenser.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Que peut-on faire au Québec pour que les hommes et les femmes réapprennent à se rencontrer, à avoir du plaisir à séduire ?</p>
<p><strong>R.</strong> : Il y a des études, des expérimentations qui démontrent actuellement qu&#8217;à l&#8217;intérieur des écoles et des collèges mixtes, il doit y avoir des activités pour garçons, pour qu&#8217;ils puissent se confirmer les uns avec les autres, et aussi des activités pour filles. Donc, des classes non mixtes pour certaines activités. Ça permettrait à chacun de mieux se confronter, surtout pour les gars qui aiment les structures de compétition, et mieux se situer. Mais tant et aussi longtemps que nous aurons des classes mixtes où les valeurs sont féminines, matriarcales, les gars auront de plus en plus de difficulté à s&#8217;affirmer.</p>
<p><strong>Q.</strong> : Donc ça commence dès l&#8217;enfance.</p>
<p><strong>R.</strong> : Oui, ça commence dès l&#8217;enfance. Il faut qu&#8217;il y ait plus de pères qui prennent leur place auprès de leurs enfants, garçons et filles. Parce que le père va aussi confirmer la féminité de sa fille, et il va assumer la masculinité de son garçon.</p>
<p>Nous pourrions aussi faire des choses aujourd&#8217;hui avec les groupes d&#8217;entraide pour hommes. Mais le problème, c&#8217;est qu&#8217;il y a deux catégories de groupes d&#8217;entraide pour hommes : ceux qui aident les hommes à devenir roses pour mieux répondre aux attentes des femmes, et les groupes de masculinistes extrémistes qui copient exactement les discours du féminisme originel en devenant victimaires et revanchards, «c&#8217;est de la faute des femmes si les hommes sont dans cette situation», etc. Il nous faut d&#8217;autres groupes d&#8217;hommes qui se rencontrent entre eux pour se définir non pas en fonction des autres, mais en fonction d&#8217;eux-mêmes.</p>
<ul>
<li>Pour en savoir plus : <a href="http://www.yvondallaire.com" target="_blank">le site web d&#8217;Yvon Dallaire</a></li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/category/entrevues/" target="_self">Toutes nos entrevues</a></li>
</ul>
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		<title>C&#8217;est la faute de l&#8217;école</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/02/la-faute-de-lecole/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 07:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Le Québec, à l’évidence, ne possède pas de culture de la séduction : aucun équivalent de l’amour courtois médiéval, de Casanova, Cyrano de Bergerac ou Don Juan. Non seulement parce que la société québécoise est jeune (seulement quatre siècles et quelque d&#8217;histoire), mais aussi parce que son système d&#8217;éducation ne transmet rien qui puisse nourrir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-673 alignright" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/shutterstock_31997518.jpg" alt="Crédit photo: Shutterstock" width="210" height="140" /></p>
<p>Le Québec, à l’évidence, ne possède pas de culture de la séduction : aucun équivalent de l’amour courtois médiéval, de Casanova, Cyrano de Bergerac ou Don Juan. Non seulement parce que la société québécoise est jeune (seulement quatre siècles et quelque d&#8217;histoire), mais aussi parce que son système d&#8217;éducation ne transmet rien qui puisse nourrir une culture de la rencontre amoureuse, de la galanterie.</p>
