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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Sexualité</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 12:21:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
J&#8217;ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<p><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3945" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg" alt="" width="196" height="281" /></a>J&#8217;ai commenté hier <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/22/romantisme-et-cinema-quebecois/" target="_self">les films les plus significatifs des années 1960-1970</a>. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/femme-de-l-hotel_4369" target="_blank">La femme de l&#8217;hôtel</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3350" target="_blank">Anne Trister</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-corps-perdu_3780" target="_blank">À corps perdu</a></em>), des personnages qui n&#8217;ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d&#8217;amour.</p>
<p><a href="http://elephant.canoe.ca/films/qui-a-tire-sur-nos-histoires-d-amour_10814/" target="_blank"><em>Qui a tiré sur nos histoires d&#8217;amour ?</em></a>, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d&#8217;animation de l&#8217;Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=2122" target="_blank">consacré au personnage mythologique de Narcisse</a>. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l&#8217;errance existentielle qui débouche sur le suicide (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/sonatine_570" target="_blank">Sonatine</a></em> de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-zoo-la-nuit_5683" target="_blank">Un zoo la nuit</a></em> de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l&#8217;affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part.<span id="more-3812"></span></p>
<p>L&#8217;une des rares charges politiques dans le cinéma de l&#8217;époque, <em><a href="http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/elvisgratton.htm" target="_blank">Elvis Gratton</a></em> de Pierre Falardeau et Julien Poulin (1985) tourne en bourrique un colonisé intégral (qui deviendra un personnage-culte de la culture populaire québécoise). Et c&#8217;est un séducteur grotesque : empêtré dans un costume à paillettes trop serré, il se croit irrésistible; dans son sous-sol de banlieue ultra-kitsch, il titille son épouse en imitant le King. Au milieu du premier épisode (tourné en 1981), Elvis Gratton tente grossièrement de draguer une étudiante. Lorsqu&#8217;elle refuse ses avances, il devient colérique et lui lance : «P’tite crisse d’agace pissette, t’aimes mieux te faire pogner le cul par ta gang de pouilleux, maudite droguée&nbsp;!» De la grande classe&#8230;</p>
<p>Pendant la première moitié des années 1980, il n&#8217;y a presque plus de films critiques sur les relations hommes-femmes (sauf les documentaires féministes). Puis éclate comme une bombe <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3710" target="_blank"><em>Le déclin de l&#8217;empire américain</em></a> de Denys Arcand (1986), «le» film québécois des années 1980 (et un succès mondial), regard sarcastique sur une bande de baby-boomers qui, le temps d&#8217;un séjour à la campagne, joue à la guerre des sexes&#8230; et le jeu dérape, brisant le dernier couple qui avait su sauver les apparences. Au final, les personnages ne croient plus en rien, pas même à l&#8217;amour (il ne leur reste que leur obsession pour le cul et le jargonnage universitaire), à l&#8217;exception d&#8217;un étudiant. Le film suivant de Denys Arcand, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=4695" target="_blank">Jésus de Montréal</a></em> (1989), est beaucoup plus optimiste : tandis qu&#8217;ils travaillent à une production théâtrale qui actualise la Passion du Christ, de jeunes acteurs retrouvent le sens du sacré, du partage et de l&#8217;amour.</p>
<p>Nouveauté à l&#8217;époque, des hommes questionnent leur masculinité et leurs sentiments, osent se montrer fragiles et sensibles. Notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/jacques-et-novembre_11577" target="_blank">Jacques et novembre</a></em> de Jean Beaudry et François Bouvier (1984), <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/masculine-mystique_5665" target="_blank">The Masculine Mystique</a></em> (John N. Smith et Giles Walker, 1984) et <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3633" target="_blank">L&#8217;homme renversé</a></em> (Yves Dion, 1987). Ces efforts pour apprécier la complexité de la condition masculine seront balayés dans les années 1990-2000 par la série <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Boys" target="_blank"><em>Les Boys</em></a> et par des niaiseries comme <a href="http://elephant.canoe.ca/films/3-p-tits-cochons_77168/" target="_blank"><em>Les 3 p’tits cochons</em></a> (réalisé par Patrick Huard).</p>
<p>L&#8217;un des films les plus populaires de l&#8217;histoire du cinéma québécois, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cruising-bar_4588" target="_blank">Cruising bar</a></em> (Robert Ménard, 1989), s&#8217;inspire de la légendaire maladresse des Québécois dans les situations de drague. Les quatre personnages de séducteurs (quatre anti-héros interprétés par le même acteur, Michel Côté) échouent systématiquement dans leurs tentatives pour conquérir des créatures du sexe opposé. Ce film reste à l&#8217;affiche pendant un an, puis devient une valeur sûre à la télévision et dans les clubs vidéo; sans aucun doute, les Québécois se reconnaissent dans cette comédie. (<em>Cruising bar 2</em>, lancé en 2008, est cependant un échec.)</p>
<p><strong>Les années 1990 et 2000</strong></p>
<p>Le cinéma québécois du début des années 1990 n&#8217;est pas très inspiré. Les films qui se veulent romantiques sont généralement décevants. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amoureux-fou_7898" target="_blank">Amoureux fou</a></em> de Robert Ménard (1991) ne nous fait pas tomber amoureux fou de ses personnages. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/nelligan_1215" target="_blank">Nelligan</a></em> de Robert Favreau (1991), biographie d&#8217;un poète que l&#8217;on disait si beau et séducteur, manque de lyrisme. Denys Arcand signe le sinistre <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/love-human-remains_5372" target="_blank">Love &amp; Human Remains</a></em> en 1994. Gilles Carle ne nous émoustille plus (mais il arrive parfois à faire rire; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/postiere_9330" target="_blank">La postière</a></em>, en 1992, on voit Michèle Richard à quatre pattes, costumée en biche lubrique).</p>
<p>Où se cache l&#8217;amour ? Dans <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=28499" target="_blank">La vie fantôme</a></em> de Jacques Leduc (1992), une liaison adultère est filmée de manière enlevante, sensuelle et sentimentale. André Forcier a une imagination de plus en plus débridée : <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=5020" target="_blank">Une histoire inventée</a></em> (1990), <a href="http://elephant.canoe.ca/films/vent-du-wyoming_6596" target="_blank"><em>Le vent du Wyoming</em> </a>(1994) et <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/comtesse-de-baton-rouge_48500" target="_blank">La comtesse de Baton Rouge</a></em> (1997) donnent vie à des amoureux excentriques, fantaisistes.</p>
<p>En 2002, <em>Québec-Montréal</em> de <a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/80/Clips/881/Default.aspx" target="_blank">Ricardo Trogi</a> explore un chassé-croisé de relations hommes-femmes. Le ton est juste, l&#8217;humour est original. Trois ans plus tard, Ricardo Trogi poursuit dans la même veine avec <em>Horloge biologique</em>, moins subtil que <em>Québec-Montréal</em>. Ces deux films et leurs artisans donnent naissance à une petite industrie de l&#8217;éternel-adolescent-qui-a-peur-de-l&#8217;engagement (la série télé <em><a href="http://www.tou.tv/les-invincibles" target="_blank">Les Invincibles</a></em>). Le portrait complaisant de ces mâles velléitaires chroniques, confrontés à des bonnes femmes «contrôlantes», est servi à toutes les sauces. Et ce n&#8217;est plus drôle.</p>
<p>Les films sur le passé sont parfois plus intéressants que ceux qui essaient de décrire le présent. Le très beau <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/mariages_59081" target="_blank">Mariages</a></em> de Catherine Martin (2001) reconstitue l&#8217;atmosphère rigide du Québec de la fin du XIXe siècle, quand les «femmes à marier» cherchaient désespérément un «bon parti». <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/C.R.A.Z.Y." target="_blank">C.R.A.Z.Y.</a></em> de Jean-Marc Vallée (2005), qui se déroule pendant les décennies 1960 et 1970, obtient beaucoup de succès pour son personnage d&#8217;adolescent vivant ses premières relations amoureuses dans l&#8217;inconfort d&#8217;une orientation sexuelle indécise.</p>
