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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Couple</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
	<lastBuildDate>Mon, 10 Oct 2011 19:43:32 +0000</lastBuildDate>
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			<item>
		<title>Affaire Guy Turcotte : si c&#8217;était la faute de&#8230; l’amour?</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 17:43:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Savoir-vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Turcotte]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Violence conjugale]]></category>

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		<description><![CDATA[Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l&#8217;opinion publique, et qui pourrait être porté en appel.
Sauf erreur, personne n’a établi un lien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l&#8217;opinion publique, <a href="http://fr.canoe.ca/infos/dossiers/archives/2011/05/20110506-222917.html" target="_blank">et qui pourrait être porté en appel</a>.</p>
<p>Sauf erreur, personne n’a établi un lien entre cette affaire criminelle et notre culture dominante de l’amour, du couple et de la famille.</p>
<p>Je vais tenter de vous expliquer ça.<span id="more-4185"></span></p>
<p>Notre imaginaire amoureux, au XXIe siècle, est infantile : nous désirons vivre un «conte de fées» avec le prince charmant ou la fée des étoiles, notre très espérée «âme soeur». L’homme parfait, la femme idéale, ou rien! Ne pas vivre «la» rencontre de rêve qui débouchera sur l’amour-passion-de-notre-vie, sur le <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/12/02/mefiez-vous-du-grand-amour/" target="_self">grand amour</a>, c’est <em>rater sa vie</em>, croit-on.</p>
<p>Nous croyons aussi que l’amour exclusif à deux serait naturel, universel, et le seul modèle possible. Tout autre comportement (les relations sans lendemain, le libertinage, l’infidélité, les amours multiples et les relations peu fusionnelles) est considéré «anormal», déviant.</p>
<p>Le mariage ou l’union de fait des partenaires confirme l’appropriation de l’autre («tu es à moi, je suis à toi»). Les partenaires se promettent fidélité, ce qui signifie qu’ils n’auront pas de relations amoureuses et/ou sexuelles hors de leur couple. L’infidélité, au Québec, est un tabou. (Il n’y a guère que les artistes et les intellectuels qui puissent parler librement d’infidélité. Une personnalité du monde économique ou politique ne peut évoquer publiquement ses fantasmes extraconjugaux ou dévoiler ses amours parallèles sans provoquer un scandale et risquer sa carrière.)</p>
<p>Le couple est souvent très fusionnel, «pour le meilleur et pour le pire». Il doit se suffire à lui-même, sur tous les plans : affectif, sexuel, social, culturel, intellectuel, spirituel, etc. Quand ce genre de couple a des enfants, il forme une «famille nucléaire», petite cellule autonome qui vit en autarcie (et qui peut devenir asociale).</p>
<p>Dans ce contexte, l’amour est très possessif. S’approprier l’autre, c’est le surveiller, le contrôler. La vie conjugale peut rapidement devenir le théâtre de continuelles luttes de pouvoir, d&#8217;interrogatoires suspicieux, de crises de jalousie (voire de paranoïa), de restrictions de contacts avec l’extérieur, de mépris, de rancune, etc. La jalousie, les crises et les «scènes» hystériques (avec des lancers de vaisselle) sont d’ailleurs considérées comme des preuves d’amour.</p>
<p>Si l’on possède l’autre, il est permis de le dominer, d’en faire sa chose. De le détruire. C&#8217;est ainsi que l’union exclusive-fusionnelle constitue un excellent terreau pour la violence conjugale (physique et psychologique), <em>au nom de l&#8217;amour</em>. Les hommes violents qui assassinent leur compagne le disent eux-mêmes, pour se justifier : «Je l’ai tuée parce que je l’aimais.»</p>
<p><strong>Pour revenir à l’affaire Guy Turcotte&#8230;</strong></p>
<p>Au lieu de spéculer sur la psychologie de cet homme, au lieu de se demander sans cesse «que s’est-il passé sans sa tête pour qu’il assassine ses enfants, était-il vraiment atteint de troubles mentaux?» (on ne le saura peut-être jamais&#8230;), et pour ne pas céder à la tentation de le lyncher (c’est l’humeur de l’opinion publique, actuellement), je crois qu’il serait plus pertinent de critiquer notre culture dominante de l&#8217;amour, du couple et de la famille.</p>
<p>Nous avons de la difficulté à concevoir l&#8217;amour autrement qu&#8217;une relation de possessivité. Mais comme il est impossible de posséder l&#8217;autre à 100 %, la vie conjugale provoque de la frustration&#8230;</p>
<p>Dans un couple, il est monnaie courante qu&#8217;un partenaire se comporte en tyran en essayant de «changer» l’autre. Le conjoint résiste? On peut le mépriser, le manipuler, le harceler, l’insulter, lui taper dessus.</p>
<p>Ou s’en prendre aux enfants.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les cafés de l&#8217;amour débarquent au Québec</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2011/05/05/les-cafes-de-lamour-debarquent-au-quebec-2/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2011/05/05/les-cafes-de-lamour-debarquent-au-quebec-2/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 May 2011 20:23:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Célibat]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Bénédicte Ann]]></category>
		<category><![CDATA[Café de l'amour]]></category>
		<category><![CDATA[Draguer]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-François Vézina]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Séduire]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les 18, 19 et 21 mai, j&#8217;animerai des cafés de l&#8217;amour avec l&#8217;auteure française Bénédicte Ann. Ça se déroulera comme un café philo, mais on parlera d&#8217;amour !
