Articles avec le tag ‘Célibat’
Romantisme et cinéma québécois
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n’y trouve pas de grandes histoires d’amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l’aura sulfureuse.
Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre). Lire la suite de ce billet »
Le mariage d’amour a échoué
Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le dernier essai de l’écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d’amour ne fonctionne pas. L’amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d’amour, c’est une lubie.
Avant de vous exposer mon point de vue en m’appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.
- De l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d’un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l’espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l’amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait hors mariage, dans l’adultère, le concubinage et la prostitution.
- Au XXe siècle, l’institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D’un côté, une nouvelle mentalité romantique s’est imposée : un mariage heureux, c’est un mariage d’amour, avec quelqu’un librement choisi par sentiment. D’autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.
- Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l’émergence d’un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au party sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l’exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d’amour s’est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)
Aujourd’hui, le mariage d’amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d’une divinité, qu’il est devenu, comme le bonheur, l’alpha et l’oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d’inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.» Lire la suite de ce billet »
Quel trouble de la personnalité narcissique?
Connaissez-vous le «trouble de la personnalité narcissique», cliniquement parlant ?
Voici la traduction française de la définition du trouble de la personnalité narcissique dans le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), le manuel de référence de l’American Psychiatric Association utilisé par les professionnels de la santé pour le diagnostic de divers troubles de comportements et maladies mentales.
L’individu présente au moins cinq des symptômes suivants :
- il manifeste un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, il surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme un individu supérieur sans avoir accompli quelque chose de significatif);
- il est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d’amour idéal;
- il pense être «spécial», unique, et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de prestige;
- il montre un besoin excessif d’être admiré;
- il pense que tout lui est dû, il s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits;
- il exploite l’autre dans les relations interpersonnelles, il utilise autrui pour parvenir à ses propres fins;
- il manque d’empathie, n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui;
- il envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient;
- il fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains. Lire la suite de ce billet »
Si vous êtes comme moi, contactez-moi
Pour les utilisateurs de sites web de rencontre, la rédaction de la fiche personnelle est un moment crucial. Il faut réussir à se décrire et à «se vendre» en quelques lignes, et ce n’est pas facile. Certains exposent ce qu’ils attendent d’une relation ou expliquent ce qu’ils recherchent chez l’autre. Beaucoup parlent d’eux-mêmes, de leur personnalité, de leurs valeurs, etc.
Ceux qui ne parlent que d’eux-mêmes ont tendance à sombrer dans une looongue énumération de leurs intérêts, activités, loisirs, etc., qui se termine par une phrase du genre : «Si vous êtes comme moi, contactez-moi» ou «Je recherche quelqu’un qui me ressemble».
Cette manière de vouloir attirer l’attention de l’autre est en fait une manifestation de narcissisme. C’est le contraire de la rencontre : on ne peut pas rencontrer quelqu’un en ne parlant que de soi, et on ne peut surtout pas rencontrer quelqu’un qui soit notre copie conforme, qui aime exactement nos goûts, activités, projets.
La rencontre, c’est croiser des gens qui, bien sûr, partagent des éléments en commun avec nous, mais c’est surtout avoir envie de découvrir et d’apprendre.
Pour illustrer mon propos, j’ai eu l’idée de rédiger ma propre «liste d’épicerie» narcissique en m’efforçant de pousser l’exercice jusqu’à l’absurde (voir plus bas). Vous m’en donnerez des nouvelles… Lire la suite de ce billet »
S’engager sur-le-champ ou rien (2)
Je vous parlais hier de ces rendez-vous galants et déconcertants avec une célibataire dans la trentaine qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille, le genre de femme qui s’empresse de demander à son vis-à-vis : «Moi, je suis à la recherche d’un homme qui veut s’engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l’engagement…»
Comment expliquer que des femmes puissent draguer en s’empressant de discuter de couple et de famille lors d’une première rencontre ? J’ai ma petite idée… Un ou plusieurs phénomènes peuvent entrer en jeu :
- L’imaginaire amoureux de ces femmes est infantile, marqué par l’attente anxieuse du prince charmant. Elles veulent vivre un amour de contes de fées. Et tous les contes de fées, on le sait, se terminent par : «ils se marièrent et ils eurent de nombreux enfants».
- Ces femmes ne sont pas autonomes sur le plan affectif. Leur désir désespéré d’engagement, de vie de couple, trahit une peur fondamentale : celle d’être seule.
- Par conformisme, ces femmes croient que la «réalisation de soi» passe obligatoirement par le bonheur conjugal et familial. Elles croient qu’une vie sans couple et sans enfants est une existence «ratée».
- Ces femmes sont hyper-compétitives, carriéristes et soucieuses de performer, elles veulent «réussir leur vie». Elles ont déjà un emploi, un condo, une voiture, un REER ? Maintenant, elles crèvent d’envie de rencontrer l’Homme, de se marier et d’avoir des enfants, prochains items sur leur checklist de superwoman. Elles n’ont pas de temps à perdre, alors elles sautent l’étape de la séduction pour entrer dans le vif du sujet : dès la première rencontre, parler de contrat de mariage, de grossesse sans complications et d’investissement immobilier.
- En parlant de leur désir d’union et d’enfant, mesdames veulent simplement mettre cartes sur table pour éviter que leurs interlocuteurs mâles se méprennent. Par exemple, parler de couple assez rapidement lors d’une première rencontre envoie un message clair aux célibataires qui ne cherchent qu’une aventure d’un soir : meilleure chance la prochaine fois !
S’engager sur-le-champ ou rien
Messieurs, avez-vous déjà été confronté à une «beauté désespérée» dans la trentaine, une célibataire qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille parce qu’elle n’en peut plus de vivre seule et d’entendre l’obsédant tic-tac tic-tac de son horloge biologique ? J’en ai rencontré quelques-unes, et j’en connais d’autres dans mon entourage. Une première date avec ce genre de femme peut être assez surprenante…
Le scénario est généralement le suivant (je vais ici condenser des rencontres dont j’ai été l’acteur ou le témoin). Après un premier contact avec un homme qui semble disponible pour une rencontre, la trentenaire célibataire organise un rendez-vous dans un endroit public, officiellement pour faire plus ample connaissance. Lors des 30 ou 40 premières minutes de la rencontre, les deux individus discutent de choses et d’autres dans un contexte relax. Puis la beauté désespérée profite d’une pause dans la conversation pour prendre une mine sévère, pour regarder fixement le mâle dans les yeux et lui demander, avec un sérieux solennel : «Moi, je suis à la recherche d’un homme qui veut s’engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l’engagement…»
Incroyable, mais vrai : une femme demande à un homme qu’elle ne connaît presque pas s’il veut s’engager. Elle n’a pas encore parlé d’amour… mais elle parle déjà de couple, de mariage, d’enfants ! On se croirait dans le Québec traditionnel, avant la Révolution tranquille, quand une «fille à marier» cherchait désespérément un «bon parti», un homme qui a une «situation», pour fonder une famille et éviter la honte du statut de «vieille fille». Lire la suite de ce billet »


Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.