<p>Le cinéma produit au Québec depuis le début des années 2000 me semble de moins en moins québécois. Nos taxes et nos impôts contribuent à financer des films de genre (policier, fantastique, horreur, etc.) calqués sur le cinéma américain, qui ne nous ressemblent pas. Les meilleurs films des dernières années, à mon avis, sont ceux qui essaient de nous reconnecter aux valeurs de notre passé et aux sentiments les plus authentiques, les oeuvres de <a href="http://www.coopvideo.ca/membres/bernard-emond.fr" target="_blank">Bernard Émond</a> notamment. L&#8217;histoire d&#8217;amour qui se noue dans son film <em><a href="http://www.cinemasparalleles.qc.ca/article.php3?id_article=399" target="_blank">La Donation</a></em> (2009), filmée sans fla-fla, s&#8217;entremêle à une prise de conscience sur l&#8217;engagement et la responsabilité. C&#8217;est rare au cinéma&#8230;</p>
<ul>
<li>J&#8217;ai aussi parlé dans ce blogue de deux films lancés l&#8217;an dernier, <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/20/les-grandes-chaleurs/" target="_self">Les grandes chaleurs</a></em> (de Sophie Laurin) et le très populaire <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/" target="_self">J&#8217;ai tué ma mère</a></em> de Xavier Dolan.</li>
<li>En novembre 2009, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/11/17/quelques-trouvailles-2/" target="_self">j&#8217;ai résumé un petit livre consacré au cinéaste Bernard Émond</a>.</li>
</ul>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 12:23:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<div id="attachment_3942" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg"><img class="size-full wp-image-3942" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg" alt="" width="200" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">Entre la mer et l&#39;eau douce (1967)</p></div>
<p>Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas de grandes histoires d&#8217;amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l&#8217;aura sulfureuse.</p>
<p>Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre).<span id="more-3805"></span></p>
<p>Laissons de côté les films réalisés avant la Révolution tranquille. En 1960, la fiction expérimentale <em><a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/34/Clips/537/Default.aspx" target="_blank">La femme-image</a></em> de Guy Borremans tente de représenter l&#8217;amour fou. On y voit d&#8217;ailleurs le premier nu intégral de notre cinématographie. Un film au style assez singulier, d&#8217;inspiration intello européenne, qui ne sera pas imité dans nos contrées.</p>
<p><em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/seul-ou-avec-d-autres_7243" target="_blank">Seul ou avec d&#8217;autres</a></em> (de Denys Arcand, Denis Héroux et Stéphane Venne, 1962) se déroule à la rentrée scolaire 1961 de l&#8217;Université de Montréal. Le film montre avec naturel des étudiants flirter et se moquer des règles conjugales de l&#8217;époque (les humoristes Les Cyniques multiplient les gags sur la morale catho). <em>Geneviève</em> de Michel Brault (1964, sketch québécois d&#8217;une coproduction avec la France, l&#8217;Italie et le Japon intitulée <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3988" target="_blank">La fleur de l’âge</a></em>) raconte une aventure sentimentale au Carnaval de Québec, avec l&#8217;actrice Geneviève Bujold (qui est si jolie&#8230;) dans le rôle-titre. En 1966, Geneviève Bujold et Michel Brault retravaillent ensemble pour <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/entre-la-mer-et-l-eau-douce_10208" target="_blank">Entre la mer et l&#8217;eau douce</a></em>, l&#8217;histoire d&#8217;un jeune homme quittant sa région natale de Charlevoix pour gagner sa vie à Montréal; il tombera en amour avec une serveuse de restaurant.</p>
<p>L&#8217;amour est parfois contrarié : dans <em><a href="http://www.onf.ca/film/Mon_amie_Pierrette/" target="_blank">Mon amie Pierrette</a></em> (Jean Pierre Lefebvre, 1968), une jeune femme en couple avec un jaloux doit renoncer à son amour naissant pour un artiste original; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=120" target="_blank">Entre tu et vous</a></em> (Gilles Groulx, 1969) soutient que la société de consommation, notamment la télévision et la publicité, tuent l&#8217;amour et le couple.</p>
<p>Tous ces films de fiction (qui ressemblent souvent à des documentaires) sont plus inspirants que les classiques <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-tout-prendre_23" target="_blank">À tout prendre</a></em> de Claude Jutra (1963) et <em><a href="http://www.onf.ca/film/chat_dans_le_sac/" target="_blank">Le chat dans le sac</a></em> de Gilles Groulx (1964), qui mettent en scène des hommes incapables d&#8217;assumer leurs responsabilités amoureuses (sur ces deux oeuvres, <a href="http://pages.mlink.net/~jsm/A_tout_prendre_Le_chat_dans_le_sac.html" target="_blank">voir une analyse de mon cru</a>). Le personnage de Claude dans <em>À tout prendre</em> est particulièrement narcissique, velléitaire et haïssable.</p>
<p>En 1968 débute la vogue des «films de fesses» (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/valerie_2815" target="_blank">Valérie</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/deux-femmes-en-or_12576" target="_blank">Deux femmes en or</a></em>, etc.), succession de navets érotiques. Cette mode s&#8217;épuise au début des années 1970 après avoir dégoûté une partie des Québécois de leur cinéma.</p>
<p><strong>Les années 1970</strong></p>
<p>Les films de la fin des années 1960 et des années 1970 sont de plus en plus osés et de moins en moins romantiques, avec une prolifération de danseuses nues (notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/gina_3267" target="_blank">Gina</a></em> de Denys Arcand en 1975), de p&#8217;tites vites sur la banquette arrière d&#8217;une minoune, de beuveries à la taverne et autres scènes pathétiques. Chez Gilles Carle, l’agression sexuelle est une plaisanterie (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/viol-d-une-jeune-fille-douce_9240" target="_blank">Le viol d&#8217;une jeune fille douce</a></em>, 1968), des granolas frustrés sexuellement kidnappent une infirmière (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/males_6515" target="_blank">Les mâles</a></em>, 1970), et une adepte du «retour à la terre» donne son corps à des p&#8217;tits vieux libidineux (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vraie-nature-de-bernadette_5184" target="_blank">La vraie nature de Bernadette</a></em>, 1972). <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=62" target="_blank">Le temps d&#8217;une chasse</a></em> (Francis Mankiewicz, 1972) met en scène des hommes misogynes, alcooliques et profondément malheureux. Les intrigants de <a href="http://elephant.canoe.ca/films/rejeanne-padovani_5187" target="_blank"><em>Réjeanne Padovani</em></a> (Denys Arcand, 1973), de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Bingo</a></em> et de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Parlez-nous d&#8217;amour</a></em> (de Jean-Claude Lord, 1974-75), corrompus à l&#8217;os, sont récompensés par le droit de cuissage et autres faveurs sexuelles. Les oeuvres d&#8217;André Forcier (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bar-salon_5285" target="_blank">Bar Salon</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=42" target="_blank">Night Cap</a></em>, <a href="http://elephant.canoe.ca/films/eau-chaude-l-eau-frette_11673" target="_blank"><em>L&#8217;eau chaude l&#8217;eau frette</em></a>) et de Pierre Harel (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bulldozer_12437" target="_blank">Bulldozer</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-d-ange_13756" target="_blank">Vie d&#8217;ange</a></em>) créent une poésie <em>trash</em>, avec des amours sordides.</p>
<p>Film-limite, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amour-blesse_8049" target="_blank">L&#8217;amour blessé</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1975) oblige le spectateur à partager le vide existentiel abyssal d&#8217;une femme abandonnée par son conjoint, isolée dans un appartement déprimant, qui ne croit plus que l&#8217;amour reviendra dans sa vie. Une heure et demie d&#8217;une existence solitaire où il ne se passe presque rien, avec de longs plans fixes. Cet amour blessé a beaucoup moins de chance que le personnage de Gisèle Lapointe dans <em><a href="http://filmsquebec.over-blog.com/article-film-soleil-se-leve-en-retard-andre-brassard-39770315.html" target="_blank">Le Soleil se lève en retard</a></em> (André Brassard, 1976), célibataire qui met son avenir sentimental entre les mains d&#8217;une agence de rencontre. Elle craquera pour un grand timide, Jean Cusson (interprété par Yvon Deschamps).</p>
