Articles avec le tag ‘Éducation’

Lettre aux immigrants

 

Chers concitoyens venus d’ailleurs pour vivre parmi nous,

Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.

J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu… disons… bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.

La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c’est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n’est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par le repli sur la vie privée, par l’individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.

Les Québécois privilégient les relations sociales directes. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l’autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal. Lire la suite de ce billet »

Entre tu et vous

 

Nouvelle réjouissante ce matin : la Commission scolaire de Montréal songe à implanter un code du civisme dans ses écoles en septembre prochain. Et ce code rétablirait notamment le vouvoiement à l’école. (Voir l’article de Rue Frontenac.)

Que les enfants apprennent à dire «vous» avant «tu» améliorera les rapports de séduction au Québec, j’en suis convaincu.

Pourquoi ? Parce que «vous» marque une distance polie. Vouvoyer quelqu’un que l’on ne connaît pas intimement, c’est une marque de respect. Tutoyer une personne qui nous est inconnue, c’est imposer une relation trop familière au premier abord.

Le «tu» à la première rencontre, ce n’est pas séduisant du tout. C’est une fausse proximité, une égalité des relations qui nivelle par le bas. C’est même agressant. Lorsqu’on a lâché le «tu» qui tue, c’est foutu, on ne peut revenir en arrière.

Séduire, c’est réussir à passer du «vous» au «tu» sans brusquer l’autre.

C’est la faute de l’école (2)

 

La «réforme» (il faudrait plutôt dire la régression généralisée) de l’éducation au Québec, aussi appelée «renouveau pédagogique», est en branle depuis 2000. Vous avez sûrement entendu parler du constructivisme, de la pédagogie par projets, des fameuses compétences transversales, des bulletins de notes incompréhensibles, etc. Les résultats sont, à l’évidence, catastrophiques.

Les élèves, toujours ramenés à leur sempiternel «vécu», doivent construire eux-mêmes leur savoir, leurs habiletés et leur compréhension du monde, le professeur n’étant plus qu’une sorte de gentil animateur de classe. Il n’y a plus de transmission d’un héritage culturel, nulle rigueur dans l’acquisition des connaissances ; c’est le relativisme intégral (ton savoir vaut bien le mien), le mépris du travail intellectuel, de l’effort, de la persévérance. Lire la suite de ce billet »

Souvenir pornographique

Playboy, août 1983

Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J’avais 12 ou 13 ans. La scène s’est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique soft du genre Playboy. Un choc. Oui, je le dis sans exagérer : mon ami et moi, nous étions soufflés.

La publication sur papier glacé était illustrée de photos de femmes nues de la tête aux pieds, la poitrine et le pubis dénudés, ou encore les fesses à l’air, dans diverses mises en scène (sur la plage, sur le pont d’un yacht, sur des draps de satin rouge, etc.). Stupéfaction : la nudité intégrale !

Avec mon ami, conversations gênées sur les diverses caractéristiques et fonctions du corps de la femme, spéculations à n’en plus finir, questions sans réponses. Nous étions envahis par un mélange de curiosité et de culpabilité, d’excitation et d’angoisse. Il faut dire que l’éducation sexuelle de l’époque ne nous avait pas appris grand-chose (le premier véritable programme d’éducation sexuelle, dans les écoles primaires et secondaires du Québec, a été implanté un peu plus tard, en 1985). Lire la suite de ce billet »

Jocelyne Robert, auteur, sexologue

Voici le quatrième billet d’une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.

Aujourd’hui : Jocelyne Robert, auteur, sexologue et synergologue (spécialiste du langage non verbal).

Jocelyne Robert

Depuis 25 ans, Jocelyne Robert contribue à l’éducation et au mieux-être sexuel de son prochain grâce à ses livres à succès (traduits en une vingtaine de langues), ses chroniques dans divers médias, conférences, etc. Depuis une dizaine d’années, elle s’intéresse plus spécifiquement aux relations hommes-femmes et à l’impact de l’hypersexualisation. Elle prépare en ce moment un ouvrage sur les baby-boomeuses : leur peur de vieillir, leur rapport au corps, à la beauté, à l’amour et à l’érotisme ainsi que l’engouement pour les chirurgies esthétiques. Jocelyne Robert a été récompensée par de nombreux prix et distinctions.

Nous avons rencontré Jocelyne Robert en juin 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits (qui reprennent le fil de notre entrevue avec le psychologue et sexologue Yvon Dallaire, sur l’éducation des garçons). Lire la suite de ce billet »

Yvon Dallaire, psychologue et sexologue

 

Voici le deuxième billet d’une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.

Aujourd’hui : Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.

Yvon DallaireEn plus de son travail de thérapeute dans sa clinique de Québec, Yvon Dallaire mène depuis le début des années 1980 une réflexion sur la condition masculine et la vie de couple. En témoignent ses nombreux livres (il possède sa propre maison d’édition, Option Santé), articles, chroniques, émissions de télévision, conférences, ateliers et formations.

Nous avons rencontré Yvon Dallaire en mai 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits qui s’attardent à un phénomène toujours d’actualité : la socialisation des garçons dans une société en voie de féminisation. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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