Articles avec le tag ‘Couple’

Affaire Guy Turcotte : si c’était la faute de… l’amour?

Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l’opinion publique, et qui pourrait être porté en appel.

Sauf erreur, personne n’a établi un lien entre cette affaire criminelle et notre culture dominante de l’amour, du couple et de la famille.

Je vais tenter de vous expliquer ça. Lire la suite de ce billet »

Les cafés de l’amour débarquent au Québec

Les 18, 19 et 21 mai, j’animerai des cafés de l’amour avec l’auteure française Bénédicte Ann. Ça se déroulera comme un café philo, mais on parlera d’amour !

La Parisienne Bénédicte Ann, «coach amoureux» et auteure du livre Le prochain, c’est le bon ! (Albin Michel), a inventé lors de la Saint-Valentin 2004 le concept du café de l’amour. Dans l’esprit des cafés philo, entre le salon littéraire et l’atelier de développement personnel, il s’agit d’éclairer la relation amoureuse à travers différents perspectives : développement personnel, psychologie, philosophie, sociologie, psychanalyse, etc., pour présenter au plus grand nombre des approches qui aident à aimer et à être aimé.

Quand Bénédicte m’a approché, il y a quelques semaines, pour organiser une petite tournée québécoise, j’ai tout de suite dit oui. Après Paris, Bruxelles, Luxembourg, Montreux, Monaco, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Nantes, Montpellier et Marseille, il était temps d’exporter le Café de l’amour à Québec, Montréal et Trois-Rivières ! Lire la suite de ce billet »

Tous égaux dans l’aliénation de la conciliation travail-famille

(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)

Ce matin, j’ai participé à un débat sur la condition masculine organisé par l’émission Christiane Charette (Première Chaîne radio de Radio-Canada). J’ai parlé de conciliation travail-famille à la fin du débat, mais je n’ai pas eu le temps de préciser ma pensée (dans le feu de l’action d’une émission de radio en direct, il faut faire bref).

Je disais en ondes que la conciliation travail-famille est une niaiserie. (J’ai d’ailleurs consacré une série de billets à ce sujet en novembre dernier.) Je soulignais que dans les familles québécoises de jadis, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d’enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation ! Il n’y aucun progrès de la condition féminine et masculine, que du nivellement des différences : l’homme est devenu une femme comme les autres et inversement.

Et puis quand on s’acharne à faire deux choses en même temps (travail et famille), on finit forcément par faire les choses à moitié…

La conciliation travail-famille suppose toujours que la famille doit s’adapter au marché du travail, jamais l’inverse. Au lieu de critiquer les problèmes structurels de l’économie, au lieu de dénoncer les exigences démesurées des employeurs et le silence complice des institutions, on s’extasie devant un gestionnaire qui a enfin décidé d’offrir à ses employés des horaires flexibles, la possibilité de télétravailler, des congés supplémentaires, etc., alors qu’il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans.

Pour améliorer le sort des parents-travailleurs, il vaudrait mieux augmenter les salaires, hausser la productivité du travail, réduire la précarité d’emploi et accroître la durée du congé parental. Lire la suite de ce billet »

Romantisme et cinéma québécois (2)

 

Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).

J’ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (La femme de l’hôtel, Anne Trister, À corps perdu), des personnages qui n’ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d’amour.

Qui a tiré sur nos histoires d’amour ?, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d’animation de l’Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, consacré au personnage mythologique de Narcisse. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l’errance existentielle qui débouche sur le suicide (Sonatine de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l’affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part. Lire la suite de ce billet »

Romantisme et cinéma québécois

 

Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).

Entre la mer et l'eau douce (1967)

Notre cinéma est peu romantique. On n’y trouve pas de grandes histoires d’amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l’aura sulfureuse.

Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre). Lire la suite de ce billet »

Le mariage d’amour a échoué

 

Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le dernier essai de l’écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d’amour ne fonctionne pas. L’amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d’amour, c’est une lubie.

Avant de vous exposer mon point de vue en m’appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.

  • De l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d’un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l’espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l’amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait hors mariage, dans l’adultère, le concubinage et la prostitution.
  • Au XXe siècle, l’institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D’un côté, une nouvelle mentalité romantique s’est imposée : un mariage heureux, c’est un mariage d’amour, avec quelqu’un librement choisi par sentiment. D’autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.
  • Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l’émergence d’un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au party sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l’exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d’amour s’est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)

Aujourd’hui, le mariage d’amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d’une divinité, qu’il est devenu, comme le bonheur, l’alpha et l’oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d’inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.» Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
›››
Nous sommes aussi présents sur Twitter !
À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
›››Acheter le livre en ligne
Suivez-nous sur Twitter
    Catégories
    Recherche

    Powered by Web Design Company Plugins