<p>En 1973, une coproduction de Claude Jutra avec la France a l&#8217;ambition de narrer avec ampleur une grande histoire d&#8217;amour impossible au XIXe siècle : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/kamouraska_2832" target="_blank">Kamouraska</a></em>, adapté du roman d&#8217;Anne Hébert. Le film, trop lourd, n&#8217;obtient pas le succès escompté (consolation, l&#8217;actrice Geneviève Bujold est toujours aussi jolie). Le titre suivant de Claude Jutra, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/pour-le-meilleur-et-pour-le-pire_2826" target="_blank">Pour le meilleur et pour le pire</a> </em>(1975), est une comédie grinçante sur le couple.</p>
<p>Quelques films d&#8217;exception des années 1970 : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-succes-commercial-ou-q-bec-my-love-ou-struggle-for-love_12083" target="_blank">Un succès commercial ou Q-bec My Love</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1970), parodie du «film de fesses», s&#8217;amuse à déconstruire la représentation du flirt et de la sexualité à l&#8217;écran (les personnages travaillent nus au bureau et s&#8217;habillent pour rentrer à la maison&#8230;); <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-revee_7557" target="_blank">La vie rêvée</a></em> de Mireille Dansereau (1972), le premier film de fiction réalisé par une femme dans l&#8217;industrie privée, illustre ce que les Québécoises émancipées attendent désormais des hommes; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=98" target="_blank">Tendresse ordinaire</a></em> de Jacques Leduc (1973) scrute les petits gestes affectueux du quotidien; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=655" target="_blank">J. A. Martin, photographe</a></em> (Jean Beaudin, 1976) comporte une bonne dose d&#8217;amour conjugal et de désir; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cuisine-rouge_11158" target="_blank">La cuisine rouge</a></em> (Paule Baillargeon et Frédérique Collin, 1979), une oeuvre au style exigeant (qui relève presque du cinéma expérimental), les femmes se révoltent le jour d&#8217;un mariage pendant que les gars rotent leur bière.</p>
<p>Et j&#8217;ai déjà parlé dans ce blogue du film d&#8217;animation <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/30/cherie-ote-tes-raquettes/" target="_self">Chérie, ôte tes raquettes</a></em> (1975).</p>
<ul>
<li>Demain : <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/" target="_self">le cinéma québécois des années 1980, 1990 et 2000</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le mariage d&#8217;amour a échoué</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/15/le-mariage-damour-a-echoue/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Nov 2010 12:31:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Je viens de lire avec beaucoup d&#8217;intérêt le dernier essai de l&#8217;écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ? (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d&#8217;amour ne fonctionne pas. L&#8217;amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d&#8217;amour, c&#8217;est une lubie.
Avant de vous exposer mon point de vue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Je viens de lire avec beaucoup d&#8217;intérêt le dernier essai de l&#8217;écrivain français Pascal Bruckner, prudemment intitulé <em><a href="http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&amp;requestCode=afficherArticle&amp;codeArticle=9782246776611&amp;ligneArticle=5" target="_blank">Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ?</a></em> (Grasset, septembre 2010). Pour ma part, le constat est évident : le mariage d&#8217;amour ne fonctionne pas. L&#8217;amour dans le mariage, bien sûr, mais le mariage d&#8217;amour, c&#8217;est une lubie.</p>
<p>Avant de vous exposer mon point de vue en m&#8217;appuyant sur le livre de Bruckner, voici un peu de contexte historique.</p>
<ul>
<li>De l&#8217;Antiquité jusqu&#8217;au XXe siècle, le mariage arrangé par les parents (pour nouer une alliance économique ou politique entre les familles, pour la transmission d&#8217;un patrimoine, etc.) était très courant. Les couples ainsi formés contre leur gré devaient cohabiter tant bien que mal, leur sexualité servait à la reproduction de l&#8217;espèce et ils vivaient rarement les grands frissons de l&#8217;amour-passion. La vie amoureuse et sexuelle de bien des hommes (et parfois des femmes) se déroulait <em>hors</em> mariage, dans l&#8217;adultère, le concubinage et la prostitution.</li>
<li>Au XXe siècle, l&#8217;institution traditionnelle du mariage a été secouée par deux forces opposées. D&#8217;un côté, une nouvelle mentalité romantique s&#8217;est imposée : un mariage heureux, c&#8217;est un mariage d&#8217;amour, avec quelqu&#8217;un librement choisi par sentiment. D&#8217;autre part, une libération des amours et de la sexualité hors mariage a marqué le siècle, dès les «années folles» (la décennie 1920) et surtout pendant les années 1970; sexualité sans sentiments, «amour libre», couples «ouverts», etc.</li>
<li>Puis la découverte scientifique du sida (en 1983) et l&#8217;émergence d&#8217;un mode de vie individualiste-narcissique ont mis fin au <em>party</em> sentimental et sexuel. Depuis les années 1980, un retour du balancier favorise l&#8217;exclusivité amoureuse et sexuelle. Après avoir marqué un progrès en surpassant le mariage arrangé, le mariage d&#8217;amour s&#8217;est mué en tyrannie : pour être heureux en couple, il faut vivre à tout prix un idéal ultraromantique. (Fin de la parenthèse historique.)</li>
</ul>
<p>Aujourd&#8217;hui, le mariage d&#8217;amour est mal en point. «Pourquoi paraît-il si difficile à vivre de nos jours ? Parce que nous le vénérons à la façon d&#8217;une divinité, qu&#8217;il est devenu, comme le bonheur, l&#8217;alpha et l&#8217;oméga de nos sociétés occidentales», écrit Pascal Bruckner dans son essai. Il précise : «Posez un idéal, vous engendrerez immédiatement des millions d&#8217;inadaptés incapables de se hisser à cette altitude et qui se croient déficients.»<span id="more-3753"></span></p>
<p>Les inadaptés sont en effet très nombreux. Au Québec, plus de la moitié des mariages se terminent par un divorce (et le taux d&#8217;échec est sûrement plus élevé dans les unions libres). Il n’y a que de 25 à 30 % de couples heureux à long terme (les autres se séparent ou se résignent au malheur), affirment généralement les psychologues et autres spécialistes. Sans oublier les célibataires isolés, tristes et sans espoir.</p>
<p>Jadis, le mariage était une obligation qui mettait énormément de pression sur les individus : trouver un «bon parti», un homme avec une bonne situation, ou une «femme à marier» bien dotée, avec l&#8217;accord des familles, était souvent une course à obstacles. Les célibataires d&#8217;autrefois étaient terrorisés à l&#8217;idée de rester «vieux garçon» ou «vieille fille». Aujourd&#8217;hui, la pression sociale n&#8217;a pas disparu, elle a seulement changé de forme, avec un imaginaire amoureux à la fois infantile et impitoyable : dans l&#8217;attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles, nous rêvons à une rencontre hors du commun (qui doit obligatoirement se manifester par un coup de foudre réciproque dans un contexte féérique); l&#8217;exigence du «<a href="http://ladrague.qc.ca/2009/12/02/mefiez-vous-du-grand-amour/" target="_self">grand amour</a>», cette relation exceptionnelle, fusionnelle, exclusive et totale, est telle que ceux et celles qui ne parviennent pas à ce paroxysme romantique estiment que leur vie est <em>ratée</em>.</p>
<p>Le mariage d&#8217;amour est devenu une utopie. Non seulement les partenaires veulent absolument l&#8217;amour-passion-pour-la-vie, ils s&#8217;acharnent aussi à cumuler les rôles : «Chaque femme se doit d&#8217;être à la fois maman, putain, amie et battante, chaque homme père, amant, ami et gagneur; gare à ceux qui ne remplissent pas ces conditions !», écrit Pascal Bruckner. «Aux raisons traditionnellement avancées pour expliquer le malheur conjugal, l&#8217;usure du temps, la fatigue des corps, il faut ajouter un autre toxique très contemporain : la démesure des ambitions. (&#8230;) La moindre chute de tension est vécue comme un fiasco, un désaveu.»</p>
