Articles avec le tag ‘Célibat’
Petite philosophie de l’amour
Je n’ai pas créé le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer pour parler de ma petite personne, tenir un journal intime, m’épancher et me gratter le bobo. Je ne suis pas du genre à m’exprimer au «Je». J’ai seulement la prétention de partager de l’information et de commenter l’actualité.
Mais… une fois n’est pas coutume, je vais me raconter un petit peu. Et vous confier ma vision personnelle de l’amour.
Jusqu’à ce que j’entreprenne d’écrire ce qui allait devenir Les Québécois ne veulent plus draguer (livre et blogue), j’avais une vision assez romantique de la rencontre amoureuse : coup de foudre, passion, lyrisme, couchers de soleil sur des paysages de carte postale, etc. Je pouvais fantasmer pendant des mois, des années s’il le fallait, sur une créature du sexe opposé. Je pouvais regretter pendant des mois, des années s’il le fallait, une mésaventure amoureuse. Beaucoup de stress, de craintes, de maladresses et de déceptions.
Aujourd’hui, ma vision des relations hommes-femmes est tout autre. Je suis devenu pragmatique, très terre-à-terre.
Ma petite philosophie personnelle de l’amour se résume désormais à trois principes. Lire la suite de ce billet »
Trop de choix tue la rencontre
Il y a une dizaine d’années, deux universitaires américains, Sheena S. Iyengar (Columbia University) et Mark R. Lepper (Stanford University), ont réalisé une expérience scientifique étonnante sur la liberté et le choix. Dans un supermarché de produits fins, les chercheurs ont installé une table avec des échantillons de confitures. La quantité de saveurs offertes variait au fil de la journée : tantôt six, tantôt 24. Les clients étaient plus nombreux à s’attarder autour de la table lorsqu’elle présentait 24 saveurs de confitures que seulement six. Mais…
Lorsque la table offrait 24 saveurs différentes, seulement 3 % des clients achetaient. À l’inverse, lorsque la variété de confitures proposées tombait à six, 30 % des clients prenaient la décision de se procurer un produit. Plus il y avait de choix, moins il y avait de ventes ! Ce qui contredit le credo consumériste-marketing voulant que les consommateurs désirent choisir parmi un grand nombre de produits ou services. (Les résultats de cette recherche ont été publiées dans Journal of Personality and Social Psychology — voir la référence plus bas.)
Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la rencontre amoureuse… Lire la suite de ce billet »
L’amour n’est pas prédestiné
Je connais une femme (je ne la nommerai pas) qui a une drôle de manie : elle croit percevoir des «signes du destin» dans de petits événements du quotidien et elle essaie constamment de les interpréter.
Nous avons récemment passé un après-midi ensemble dans les rues de Montréal. Elle ne cessait de remarquer la présence de voitures de marque BMW… «Regarde Jean-Sébastien, une autre BMW ! Je n’arrête pas d’en croiser depuis ce matin. Ça doit être un signe.»
— Un signe de quoi ?, lui ai-je demandé.
— Je ne sais pas, mais je vais le trouver.
— Bof, ça ne veut rien dire. C’est un hasard.
— Mais non ! Il y a sûrement une raison.
— Il n’y a pas de raison, outre le fait que des gens aiment rouler en BMW…
— Non, c’est un signe ! Ça m’annonce quelque chose. Je dois le découvrir.
Je ne veux pas me moquer ici de mon interlocutrice (une personnalité très intelligente, dynamique, allumée, qui a tout mon respect), je veux seulement m’attarder à un comportement qui me semble typiquement féminin (quoique certains hommes peuvent aussi le manifester) : la croyance au destin et l’interprétation des «signaux» émis par ce tout-puissant Destin. Il s’agit d’un trait culturel, peu importe l’intelligence des individus — des gens brillants et surscolarisés, en apparence très rationnels, ont parfois l’imaginaire saturé de pensée magique. Lire la suite de ce billet »
Le Prince charmant, fantasme et réalité
Le fantasme du Prince charmant est profondément ancré dans notre culture. Et il provoque beaucoup de désillusions.
Si vous en doutez, regardez attentivement la vidéo ci-dessous, puis cliquez ici pour visionner une autre vidéo sur le point de vue d’une psychiatre et psychothérapeute spécialisée dans les problèmes de couple.
Quelques trouvailles (9)
Glané pour vous au cours des derniers jours : un antimanuel et un documentaire scientifiques, un livre sur les femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui se retrouvent seules après le départ de leur mari volage. Et un mea culpa.
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, psychologiquement parlant ? Lancé l’automne dernier, l’excellent Antimanuel de psychologie : toi, moi… et l’amour ! du psychiatre et psychanalyste français Serge Hefez «suit le fil de la construction du lien amoureux pour nous emmener à l’intérieur des cerveaux, des inconscients, des âmes, des histoires, des vies.» Ce livre n’a pas la prétention de donner la recette du bonheur. Il permet plutôt de mieux comprendre pourquoi la rencontre amoureuse est à la fois si jouissive et si compliquée. Un ouvrage passionnant, très bien écrit et joliment illustré (les photos, souvent étonnantes, proviennent du cinéma et des arts visuels, et une bande dessinée à l’humour excentrique ouvre chaque chapitre).
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, chimiquement parlant ? En 1997, un film documentaire français intitulé La biochimie du coup de foudre s’est penché sur les liens qui existent entre les émotions amoureuses et les transformations chimiques de l’organisme. Des extraits de ce documentaire sont disponibles en ligne. Moi qui me méfie du discours tout-scientifique sur l’amour, dans le genre «c’est toujours la faute de nos hormones» (comme si la culture et la société n’avaient aucune influence sur nos comportements…), La biochimie du coup de foudre m’a paru honnête. Et instructif. Lire la suite de ce billet »
J’me marie, j’me marie pas… Et les hommes ?
Mon billet d’hier «J’me marie, j’me marie pas…» a suscité plusieurs commentaires qui m’ont donné envie de prolonger la discussion.
Je résumais hier quelques éléments du débat provoqué par le best seller Marry Him : The Case for Settling for Mr. Good Enough de la journaliste américaine Lori Gottlieb, qui suggère aux jeunes femmes célibataires de cesser de manifester des attentes démesurées face aux hommes qu’elles rencontrent. Elles devraient plutôt s’engager dès que possible dans la vie de couple avec un «Mr. Good Enough», le premier «bon gars» qui fera l’affaire. Autrement, elles se condamneraient à la solitude.
D’après vos commentaires, les séductrices seraient effectivement trop exigentes envers les hommes.
L’inverse est-il vrai ? Face aux femmes, les Québécois ont-ils des critères de sélection trop restrictifs ? (Par exemple, ne s’intéresser qu’aux blondes, six pieds deux pouces, yeux bleus, forte poitrine, taille athlétique, qui sont obsédées par le sexe — enfin, c’est ce que ces messieurs présument…) Devraient-ils plutôt miser sur les «Miss Good Enough» et se caser assez rapidement ?

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.