La Parisienne Bénédicte Ann, «coach amoureux» et auteure du livre Le prochain, c&#8217;est le bon ! (Albin Michel), a inventé lors de la Saint-Valentin 2004 le concept du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/CAFE_DE_LAMOUR_VP.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4048" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/CAFE_DE_LAMOUR_VP.jpg" alt="" width="568" height="147" /></a></p>
<p>Les 18, 19 et 21 mai, j&#8217;animerai des cafés de l&#8217;amour avec l&#8217;auteure française Bénédicte Ann. Ça se déroulera comme un café philo, mais on parlera d&#8217;amour !</p>
<p>La Parisienne Bénédicte Ann, «coach amoureux» et auteure du livre <em><a href="http://www.leprochaincestlebon.com" target="_blank">Le prochain, c&#8217;est le bon !</a></em> (Albin Michel), a inventé lors de la Saint-Valentin 2004 le concept du <a href="http://www.cafedelamour.fr" target="_blank">café de l&#8217;amour</a>. Dans l&#8217;esprit des cafés philo, entre le salon littéraire et l&#8217;atelier de développement personnel, il s&#8217;agit d&#8217;éclairer la relation amoureuse à travers différents perspectives : développement personnel, psychologie, philosophie, sociologie, psychanalyse, etc., pour présenter au plus grand nombre des approches qui aident à aimer et à être aimé.</p>
<p>Quand Bénédicte m&#8217;a approché, il y a quelques semaines, pour organiser une petite tournée québécoise, j&#8217;ai tout de suite dit oui. Après Paris, Bruxelles, Luxembourg, Montreux, Monaco, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Nantes, Montpellier et Marseille, il était temps d&#8217;exporter le Café de l&#8217;amour à Québec, Montréal et Trois-Rivières !<span id="more-4041"></span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><strong>Calendrier des cafés de l&#8217;amour au Québec</strong></p>
<p><strong>Ville</strong> : Québec</p>
<p><strong>Quand</strong> : mardi 17 mai 2011, 19 h 30 (à partir de 18 h, diagnostics amoureux gracieux par Bénédicte Ann).</p>
<p><strong>Adresse</strong> : <a href="http://www.librairiepantoute.com/lestudiop " target="_blank">Le Studio P</a>, 280, Saint-Joseph Est, G1K 3A9, (418) 523-5643.</p>
<p><strong>Coût</strong> : 15 $</p>
<p><strong>Animateurs</strong> : Bénédicte Ann et Jean-François Vézina, auteur du livre <em><a href="http://www.jfvezina.net/livreaventure.html" target="_blank">L&#8217;Aventure amoureuse</a></em> (Les Éditions de l&#8217;Homme).</p>
<p><strong>Thème</strong> : Mieux voyager en amour : petit kit de survie dans la nouvelle jungle des relations amoureuses. Comment éviter les erreurs de casting et les relations bancales pour aimer et être aimé(e) durablement !? Comment redonner un peu de sens et de poésie au voyage amoureux !? Bénédicte Ann insistera sur l&#8217;importance de bien choisir son partenaire en offrant des outils concrets. Jean-Francois Vézina mettra l&#8217;accent sur la géographie de l&#8217;amour en illustrant ses détours et ses impasses au moyen de la carte tirée de son livre <em>L&#8217;aventure amoureuse</em>.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">*****</p>
<p><strong>Ville</strong> : Montréal</p>
<p><strong>Quand</strong> : mercredi 18 mai, 19 h (à partir de 18 h, diagnostics amoureux gracieux par Bénédicte Ann).</p>
<p><strong>Adresse</strong> : <a href="http://www.librairieolivieri.com" target="_blank">Librairie Olivieri</a>, 5219, chemin de la Côte-des-Neiges, H3T 1Y1, (514) 739-3639.</p>
<p><strong>Coût</strong> : 15 $</p>
<p><strong>Animateurs</strong> : Bénédicte Ann et votre humble serviteur.</p>
<p><strong>Thème</strong> : Décoder les comportements émergents des hommes et des femmes dans la relation intime. Comment éviter les erreurs de casting et les relations bancales pour aimer et être aimé(e) durablement !? Les enjeux de la rencontre aujourd&#8217;hui !: de nouvelles règles !? Ce café de l&#8217;amour illustrera de façon théorique et pratique quelques étapes de l&#8217;interaction amoureuse !: «Qu&#8217;ai-je envie de vivre !?», «Me positionner en fonction de mes désirs et mes besoins», «Quelles sont mes valeurs et qu&#8217;ai-je envie de partager !?»</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">*****</p>
<p><strong>Ville</strong> : Trois-Rivières</p>
<p><strong>Quand</strong> : jeudi 19 mai, 20 h.</p>
<p><strong>Adresse</strong> : Café-Bar Le Zénob, 171, rue Bonaventure, G9A 2A9, (819) 378-9925.</p>
<p><strong>Coût</strong> : 15 $</p>
<p><strong>Animateurs</strong> : Bénédicte Ann et votre humble serviteur.</p>
<p><strong>Thème</strong> : le même qu&#8217;à Montréal le 18 mai.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">*****</p>
<p><strong>Ville</strong> : Montréal</p>
<p><strong>Quand</strong> : samedi 21 mai, 19 h 30</p>
<p><strong>Adresse</strong> : <a href="http://www.lordberri.com" target="_blank">Hôtel Lord Berri</a>, salle Senneville, 1199, rue Berri (près de la station de métro Berri-UQAM), H2L 4C6, 514-425-4725</p>
<p><strong>Coût</strong> : 25 $ (20 $ en pré-vente <a href="http://www.reseauvoxpopuli.com/Cafédelamour.aspx" target="_blank">auprès du Réseau Vox Populi</a>)</p>
<p><strong>Animateurs</strong> : Bénédicte Ann et votre humble serviteur.</p>
<p><strong>Thème</strong> : Causerie interactive sur la rencontre amoureuse. Pourquoi, de nos jours, la rencontre amoureuse est-elle aussi malaisée ? Dans une société où les codes de la séduction sont flous, comment décrypter le désir ? Comment sortir des clichés romantiques «conte de fées» (la quête désespérée du prince charmant ou de la fée des étoiles&#8230;.) et du conformisme ? Comment tracer son propre chemin, en fonction de ses besoins et de ses valeurs ? En somme, comment provoquer et exploiter les occasions de rencontre de manière spontanée, originale et ludique ?</p>
<p><strong>Pour en savoir plus</strong></p>
<ul>
<li>La <a href="http://www.facebook.com/pages/Le-Café-de-lamour-en-tournée-au-Québec/157605164293605" target="_blank">page Facebook</a> des cafés de l&#8217;amour au Québec</li>
<li>Le <a href="http://twitter.com/CafeDelAmourQc" target="_blank">compte Twitter</a> des cafés de l&#8217;amour au Québec</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Tous égaux dans l’aliénation de la conciliation travail-famille</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2011/05/02/tous-egaux-dans-l%e2%80%99alienation-de-la-conciliation-travail-famille/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 May 2011 15:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>

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		<description><![CDATA[(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)
Ce matin, j’ai participé à un débat sur la condition masculine organisé par l’émission Christiane Charette (Première Chaîne radio de Radio-Canada). [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)</strong></p>
<p>Ce matin, j’ai participé à un <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2010-2011/chronique.asp?idChronique=150403" target="_blank">débat sur la condition masculine</a> organisé par l’émission <em>Christiane Charette</em> (Première Chaîne radio de Radio-Canada). J’ai parlé de conciliation travail-famille à la fin du débat, mais je n’ai pas eu le temps de préciser ma pensée (dans le feu de l’action d’une émission de radio en direct, il faut faire bref).</p>
<p>Je disais en ondes que la conciliation travail-famille est une niaiserie. (<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/" target="_self">J’ai d’ailleurs consacré une série de billets à ce sujet en novembre dernier.</a>) Je soulignais que dans les familles québécoises de jadis, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d’enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation ! Il n’y aucun progrès de la condition féminine et masculine, que du nivellement des différences : l’homme est devenu une femme comme les autres et inversement.</p>
