Archive pour la catégorie ‘Solitude’
De retour
Chers lecteurs et lectrices, bonjour ! Comment allez-vous ?
Après quelques semaines de vacances, le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer est de retour. (C’était le blogue qui était en vacances. Pour ma part, j’ai bossé comme un fou sur divers projets pendant l’été.)
Ces dernières semaines, j’ai découvert quelques publications qui pourraient vous intéresser.
La féminisation des États-Unis. Le numéro de juillet-août du magazine américain The Atlantic présente un dossier intitulé «The End of Men». Vous avez peut-être entendu dire que les Américaines (tout comme les Québécoises) se montrent plus dynamiques que les hommes à l’école et dans un nombre croissant de secteurs d’activité économique. Elles sont maintenant légèrement plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail.
The Atlantic fait le point sur l’émancipation de l’Américaine moyenne en abordant une foule de phénomènes : la récession de 2008-2009 a fait disparaître des emplois manufacturiers typiquement masculins qui ne reviendront plus tandis que les femmes tirent mieux leur épingle du jeu dans l’économie postindustrielle et la «société du savoir», elles occuperont d’ailleurs la majorité des emplois promis à la plus forte croissance au cours des prochaines années ; nouveauté, des femmes de carrière gagnent plus que leur conjoint ; les femmes sont encore rares à la direction des grandes entreprises, mais elles dominent l’univers des cadres intermédiaires ; et des parents préfèrent maintenant donner naissance à une fille qu’à un garçon ! Un renversement complet des rôles traditionnels. La classe moyenne américaine est en train de se féminiser, souligne The Atlantic, ce qui aura évidemment des répercussions importantes sur les relations hommes-femmes, le couple, la famille, etc. Et je suis convaincu que la situation est presque la même au Québec. Lire la suite de ce billet »
Combler un grand vide spirituel
Comme la plupart des Québécois de mon âge (de la Génération X), j’ai grandi dans un désert spirituel.
Mes parents, élevés dans une société ultrareligieuse (le Québec catholique des années 1940 et 1950), ont ensuite rejeté, à partir la Révolution tranquille, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un culte organisé. Ils ne m’ont traîné de force à l’église que pour me faire baptiser, pour assister à quelques mariages et funérailles. J’ai aussi fait ma première communion, sans rien y comprendre.
Dans les écoles de mon enfance et de mon adolescence, au cours des années 1970 et 1980, l’enseignement religieux était axé sur des activités gnangnan de pastorale : les ti-amis se tiennent par la main et chantent une chanson à la gloire du ti-Jésus. (Cet enseignement a été récemment remplacé par un programme fourre-tout encore plus gnangnan baptisé Éthique et culture religieuse : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout se vaut et ne vaut rien, ah les belles religions du monde, et que tous les ti-amis célèbrent en choeur le vivre-ensemble pluraliste citoyen.)
Après mes études, je suis entré dans l’âge adulte. C’est-à-dire travailler. Gagner de l’argent. Consommer. Payer des taxes et des impôts. Se changer les idées pendant les vacances, puis se remettre à travailler comme un débile. Vivre en couple. Fonder une famille. La p’tite vie… vide de sens.
Depuis quelques années, je ressens parfois en moi un grand vide spirituel. Je ne trouve presque rien, dans le monde actuel, pour le combler. Et j’ai pourtant cherché, fouillé, fouiné… Lire la suite de ce billet »
Plus de dépenses pour les téléviseurs que pour sortir
Nouvelle déprimante hier dans Le Devoir : «Les Québécois dépensent presque cinq fois plus pour s’équiper de téléviseurs que pour des sorties culturelles.» Le journal a consulté des données récemment rendues publiques par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (qui fait partie de l’Institut de la statistique du Québec).
J’ai déniché dans le site de l’Observatoire les données en question (dernière année disponible : 2007). Regardez la dernière colonne, à droite.
Presque cinq fois plus de dépenses pour s’équiper en systèmes de son et de télévision que pour des sorties culturelles. Ça ne me surprend pas, les Québécois sont des gens obsédés par la télévision et le repli sur la vie privée.
Imaginez l’impact négatif de ces dépenses sur la rencontre amoureuse…
Supposons que les Québécois réduisent de moitié leurs dépenses pour la sacro-sainte télévision et investissent cet argent dans des activités culturelles, sociales, sportives, etc. qui leur permettent de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir leur réseau social et même (rêvons un peu) de séduire.
