Articles avec le tag ‘Couple’
Le célibat involontaire
Un lecteur de ce blogue m’a écrit en privé il y a quelques jours pour me suggérer d’explorer deux ressources sur le célibat involontaire, mieux connu en anglais sous le nom de involuntary celibacy (incel pour les intimes) : une page de l’encyclopédie Wikipedia et le site web www.incelsite.org.
La définition de l’incel ratisse large, englobant les gens qui n’ont jamais connu de relations intimes, les célibataires qui vivent une longue traversée du désert, ceux qui éprouvent d’énormes difficultés à établir un premier contact avec autrui (les individus souffrant de phobie sociale, notamment), et même des gens en couple qui subissent une pénurie d’amour et de sexualité. Un univers de solitude et de misère sexuelle, avec les conséquences tragiques que l’on imagine (isolement, dépression, alcoolisme, troubles mentaux, etc.). Lire la suite de ce billet »
Séduction médiocre, couple médiocre
Au Québec, la séduction n’est pas un art de vivre, la drague est trop rare et souvent malaisée. Avec quels impacts sur la vie de couple ? Je me suis posé la question il y a quelques jours… Voici le fruit de ma réflexion.
Permettez-moi de dresser un portrait du couple québécois. Pour mieux faire ressortir plusieurs caractéristiques, je vais tourner les coins ronds, caricaturer, multiplier les généralisations grossières. S.v.p. n’allez pas croire que je veux me moquer des gens qui vivent en couple. Je veux seulement souligner, par l’exagération, quelques comportements culturels.
Avant que le couple se forme, les individus sont animés par un imaginaire amoureux infantile de type «conte de fées». C’est d’abord l’attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles. La rencontre de rêve doit se manifester par un coup de foudre (autrement, ce ne serait pas un véritable amour). Elle sera suivie d’une passion torride qui débouchera sur une relation pour-la-vie. (Hé oui, des gens dans la vingtaine ou la trentaine croient qu’ils vont rencontrer un partenaire pour-la-vie ! En passant, l’espérance de vie au Québec est d’environ 83 ans pour les femmes et de 78 ans et quelque pour les hommes…)
L’imaginaire amoureux «conte de fées» valorise l’union fusionnelle. C’est-à-dire une relation monogame, exclusive et ultra-romantique, à vie. Les deux partenaires sont repliés sur eux-mêmes, coupés du monde, ils vivent leur amour en autarcie.
On passe souvent sous silence qu’il existe d’autres manières de vivre en couple, avec plus ou moins de souplesse et d’autonomie pour les partenaires… Mais pour les besoins de ma démonstration, je vais m’en tenir au couple fusionnel, qui est dominant dans notre culture. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (12)
Glané pour vous sur le Web : les différents types d’attachement amoureux, des anti-conseils de séduction, une réflexion sur l’hypersexualisation, et une poignée de superficialités (une fois n’est pas coutume).
Les différents types d’attachement amoureux. Le site web du Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval a produit un document intitulé «Tomber en amour et le rester», synthèse de la typologie du psychologue John Alan Lee. Ce dernier a décrit trois types d’attachements amoureux principaux (érotique, ludique, amical) et trois styles secondaires : passionné, pragmatique, magnanime. (J’ai résumé cette classification dans un de mes billets, «Il existerait six types de relations amoureuses». Le texte de l’Université Laval est plus détaillé.) Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer l’article scientifique original de John Alan Lee, «A Typology of Styles of Loving» (publié en 1977 dans Personality and Social Psychology Bulletin).
Comment rater sa vie sentimentale. Sur le Web, il y a une beaucoup de sites, blogues, forums, etc., qui nous donnent des conseils pour séduire et rencontrer l’amour, et peu de ressources sur l’art de rater sa vie sentimentale. Ces anti-conseils sont pourtant instructifs (et souvent rigolos). Par exemple, j’ai découvert cette semaine un texte très pertinent, «Comment réussir sa dépression». Faits saillants : minimiser ses réussites, accentuer ses échecs, se sentir seul au monde, refuser que l’on nous aime, croire en sa laideur et en sa stupidité, etc. (Voir aussi notre billet sur le même sujet.)