<p>Et puis quand on s’acharne à faire deux choses en même temps (travail et famille), on finit forcément par faire les choses à moitié&#8230;</p>
<p>La conciliation travail-famille suppose toujours que la famille doit s’adapter au marché du travail, jamais l’inverse. Au lieu de critiquer les problèmes structurels de l’économie, au lieu de dénoncer les exigences démesurées des employeurs et le silence complice des institutions, on s’extasie devant un gestionnaire qui a enfin décidé d’offrir à ses employés des horaires flexibles, la possibilité de télétravailler, des congés supplémentaires, etc., alors qu’il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans.</p>
<p>Pour améliorer le sort des parents-travailleurs, il vaudrait mieux augmenter les salaires, hausser la productivité du travail, réduire la précarité d&#8217;emploi et accroître la durée du congé parental.<span id="more-4024"></span></p>
<p><strong>Bonifier le congé parental</strong></p>
<p>Les cinq années de congé de maternité/paternité dont je parlais à la radio, ce n’était pas un chiffre en l’air. C’est le fruit d’un savant calcul, que voici.</p>
<p>Aujourd’hui, au Québec, l’espérance de vie est d’environ 80 ans en moyenne pour les deux sexes (83 ans pour les femmes et 78 pour les hommes). Sur une vie qui dure 80 ans, combien de temps consacrons-nous à l’éducation d’un enfant ? Disons 20 ans, de la naissance jusqu’à ce que le ou la jeune adulte quitte le foyer familial.</p>
<p>Mais sur ces 20 ans, ce sont les 10 premières années qui sont les plus épuisantes pour les parents, parce qu’ils doivent tout le temps être auprès de l’enfant, ils ne peuvent pas le laisser seul à la maison.</p>
<p>Divisons ces dix années en deux : cinq ans par parent, pour chaque enfant.</p>
<p>Si j’étais ministre de la Famille, je bonifierais les congés parentaux pour que tous les parents du Québec puissent obtenir un congé payé de cinq ans, à temps plein, pour chaque enfant. Ça, ce serait de la conciliation travail-famille ! Au lieu de s’épuiser à faire deux choses en même temps (travail et famille), le parent reste à la maison pendant cinq ans auprès de son enfant.</p>
<p>Petit sondage : qui, parmi vous, s’absenterait volontiers du marché du travail pendant cinq ans pour s’occuper d’un enfant, avec un congé payé béton ?</p>
<p>Ceux et celles qui ne veulent pas, c’est pour quelle raison ? Parce que votre carrière est plus importante que vos enfants&nbsp;? Parce que vous avez peur de vous ennuyer à la maison pendant cinq ans ?</p>
<p>Ou parce que votre partenaire n’a pas les mêmes besoins, les mêmes projets, que vous ? Parce que les hommes et les femmes, fondamentalement, sont différents&#8230; et complémentaires ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 12:21:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[ 
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
J&#8217;ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<p><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3945" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg" alt="" width="196" height="281" /></a>J&#8217;ai commenté hier <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/22/romantisme-et-cinema-quebecois/" target="_self">les films les plus significatifs des années 1960-1970</a>. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/femme-de-l-hotel_4369" target="_blank">La femme de l&#8217;hôtel</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3350" target="_blank">Anne Trister</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-corps-perdu_3780" target="_blank">À corps perdu</a></em>), des personnages qui n&#8217;ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d&#8217;amour.</p>
<p><a href="http://elephant.canoe.ca/films/qui-a-tire-sur-nos-histoires-d-amour_10814/" target="_blank"><em>Qui a tiré sur nos histoires d&#8217;amour ?</em></a>, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d&#8217;animation de l&#8217;Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=2122" target="_blank">consacré au personnage mythologique de Narcisse</a>. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l&#8217;errance existentielle qui débouche sur le suicide (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/sonatine_570" target="_blank">Sonatine</a></em> de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-zoo-la-nuit_5683" target="_blank">Un zoo la nuit</a></em> de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l&#8217;affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part.<span id="more-3812"></span></p>
<p>L&#8217;une des rares charges politiques dans le cinéma de l&#8217;époque, <em><a href="http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/elvisgratton.htm" target="_blank">Elvis Gratton</a></em> de Pierre Falardeau et Julien Poulin (1985) tourne en bourrique un colonisé intégral (qui deviendra un personnage-culte de la culture populaire québécoise). Et c&#8217;est un séducteur grotesque : empêtré dans un costume à paillettes trop serré, il se croit irrésistible; dans son sous-sol de banlieue ultra-kitsch, il titille son épouse en imitant le King. Au milieu du premier épisode (tourné en 1981), Elvis Gratton tente grossièrement de draguer une étudiante. Lorsqu&#8217;elle refuse ses avances, il devient colérique et lui lance : «P’tite crisse d’agace pissette, t’aimes mieux te faire pogner le cul par ta gang de pouilleux, maudite droguée&nbsp;!» De la grande classe&#8230;</p>
<p>Pendant la première moitié des années 1980, il n&#8217;y a presque plus de films critiques sur les relations hommes-femmes (sauf les documentaires féministes). Puis éclate comme une bombe <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3710" target="_blank"><em>Le déclin de l&#8217;empire américain</em></a> de Denys Arcand (1986), «le» film québécois des années 1980 (et un succès mondial), regard sarcastique sur une bande de baby-boomers qui, le temps d&#8217;un séjour à la campagne, joue à la guerre des sexes&#8230; et le jeu dérape, brisant le dernier couple qui avait su sauver les apparences. Au final, les personnages ne croient plus en rien, pas même à l&#8217;amour (il ne leur reste que leur obsession pour le cul et le jargonnage universitaire), à l&#8217;exception d&#8217;un étudiant. Le film suivant de Denys Arcand, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=4695" target="_blank">Jésus de Montréal</a></em> (1989), est beaucoup plus optimiste : tandis qu&#8217;ils travaillent à une production théâtrale qui actualise la Passion du Christ, de jeunes acteurs retrouvent le sens du sacré, du partage et de l&#8217;amour.</p>
<p>Nouveauté à l&#8217;époque, des hommes questionnent leur masculinité et leurs sentiments, osent se montrer fragiles et sensibles. Notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/jacques-et-novembre_11577" target="_blank">Jacques et novembre</a></em> de Jean Beaudry et François Bouvier (1984), <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/masculine-mystique_5665" target="_blank">The Masculine Mystique</a></em> (John N. Smith et Giles Walker, 1984) et <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3633" target="_blank">L&#8217;homme renversé</a></em> (Yves Dion, 1987). Ces efforts pour apprécier la complexité de la condition masculine seront balayés dans les années 1990-2000 par la série <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Boys" target="_blank"><em>Les Boys</em></a> et par des niaiseries comme <a href="http://elephant.canoe.ca/films/3-p-tits-cochons_77168/" target="_blank"><em>Les 3 p’tits cochons</em></a> (réalisé par Patrick Huard).</p>