<p>Pour sortir du cul-de-sac du mariage d&#8217;amour, Pascal Bruckner suggère d&#8217;injecter de la raison et de l&#8217;intérêt dans l&#8217;union conjugale. Ce n’est pas péché de bâtir une relation sur d&#8217;autres choses que l’amour, d&#8217;y introduire des avantages financiers, professionnels, familiaux, etc. Il existe des unions platoniques (dont on ne parle presque jamais) ainsi que des couples plus axés sur la sexualité que sur l&#8217;amour romantique (et ce sont des couples quand même). «Construire un couple sur la seule base du coeur, c&#8217;est bâtir sur du sable», affirme l&#8217;essayiste. Il ajoute que la vie conjugale pourrait être moins fusionnelle, plus sensible aux relations avec des tiers.</p>
<p>Voici un exemple de mariage de raison que je rêve de voir émerger au Québec (et ailleurs).</p>
<p>Vous connaissez sûrement des trentenaires célibataires qui se meurent d&#8217;avoir des enfants (le tic-tac-tic-tac obsédant de leur horloge biologique les rend folles d&#8217;angoisse), désespérément à la recherche du partenaire masculin idéal. Leurs exigences envers les hommes sont souvent démesurées et contradictoires : elles désirent un amour romantique exalté parallèlement à une p&#8217;tite vie de couple pépère; leur partenaire doit être un polytechnicien hors pair, qui excelle dans tout, aussi habile à faire l&#8217;amour qu&#8217;à faire le ménage, à cuisiner thaï ou à survivre au fin fond de la forêt boréale (pour en savoir plus à ce sujet, voir «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/04/06/cahier-des-charges-homme-ideal-2/" target="_self">le cahier des charges de l&#8217;homme idéal</a>») ; ce mâle alpha (et jamais bêta) doit être sportif <em>et</em> intellectuel, aimer la bonne bouffe et le bon vin <em>sans</em> prendre du poids, être super séduisant <em>tout en étant insensible</em> au sex-appeal des autres femmes&#8230; Ce professionnel dynamique <em>et</em> père dévoué devra également réussir le tour de force de <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/03/le-mirage-de-la-conciliation-travail-famille-3/" target="_self">concilier travail <em>et</em> famille</a>. Le beurre et l&#8217;argent du beurre, quoi.</p>
<p>À ces célibataires qui rêvent de l&#8217;Homme absolu, je propose une solution de rechange : faire des enfants avec un ami célibataire qui désire fonder une famille (et qui a lui aussi perdu trop de temps à espérer «l&#8217;âme soeur»). Oui, vous avez bien lu : qu&#8217;elles s&#8217;unissent à un ami-géniteur. Préférablement un ami d&#8217;enfance, celui qu&#8217;elles connaissent le mieux et qu&#8217;elles apprécient le plus; un bon gars, honnête, fiable et dévoué qui saura intuitivement construire le bonheur au quotidien, d&#8217;autant plus qu&#8217;il ne sera pas obligé de jouer à l&#8217;amoureux parfait. Deux parents-amis qui s&#8217;entendent à merveille depuis des années, quoi de mieux pour un environnement familial heureux ?</p>
<p>Et rien n&#8217;empêchera ces parents de vivre leurs amours et leurs aventures sexuelles <em>à l&#8217;extérieur</em> de l&#8217;union familiale, comme bon leur semblera. C&#8217;est obtenir le beurre et l&#8217;argent du beurre&#8230; de manière pragmatique !</p>
<p>Si vous croyez que je délire, demandez-vous ce qui est le plus absurde : le mariage arrangé d&#8217;autrefois, soit gâcher sa vie avec un partenaire imparfait qui ne partage pas de sentiments, ou le mariage d&#8217;amour, soit gâcher sa vie avec un partenaire amoureux que l&#8217;on espère parfait, mais qui n’existe que dans l&#8217;imaginaire.</p>
<p>Ces deux modèles conjugaux ne mènent nulle part. Il faut forger une troisième voie, plus terre-à-terre.</p>
<p>Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
<ul>
<li>D’autres billets sur le même sujet : «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/09/13/sengager-sur-le-champ-ou-rien/" target="_self">S&#8217;engager sur-le-champ ou rien</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/04/28/petite-philosophie-de-l%e2%80%99amour/" target="_self">Petite philosophie de l&#8217;amour</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/29/le-couple-en-crise/" target="_self">Le couple en crise</a>», «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/30/le-couple-survalorise/" target="_self">Le couple survalorisé</a>» et «<a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/31/le-couple-suite-et-fin/" target="_self">Le couple, suite et fin</a>».</li>
<li>Quelques critiques du livre <em>Le mariage d&#8217;amour a-t-il échoué ? </em>et entrevues avec l&#8217;auteur : à l&#8217;émission <em><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2010-2011/chronique.asp?idChronique=122761" target="_blank">Christiane Charette</a></em> (Radio-Canada), dans <em><a href="http://www.hebdo.ch/bruckner_au_secours_du_mariage_57152_.html" target="_blank">L&#8217;Hebdo</a></em> (Suisse Romande) et <em><a href="http://www.lematin.ch/actu/suisse/pascal-bruckner-mariage-amour-utopie-321545" target="_blank">LeMatin.ch</a></em>.</li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/tag/pascal-bruckner/" target="_self">Tous mes billets sur les essais de Pascal Bruckner</a>.</li>
</ul>
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		<title>Priez pour nous</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Oct 2010 12:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été canonisé. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). 
Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<div id="attachment_3582" class="wp-caption alignleft" style="width: 189px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1.jpg"><img class="size-medium wp-image-3582  " title="L'Oratoire Saint-Joseph" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1-255x300.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph" width="179" height="210" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;Oratoire Saint-Joseph</p></div>
<p>Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été <a href="http://www.saint-joseph.org/fr_1123_index.php" target="_blank">canonisé</a>. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). </p>
<p>Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. Je veux simplement attirer votre attention sur des phénomènes qui m’intriguent dans cette religion que je connais moins mal que les autres.</p>
<p>Savez-vous pourquoi la mère de Jésus, Marie, est vierge ? Le dogme sur la virginité de Marie stipule que Jésus été conçu «de l&#8217;Esprit-Saint sans semence virile». Pour vraiment s&#8217;assurer que Marie soit une femme hors du commun, l&#8217;Église a aussi décrété qu&#8217;elle est née de parents qui n&#8217;ont jamais ressenti le désir charnel, et qu&#8217;elle est restée vierge toute sa vie.</p>
<p>Ainsi, la Vierge Marie est une femme asexuée, née de parents asexués, et elle a conçu un enfant avec une entité asexuée, l&#8217;Esprit-Saint. En célébrant la Vierge Marie, l&#8217;Église envoie le message suivant aux croyants : «le sexe est péché, d’ailleurs vous devriez vous inspirer de la vie exemplaire d’une femme 100 % chaste et pure».</p>
<p>Jésus, pour sa part, est un célibataire endurci. Il a vécu jusqu&#8217;à l&#8217;âge adulte, il avait beaucoup de charisme (ses apôtres buvaient ses paroles), il n&#8217;arrêtait pas de prêcher l&#8217;amour universel, et pourtant les textes saints ne disent pas grand-chose de sa vie intime. Bizarre, non ? (Une thèse, contestée, veut que Marie-Madeleine ait été unie à Jésus. Ça lui ferait une seule partenaire officielle&#8230;) </p>
<p>Mais le personnage qui m&#8217;intrigue le plus, c&#8217;est Joseph, le mari de Marie.<span id="more-3306"></span></p>
<p>Saint Joseph joue un rôle important dans l’histoire religieuse du Québec, avec l&#8217;<a href="http://www.saint-joseph.org/" target="_blank">Oratoire</a> qui lui est consacré à Montréal (l’un des plus importants temples du monde catholique). Joseph est pourtant un personnage biblique très effacé, les textes sacrés ne rapportent aucune parole qui ait été prononcée de sa bouche. Après la naissance du Christ, il disparaît carrément de la Bible; dans les Églises et dans l&#8217;art religieux, on ne le voit jamais représenté au pied de la croix où son fils agonise, souligne le journaliste québécois <a href="http://web.mac.com/mrsauve/Site/Accueil.html" target="_blank">Mathieu-Robert Sauvé</a> dans son livre <em>Échecs et mâles : les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau</em> (Les Éditions des Intouchables, 2005).</p>
<p>Mathieu-Robert Sauvé ajoute que Marie n&#8217;a pas eu d&#8217;autre enfant que Jésus. D&#8217;ailleurs, elle n’a pas couché avec son mari puisqu’elle est vierge. La sexualité, dans la Bible, étant impensable hors du mariage, Joseph est forcément resté vierge lui aussi. Ainsi, Saint Joseph est à la fois vierge et cocu (puisque sa femme a eu une relation extraconjugale avec l&#8217;Esprit-Saint). «L&#8217;oratoire qui porte son nom demeurera toujours, pour moi, un temple dédié au premier des cocus. C&#8217;est un immense monument&#8230; à notre impuissance», écrit Mathieu-Robert Sauvé.</p>