Ce serait une petite révolution.
Internet ne doit pas gagner le Prix Nobel de la paix
Le saviez-vous, l’édition italienne du magazine Wired a lancé une campagne pour la nomination d’Internet au Prix Nobel de la paix 2010 — voir le site web Internet For Peace. Leur raisonnement est le suivant : plus que jamais, Internet favorise le dialogue et la communication entre les peuples, une nouvelle humanité «branchée» se développe et contribue à la paix, donc Internet mérite les honneurs du Nobel.
Soutenir qu’Internet mérite le Prix Nobel de la paix, c’est de la grosse bullshit idéologique. Ça me rappelle les années 1990, quand les «gourous» d’Internet nous promettaient un monde meilleur, «société de l’information» égalitaire, transparente et autorégulée qui nous libérerait des anciens carcans. Ce discours utopiste a été éclipsé par une récupération commerciale tous azimuts et par l’éclatement de la bulle spéculative «.com» au printemps 2000. L’utopie Internet connaît malheureusement une deuxième vie depuis 2007 avec le Web 2.0.
Internet n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un dispositif technique (des ordinateurs et autres appareils de communication connectés en réseau). On peut bien sûr se servir d’Internet pour aimer son prochain et faire le bien, pour promouvoir la paix, mais on peut aussi l’utiliser pour de basses oeuvres ou pour foutre le bordel. Par exemple, pour communiquer des contenus pornographiques, haineux, racistes, etc. Internet est aussi un excellent outil pour coordonner des activités criminelles à petite et à grande échelle, pour planifier un attentat terroriste… Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (9)
Glané pour vous au cours des derniers jours : un antimanuel et un documentaire scientifiques, un livre sur les femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui se retrouvent seules après le départ de leur mari volage. Et un mea culpa.
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, psychologiquement parlant ? Lancé l’automne dernier, l’excellent Antimanuel de psychologie : toi, moi… et l’amour ! du psychiatre et psychanalyste français Serge Hefez «suit le fil de la construction du lien amoureux pour nous emmener à l’intérieur des cerveaux, des inconscients, des âmes, des histoires, des vies.» Ce livre n’a pas la prétention de donner la recette du bonheur. Il permet plutôt de mieux comprendre pourquoi la rencontre amoureuse est à la fois si jouissive et si compliquée. Un ouvrage passionnant, très bien écrit et joliment illustré (les photos, souvent étonnantes, proviennent du cinéma et des arts visuels, et une bande dessinée à l’humour excentrique ouvre chaque chapitre).
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, chimiquement parlant ? En 1997, un film documentaire français intitulé La biochimie du coup de foudre s’est penché sur les liens qui existent entre les émotions amoureuses et les transformations chimiques de l’organisme. Des extraits de ce documentaire sont disponibles en ligne. Moi qui me méfie du discours tout-scientifique sur l’amour, dans le genre «c’est toujours la faute de nos hormones» (comme si la culture et la société n’avaient aucune influence sur nos comportements…), La biochimie du coup de foudre m’a paru honnête. Et instructif. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (8)
Glané pour vous : quelques nouveautés sur la philosophie, la condition féminine et masculine, les sexy sexagénaires, et la blogosphère.
Pour penser l’amour. Je viens de dévorer un petit livre très, très intéressant sur le sentiment amoureux vu par les philosophes : L’amour. De Platon à Compte-Sponville (lancé l’automne dernier par les éditions Eyrolles). En 215 pages, une prof de philo de la région parisienne résume comment Lucrèce, Saint Augustin, Montaigne, Descartes, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Nietzsche et les deux philosophes du titre de l’ouvrage se représentent la rencontre, l’amour, le couple, le mariage, le célibat, etc. Certains de ces grands penseurs sont d’indécrottables romantiques, d’autres des désillusionnés finis, mais ils tentent tous de comprendre pourquoi l’amour est si difficile.
Une lecture accessible, vulgarisée, avec des citations clés et des exemples tirés de la vie quotidienne. Un livre qui réussit à faire ce que la philo devrait toujours faire, soit nous «apprendre à vivre mieux et à aimer davantage.» Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.