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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Années 1960</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Les relations hommes-femmes pendant la Révolution tranquille</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 09:08:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
À l’époque du «Maître chez nous», de la pilule contraceptive et du déclin de la pratique religieuse, les Québécois devaient draguer avec une belle assurance, croit-on.
J’ai mis la main sur un petit livre daté de 1965 qu’une de mes amies a déniché dans une vente de garage : La Canadienne française et l&#8217;amour ou l&#8217;homme [...]]]></description>
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<p>À l’époque du «Maître chez nous», de la pilule contraceptive et du déclin de la pratique religieuse, les Québécois devaient draguer avec une belle assurance, croit-on.</p>
<p>J’ai mis la main sur un petit livre daté de 1965 qu’une de mes amies a déniché dans une vente de garage : <em>La Canadienne française et l&#8217;amour ou l&#8217;homme démystifié</em>, par le journaliste Pierre Léger (Les Éditions du Jour). La préface est signée par nul autre que le psychiatre Camille Laurin, qui s’illustrera 12 ans plus tard en pilotant la Loi 101.<span id="more-1394"></span></p>
<p>Sollicitées par Pierre Léger, 146 femmes, principalement des 15-40 ans, avaient accepté de répondre à un questionnaire sur les hommes. Les résultats sont peu favorables à ces messieurs&#8230; Pierre Léger écrit : «la quasi-unanimité des témoignages laisse supposer qu&#8217;il existe chez le mâle canadien-français une peur profonde de la femme, et que cette peur se traduit souvent par un comportement autoritaire ou par des infidélités nombreuses, ou par une fuite dans l&#8217;alcool.»</p>
<p>Les jeunes femmes interrogées par Pierre Léger remarquent que leurs parents ne se parlent pas, ou si peu. Règle générale, les couples d&#8217;avant la Révolution tranquille faisaient l&#8217;amour par devoir conjugal et se sacrifiaient pour leurs nombreux enfants. Enfermés dans cette institution statique qu&#8217;était le mariage, résignés à leur sort.</p>
<p>Ces jeunes femmes des années 1960 devaient avoir une grande envie de flirter en toute liberté, de réinventer la relation de couple, peut-on penser aujourd&#8217;hui. Et pourtant&#8230; Un autre extrait du livre de Pierre Léger : «&#8221;Nous, on croit que l&#8217;amour, c&#8217;est le centre de la vie&#8221;, proclame, au nom d&#8217;un petit groupe de ses compagnes, infirmières comme elle, Jeanne S&#8230;, 22 ans, de Sherbrooke. &#8220;Mais avant de se marier, il faut SORTIR. Voyez-vous, c&#8217;est en SORTANT que vous connaissez les deux côtés de la médaille. Les filles sont encore attachées à l&#8217;image du prince charmant. Elles se réveillent déçues, le lendemain du mariage. Et ça, ce n&#8217;est pas seulement la faute à l&#8217;homme.&#8221;»</p>
<p>La peur des femmes, le repli sur soi&#8230; Le refus de sortir, de faire des rencontres&#8230; L&#8217;espérance du prince charmant&#8230; C&#8217;est le Québec de 1965 et d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
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		<title>Où sont les modèles masculins ? (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/09/17/modeles-masculins-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 06:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.
Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au Québec, le manque d’initiative des hommes en matière de séduction et de drague s’explique peut-être par une pénurie de modèles masculins de réussite.</strong></p>
<p>Je me suis amusé à faire un exercice : quels Québécois illustres peuvent apparaître comme des modèles, voire des héros pour les hommes ? Et quels sont ceux qui pourraient inspirer les séducteurs hétéros ? (Je me suis inspiré de l’essai du journaliste montréalais Mathieu-Robert Sauvé, <em>Échecs et mâles. Les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau</em>, Les Éditions des Intouchables, 2005.)</p>
<p>Aujourd’hui, examinons le cas des précurseurs de la Révolution tranquille et des intellectuels.<span id="more-779"></span></p>
<p><strong>Les réformistes tranquilles</strong>. Les Québécois sont fiers de leurs acquis de la Révolution tranquille, qu&#8217;ils aiment opposer aux misères d&#8217;une période qualifiée de «Grande Noirceur». En réalité, le contraste entre les deux époques est moins tranché. Les années 1940-50 ont été agitées par des réformistes avant la lettre, individus frondeurs qui ont préparé le terrain de la modernité. Ils me semblent aussi admirables, sinon plus, que les artisans du développement lors des années 1960.</p>
<p>Paul-Émile Borduas et les signataires de <em>Refus global</em> en 1948, par exemple. Le manifeste <em>Refus global</em> était un acte courageux dans un Québec figé. Le groupe de signataires a malheureusement éclaté, ses membres ont fui diverses tracasseries. Ce fut notamment le cas pour Paul-Émile Borduas : il a perdu son emploi de professeur, sa famille s&#8217;est disloquée, puis il s&#8217;est exilé à New York avant d&#8217;aboutir à Paris où il est mort dans la solitude. Pas exactement un modèle de réussite&#8230;</p>
<p>Le syndicaliste Michel Chartrand, dont les premiers faits d’armes remontent à la fin des années 1930, a beaucoup contribué à la pré-Révolution tranquille, de même que des militants syndicaux, les animateurs de la revue <em>Cité Libre</em> et des artistes, des enseignants et universitaires, etc. La plupart des réformistes des années 1950, rompus aux jeux de coulisses, étaient effacés. La mémoire populaire les a malheureusement occultés — sauf Michel Chartrand, aujourd&#8217;hui nonagénaire, un homme toujours populaire et apprécié des Québécois. Un authentique modèle masculin, d&#8217;autant plus que sa vie de couple et de famille (avec la militante féministe Simonne Monet-Chartrand) est aussi très inspirante.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/photos/5885.html" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-780" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/09/chartrand.jpg" alt="Michel Chartrand" width="303" height="220" /></a></p>
<p><strong>Les intellectuels</strong>. En 2009, qui sont les intellectuels québécois les plus illustres ? Et quand je dis intellectuel, je pense aux gens qui interviennent régulièrement dans le débat public, qui n’ont pas peur de sortir du champ de leur discipline et qui brassent la cage. Quelques noms me viennent spontanément à l&#8217;esprit : Hubert Reeves, Normand Baillargeon, Gil Courtemanche&#8230; Le débat sur les accommodements raisonnables nous a permis de mieux connaître le philosophe Charles Taylor et l&#8217;historien sociologue Gérard Bouchard. Mes deux intellos préférés : l&#8217;essayiste Pierre Vadeboncoeur, au style lumineux et inimitable, ainsi que l&#8217;écologue Pierre Dansereau (qui fêtera bientôt ses 98 ans).</p>
<p>Certains artistes interviennent régulièrement dans les affaires publiques (mais je traiterai plus spécifiquement des artistes dans un autre billet). Sans oublier tous ceux qui alimentent le débat intello numéro un au Québec (débat qui écrase souvent tous les autres et qui finit par tomber sur les nerfs), celui de la question nationale.</p>
<p>Le principal handicap des intellos québécois : ils sont souvent ridiculisés. Le terme «intellectuel» est carrément péjoratif dans la Belle province, les penseurs n’ont pas de prestige. Ils ne s&#8217;imposent donc pas en modèles à suivre, encore moins en séducteurs.</p>
<ul>
<li>Le billet précédent est consacré <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/16/modeles-masculins-1/" target="_self">aux personnalités politiques et du monde des affaires</a>.</li>
<li>Dans le prochain billet de la série : <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/21/modeles-masculins-3/" target="_self">les vedettes de la télévision et du sport</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le baiser colombin</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2009/08/10/le-baiser-colombin/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 06:57:13 +0000</pubDate>