<p>Vous imaginez les répercussions, dans l&#8217;histoire des relations hommes-femmes au Québec, d&#8217;une religion axée sur un éternel célibataire né d&#8217;une union sans sexualité ? Un envoyé de Dieu qui fut élevé par une mère vierge et qui n&#8217;a connu, pour père terrestre, qu&#8217;un individu absent, muet et cocu&#8230; Et pour l&#8217;adoration de ce dernier, les Québécois ont bâti l&#8217;un des plus imposants lieux de culte de la planète !</p>
<p>Vraiment, nous sommes à plaindre. Si vous croyez en Dieu, priez pour le salut du peuple québécois. Ou pour que Saint frère André fasse un miracle.</p>
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		<title>Cinquante ans de remue-ménage</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/10/14/50-ans-de-remue-menage/</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Oct 2010 11:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans mon billet de mardi dernier, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois Châtelaine et la reproduction sur le Web d&#8217;un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m&#8217;a appris hier que cet article fait partie d&#8217;un dossier de Châtelaine intitulé «50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus», ou comment le mâle d&#8217;ici est passé du macho traditionnel à [...]]]></description>
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<p>Dans mon <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/10/12/quelques-trouvailles-14/">billet de mardi dernier</a>, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois <em>Châtelaine</em> et la reproduction sur le Web d&#8217;un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m&#8217;a appris hier que cet article fait partie d&#8217;un dossier de <em>Châtelaine</em> intitulé «<a href="http://50e.chatelaine.com/sante-mieux-etre/50-ans-d%e2%80%99evolution-avec-%c2%ab-l%e2%80%99homo-quebecus-%c2%bb" target="_blank">50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus</a>», ou comment le mâle d&#8217;ici est passé du macho traditionnel à l&#8217;homme en pleine redéfinition de son identité. Entre les deux, il y a eu l&#8217;essor du féminisme et l&#8217;avènement l&#8217;homme rose.</p>
<p>Au menu de ce dossier, des reproductions en PDF de six articles marquants de <em>Châtelaine</em> : «Comment trouver un mari ?» (1961), «Le mari canadien-français face à la femme émancipée» (1967), «La vraie puissance sexuelle de la femme» (1974), un résumé du fameux rapport Hite (1983), un article de Richard Martineau sur les hommes trop roses (1989) et un sondage mené en 1992 auprès de 1500 Québécois sur leurs relations avec le sexe opposé.<span id="more-3608"></span></p>
<p>Un dossier à comparer avec un autre article de <em>Châtelaine</em>, celui-là provenant du dernier numéro (novembre 2010), «<a href="http://50e.chatelaine.com/retrospective/la-generation-de-tous-les-possibles" target="_blank">La génération de tous les possibles</a>». Les Québécoises âgées de 20 à 35 ans bénéficient aujourd&#8217;hui de perspectives de carrière et d&#8217;épanouissement personnel jamais vues dans l&#8217;histoire&#8230; mais tant de liberté peut parfois nuire au désir et au plaisir. «Nos mères ont foulé les raisins du machisme et mis le moût à fermenter. Nous buvons avec plaisir le vin de la liberté», écrit la journaliste. «Mais le nectar râpe un peu les papilles. Il faudra que les vigneronnes de la relève se chargent de l’élever en douceur.»</p>
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		<title>Quelques trouvailles (14)</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Oct 2010 11:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.
Sexe et littérature. L&#8217;universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l&#8217;édition contemporaine, a lancé l&#8217;été dernier Sexe et littérature aujourd&#8217;hui (La Musardine), tour d&#8217;horizon de la sexualité et de l&#8217;érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.
En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.</p>
<p><strong>Sexe et littérature.</strong> L&#8217;universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l&#8217;édition contemporaine, a lancé l&#8217;été dernier <em><a href="http://www.lamusardine.com/editions-la-musardine/%20/9016-sexe-et-litterature-aujourd-hui.html" target="_blank">Sexe et littérature aujourd&#8217;hui</a></em> (La Musardine), tour d&#8217;horizon de la sexualité et de l&#8217;érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.</p>
<p>En 1989, le roman <em>Le boucher</em> d&#8217;Alina Reyes a donné un nouveau souffle à la littérature érotique au féminin. Mais dans les années 1990 et 2000, le porno-chic a tout contaminé. En y ajoutant les confessions autobiographiques à n&#8217;en plus finir d&#8217;auteurs qui baisent pour baiser et ne savent plus aimer, le portrait de la littérature osée des 20 dernières années est peu ragoûtant : violence gratuite, complaisance, tristesse, solitude, désabusement. Olivier Bessard-Banquy retient quand même quelques auteurs de talent : Alina Reyes et sa description du désir charnel, Françoise Rey et la sensualité de <em>La femme de papier</em>, la réflexion sur la relation sadomasochiste de Vanessa Duriès (<em>Le Lien</em>), Catherine Millet pour le style clinique de <em>La vie sexuelle de Catherine M.</em>, la critique du désordre amoureux de Michel Houellebecq (<em>Extension du domaine de la lutte</em>, <em>Les particules élémentaires</em>), la rhétorique d&#8217;Alain Soral dans <em>Sociologie du dragueur</em>, les gauloiseries de Michel Polac dans son <em>Journal</em>, la spontanéité d&#8217;Anna Rozen (<em>Plaisir d&#8217;offrir, joie de recevoir</em>), la noirceur de Nelly Arcan (<em>Putain</em>) et les romans de gare d&#8217;Esparbec (pseudonyme de Georges Pailler).</p>
<p>Personnellement, la littérature osée contemporaine me semble trop <em>trash</em>, elle manque cruellement d&#8217;humour, d&#8217;imagination et de sentiments. J&#8217;ai l&#8217;impression que personne n&#8217;a dépassé la grivoiserie des poètes coquins du Moyen Âge, la pornographie du marquis de Sade, la critique sociale de Balzac et le romantisme du XIXe siècle. Si vous avez envie de vous échauffer l&#8217;âme et les sens avec les lettres françaises, les classiques vous procureront probablement plus de sensations fortes que les derniers succès de librairie&#8230;<span id="more-3560"></span> </p>
<p><strong>L&#8217;hypothèse du bonheur</strong>. Un éditeur belge (Éditions Mardaga) a récemment traduit en français un formidable travail de vulgarisation scientifique signé en 2006 par un professeur de psychologie à l&#8217;Université de Virginie, Jonathan Haidt. Le livre, intitulé <a href="http://www.mardaga.be/index.php?page=shop.product_details&amp;flypage=shop.flypage&amp;product_id=959&amp;category_id=31&amp;manufacturer_id=0&amp;option=com_virtuemart&amp;Itemid=2" target="_blank"><em>L&#8217;hypothèse du bonheur. La découverte de la sagesse ancienne dans la science contemporaine</em></a>, explore dix thématiques de la psychologie populaire : parvenir au contrôle de soi, changer son état d&#8217;esprit, cultiver les liens sociaux, savoir tolérer les défauts des autres tout en admettant les siens, se lancer à la poursuite du bonheur, rencontrer l&#8217;amour sans s&#8217;illusionner, vaincre l&#8217;adversité, mener une vie vertueuse dans une société déstructurée, s&#8217;ouvrir au sacré même si on ne croit pas en Dieu, et, cerise sur le gâteau, découvrir le sens de la vie (en fait, il s&#8217;agit de donner sens à <em>sa</em> vie). Jonathan Haidt confronte ces dix thématiques à la sagesse ancienne (philosophies et religions, tant occidentales qu&#8217;orientales) et à de récentes découvertes de la science, surtout en psychologie.</p>
<p>Autrement dit : «Chaque chapitre tente de nous faire goûter une idée découverte par les différentes civilisations du monde, de la mettre en question à la lumière de nos connaissances scientifiques actuelles et d&#8217;en retirer les leçons qui s&#8217;appliquent encore aujourd&#8217;hui à nos vies modernes», écrit l&#8217;auteur en introduction. Une lecture à la fois érudite et accessible, qui critique plusieurs idées reçues sur le bonheur et qui permet de mieux comprendre pourquoi certaines personnes parviennent à donner un sens à leur existence alors que d&#8217;autres vont d&#8217;échec en échec jusqu&#8217;à la défaite finale, entre autres sur le plan amoureux.</p>
<p><strong>Que veulent les Québécoises, au juste ?</strong> <a href="http://www.pascalepiquet.com/" target="_blank">Pascale Piquet</a> est une coach de vie d&#8217;origine parisienne, installée au Québec depuis 2001. Elle a lancé en 2006 un essai intitulé <em>Le syndrome de Tarzan. Libérez-vous des lianes de la dépendance affective </em>(Béliveau éditeur). J&#8217;ai surtout aimé la troisième partie du livre, sur les relations hommes-femmes, où Pascale Piquet ne se gêne pas pour critiquer certaines attitudes des Québécoises. Quelques citations choisies : </p>