<p>J&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;il existe un lien entre le triste état de notre système éducatif et le piètre état de la drague et de la séduction au Québec. Vous en doutez ? Suivez mon raisonnement. Je peux me tromper, je ne prétends pas être un expert du système éducatif québécois, mais s.v.p. prenez la peine de me lire jusqu&#8217;au bout et de réserver votre jugement.</p>
<p>Voici ma compréhension du système d&#8217;éducation au Québec, en me basant sur ce que j&#8217;y ai vécu (17 années sur les bancs d&#8217;école), sur ce que je peux observer chez les jeunes de mon entourage, sur les témoignages de mes proches et amis qui travaillent dans le réseau scolaire, etc.<span id="more-642"></span></p>
<p><strong>L&#8217;école québécoise ne transmet plus l&#8217;héritage humaniste occidental</strong>, seulement quelques éléments épars de culture occidentale (et encore). Sous l’influence d’une dérive idéologique que l’on appelle aujourd&#8217;hui «sciences de l’éducation», le ministère de l’Éducation du Québec a fait table rase, a rompu avec nos racines historiques (un héritage qui remonte à l’Antiquité, aux civilisations grecque et romaine). Par exemple, on n&#8217;enseigne plus le grec ancien et le latin au Québec sous prétexte que ces langues ne sont pas «utiles». L&#8217;école a baissé les bras devant la civilisation de l&#8217;image (au premier chef la télévision) et sa culture de la passivité ; elle a même tenté d&#8217;intégrer l&#8217;audiovisuel à l&#8217;enseignement, avec des résultats déplorables. Le cours magistral, qui a fait ses preuves pendant des siècles, est remplacé par la «pédagogie par projets» (en langage clair : occuper les jeunes avec des activités d&#8217;équipe), autrement dit par le refus d&#8217;enseigner, de transmettre. Les enseignants formés aux prétendues sciences de l&#8217;éducation ne sont d&#8217;ailleurs plus des enseignants, mais des super techniciens en «gestion de la classe».</p>
<p><strong>L&#8217;école replie les jeunes sur eux-mêmes au lieu de les ouvrir au monde.</strong> Les adolescents que je côtoie me semblent souvent privés de repères, ignorants du passé, dépourvus des connaissances de base pour comprendre le monde dans lequel ils vivent, pour agir sur la société. Des individus plongés dans un trou noir existentiel. Et ce sont pourtant des jeunes très intelligents ; leur drame, c&#8217;est de fréquenter jour après jour une école qui anesthésie leur curiosité. Généralement incapables de maîtriser leur langue (donc incapables d’exprimer leur présence au monde et leur pensée, encore moins capables d’assimiler et de synthétiser la pensée d’un autre), coupés de leur histoire culturelle et de leurs racines, ces personnalités sans structure sont constamment sommés de témoigner de leur «vécu», constamment réduits à leur petite personne et à leurs préoccupations immédiates.</p>
<p>Sur cette satanée culture du «vécu», voici un exemple concret. C&#8217;est la rentrée à l&#8217;école secondaire, et je viens d&#8217;apprendre entre les branches que des enseignants diluent le nouveau cours Éthique et culture religieuse : ils réduisent l&#8217;enseignement sur l&#8217;histoire des religions pour insister sur la dimension éthique, et celle-ci se résume à des séances de prêchi-prêcha sur la tolérance, le respect, la justice, etc. Les profs en profitent aussi pour faire des sermons sur le fléau de la drogue et les périls des relations sexuelles sans contraception. En somme, des discussions sans fin avec les élèves sur leur «vécu».</p>