<p>L&#8217;un des films les plus populaires de l&#8217;histoire du cinéma québécois, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cruising-bar_4588" target="_blank">Cruising bar</a></em> (Robert Ménard, 1989), s&#8217;inspire de la légendaire maladresse des Québécois dans les situations de drague. Les quatre personnages de séducteurs (quatre anti-héros interprétés par le même acteur, Michel Côté) échouent systématiquement dans leurs tentatives pour conquérir des créatures du sexe opposé. Ce film reste à l&#8217;affiche pendant un an, puis devient une valeur sûre à la télévision et dans les clubs vidéo; sans aucun doute, les Québécois se reconnaissent dans cette comédie. (<em>Cruising bar 2</em>, lancé en 2008, est cependant un échec.)</p>
<p><strong>Les années 1990 et 2000</strong></p>
<p>Le cinéma québécois du début des années 1990 n&#8217;est pas très inspiré. Les films qui se veulent romantiques sont généralement décevants. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amoureux-fou_7898" target="_blank">Amoureux fou</a></em> de Robert Ménard (1991) ne nous fait pas tomber amoureux fou de ses personnages. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/nelligan_1215" target="_blank">Nelligan</a></em> de Robert Favreau (1991), biographie d&#8217;un poète que l&#8217;on disait si beau et séducteur, manque de lyrisme. Denys Arcand signe le sinistre <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/love-human-remains_5372" target="_blank">Love &amp; Human Remains</a></em> en 1994. Gilles Carle ne nous émoustille plus (mais il arrive parfois à faire rire; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/postiere_9330" target="_blank">La postière</a></em>, en 1992, on voit Michèle Richard à quatre pattes, costumée en biche lubrique).</p>
<p>Où se cache l&#8217;amour ? Dans <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=28499" target="_blank">La vie fantôme</a></em> de Jacques Leduc (1992), une liaison adultère est filmée de manière enlevante, sensuelle et sentimentale. André Forcier a une imagination de plus en plus débridée : <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=5020" target="_blank">Une histoire inventée</a></em> (1990), <a href="http://elephant.canoe.ca/films/vent-du-wyoming_6596" target="_blank"><em>Le vent du Wyoming</em> </a>(1994) et <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/comtesse-de-baton-rouge_48500" target="_blank">La comtesse de Baton Rouge</a></em> (1997) donnent vie à des amoureux excentriques, fantaisistes.</p>
<p>En 2002, <em>Québec-Montréal</em> de <a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/80/Clips/881/Default.aspx" target="_blank">Ricardo Trogi</a> explore un chassé-croisé de relations hommes-femmes. Le ton est juste, l&#8217;humour est original. Trois ans plus tard, Ricardo Trogi poursuit dans la même veine avec <em>Horloge biologique</em>, moins subtil que <em>Québec-Montréal</em>. Ces deux films et leurs artisans donnent naissance à une petite industrie de l&#8217;éternel-adolescent-qui-a-peur-de-l&#8217;engagement (la série télé <em><a href="http://www.tou.tv/les-invincibles" target="_blank">Les Invincibles</a></em>). Le portrait complaisant de ces mâles velléitaires chroniques, confrontés à des bonnes femmes «contrôlantes», est servi à toutes les sauces. Et ce n&#8217;est plus drôle.</p>
<p>Les films sur le passé sont parfois plus intéressants que ceux qui essaient de décrire le présent. Le très beau <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/mariages_59081" target="_blank">Mariages</a></em> de Catherine Martin (2001) reconstitue l&#8217;atmosphère rigide du Québec de la fin du XIXe siècle, quand les «femmes à marier» cherchaient désespérément un «bon parti». <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/C.R.A.Z.Y." target="_blank">C.R.A.Z.Y.</a></em> de Jean-Marc Vallée (2005), qui se déroule pendant les décennies 1960 et 1970, obtient beaucoup de succès pour son personnage d&#8217;adolescent vivant ses premières relations amoureuses dans l&#8217;inconfort d&#8217;une orientation sexuelle indécise.</p>
<p>Le cinéma produit au Québec depuis le début des années 2000 me semble de moins en moins québécois. Nos taxes et nos impôts contribuent à financer des films de genre (policier, fantastique, horreur, etc.) calqués sur le cinéma américain, qui ne nous ressemblent pas. Les meilleurs films des dernières années, à mon avis, sont ceux qui essaient de nous reconnecter aux valeurs de notre passé et aux sentiments les plus authentiques, les oeuvres de <a href="http://www.coopvideo.ca/membres/bernard-emond.fr" target="_blank">Bernard Émond</a> notamment. L&#8217;histoire d&#8217;amour qui se noue dans son film <em><a href="http://www.cinemasparalleles.qc.ca/article.php3?id_article=399" target="_blank">La Donation</a></em> (2009), filmée sans fla-fla, s&#8217;entremêle à une prise de conscience sur l&#8217;engagement et la responsabilité. C&#8217;est rare au cinéma&#8230;</p>
<ul>
<li>J&#8217;ai aussi parlé dans ce blogue de deux films lancés l&#8217;an dernier, <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/20/les-grandes-chaleurs/" target="_self">Les grandes chaleurs</a></em> (de Sophie Laurin) et le très populaire <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/" target="_self">J&#8217;ai tué ma mère</a></em> de Xavier Dolan.</li>
<li>En novembre 2009, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/11/17/quelques-trouvailles-2/" target="_self">j&#8217;ai résumé un petit livre consacré au cinéaste Bernard Émond</a>.</li>
</ul>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 12:23:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<div id="attachment_3942" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg"><img class="size-full wp-image-3942" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg" alt="" width="200" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">Entre la mer et l&#39;eau douce (1967)</p></div>
<p>Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas de grandes histoires d&#8217;amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l&#8217;aura sulfureuse.</p>
<p>Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre).<span id="more-3805"></span></p>
<p>Laissons de côté les films réalisés avant la Révolution tranquille. En 1960, la fiction expérimentale <em><a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/34/Clips/537/Default.aspx" target="_blank">La femme-image</a></em> de Guy Borremans tente de représenter l&#8217;amour fou. On y voit d&#8217;ailleurs le premier nu intégral de notre cinématographie. Un film au style assez singulier, d&#8217;inspiration intello européenne, qui ne sera pas imité dans nos contrées.</p>
<p><em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/seul-ou-avec-d-autres_7243" target="_blank">Seul ou avec d&#8217;autres</a></em> (de Denys Arcand, Denis Héroux et Stéphane Venne, 1962) se déroule à la rentrée scolaire 1961 de l&#8217;Université de Montréal. Le film montre avec naturel des étudiants flirter et se moquer des règles conjugales de l&#8217;époque (les humoristes Les Cyniques multiplient les gags sur la morale catho). <em>Geneviève</em> de Michel Brault (1964, sketch québécois d&#8217;une coproduction avec la France, l&#8217;Italie et le Japon intitulée <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3988" target="_blank">La fleur de l’âge</a></em>) raconte une aventure sentimentale au Carnaval de Québec, avec l&#8217;actrice Geneviève Bujold (qui est si jolie&#8230;) dans le rôle-titre. En 1966, Geneviève Bujold et Michel Brault retravaillent ensemble pour <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/entre-la-mer-et-l-eau-douce_10208" target="_blank">Entre la mer et l&#8217;eau douce</a></em>, l&#8217;histoire d&#8217;un jeune homme quittant sa région natale de Charlevoix pour gagner sa vie à Montréal; il tombera en amour avec une serveuse de restaurant.</p>