<ul>
<li>«Aujourd&#8217;hui, vous avez conservé votre instinct de séduction et les artifices qui vont de pair mais vous interdisez à l&#8217;homme d&#8217;y être sensible. Imaginez un monde horrible où plus aucun homme ne vous regarderait. Un vrai cauchemar ! Je le sais parce que je l&#8217;ai vécu en arrivant au Québec. (&#8230;) Si Monsieur ne doit pas vous zieuter, pourquoi ces jupes courtes et ces décolletés vertigineux, qui sont autant de tentations pour ces démons ?»</li>
<li>«Refuser la galanterie, c&#8217;est accepter un retour en arrière, c&#8217;est rééduquer l&#8217;homme à l&#8217;envers et le reprogrammer à être de nouveau un rustre. C&#8217;est exactement ce que vous êtes en train de faire. N&#8217;avez-vous pas tout à y perdre, Madame ? Les hommes ne savent plus quel comportement adopter.»</li>
<li>«Vous avez une carrière professionnelle, la sécurité financière, vous vous assumez à tous points de vue et vivez seule, en ayant cependant un ou plusieurs amants. La voilà la dépendance des femmes indépendantes : vous vous organisez pour avoir les avantages (ou les attributs !) du mâle mais pas les inconvénients que vous résumez bassement à la lessive, les chaussettes, le ménage et la cuisine. Est-ce ainsi que vous résumez une vie de couple ?»</li>
<li>«Je crains que votre souhait ne soit pas d&#8217;être l&#8217;égale de l&#8217;homme, mais bien d&#8217;ÊTRE un homme, ne copiant malheureusement que les défauts.»</li>
</ul>
<p>L&#8217;été dernier, j&#8217;ai eu le plaisir de rencontrer Pascale Piquet et de lui offrir un exemplaire du livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer</em>. <a href="http://www.machronique.com/comment-etre-un-homme/" target="_blank">Elle a ensuite livré ses impressions sur mon livre dans une chronique web</a>.</p>
<p><strong>L&#8217;hypersexualisation vestimentaire pour les nuls</strong>. <em>La mode hypersexualisée</em> de Mariette Julien (Les éditions Sisyphe, Montréal), lancé en janvier dernier, est un livre facile d&#8217;accès, très synthétique, en 113 pages (incluant un glossaire pour comprendre le jargon de la mode et les termes spécialisés). L&#8217;auteure, qui est professeure à l&#8217;École supérieure de mode de Montréal, décrit bien les origines et les manifestations de l&#8217;hypersexualisation, «esthétique de l&#8217;apparence qui met l&#8217;accent sur la sexualité». Vous savez, ces fillettes de huit ans habillées comme des actrices porno&#8230; Mais le livre a un côté puritain, par exemple lorsqu&#8217;il déplore «l&#8217;impératif de séduction de notre époque», comme si le fait de s&#8217;habiller sexy pour attirer le regard était mal en soi. Il faudrait peut-être commencer par retrouver le plaisir de se zieuter et d&#8217;apprécier le <em>sex appeal</em> des gens qui nous entourent, comme le suggère Pascale Piquet dans l&#8217;ouvrage cité plus haut. (Pour en savoir plus sur <em>La mode hypersexualisée, </em>voici un <a href="http://sisyphe.org/spip.php?article3472" target="_blank">extrait du livre</a>.)</p>
<p><strong>Comment une Québécoise rencontrait-elle son futur mari en 1961 ?</strong> Le magazine féminin québécois <em>Châtelaine</em> <a href="http://50e.chatelaine.com" target="_blank">fête ses 50 ans</a>. La publication a exhumé de ses archives un article du numéro de novembre 1961, «<a href="http://50e.chatelaine.com/sites/wp-content/uploads/2010/10/1_trouver_mari.pdf" target="_blank">Comment trouver un mari ?</a>» (format PDF). Déjà, au début des années 1960, des Québécoises se plaignaient de la passivité des hommes sur le terrain de la rencontre amoureuse, et elles prenaient l&#8217;initiative de provoquer les événements&#8230;</p>
<p><strong>Pour un corps parfait</strong>. Vous fantasmez sur des acteurs ou des actrices du petit et du grand écran ? Vous idéalisez peut-être des corps trop beaux pour être vrais, car ils peuvent être retouchés par ordinateur. Par exemple avec le logiciel <em>MovieReshape</em>; <a href="http://www.mpi-inf.mpg.de/resources/MovieReshape/" target="_blank">la vidéo de démonstration du logiciel est éloquente</a>.</p>
<ul>
<li>Toutes nos <a href="http://ladrague.qc.ca/?s=Quelques+trouvailles" target="_self">trouvailles</a></li>
</ul>
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		<title>S&#8217;engager sur-le-champ ou rien</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Sep 2010 12:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Messieurs, avez-vous déjà été confronté à une «beauté désespérée» dans la trentaine, une célibataire qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille parce qu&#8217;elle n&#8217;en peut plus de vivre seule et d&#8217;entendre l&#8217;obsédant tic-tac tic-tac de son horloge biologique ? J’en ai rencontré quelques-unes, et j&#8217;en connais d&#8217;autres dans mon entourage. Une première date avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Messieurs, avez-vous déjà été confronté à une «beauté désespérée» dans la trentaine, une célibataire qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille parce qu&#8217;elle n&#8217;en peut plus de vivre seule et d&#8217;entendre l&#8217;obsédant tic-tac tic-tac de son horloge biologique ? J’en ai rencontré quelques-unes, et j&#8217;en connais d&#8217;autres dans mon entourage. Une première <em>date</em> avec ce genre de femme peut être assez surprenante&#8230;</p>
<p>Le scénario est généralement le suivant (je vais ici condenser des rencontres dont j&#8217;ai été l&#8217;acteur ou le témoin). Après un premier contact avec un homme qui semble disponible pour une rencontre, la trentenaire célibataire organise un rendez-vous dans un endroit public, officiellement pour faire plus ample connaissance. Lors des 30 ou 40 premières minutes de la rencontre, les deux individus discutent de choses et d&#8217;autres dans un contexte relax. Puis la beauté désespérée profite d&#8217;une pause dans la conversation pour prendre une mine sévère, pour regarder fixement le mâle dans les yeux et lui demander, avec un sérieux solennel : «Moi, je suis à la recherche d&#8217;un homme qui veut s&#8217;engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l&#8217;engagement&#8230;»</p>
<p>Incroyable, mais vrai : une femme demande à un homme qu&#8217;elle ne connaît presque pas s&#8217;il veut s&#8217;engager. Elle n&#8217;a pas encore parlé d&#8217;amour&#8230; mais elle parle déjà de couple, de mariage, d&#8217;enfants ! On se croirait dans le Québec traditionnel, avant la Révolution tranquille, quand une «fille à marier» cherchait désespérément un «bon parti», un homme qui a une «situation», pour fonder une famille et éviter la honte du statut de «vieille fille».<span id="more-3187"></span></p>
<p>Dans ce genre de rencontre, l&#8217;homme se dit: «Mais qui suis-je, pour cette femme ?!? Elle ne me connaît pas, elle ignore ma personnalité, mon vécu, mes qualités et mes défauts, mes forces et mes faiblesses&#8230; Elle ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à son projet de vivre en coupe et d&#8217;avoir une famille.» Dans un autre contexte, lorsqu&#8217;un homme rencontre une femme dans le seul but de s&#8217;offrir une aventure sexuelle, la réflexion de madame sera identique : «Mais qui suis-je, pour cet homme ?!? Il ne me connaît pas, il ignore ma personnalité, mon vécu, mes qualités et mes défauts, mes forces et mes faiblesses&#8230; Il ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à mon corps, il ne pense qu&#8217;à coucher avec moi.» Deux facettes d&#8217;une même médaille.</p>
<p>À mon humble avis, une femme trop pressée de nidifier a un comportement plus irresponsable qu&#8217;un homme trop pressé de baiser. Coucher avec une <em>date</em> dès le premier soir, ce n&#8217;est pas très lourd de conséquences. Mais s&#8217;engager trop rapidement dans un projet familial, c&#8217;est très, très lourd de conséquences&#8230;</p>
<p>La suite <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/09/14/sengager-sur-le-champ-ou-rien-2/" target="_self">demain</a> (j&#8217;ai trop de choses à dire là-dessus pour m&#8217;en tenir à un seul billet).</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Réinventer la virilité</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/09/07/reinventer-la-virilite/</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 12:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Le 10 août dernier, j’ai été invité à participer à un débat sur la virilité organisé par l&#8217;émission AM (Première Chaîne Radio de Radio-Canada). Une discussion intéressante, quoique dans le feu de l&#8217;action (c&#8217;était un enregistrement en direct) j&#8217;ai un peu confondu virilité, identité et condition masculine. 