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Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire. Nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Il y a quelques jours, j&#8217;ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, <a href="http://www.lucgregoire.com" target="_blank">Luc Grégoire</a>. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre <em><a href="http://www.edhomme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=337122" target="_blank">Les Québécois ne veulent plus draguer&#8230; et encore moins séduire</a></em>. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.</p>
<p>Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.</p>
<p>Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m&#8217;a stupéfié.<span id="more-403"></span></p>
<p>«En 1957, j’avais 15 ans. Au Collège Jean-de-Brébeuf, alors propriété des jésuites, la classe dans laquelle j’étais eut à faire une retraite fermée de trois jours (peut-être moins, mais cela m’a paru une éternité) sur le baiser colombin. C’est à ce moment-là, je m&#8217;en souviens encore, que j&#8217;ai décroché de la religion catholique.<br />
— Le baiser quoi ?!?, ai-je demandé.<br />
— Colombin. Autrement dit, le <em>french kiss</em> ! Les jésuites nous ont expliqué tous les troubles physiques et les problèmes émotifs que nous ressentirions si nous avions le malheur de nous adonner au baiser avec la langue.»</p>
<p>Les jésuites, la morale catho, 1957&#8230; cela nous semble très lointain. Depuis les années 1960, les Québécois ont massivement «décroché» de l’Église, dit-on. La Révolution tranquille a marqué une rupture radicale avec le Québec d’antan, peut-on lire dans nos manuels d’histoire.</p>
<p>Permettez-moi d’en douter. Je ne suis pas convaincu que les Québécois se soient complètement détachés de la morale religieuse, de ses interdits, de la notion de péché. Des comportements typiques d’une société marquée au fer rouge par l’Église sont encore visibles aujourd’hui (surtout chez les hommes) : peur des femmes, silence, repli sur soi, culpabilité&#8230; Des comportements que l&#8217;on observe chez les jeunes, qui n&#8217;ont pourtant pas connu le Québec ultrareligieux d&#8217;avant la Révolution tranquille.</p>
<p>Les Québécois, castrés pour l’éternité par le christianisme ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://envers-des-mots.skyblog.com" target="_blank"><img class="size-full wp-image-404 aligncenter" src="http://ladrague.qc.ca/files/2009/08/oratoirestjoseph.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal" width="426" height="301" /></a></p>
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		<title>À tout prendre, les deux chats sont dans le même sac</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 22:10:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans mon billet de ce matin sur le film québécois J’ai tué ma mère, j’ai cité deux films québécois des années 1960, À tout prendre et Le chat dans le sac. Dans une réponse à un commentaire sur mon billet, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/" target="_self">Dans mon billet de ce matin sur le film québécois <em>J’ai tué ma mère</em></a>, j’ai cité deux films québécois des années 1960, <em>À tout prendre</em> et <em>Le chat dans le sac. </em>Dans une <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/#comment-53" target="_self">réponse à un commentaire sur mon billet</a>, je les ai mentionnés de nouveau. Ces deux films emblématiques de la Révolution tranquille, je les ai vus et revus je ne sais combien de fois lorsque je fréquentais le cégep et l’université (je suivais des cours sur le cinéma, j’étais un cinéphile compulsif tendance fétichiste). À l&#8217;UQAM,  j’avais même rédigé une petite analyse comparative des deux oeuvres.</p>
<p>Dans la soirée, j’ai repensé à ce travail universitaire. Où l’avais-je foutu ? (Car je conserve tout.) J’ai fouillé dans mes archives. J’ai dû rallumer un vieil ordinateur, le secouer un peu&#8230; et j’ai retrouvé mon document Word pondu pour un cours sur le cinéma à l&#8217;UQAM, intouché depuis 1993 ou 1994 ! Je l’ai relu et, ma foi, je l’ai trouvé assez bon. J’ai entrepris de le réécrire (il y avait des coquilles, et le style était trop académique&#8230;), de le coder en HTML et de le <a href="http://pages.mlink.net/~jsm/A_tout_prendre_Le_chat_dans_le_sac.html" target="_blank">publier dans mon site web personnel</a>. (Vive le contenu culturel gratuit sur Internet !)</p>
<p>Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre deux films des années 1960 et les relations hommes-femmes dans le Québec des années 2000. Justement, il y a un lien : les personnages masculins d’<em>À tout prendre</em> et du <em>Chat dans le sac</em>, trentenaires urbains en pleine errance existentielle, malhabiles avec les femmes, égocentriques et névrosés, incapables de s&#8217;engager, me semblent très actuels. On croirait les ancêtres des <em><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/les_invincibles/2009/" target="_blank">Invincibles</a></em> (le sens de l’humour en moins).</p>
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