<p>L&#8217;amour est parfois contrarié : dans <em><a href="http://www.onf.ca/film/Mon_amie_Pierrette/" target="_blank">Mon amie Pierrette</a></em> (Jean Pierre Lefebvre, 1968), une jeune femme en couple avec un jaloux doit renoncer à son amour naissant pour un artiste original; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=120" target="_blank">Entre tu et vous</a></em> (Gilles Groulx, 1969) soutient que la société de consommation, notamment la télévision et la publicité, tuent l&#8217;amour et le couple.</p>
<p>Tous ces films de fiction (qui ressemblent souvent à des documentaires) sont plus inspirants que les classiques <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-tout-prendre_23" target="_blank">À tout prendre</a></em> de Claude Jutra (1963) et <em><a href="http://www.onf.ca/film/chat_dans_le_sac/" target="_blank">Le chat dans le sac</a></em> de Gilles Groulx (1964), qui mettent en scène des hommes incapables d&#8217;assumer leurs responsabilités amoureuses (sur ces deux oeuvres, <a href="http://pages.mlink.net/~jsm/A_tout_prendre_Le_chat_dans_le_sac.html" target="_blank">voir une analyse de mon cru</a>). Le personnage de Claude dans <em>À tout prendre</em> est particulièrement narcissique, velléitaire et haïssable.</p>
<p>En 1968 débute la vogue des «films de fesses» (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/valerie_2815" target="_blank">Valérie</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/deux-femmes-en-or_12576" target="_blank">Deux femmes en or</a></em>, etc.), succession de navets érotiques. Cette mode s&#8217;épuise au début des années 1970 après avoir dégoûté une partie des Québécois de leur cinéma.</p>
<p><strong>Les années 1970</strong></p>
<p>Les films de la fin des années 1960 et des années 1970 sont de plus en plus osés et de moins en moins romantiques, avec une prolifération de danseuses nues (notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/gina_3267" target="_blank">Gina</a></em> de Denys Arcand en 1975), de p&#8217;tites vites sur la banquette arrière d&#8217;une minoune, de beuveries à la taverne et autres scènes pathétiques. Chez Gilles Carle, l’agression sexuelle est une plaisanterie (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/viol-d-une-jeune-fille-douce_9240" target="_blank">Le viol d&#8217;une jeune fille douce</a></em>, 1968), des granolas frustrés sexuellement kidnappent une infirmière (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/males_6515" target="_blank">Les mâles</a></em>, 1970), et une adepte du «retour à la terre» donne son corps à des p&#8217;tits vieux libidineux (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vraie-nature-de-bernadette_5184" target="_blank">La vraie nature de Bernadette</a></em>, 1972). <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=62" target="_blank">Le temps d&#8217;une chasse</a></em> (Francis Mankiewicz, 1972) met en scène des hommes misogynes, alcooliques et profondément malheureux. Les intrigants de <a href="http://elephant.canoe.ca/films/rejeanne-padovani_5187" target="_blank"><em>Réjeanne Padovani</em></a> (Denys Arcand, 1973), de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Bingo</a></em> et de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Parlez-nous d&#8217;amour</a></em> (de Jean-Claude Lord, 1974-75), corrompus à l&#8217;os, sont récompensés par le droit de cuissage et autres faveurs sexuelles. Les oeuvres d&#8217;André Forcier (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bar-salon_5285" target="_blank">Bar Salon</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=42" target="_blank">Night Cap</a></em>, <a href="http://elephant.canoe.ca/films/eau-chaude-l-eau-frette_11673" target="_blank"><em>L&#8217;eau chaude l&#8217;eau frette</em></a>) et de Pierre Harel (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bulldozer_12437" target="_blank">Bulldozer</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-d-ange_13756" target="_blank">Vie d&#8217;ange</a></em>) créent une poésie <em>trash</em>, avec des amours sordides.</p>
<p>Film-limite, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amour-blesse_8049" target="_blank">L&#8217;amour blessé</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1975) oblige le spectateur à partager le vide existentiel abyssal d&#8217;une femme abandonnée par son conjoint, isolée dans un appartement déprimant, qui ne croit plus que l&#8217;amour reviendra dans sa vie. Une heure et demie d&#8217;une existence solitaire où il ne se passe presque rien, avec de longs plans fixes. Cet amour blessé a beaucoup moins de chance que le personnage de Gisèle Lapointe dans <em><a href="http://filmsquebec.over-blog.com/article-film-soleil-se-leve-en-retard-andre-brassard-39770315.html" target="_blank">Le Soleil se lève en retard</a></em> (André Brassard, 1976), célibataire qui met son avenir sentimental entre les mains d&#8217;une agence de rencontre. Elle craquera pour un grand timide, Jean Cusson (interprété par Yvon Deschamps).</p>
<p>En 1973, une coproduction de Claude Jutra avec la France a l&#8217;ambition de narrer avec ampleur une grande histoire d&#8217;amour impossible au XIXe siècle : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/kamouraska_2832" target="_blank">Kamouraska</a></em>, adapté du roman d&#8217;Anne Hébert. Le film, trop lourd, n&#8217;obtient pas le succès escompté (consolation, l&#8217;actrice Geneviève Bujold est toujours aussi jolie). Le titre suivant de Claude Jutra, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/pour-le-meilleur-et-pour-le-pire_2826" target="_blank">Pour le meilleur et pour le pire</a> </em>(1975), est une comédie grinçante sur le couple.</p>
<p>Quelques films d&#8217;exception des années 1970 : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-succes-commercial-ou-q-bec-my-love-ou-struggle-for-love_12083" target="_blank">Un succès commercial ou Q-bec My Love</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1970), parodie du «film de fesses», s&#8217;amuse à déconstruire la représentation du flirt et de la sexualité à l&#8217;écran (les personnages travaillent nus au bureau et s&#8217;habillent pour rentrer à la maison&#8230;); <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-revee_7557" target="_blank">La vie rêvée</a></em> de Mireille Dansereau (1972), le premier film de fiction réalisé par une femme dans l&#8217;industrie privée, illustre ce que les Québécoises émancipées attendent désormais des hommes; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=98" target="_blank">Tendresse ordinaire</a></em> de Jacques Leduc (1973) scrute les petits gestes affectueux du quotidien; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=655" target="_blank">J. A. Martin, photographe</a></em> (Jean Beaudin, 1976) comporte une bonne dose d&#8217;amour conjugal et de désir; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cuisine-rouge_11158" target="_blank">La cuisine rouge</a></em> (Paule Baillargeon et Frédérique Collin, 1979), une oeuvre au style exigeant (qui relève presque du cinéma expérimental), les femmes se révoltent le jour d&#8217;un mariage pendant que les gars rotent leur bière.</p>
<p>Et j&#8217;ai déjà parlé dans ce blogue du film d&#8217;animation <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/30/cherie-ote-tes-raquettes/" target="_self">Chérie, ôte tes raquettes</a></em> (1975).</p>
<ul>
<li>Demain : <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/" target="_self">le cinéma québécois des années 1980, 1990 et 2000</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le mariage d&#8217;amour a échoué</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/15/le-mariage-damour-a-echoue/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Nov 2010 12:31:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Je viens de lire avec beaucoup d&#8217;intérêt le dernier essai de l&#8217;écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d&#8217;amour ne fonctionne pas. L&#8217;amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d&#8217;amour, c&#8217;est une lubie.