Pour mettre ma pensée au clair, j&#8217;ai décidé de prendre le temps d&#8217;exposer ici [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Le 10 août dernier, j’ai été invité à participer à un <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/am/2010/chronique.asp?idChronique=116766" target="_blank">débat sur la virilité</a> organisé par l&#8217;émission <em>AM</em> (Première Chaîne Radio de Radio-Canada). Une discussion intéressante, quoique dans le feu de l&#8217;action (c&#8217;était un enregistrement en direct) j&#8217;ai un peu confondu virilité, identité et condition masculine. </p>
<p>Pour mettre ma pensée au clair, j&#8217;ai décidé de prendre le temps d&#8217;exposer ici mon point de vue sur la virilité.</p>
<p>Qu’est-ce que la virilité ? Comment définir cette «notion polysémique et réalité protéiforme», comme diraient des spécialistes des sciences humaines en mal de jargonnage ?</p>
<p>En 1950, la réponse à cette question était simple :</p>
<ul>
<li>Force physique.</li>
<li>Un mâle viril est un gros travailleur, dur à l’ouvrage, au détriment de sa vie privée.</li>
<li>Machisme.</li>
<li>Vie sexuelle égoïste et peu sophistiquée (monsieur baise en vitesse, satisfaire madame n’est pas important; monsieur ignore d&#8217;ailleurs qu&#8217;une femme peut avoir un orgasme).</li>
<li>Amitié «virile» entre hommes, bruyante et turbulente, sans épanchements ni confessions intimes.</li>
<li>Toujours être maître de soi, toujours triompher des obstacles, ne jamais douter ou hésiter.</li>
<li>Ne jamais parler de ses émotions, encore moins les afficher.</li>
<li>Refouler toute féminité et, surtout, tout ce qui peut laisser croire à une pulsion homosexuelle. Raconter régulièrement des blagues stupides sur les «fifs», sur les «bonnes femmes» et sur les «belles-mères».</li>
<li>Le poil est viril.</li>
<li>Les odeurs de sueur et de crasse sont tolérées jusqu&#8217;à un certain point (quand les autres gars s&#8217;en plaignent, il est temps de se laver).</li>
<li>Un mâle est capable de démontrer sa force et sa résistance en se livrant à des épreuves physiques, en buvant toute une caisse de bière sans rouler sous la table, en se battant dans une ruelle, etc., avec des «Arrrrgggh !», des «J&#8217;vais te péter la gueule en sang, mon tab&#8230;!» et autres interjections viriles.<span id="more-3264"></span></li>
</ul>
<p>Cette virilité brute, peu sophistiquée, c&#8217;est ce que la société attendait des hommes en 1950. Et ce n&#8217;était pas nécessairement satisfaisant pour tous. On peut penser que plusieurs hommes de l&#8217;époque se sentaient mal à l’aise avec cette virilité imposée, que nombre d&#8217;entre eux ont renoncé à leurs aspirations profondes, ont refoulé beaucoup de sentiments, de craintes, de pulsions, par peur de passer pour une «moumoune».</p>
<p>Avec les changements sociologiques des 50 dernières années, notamment l’émancipation de la femme, la virilité traditionnelle est dépassée. La société québécoise n’impose plus une définition unique de la virilité, nous sommes maintenant dans le flou. Les hommes d&#8217;aujourd&#8217;hui peuvent se montrer très machos (et se faire allonger le pénis par chirurgie s&#8217;il le faut) ou, à l&#8217;autre extrême, aseptiser leur virilité en adoptant des comportements féminins (s&#8217;épiler le corps, par exemple).</p>
<p>De nos jours, les pères font rarement l&#8217;éducation sentimentale et sexuelle de leurs garçons (nous sommes à l&#8217;époque du «père manquant, fils manqué», pour reprendre le titre du fameux livre du psychanalyste <a href="http://www.guycorneau.com/" target="_blank">Guy Corneau</a>). Les adolescents vont souvent puiser leurs modèles de virilité dans la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/09/30/secret-du-succes-de-la-pornographie/" target="_self">pornographie</a> faute de modèles dans leur entourage. </p>
<p>De plus, il n’y a aucun rite de passage formel qui marque la transition entre l’enfance et l’univers viril de l’homme sexué. Il n&#8217;y a que des rites de passage par défaut, qui sont pitoyables, par exemple s&#8217;offrir une sortie bien arrosée dans un club de danseuses nues pour fêter un 18e anniversaire de naissance, ou les «enterrements de vie de garçon» à la veille d’un mariage.</p>
<p>Je crois que les hommes, aujourd’hui, sont obligés de construire ou de réinventer leur virilité. Non en fonction de ce que la société attend d’eux, non en fonction des femmes (et surtout pas en s’opposant aux femmes), mais en fonction d’eux-mêmes. À chaque homme de construire sa virilité, malgré l&#8217;absence de modèles, de structures sociales et de rites de passage pour les jeunes mâles.</p>
<p>Pour ma part, j’ai déjà publié «<a href="http://ladrague.qc.ca/25-qualites-du-male-alpha-quebecois/">Les 25 qualités du mâle alpha québécois</a>», où on retrouve ma définition de la virilité.</p>
<p>Et vous ? Comment définissez-vous la virilité ?</p>
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		<title>Le célibat involontaire</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 12:05:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Un lecteur de ce blogue m’a écrit en privé il y a quelques jours pour me suggérer d’explorer deux ressources sur le célibat involontaire, mieux connu en anglais sous le nom de involuntary celibacy (incel pour les intimes) : une page de l’encyclopédie Wikipedia et le site web www.incelsite.org.
