Articles avec le tag ‘Cinéma’
Quelques trouvailles
Chers lecteurs, chères lectrices, me voici de retour après quelques semaines d’absence. Comment allez-vous ?
Cette semaine, j’ai glané pour vous quelques sites web intéressants et autres ressources. Vous m’en donnerez des nouvelles…
Le 25 novembre sortira en France un film documentaire qui risque de faire jaser : La domination masculine, du cinéaste Patric Jean. Un film en partie tourné au Québec par un réalisateur pro-féministe qui soutient que l’égalité des sexes est encore, dans bien des cas, une vue de l’esprit. Extrait du site web du film : «Peut-on croire qu’au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un “compagnon dominant” ? Que penser d’hommes qui subissent une opération d’allongement du pénis, “comme on achète une grosse voiture” ?» La domination masculine sera présenté aujourd’hui aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal.
Pour en savoir plus sur ce film, voyez le blogue du cinéaste. Et le numéro de novembre du mensuel québécois Le Couac publie une très intéressante entrevue avec Patric Jean (cet article n’est pas disponible sur le Web). Lire la suite de ce billet »
Chérie, ôte tes raquettes
Connaissez-vous le film Chérie, ôte tes raquettes ? Ce court métrage d’animation de l’Office national du film du Canada (ONF) raconte une tentative de séduction tellement… si… indescriptible.
Où sont les modèles masculins ? (4)
Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.
Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? (Je me suis inspiré de l’essai du journaliste montréalais Mathieu-Robert Sauvé, Échecs et mâles. Les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau, Les Éditions des Intouchables, 2005.)
Pour terminer cette série, voici un bref portrait de l’univers artistique. Lire la suite de ce billet »
Les grandes chaleurs
Messieurs, oseriez-vous draguer une veuve pendant l’enterrement de son mari, peu après l’incinération du corps ? Une veuve 2,6 fois plus âgée que vous ?
Cette scène de drague extrême, je l’ai vue hier soir. Au cinéma. Il s’agit d’une des situations les plus exaltantes du film Les grandes chaleurs, réalisé par l’actrice québécoise Sophie Lorain (à l’affiche depuis le 7 août).
Sur le plan esthétique, Les grandes chaleurs est une oeuvre très moyenne. Le rythme est trop télévisuel pour le grand écran, la musique est aussi inutile qu’insupportable, presque tous les personnages secondaires sont caricaturaux… Tout l’intérêt du film est concentré dans les deux personnages principaux. Dans la formidable volonté d’un jeune délinquant âgé d’à peine 20 ans de conquérir le coeur de son ex-travailleuse sociale, 52 ans, qui vient tout juste d’enterrer un mari qu’elle n’aimait pas (et qui la trompait à tour de bras). Dans les réactions de la jeune veuve, confrontée à des situations inattendues.
Le sans-gêne et la détermination du jeune homme font plaisir à voir. D’abord séduite, la cinquantenaire se met à résister, tente de préserver sa réputation et sauver les apparences. Elle finit par s’abandonner complètement à l’amour, à la folie, à l’irrationnel.
Des scènes de drague comme celles des Grandes chaleurs, j’aimerais bien en voir plus souvent. Au cinéma comme dans la rue…
À tout prendre, les deux chats sont dans le même sac
Dans mon billet de ce matin sur le film québécois J’ai tué ma mère, j’ai cité deux films québécois des années 1960, À tout prendre et Le chat dans le sac. Dans une réponse à un commentaire sur mon billet, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai vus et revus je ne sais combien de fois lorsque je fréquentais le cégep et l’université (je suivais des cours sur le cinéma, j’étais un cinéphile compulsif tendance fétichiste). À l’UQAM, j’avais même rédigé une petite analyse comparative des deux oeuvres.
Dans la soirée, j’ai repensé à ce travail universitaire. Où l’avais-je foutu ? (Car je conserve tout.) J’ai fouillé dans mes archives. J’ai dû rallumer un vieil ordinateur, le secouer un peu… et j’ai retrouvé mon document Word pondu pour un cours sur le cinéma à l’UQAM, intouché depuis 1993 ou 1994 ! Je l’ai relu et, ma foi, je l’ai trouvé assez bon. J’ai entrepris de le réécrire (il y avait des coquilles, et le style était trop académique…), de le coder en HTML et de le publier dans mon site web personnel. (Vive le contenu culturel gratuit sur Internet !)
Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre deux films des années 1960 et les relations hommes-femmes dans le Québec des années 2000. Justement, il y a un lien : les personnages masculins d’À tout prendre et du Chat dans le sac, trentenaires urbains en pleine errance existentielle, malhabiles avec les femmes, égocentriques et névrosés, incapables de s’engager, me semblent très actuels. On croirait les ancêtres des Invincibles (le sens de l’humour en moins).
J’ai tué ma mère
Avez-vous vu J’ai tué ma mère, le film québécois le plus talentueux de l’heure, joué et réalisé par le jeune surdoué Xavier Dolan ? Si oui, avez-vous remarqué à quel point ce film brosse un portrait saisissant du triste état des relations hommes-femmes au Québec ? (Et ce bien que le personnage principal du film soit homosexuel.)
Voyez plutôt…

- J’ai tué ma mère met en scène la révolte d’un adolescent qui veut (métaphoriquement) tuer sa mère, mais qui ne parvient pas à s’en détacher (il ne veut pas renoncer au confort domestique assuré par sa môman), donc qui ne veut pas prendre la décision ferme de devenir un adulte. Autrement dit, ce jeune homme se prépare un avenir d’adolescent attardé, comme on en croise tant au Québec.
- Dans J’ai tué ma mère, les hommes adultes et responsables brillent par leur absence (le père de l’adolescent, par exemple), ou ils sont grotesques (le directeur du pensionnat) , comme on en croise tant au Québec.
- Les seuls personnages qui draguent et qui vivent l’amour sont des adolescents homosexuels, et ils le font malgré les obstacles (déni des parents, homophobie à l’école). Les adultes hétéros semblent tous solitaires (mère monoparentale, père absent, etc.), comme on en croise tant au Québec. Un Martien qui visionnerait J’ai tué ma mère pourrait en conclure qu’il n’est vraiment pas valorisant d’être hétéro au Québec, et encore moins d’avoir des enfants !
- Les personnages du film les plus solides, les deux pieds sur terre, sont féminins : la mère monoparentale de l’adolescent révolté (elle se lève tous les jours à 5h30 pour bosser et elle fait de son mieux), l’enseignante qui encourage l’adolescent à persévérer, la directrice de l’agence de marketing, etc. Des femmes autonomes, comme on en croise tant au Québec. Lire la suite de ce billet »


Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.