Avant de vous exposer mon point de vue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Je viens de lire avec beaucoup d&#8217;intérêt le dernier essai de l&#8217;écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé <em><a href="http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&amp;requestCode=afficherArticle&amp;codeArticle=9782246776611&amp;ligneArticle=5" target="_blank">Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ?</a></em> (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d&#8217;amour ne fonctionne pas. L&#8217;amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d&#8217;amour, c&#8217;est une lubie.</p>
<p>Avant de vous exposer mon point de vue en m&#8217;appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.</p>
<ul>
<li>De l&#8217;Antiquité jusqu&#8217;au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d&#8217;un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l&#8217;espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l&#8217;amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait <em>hors</em> mariage, dans l&#8217;adultère, le concubinage et la prostitution.</li>
<li>Au XXe siècle, l&#8217;institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D&#8217;un côté, une nouvelle mentalité romantique s&#8217;est imposée : un mariage heureux, c&#8217;est un mariage d&#8217;amour, avec quelqu&#8217;un librement choisi par sentiment. D&#8217;autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.</li>
<li>Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l&#8217;émergence d&#8217;un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au <em>party</em> sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l&#8217;exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d&#8217;amour s&#8217;est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)</li>
</ul>
<p>Aujourd&#8217;hui, le mariage d&#8217;amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d&#8217;une divinité, qu&#8217;il est devenu, comme le bonheur, l&#8217;alpha et l&#8217;oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d&#8217;inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.»<span id="more-3753"></span></p>
<p>Les inadaptés sont en effet très nombreux. Au Québec, plus de la moitié des mariages se terminent par un divorce (et le taux d&#8217;échec est sûrement plus élevé dans les unions libres). Il n’y a que de 25 à 30 % de couples heureux à long terme (les autres se séparent ou se résignent au malheur), affirment généralement les psychologues et autres spécialistes. Sans oublier les célibataires isolés, tristes et sans espoir.</p>
<p>Jadis, le mariage était une obligation qui mettait énormément de pression sur les individus : trouver un «bon parti», un homme avec une bonne situation, ou une «femme à marier» bien dotée, avec l&#8217;accord des familles, était souvent une course à obstacles. Les célibataires d&#8217;autrefois étaient terrorisés à l&#8217;idée de rester «vieux garçon» ou «vieille fille». Aujourd&#8217;hui, la pression sociale n&#8217;a pas disparu, elle a seulement changé de forme, avec un imaginaire amoureux à la fois infantile et impitoyable : dans l&#8217;attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles, nous rêvons à une rencontre hors du commun (qui doit obligatoirement se manifester par un coup de foudre réciproque dans un contexte féérique); l&#8217;exigence du «<a href="http://ladrague.qc.ca/2009/12/02/mefiez-vous-du-grand-amour/" target="_self">grand amour</a>», cette relation exceptionnelle, fusionnelle, exclusive et totale, est telle que ceux et celles qui ne parviennent pas à ce paroxysme romantique estiment que leur vie est <em>ratée</em>.</p>
<p>Le mariage d&#8217;amour est devenu une utopie. Non seulement les partenaires veulent absolument l&#8217;amour-passion-pour-la-vie, ils s&#8217;acharnent aussi à cumuler les rôles : «Chaque femme se doit d&#8217;être à la fois maman, putain, amie et battante, chaque homme père, amant, ami et gagneur; gare à ceux qui ne remplissent pas ces conditions !», écrit Pascal Bruckner. «Aux raisons traditionnellement avancées pour expliquer le malheur conjugal, l&#8217;usure du temps, la fatigue des corps, il faut ajouter un autre toxique très contemporain : la démesure des ambitions. (&#8230;) La moindre chute de tension est vécue comme un fiasco, un désaveu.»</p>
<p>Pour sortir du cul-de-sac du mariage d&#8217;amour, Pascal Bruckner suggère d&#8217;injecter de la raison et de l&#8217;intérêt dans l&#8217;union conjugale. Ce n’est pas péché de bâtir une relation sur d&#8217;autres choses que l’amour, d&#8217;y introduire des avantages financiers, professionnels, familiaux, etc. Il existe des unions platoniques (dont on ne parle presque jamais) ainsi que des couples plus axés sur la sexualité que sur l&#8217;amour romantique (et ce sont des couples quand même). «Construire un couple sur la seule base du coeur, c&#8217;est bâtir sur du sable», affirme l&#8217;essayiste. Il ajoute que la vie conjugale pourrait être moins fusionnelle, plus sensible aux relations avec des tiers.</p>
<p>Voici un exemple de mariage de raison que je rêve de voir émerger au Québec (et ailleurs).</p>
<p>Vous connaissez sûrement des trentenaires célibataires qui se meurent d&#8217;avoir des enfants (le tic-tac-tic-tac obsédant de leur horloge biologique les rend folles d&#8217;angoisse), désespérément à la recherche du partenaire masculin idéal. Leurs exigences envers les hommes sont souvent démesurées et contradictoires : elles désirent un amour romantique exalté parallèlement à une p&#8217;tite vie de couple pépère; leur partenaire doit être un polytechnicien hors pair, qui excelle dans tout, aussi habile à faire l&#8217;amour qu&#8217;à faire le ménage, à cuisiner thaï ou à survivre au fin fond de la forêt boréale (pour en savoir plus à ce sujet, voir «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/04/06/cahier-des-charges-homme-ideal-2/" target="_self">le cahier des charges de l&#8217;homme idéal</a>») ; ce mâle alpha (et jamais bêta) doit être sportif <em>et</em> intellectuel, aimer la bonne bouffe et le bon vin <em>sans</em> prendre du poids, être super séduisant <em>tout en étant insensible</em> au sex-appeal des autres femmes&#8230; Ce professionnel dynamique <em>et</em> père dévoué devra également réussir le tour de force de <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/" target="_self">concilier travail <em>et</em> famille</a>. Le beurre et l&#8217;argent du beurre, quoi.</p>
<p>À ces célibataires qui rêvent de l&#8217;Homme absolu, je propose une solution de rechange : faire des enfants avec un ami célibataire qui désire fonder une famille (et qui a lui aussi perdu trop de temps à espérer «l&#8217;âme soeur»). Oui, vous avez bien lu : qu&#8217;elles s&#8217;unissent à un ami-géniteur. Préférablement un ami d&#8217;enfance, celui qu&#8217;elles connaissent le mieux et qu&#8217;elles apprécient le plus; un bon gars, honnête, fiable et dévoué qui saura intuitivement construire le bonheur au quotidien, d&#8217;autant plus qu&#8217;il ne sera pas obligé de jouer à l&#8217;amoureux parfait. Deux parents-amis qui s&#8217;entendent à merveille depuis des années, quoi de mieux pour un environnement familial heureux ?</p>
<p>Et rien n&#8217;empêchera ces parents de vivre leurs amours et leurs aventures sexuelles <em>à l&#8217;extérieur</em> de l&#8217;union familiale, comme bon leur semblera. C&#8217;est obtenir le beurre et l&#8217;argent du beurre&#8230; de manière pragmatique !</p>
<p>Si vous croyez que je délire, demandez-vous ce qui est le plus absurde : le mariage arrangé d&#8217;autrefois, soit gâcher sa vie avec un partenaire imparfait qui ne partage pas de sentiments, ou le mariage d&#8217;amour, soit gâcher sa vie avec un partenaire amoureux que l&#8217;on espère parfait, mais qui n’existe que dans l&#8217;imaginaire.</p>
<p>Ces deux modèles conjugaux ne mènent nulle part. Il faut forger une troisième voie, plus terre-à-terre.</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
<ul>
<li>D’autres billets sur le même sujet : «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/09/13/sengager-sur-le-champ-ou-rien/" target="_self">S&#8217;engager sur-le-champ ou rien</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/04/28/petite-philosophie-de-l%e2%80%99amour/" target="_self">Petite philosophie de l&#8217;amour</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/29/le-couple-en-crise/" target="_self">Le couple en crise</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/30/le-couple-survalorise/" target="_self">Le couple survalorisé</a>» et «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/31/le-couple-suite-et-fin/" target="_self">Le couple, suite et fin</a>».</li>
<li>Quelques critiques du livre <em>Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ? </em>et entrevues avec l&#8217;auteur : à l&#8217;émission <em><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2010-2011/chronique.asp?idChronique=122761" target="_blank">Christiane Charette</a></em> (Radio-Canada), dans <em><a href="http://www.hebdo.ch/bruckner_au_secours_du_mariage_57152_.html" target="_blank">L&#8217;Hebdo</a></em> (Suisse Romande) et <em><a href="http://www.lematin.ch/actu/suisse/pascal-bruckner-mariage-amour-utopie-321545" target="_blank">LeMatin.ch</a></em>.</li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/tag/pascal-bruckner/" target="_self">Tous mes billets sur les essais de Pascal Bruckner</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le mirage de la conciliation travail-famille (3)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 12:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)
Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).
Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)</strong></p>
<p>Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).</p>
<p>Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d&#8217;enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation&#8230;</p>
<p>Où est le progrès ?<span id="more-3674"></span></p>
<p>Je ne suis évidemment pas un nostalgique du Québec de jadis. C’était une prison pour les femmes, et pour les hommes ce n’était pas aussi avantageux qu’on le croit (ils ne voyaient pas grandir leurs enfants). La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui est beaucoup plus juste qu’autrefois, mais elle n&#8217;est pas très subtile : elle a tellement bien assimilé le principe de l&#8217;égalité des sexes en droit, face à l&#8217;État, aux institutions, etc., qu&#8217;elle l&#8217;a appliqué sans nuances à la vie privée des individus.</p>
<p>Ainsi, les deux sexes ont non seulement les mêmes droits, mais nous croyons qu&#8217;ils ont les mêmes besoins et les mêmes aspirations, qu&#8217;ils se comporteront de la même manière dans toutes les dimensions de l&#8217;existence : études, travail, famille, loisirs, etc. Ajoutez-y cette idée reçue voulant que tout individu doit être bon dans tout, qu&#8217;il doit «réussir sa vie», et vous obtenez une société qui prône une utopie comme la «conciliation travail-famille».</p>
<p>Cette obsession pour l’égalité des sexes en toute chose est peut-être un effet pervers de la mixité. De nos jours au Québec, la mixité est quasi totale, de la pouponnière jusqu’au salon funéraire&nbsp;: les hommes et les femmes fréquentent les mêmes écoles mixtes, de la garderie au postdoctorat; ils et elles gagnent leur vie dans les mêmes lieux de travail, sauf exceptions (il y a encore quelques bastions masculins, les métiers de la construction par exemple, mais ça n&#8217;empêchera pas les ouvriers de croiser des secrétaires, des administratrices, des clientes, etc.); messieurs et mesdames fréquentent grosso-modo les mêmes lieux de loisirs; les deux sexes s’habillent souvent de la même manière, avec les mêmes jeans et les mêmes t-shirts; et au Québec, les femmes draguent comme des hommes. Tous pareils !</p>
<p>La mixité est une excellente chose. Encore une fois, je n&#8217;idéalise pas le Québec d&#8217;antan où les hommes et les femmes évoluaient séparément. Mais en égalisant les rôles et en nivelant les différences entre les hommes et les femmes, nous avons consacré le conformisme et l&#8217;uniformité. Pour reprendre une expression que je trouve très actuelle : «l&#8217;homme est devenu une femme comme les autres», et inversement; monsieur et madame sont maintenant interchangeables. Hybrides. Désexués.</p>
<p>C&#8217;est déjà compliqué, au Québec, de rencontrer quelqu&#8217;un puis de s&#8217;installer en couple&#8230; Il faudrait, en plus, se comporter de la même manière ? Gommer nos différences, aseptiser le désir&nbsp;? Et «concilier travail et vie familiale» ?!? </p>
<p>Quel ennui. Quelle misère de p&#8217;tite vie. Quel tue-l&#8217;amour.</p>
<ul>
<li>Pour lire le <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/" target="_self">premier</a> et le <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/02/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-2/" target="_self">second</a> billet de cette série</li>
</ul>
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		<item>
		<title>Le mirage de la conciliation travail-famille (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/02/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-2/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/11/02/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2010 12:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>

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Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Second de trois billets.)
Les mesures de conciliation travail-famille que le gouvernement et les entreprises mettent de l&#8217;avant sont hypocrites. Elles occultent le débat de fond, celui de la précarité du travail et des problèmes sociaux qui en découlent.
Il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Second de trois billets.)</strong></p>
<p>Les mesures de conciliation travail-famille que le gouvernement et les entreprises mettent de l&#8217;avant sont hypocrites. Elles occultent le débat de fond, celui de la précarité du travail et des problèmes sociaux qui en découlent.</p>
<p>Il y eut une époque où un seul salaire faisait vivre une famille de plusieurs personnes. Aujourd’hui, un couple de parents qui travaillent comme des boeufs a souvent de la difficulté à joindre les deux bouts. Pourquoi ce n’est plus possible aujourd’hui de faire vivre une famille avec un seul salaire ?</p>
<p>Il y eut une époque où la majorité des emplois étaient stables, à temps plein et permanents, avec des horaires prévisibles. Aujourd’hui, le travail atypique (tout ce qui n&#8217;est pas permanent à temps plein, soit l’emploi à temps partiel, temporaire, sur appel, etc., et le travail autonome), très imprévisible, est le lot d’environ le tiers de la main-d’oeuvre québécoise. Et ces travailleurs n&#8217;ont pas nécessairement choisi de gagner leur vie ainsi. Pourquoi a-t-on laissé faire ça ?<span id="more-3670"></span></p>
<p>La conciliation travail-famille suppose que la famille doit s’adapter au marché du travail, non l&#8217;inverse. Au lieu de critiquer les problèmes structurels de l&#8217;économie, de dénoncer les exigences démesurées des employeurs et le silence complice des institutions, on s&#8217;extasie devant un gestionnaire qui a enfin décidé d&#8217;offrir à ses employés des horaires flexibles, la possibilité de télétravailler, des congés supplémentaires, etc., alors qu&#8217;il n&#8217;y a rien de révolutionnaire là-dedans. Tout employeur a intérêt à offrir une organisation du travail flexible, car il pourra recruter plus aisément, fidéliser ses employés (peu importe que ces derniers aient une famille ou non) et accroître leur productivité.</p>
<p>Pourquoi ne pas réclamer une augmentation générale des salaires de manière à ce qu’un emploi <em>à temps partiel</em> permette de vivre convenablement ? Pourquoi ne pas exiger un minimum de quatre semaines de vacances par année pour TOUS les travailleurs ? Pour s&#8217;occuper de sa famille, il faut être en mesure de décrocher du travail&#8230;</p>
<ul>
<li>Derrière ce qu’on appelle la conciliation travail-famille, il y a aussi une vision irréaliste des relations entre les sexes. <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/" target="_self">J’y reviendrai demain dans un autre billet</a>.</li>
<li>Pour lire <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/" target="_self">le premier billet de cette série</a>.</li>
</ul>
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		<item>
		<title>Le mirage de la conciliation travail-famille (1)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/</link>
		<comments>http://ladrague.qc.ca/2010/11/01/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-1/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Nov 2010 12:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>

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Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Premier de trois billets.)