<p><strong>Les étudiants adultes, pour leur part, ont souvent une mentalité de clients</strong>, surtout à l’université. Sous prétexte qu’ils paient des frais de scolarité, ils croient que tout leur est dû, ils s’attendent à un retour sur investissement. Leurs études ont autant d’importance dans leur existence que leur emploi, leur voiture, leurs sorties, leurs projets de vacances, etc. Dès qu’un prof se montre exigeant, ils protestent : «Hein, il faut lire un texte de 75 pages ? Et le résumer ?!? Mais je n’ai pas le temps !»</p>
<p><strong>Tout le système éducatif québécois est bêtement utilitariste</strong>, c&#8217;est-à-dire axé sur les connaissances «utiles» en fonction du marché du travail. L&#8217;école québécoise ne fait que garrocher un maximum de main-d&#8217;oeuvre sur le marché du travail. J&#8217;ai bel et bien écrit «main-d&#8217;oeuvre», pas «diplômés» ; le diplôme est aujourd’hui une option, au même titre que le décrochage. (Mais ce système éducatif est si bancal qu&#8217;il échoue à valoriser la formation professionnelle et l&#8217;apprentissage de métiers actuellement affligés de&#8230; pénuries de travailleurs qualifiés !)</p>
<p>Tant de Québécois ont gâché leur jeunesse dans des institutions qui rabaissent les exigences et «normalisent» (à la hausse) les notes pour atteindre le «taux de diplomation» souhaité par le gouvernement&#8230; En fin de compte, ils n&#8217;ont retenu qu&#8217;une leçon pendant leur passage à l&#8217;école : l’effort, la culture générale, l’autonomie intellectuelle et l’esprit critique <em>n&#8217;ont aucune importance. </em>Des enseignants qui ont encore la vocation ont bien tenté de leur démontrer la valeur intrinsèque du savoir, mais comme cette valeur n’est pas quantifiable en salaire ou de manière concrète, la mentalité client n’y trouve pas son compte. À l&#8217;école, bien des Québécois apprennent la loi du moindre effort, se résignent, accumulent patiemment les diplômes en espérant que ces bouts de papiers leur seront utiles pour décrocher un emploi. Quand ils ne supportent plus de perdre leur temps, ils décrochent.</p>
<p>Vous vous demandez sûrement où je veux en venir, où se situe le lien avec la séduction et la drague.</p>
<p>Je vous explique.</p>
<p><strong>Pour conquérir le coeur d’un être humain</strong>, il ne suffit pas d&#8217;avoir un look d&#8217;enfer et une haleine fraîche, d&#8217;exhiber un beau <em>body</em> bronzé ou de rouler en voiture sport. Il faut essentiellement&#8230;</p>
<ul>
<li>maîtriser ses moyens d’expression (la langue orale et écrite, le langage corporel, etc.) ;</li>
<li>avoir quelque chose d&#8217;intelligent à dire (en s&#8217;appuyant sur la culture, sur une certaine connaissance du monde, etc.) ;</li>
<li>démontrer une identité bien structurée, solide, affirmée (savoir clairement d’où l&#8217;on vient et être capable de se projeter dans l’avenir).</li>
</ul>
<p>Et sur tous ces éléments, le système éducatif québécois est en situation d’échec. Un gros zéro.</p>
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		<title>Quand la peur de draguer est une phobie (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/08/12/quand-la-peur-de-draguer-est-une-phobie-2/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2009/08/12/quand-la-peur-de-draguer-est-une-phobie-2/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2009 07:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
La peur de flirter peut être une maladie (au sens clinique du terme), expliquais-je dans mon billet précédent.