La définition de l’incel ratisse large, englobant les gens [...]]]></description>
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<p>Un lecteur de ce blogue m’a écrit en privé il y a quelques jours pour me suggérer d’explorer deux ressources sur le célibat involontaire, mieux connu en anglais sous le nom de <em>involuntary celibacy</em> (<em>incel</em> pour les intimes) : <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Involuntary_celibacy" target="_blank">une page de l’encyclopédie <em>Wikipedia</em></a> et le site web <a href="http://www.incelsite.org" target="_blank">www.incelsite.org</a>.</p>
<p>La définition de l’<em>incel</em> ratisse large, englobant les gens qui n’ont jamais connu de relations intimes, les célibataires qui vivent une longue traversée du désert, ceux qui éprouvent d’énormes difficultés à établir un premier contact avec autrui (les individus souffrant de <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/11/quand-la-peur-de-draguer-est-une-phobie-1/">phobie sociale</a>, notamment), et même des gens en couple qui subissent une pénurie d’amour et de sexualité. Un univers de solitude et de misère sexuelle, avec les conséquences tragiques que l’on imagine (isolement, dépression, alcoolisme, troubles mentaux, etc.).<span id="more-3056"></span></p>
<p>J’ai aussi découvert un site web intitulé <a href="http://www.involuntarycelibacy.com/" target="_blank"><em>The Incel Project</em></a>, qui semble vouloir documenter le phénomène (mais qui est pauvre en contenu). Ce site souligne que le célibat involontaire est sous-estimé : «It’s alarming that a problem so destructive can be all but virtually ignored by both serious sociologists and the mental health community.»</p>
<p>J’ose croire que <em>Les Québécois ne veulent plus draguer</em> livre et blogue contribuent à documenter ce que les anglophones appellent l’<em>involuntary celibacy</em>&#8230;</p>
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		<title>Séduction médiocre, couple médiocre</title>
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		<pubDate>Mon, 31 May 2010 12:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Au Québec, la séduction n’est pas un art de vivre, la drague est trop rare et souvent malaisée. Avec quels impacts sur la vie de couple ? Je me suis posé la question il y a quelques jours&#8230; Voici le fruit de ma réflexion. 
Permettez-moi de dresser un portrait du couple québécois. Pour mieux faire ressortir plusieurs caractéristiques, je vais [...]]]></description>
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<p>Au Québec, la séduction n’est pas un art de vivre, la drague est trop rare et souvent malaisée. Avec quels impacts sur la vie de couple ? Je me suis posé la question il y a quelques jours&#8230; Voici le fruit de ma réflexion. </p>
<p>Permettez-moi de dresser un portrait du couple québécois. Pour mieux faire ressortir plusieurs caractéristiques, je vais tourner les coins ronds, caricaturer, multiplier les généralisations grossières. S.v.p. n’allez pas croire que je veux me moquer des gens qui vivent en couple. Je veux seulement souligner, par l&#8217;exagération, quelques comportements culturels.</p>
<p><strong>Avant que le couple se forme, les individus sont animés par un imaginaire amoureux infantile de type «conte de fées».</strong> C&#8217;est d&#8217;abord l’attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles. La rencontre de rêve doit se manifester par un coup de foudre (autrement, ce ne serait pas un véritable amour). Elle sera suivie d’une passion torride qui débouchera sur une relation pour-la-vie. (Hé oui, des gens dans la vingtaine ou la trentaine croient qu’ils vont rencontrer un partenaire pour-la-vie ! En passant, l’espérance de vie au Québec est d’environ 83 ans pour les femmes et de 78 ans et quelque pour les hommes&#8230;)</p>
<p><strong>L&#8217;imaginaire amoureux «conte de fées» valorise l’union fusionnelle.</strong> C’est-à-dire une relation monogame, exclusive et ultra-romantique, à vie. Les deux partenaires sont repliés sur eux-mêmes, coupés du monde, ils vivent leur amour en autarcie.</p>
<p>On passe souvent sous silence qu’il existe d’autres manières de vivre en couple, avec plus ou moins de souplesse et d’autonomie pour les partenaires&#8230; Mais pour les besoins de ma démonstration, je vais m&#8217;en tenir au couple fusionnel, qui est dominant dans notre culture.<span id="more-3017"></span></p>
<p><strong>Le mariage (ou l’union de fait) confirme l’appropriation de l’autre</strong>, marque la fin d’une période insouciante de la vie où l’on pouvait séduire, s’amuser. Ce changement est souligné par des rituels comme les «enterrements» de vie de garçon ou de jeune fille. Toute la vie de couple à venir sera statique, monotone, prévisible.</p>
<p><strong>La relation amoureuse étant fusionnelle, monogame et exclusive, il est interdit d’avoir des relations extraconjugales</strong>, et même d’y penser. Le désir pour un(e) autre est coupable, l’amour extraconjugal est un tabou. Le couple se méfie du monde extérieur, de la séduction, des occasions de croiser de nouveaux visages, etc., car ces rencontres pourraient menacer la fusion amoureuse. Toute activité en dehors du couple qui puisse procurer du plaisir est une activité suspecte (sauf les activités sur le marché du travail).</p>
<p>Mais dans les faits, plus le tabou de la relation extraconjugale est fort, plus celle-ci devient désirable, car l’être humain est fasciné par les interdits. Autrement dit : plus un couple est fusionnel, plus il pousse les partenaires dans les bras d’un(e) autre !</p>
<p><strong>Lorsqu’un partenaire vit enfin l&#8217;inévitable, c&#8217;est-à-dire une relation extraconjugale, cela se déroule forcément dans le secret, le mensonge, la culpabilité.</strong> Si l&#8217;autre partenaire découvre le pot aux roses, il ou elle se sentira bien sûr trahi(e), humililé(e), etc., avec l’épouvantable crise que vous pouvez imaginer. Au sein d’un couple fusionnel, la jalousie, la possessivité, les «scènes» hystériques sont d&#8217;ailleurs considérées comme des preuves d’amour.</p>
<p><strong>Sur le plan sexuel, chaque partenaire doit combler l’autre à 100 %.</strong> Il est interdit de découvrir ailleurs que dans le couple des sources de satisfaction sexuelle, interdit d&#8217;expérimenter et d&#8217;apprendre. Même la masturbation est mal vue. Puisqu’il est impossible, dans un couple fusionnel, de combler son partenaire à 100 %, une frustration sexuelle s’installe, prend de l’ampleur, et finit par rendre les partenaires complètement névrosés.</p>
<p><strong>Le couple fusionnel ne vit intensément que pendant la rencontre et la passion des débuts.</strong> Ensuite, il meurt à petit feu. Cette union peut survivre à long terme si les partenaires se résignent à vivre sans séduction, sans sexualité, sans amour. Des individus désabusés, abrutis de conformisme et d&#8217;ennui&#8230; L’homme devient un gros moron qui boit de la bière, se laisse pousser la barbe et la bedaine, rote à table et pète au lit. La femme devient une mégère, toute de hargne et de fiel.</p>
<p><strong>Chaque épreuve que vit le couple est un traumatisme qui lézarde l’idéal de la fusion et de l&#8217;amour-pour-la-vie.</strong> Les couples fusionnels, lorsqu’ils sont confrontés à une crise, préfèrent souvent se séparer au lieu de tenter de comprendre ce qui ne fonctionne pas et apprendre de leurs erreurs. Remettre en question le dogme de la fusion amoureuse est impensable. Les désormais ex-partenaires reprendront ailleurs leur quête du prince charmant et de la fée des étoiles, mais ils auront bien du mal, car ils n&#8217;ont plus du tout l&#8217;habitude de séduire.</p>
<p><strong>En conclusion&#8230;</strong> Dans le modèle ci-dessus, il y a un fil d&#8217;Ariane : la pauvreté de la séduction. Il n’est permis de séduire que pour rencontrer le partenaire-pour-la-vie. Par la suite, les partenaires ne se séduisent plus (à quoi bon&nbsp;? ils se possèdent, à vie). Leur peur panique des relations extraconjugales, et même de toute source de plaisir provenant du monde extérieur, leur interdit les comportements de séduction hors du couple. La vie amoureuse devient donc médiocre, puis s’éteint.</p>
<p>Vous vous reconnaissez dans ce topo ? Ou vous pensez à des couples de votre entourage ?</p>
<p><strong>D&#8217;autres billets sur le couple:</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/30/le-couple-survalorise/" target="_self">Le couple en crise</a></li>
<li><a href="http://ladrague.qc.ca/2010/03/30/le-couple-survalorise/" target="_self">Le couple survalorisé</a></li>
</ul>
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