Quelle hypersexualisation ? Dans son nouveau blogue, l’auteure et sexologue Jocelyne Robert a récemment signé un billet intéressant sur l’hypersexualisation des jeunes, qu’elle attribue à une hypersexualisation de l’ensemble de la société. «Ce sont nos sociétés qui sont hypersexualisées et hypersexualisantes. Les adolescents, comme de la cire chaude, se moulent aux messages et images qui leur sont proposés.» Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (11)
Glanés sur le web au cours des derniers jours : un site web qui écrit des poèmes amoureux à votre place, un débat sur les célibataires incapables de demander conseil, et une exposition en ligne sur la rencontre amoureuse et le couple au XIXe siècle.
Le générateur de mots d’amour. Vous aimeriez écrire un petit poème à l’élu(e) de votre coeur, mais vous n’avez pas de talent avec les mots ? Il existe un site web qui génère automatiquement de la poésie galante. Il peut aussi composer un acrostiche (poème dont les premières lettres de chaque vers, lues dans le sens vertical, forment le prénom du destinataire) ou un petit récit amoureux. Le plus drôle : le «narcissotron», qui permet de s’envoyer à soi-même un message élogieux !
Le savoir-rencontrer, c’est important. Le communicateur Marc Boilard, dans son blogue De retour du Vietnam (pour ceux et celles qui retournent sur le marché du célibat après une rude séparation), a provoqué un débat intéressant la semaine dernière en posant une question toute simple : pourquoi les Québécois sont-ils si gênés d’avouer qu’ils sont tannés d’être célibataires et qu’ils ont besoin de trucs pour faire des rencontres ? C’est quoi, cette peur ? «Il n’y a pas de gêne à dire que vous êtes célibataire ! Vous avez le droit de consulter du monde !», s’exclame dans une vidéo un Marc Boilard un peu exaspéré. Et il écrit : «Tout le monde aujourd’hui a besoin de savoir s’y prendre pour rencontrer du nouveau monde. Nouvelle job, nouvelle ville, nouveaux collègues, blondes, voisines, amis, etc. Ce n’était pas comme ça à l’époque des Filles de Caleb !!» Lire la suite de ce billet »
Le cahier des charges de la femme moderne
Au début du mois d’avril dernier, j’ai fortement réagi aux «100 habiletés de l’homme québécois», une liste d’épicerie complètement ridicule concoctée par le magazine L’actualité. J’étais tellement outré que ça m’a inspiré quatre billets (voyez le dernier de la série). J’ai ensuite décidé d’aller plus loin que la critique : j’ai rédigé ma propre liste des qualités essentielles de l’homo quebecus hétéro.
La journaliste indépendante et blogueuse Cécile Gladel a eu l’idée, dès le 7 avril, de rédiger une liste des «25 habiletés de la femme moderne». Cécile a complété cette liste le 30 avril. Et ça vaut vraiment le détour.
«Cette liste est totalement inspirée par celle de Jean-Sébastien», souligne Cécile, et j’en suis très flatté. Elle indique aussi : «les deux listes pourront être fusionnées quand les hommes et les femmes auront atteint la réelle égalité. Car ces deux listes sont des souhaits, le souhait de voir chaque personne se respecter, décider par elle-même et ne jamais se faire dicter sa vie par la société.»
Petite philosophie de l’amour
Je n’ai pas créé le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer pour parler de ma petite personne, tenir un journal intime, m’épancher et me gratter le bobo. Je ne suis pas du genre à m’exprimer au «Je». J’ai seulement la prétention de partager de l’information et de commenter l’actualité.
Mais… une fois n’est pas coutume, je vais me raconter un petit peu. Et vous confier ma vision personnelle de l’amour.
Jusqu’à ce que j’entreprenne d’écrire ce qui allait devenir Les Québécois ne veulent plus draguer (livre et blogue), j’avais une vision assez romantique de la rencontre amoureuse : coup de foudre, passion, lyrisme, couchers de soleil sur des paysages de carte postale, etc. Je pouvais fantasmer pendant des mois, des années s’il le fallait, sur une créature du sexe opposé. Je pouvais regretter pendant des mois, des années s’il le fallait, une mésaventure amoureuse. Beaucoup de stress, de craintes, de maladresses et de déceptions.
Aujourd’hui, ma vision des relations hommes-femmes est tout autre. Je suis devenu pragmatique, très terre-à-terre.
Ma petite philosophie personnelle de l’amour se résume désormais à trois principes. Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.