«J&#8217;ai toujours de la difficulté à répondre au téléphone, à assister aux réunions de service, je me suis toujours sentie &#8220;à part&#8221; et je n&#8217;assiste jamais aux activités de bureau. Je ne me mêle pas aux autres. Je [...]]]></description>
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<p>La peur de flirter peut être une maladie (au sens clinique du terme), <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/11/quand-la-peur-de-draguer-est-une-phobie-1/" target="_self">expliquais-je dans mon billet précédent</a>.</p>
<p>«J&#8217;ai toujours de la difficulté à répondre au téléphone, à assister aux réunions de service, je me suis toujours sentie &#8220;à part&#8221; et je n&#8217;assiste jamais aux activités de bureau. Je ne me mêle pas aux autres. Je dois avouer que oui, je souffre de cette solitude. Je peux passer des jours sans voir personne! Et si on frappe à ma porte, je ne réponds pas. Parfois je laisse le téléphone sonner sans répondre. Je ferme la sonnerie. Je regarde l&#8217;afficheur téléphonique. J&#8217;évite les situations sociales, les occasions de rencontres et je m&#8217;ennuie souvent.»</p>
<p>Ce témoignage est tiré d’un site web sur la phobie sociale (<a href="http://www.phobiesociale.org/temoignages.html" target="_blank">qui rassemble une quinzaine de témoignages en tout</a>).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-415" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/shutterstock_9576178.jpg" alt="Crédit photo : Shutterstock" width="210" height="119" /></p>
<p><span id="more-414"></span></p>
<p>D’où vient ce type de phobie ? Les sources du bobo peuvent être nombreuses : génétique, éducation dans un milieu très fermé, pressions culturelles, traumatismes divers&#8230; «Si, par exemple, vous avez été ridiculisé ou ridiculisée devant toute la classe par un professeur ou une professeure au primaire parce que vous n&#8217;avez pas su répondre à une question, il y a de fortes chances que vous ayez de la difficulté à prendre la parole en public», <a href="http://www.aide.ulaval.ca/sgc/pid/1515#intra2" target="_blank">indique une psychologue de l’Université Laval, Louise Careau</a>.</p>
<p>Une expérience de drague qui a très mal tourné peut aussi laisser des cicatrices profondes. <a href="http://www.phobiesociale.org/alice.html" target="_blank">Alice, 23 ans</a> : «ayant sympathisé avec des gens, l&#8217;un d&#8217;eux m&#8217;a menacée car j&#8217;ai refusé de sortir avec lui, ce qui m&#8217;a coupé dans mon allant pour aller vers les autres. Côté coeur c&#8217;est le désastre. Je n&#8217;arrive pas à savoir lorsque je plais à quelqu&#8217;un ni à aller vers les garçons qui me plaisent.»</p>
<p>Demain : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/13/quand-la-peur-de-draguer-est-une-phobie-3" target="_self">à quoi reconnaît-on les anxieux sociaux, et qu’est-ce que cette maladie nous révèle sur notre époque ?</a></p>
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		<title>Le baiser colombin</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 06:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire. Nous [...]]]></description>
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<p>Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, <a href="http://www.lucgregoire.com" target="_blank">Luc Grégoire</a>. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre <em><a href="http://www.edhomme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire</a></em>. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.</p>
<p>Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.</p>
<p>Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m&#8217;a stupéfié.<span id="more-403"></span></p>
<p>«En 1957, j’avais 15 ans. Au Collège Jean-de-Brébeuf, alors propriété des jésuites, la classe dans laquelle j’étais eut à faire une retraite fermée de trois jours (peut-être moins, mais cela m’a paru une éternité) sur le baiser colombin. C’est à ce moment-là, je m&#8217;en souviens encore, que j&#8217;ai décroché de la religion catholique.<br />
— Le baiser quoi ?!?, ai-je demandé.<br />
— Colombin. Autrement dit, le <em>french kiss</em> ! Les jésuites nous ont expliqué tous les troubles physiques et les problèmes émotifs que nous ressentirions si nous avions le malheur de nous adonner au baiser avec la langue.»</p>
<p>Les jésuites, la morale catho, 1957&#8230; cela nous semble très lointain. Depuis les années 1960, les Québécois ont massivement «décroché» de l’Église, dit-on. La Révolution tranquille a marqué une rupture radicale avec le Québec d’antan, peut-on lire dans nos manuels d’histoire.</p>
<p>Permettez-moi d’en douter. Je ne suis pas convaincu que les Québécois se soient complètement détachés de la morale religieuse, de ses interdits, de la notion de péché. Des comportements typiques d’une société marquée au fer rouge par l’Église sont encore visibles aujourd’hui (surtout chez les hommes) : peur des femmes, silence, repli sur soi, culpabilité&#8230; Des comportements que l&#8217;on observe chez les jeunes, qui n&#8217;ont pourtant pas connu le Québec ultrareligieux d&#8217;avant la Révolution tranquille.</p>
<p>Les Québécois, castrés pour l’éternité par le christianisme ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://envers-des-mots.skyblog.com" target="_blank"><img class="size-full wp-image-404 aligncenter" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/oratoirestjoseph.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal" width="426" height="301" /></a></p>
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		<title>Les chansons d’amour ? Beurk !</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 06:56:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Grand amour]]></category>
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Je le confesse et j’en suis fier : je déteste à mort les chansons d’amour. Surtout les ballades rock.