La conciliation travail-famille est une vue de l’esprit. Une utopie. Dans la réalité, il est impossible de marier carrière et famille. Pour les raisons suivantes :

Travail et famille ne vivent pas au même rythme. Les horaires de la maison et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Premier de trois billets.)</strong></p>
<p>La conciliation travail-famille est une vue de l’esprit. Une utopie. Dans la réalité, il est impossible de marier carrière et famille. Pour les raisons suivantes :</p>
<ul>
<li>Travail et famille ne vivent pas au même rythme. Les horaires de la maison et de l&#8217;entreprise coïncident rarement. Adultes et enfants n’ont pas la même énergie, la même résistance au stress, le même sommeil, etc.</li>
<li>Le travail est un univers de compétition, souvent frénétique, axé sur le court terme, tandis que la famille est une petite entreprise de coopération, routinière, qui évolue lentement; ce sont deux mondes qui s’opposent en bloc. Tenter de concilier travail et famille, c’est comme essayer de mêler le feu et l&#8217;eau.</li>
<li>Travail et famille sont deux réalités très exigeantes. Pour réussir sur le plan professionnel, il faut s’y mettre à temps plein (voire plus longtemps), et il est impossible d’accorder la même énergie à sa famille. De la même manière, quelqu&#8217;un qui désire se consacrer intensivement à l&#8217;éducation de ses rejetons doit mettre sa carrière entre parenthèses (surtout lorsque les enfants sont en bas âge).<span id="more-3666"></span></li>
</ul>
<p>Mais au Québec, nous nous sommes mis dans la tête que tout est égal, que tout se vaut, et qu’il faut à tout prix réussir sa vie professionnelle ET sa vie privée.</p>
<p>C’est absurde. Ça ne peut pas fonctionner. </p>
<p>Vous savez pourquoi tant de couples séparés ou divorcés optent pour la garde partagée de leurs enfants ? Ce n&#8217;est pas seulement parce que le principe de l&#8217;égalité des sexes (et des responsabilités parentales) est bien ancré dans les moeurs. Le grand avantage de la garde partagée, en fait, c&#8217;est de permettre aux parents de se consacrer, en alternance, tantôt à leur carrière, tantôt à leur famille. Les deux en même temps, c&#8217;est impossible !</p>
<p>La popularité de la garde partagée démontre que la conciliation travail-famille est un mirage. Je suis convaincu que beaucoup de couples de jeunes parents volent en éclats parce que les deux partenaires se sont acharnés à mener de front leur vie familiale et professionnelle; ce mode de vie démentiel et schizophrène les a épuisés, ils se sont mutuellement accusés de ne plus savoir aimer&#8230; jusqu&#8217;à se séparer.</p>
<ul>
<li>Demain, <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/02/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-2/" target="_self">je m&#8217;attarderai aux réalités du marché du travail occultées par les mesures de conciliation travail-famille</a>. Et après-demain, je terminerai cette série de billets <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/" target="_self">en revenant aux relations amoureuses</a>.</li>
</ul>
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		<item>
		<title>Priez pour nous</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Oct 2010 12:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Frère André]]></category>
		<category><![CDATA[Les Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Relations hommes-femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Joseph]]></category>
		<category><![CDATA[Vierge Marie]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été canonisé. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). 
Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. [...]]]></description>
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<div id="attachment_3582" class="wp-caption alignleft" style="width: 189px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1.jpg"><img class="size-medium wp-image-3582  " title="L'Oratoire Saint-Joseph" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1-255x300.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph" width="179" height="210" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;Oratoire Saint-Joseph</p></div>
<p>Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été <a href="http://www.saint-joseph.org/fr_1123_index.php" target="_blank">canonisé</a>. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). </p>
<p>Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. Je veux simplement attirer votre attention sur des phénomènes qui m’intriguent dans cette religion que je connais moins mal que les autres.</p>
<p>Savez-vous pourquoi la mère de Jésus, Marie, est vierge ? Le dogme sur la virginité de Marie stipule que Jésus été conçu «de l&#8217;Esprit-Saint sans semence virile». Pour vraiment s&#8217;assurer que Marie soit une femme hors du commun, l&#8217;Église a aussi décrété qu&#8217;elle est née de parents qui n&#8217;ont jamais ressenti le désir charnel, et qu&#8217;elle est restée vierge toute sa vie.</p>
<p>Ainsi, la Vierge Marie est une femme asexuée, née de parents asexués, et elle a conçu un enfant avec une entité asexuée, l&#8217;Esprit-Saint. En célébrant la Vierge Marie, l&#8217;Église envoie le message suivant aux croyants : «le sexe est péché, d’ailleurs vous devriez vous inspirer de la vie exemplaire d’une femme 100 % chaste et pure».</p>
<p>Jésus, pour sa part, est un célibataire endurci. Il a vécu jusqu&#8217;à l&#8217;âge adulte, il avait beaucoup de charisme (ses apôtres buvaient ses paroles), il n&#8217;arrêtait pas de prêcher l&#8217;amour universel, et pourtant les textes saints ne disent pas grand-chose de sa vie intime. Bizarre, non ? (Une thèse, contestée, veut que Marie-Madeleine ait été unie à Jésus. Ça lui ferait une seule partenaire officielle&#8230;) </p>
<p>Mais le personnage qui m&#8217;intrigue le plus, c&#8217;est Joseph, le mari de Marie.<span id="more-3306"></span></p>
<p>Saint Joseph joue un rôle important dans l’histoire religieuse du Québec, avec l&#8217;<a href="http://www.saint-joseph.org/" target="_blank">Oratoire</a> qui lui est consacré à Montréal (l’un des plus importants temples du monde catholique). Joseph est pourtant un personnage biblique très effacé, les textes sacrés ne rapportent aucune parole qui ait été prononcée de sa bouche. Après la naissance du Christ, il disparaît carrément de la Bible; dans les Églises et dans l&#8217;art religieux, on ne le voit jamais représenté au pied de la croix où son fils agonise, souligne le journaliste québécois <a href="http://web.mac.com/mrsauve/Site/Accueil.html" target="_blank">Mathieu-Robert Sauvé</a> dans son livre <em>Échecs et mâles : les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau</em> (Les Éditions des Intouchables, 2005).</p>
<p>Mathieu-Robert Sauvé ajoute que Marie n&#8217;a pas eu d&#8217;autre enfant que Jésus. D&#8217;ailleurs, elle n’a pas couché avec son mari puisqu’elle est vierge. La sexualité, dans la Bible, étant impensable hors du mariage, Joseph est forcément resté vierge lui aussi. Ainsi, Saint Joseph est à la fois vierge et cocu (puisque sa femme a eu une relation extraconjugale avec l&#8217;Esprit-Saint). «L&#8217;oratoire qui porte son nom demeurera toujours, pour moi, un temple dédié au premier des cocus. C&#8217;est un immense monument&#8230; à notre impuissance», écrit Mathieu-Robert Sauvé.</p>
<p>Vous imaginez les répercussions, dans l&#8217;histoire des relations hommes-femmes au Québec, d&#8217;une religion axée sur un éternel célibataire né d&#8217;une union sans sexualité ? Un envoyé de Dieu qui fut élevé par une mère vierge et qui n&#8217;a connu, pour père terrestre, qu&#8217;un individu absent, muet et cocu&#8230; Et pour l&#8217;adoration de ce dernier, les Québécois ont bâti l&#8217;un des plus imposants lieux de culte de la planète !</p>
<p>Vraiment, nous sommes à plaindre. Si vous croyez en Dieu, priez pour le salut du peuple québécois. Ou pour que Saint frère André fasse un miracle.</p>
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