Ces compositions musicales bas de gamme se ressemblent toutes. Elles sont monotones comme la pluie (tempo lent, instrumentation mollassonne, paroles convenues) et ultraprévisibles : ça commence doucement, puis le chanteur ou la chanteuse se lamente, force sa [...]]]></description>
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<p>Je le confesse et j’en suis fier : je déteste à mort les chansons d’amour. Surtout les ballades rock.</p>
<p>Ces compositions musicales bas de gamme se ressemblent toutes. Elles sont monotones comme la pluie (tempo lent, instrumentation mollassonne, paroles convenues) et ultraprévisibles : ça commence doucement, puis le chanteur ou la chanteuse se lamente, force sa voix, les musiciens jouent avec plus d’emphase, et c’est la finaaaaale dégoulinante de pathos.<img class="alignright size-full wp-image-253" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/07/shutterstock_21806149.jpg" alt="Crédit photo: Shutterstock" width="210" height="159" /></p>
<p>De deux choses l’une : soit les artistes qui écrivent et interprètent des chansons d’amour ne le font que pour le <em>cash</em>, soit ils sont assez fous pour croire aux niaiseries qu’ils vocalisent comme des désespérés : «je t’ai attendu(e) si longtemps», «un jour, mon Prince viendra», «toi et moi, c’est pour toujours», «je ne pourrai vivre sans toi», etc. Dans tous les cas, ces interprètes contribuent à valoriser des sentiments exacerbés, des mises en scènes irréalistes et des situations pathétiques qui n’ont rien, mais alors rien à voir avec la réalité des relations hommes-femmes, de la séduction et de la rencontre amoureuse.<span id="more-215"></span></p>
<p>Qui se souvient encore de <a href="http://www.zappa.com/" target="_blank">Frank Zappa</a> (né à Baltimore en 1940, mort à Los Angeles en 1993), l’un des plus importants compositeurs américains de la fin du XXe siècle tous genres confondus ? Il fut et demeure l’un des rares musiciens pop qui osa dénoncer la supercherie de la chanson d’amour standard. «Supposons que vous êtes enfant et que vous entendez sans cesse ces &#8220;chansons d&#8217;amour&#8221; à la noix», écrit-il dans son autobiographie <em>The Real Frank Zappa Book</em> (publiée en 1989). «Vos parents vous cachent la vérité sur les choses de l&#8217;amour, et comme il ne faut pas compter sur l&#8217;école pour vous déniaiser, vous risquez donc de voir toutes vos &#8220;normes comportementales&#8221; influencées par quelques-unes de ces foutues chansons. Elles créent un entraînement subconscient à désirer des situations imaginaires qui <em>n&#8217;existeront jamais pour vous</em>. Tous les gens qui se complaisent dans ce genre de mythologie finissent leur vie frustrés.» (L’italique est de Zappa.)</p>
<p>Une chanson d’amour pop est une production culturelle <em>cheap</em>, malhonnête et manipulatrice, qui manufacture de l’émotion à bon marché comme on fabrique des t-shirts ou des hot-dogs, plaidait Zappa. Et je suis bien d’accord avec lui.</p>
<p>Votre vie sentimentale est un désert ? Ou vous souffrez d’un chagrin d’amour ? Pour ne pas aggraver le mal, cessez de vous farcir ces t&#8230; de chansons d’amour en conserve. Elles ne vous apporteront rien de bon. Écoutez plutôt de la musique énergique, voire agressive, qui vous donnera envie de conquérir le monde !</p>
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