Archive pour la catégorie ‘Pornographie’
Le coin des «vrais mâles»
Bon, OK, je l’avoue, je suis vraiment en retard dans les nouvelles : je viens seulement de découvrir les capsules web Contrat d’gars, des humoristes québécois Alexandre Champagne et Jonathan Roberge, dont la deuxième saison a été lancée le 13 octobre dernier. Et j’ai découvert avec plaisir leur regard satirique et absurde sur la condition masculine.
Si vous ignorez le concept, il s’agit d’une parodie des émissions de télévision de «vrais mâles», notamment de feu Testostérone sur les ondes de la non regrettée TQS. Dans Contrat d’gars, deux «vrais mâles» tout de poils, de sueur, de chemises à carreaux et de casquettes camouflage reçoivent des invités aussi peu subtils qu’une «porn star de la relève aux États-Unis» ou un gars «qui s’est tapé la fée des dents»… Ils discutent (heu… non, hurlent à pleins poumons) de chasse à l’ours, de chars, de bière, etc. Tout comportement masculin qui n’est pas digne d’un «vrai mâle» relève forcément des «fifs». Et à la fin de chaque clip, les deux animateurs se battent. Musique d’ambiance : du heavy metal. Lire la suite de ce billet »
Le secret du succès de la pornographie
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la pornographie a tant de succès depuis quelques décennies ? Voici la réponse.
En 1977, deux jeunes écrivains français alors peu connus, Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, ont lancé un essai qui a fait beaucoup de bruit, Le nouveau désordre amoureux (Éditions du Seuil). J’ai découvert ce livre 30 ans après sa sortie, en 2007. Le chapitre sur la porno, «Pornograal ou la république des testicules», m’a épaté : enfin, on m’expliquait pourquoi et comment pornographie est si populaire, et sans prêchi-prêcha. 
Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut ont rédigé Le nouveau désordre amoureux au moment où la pornographie, industrie en expansion, commençait vraiment à influencer les moeurs. Ils ont donc décrit les fondements de la société actuelle, où la porno est si banalisée.
Je vous résume leur propos.
D’abord, un peu de contexte. Les premiers films porno hard core apparaissent en 1969. Dans les années 1970, les audaces de l’industrie de la pornographie font scandale. Or la pornographie est indifférente à tous les discours et à toutes les critiques qui lui pleuvent dessus, qu’ils viennent de l’Église (qui déplore la promotion de valeurs amorales au possible), des féministes (qui dénoncent l’exploitation sexuelle des femmes), des esthètes cultivés (notamment des critiques de cinéma et de littérature, qui ne supportent pas la vulgarité et l’aspect super racoleur des productions porno), des nostalgiques de l’interdit (qui soulignent que ce qui était excitant avant l’avènement de la pornographie grand public est désormais banal, commun). Et la censure de la pornographie ne sert à rien, elle ne fait qu’exciter davantage l’intérêt du public. Lire la suite de ce billet »
Les sites web de rencontre et les sites pornos se ressemblent
Je poursuis ma réflexion sur la pornographie amorcée hier…
À mes yeux, les sites web de rencontre et les sites web pornos se ressemblent sous certains aspects. Trois aspects, en fait.
L’internaute qui explore un site de rencontre est d’abord frappé par l’abondance, l’incroyable quantité de célibataires disponibles. Enthousiaste, il clique ici, il clique là, il clique partout… jusqu’à ressentir une sensation de vertige : il y a tellement de célibataires intéressants, par qui commencer, où s’arrêter ? Même phénomène sur un site porno : il y a tant de photos et de vidéos, tant de scènes de sexe qui attirent le voyeur… La surabondance excite, puis provoque un malaise. Sur le Web, il y a trop de corps et de coeurs à prendre. Lire la suite de ce billet »
Souvenir pornographique

Je n’ai pas oublié mon premier contact avec la pornographie, au début des années 1980. J’avais 12 ou 13 ans. La scène s’est déroulée chez un ami, en l’absence de ses parents. Un magazine cochon traînait dans le salon (probablement un oubli de la part des parents), périodique soft du genre Playboy. Un choc. Oui, je le dis sans exagérer : mon ami et moi, nous étions soufflés.
La publication sur papier glacé était illustrée de photos de femmes nues de la tête aux pieds, la poitrine et le pubis dénudés, ou encore les fesses à l’air, dans diverses mises en scène (sur la plage, sur le pont d’un yacht, sur des draps de satin rouge, etc.). Stupéfaction : la nudité intégrale !
Avec mon ami, conversations gênées sur les diverses caractéristiques et fonctions du corps de la femme, spéculations à n’en plus finir, questions sans réponses. Nous étions envahis par un mélange de curiosité et de culpabilité, d’excitation et d’angoisse. Il faut dire que l’éducation sexuelle de l’époque ne nous avait pas appris grand-chose (le premier véritable programme d’éducation sexuelle, dans les écoles primaires et secondaires du Québec, a été implanté un peu plus tard, en 1985). Lire la suite de ce billet »
Jocelyne Robert, auteur, sexologue
Voici le quatrième billet d’une série consacrée à quelques spécialistes rencontrés entre 2007 et 2009 pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… Ces personnalités jouent un rôle important au Québec dans l’élaboration d’un nouvel ordre amoureux.
Aujourd’hui : Jocelyne Robert, auteur, sexologue et synergologue (spécialiste du langage non verbal).

Depuis 25 ans, Jocelyne Robert contribue à l’éducation et au mieux-être sexuel de son prochain grâce à ses livres à succès (traduits en une vingtaine de langues), ses chroniques dans divers médias, conférences, etc. Depuis une dizaine d’années, elle s’intéresse plus spécifiquement aux relations hommes-femmes et à l’impact de l’hypersexualisation. Elle prépare en ce moment un ouvrage sur les baby-boomeuses : leur peur de vieillir, leur rapport au corps, à la beauté, à l’amour et à l’érotisme ainsi que l’engouement pour les chirurgies esthétiques. Jocelyne Robert a été récompensée par de nombreux prix et distinctions.
Nous avons rencontré Jocelyne Robert en juin 2007. De cette longue entrevue, voici quelques extraits inédits (qui reprennent le fil de notre entrevue avec le psychologue et sexologue Yvon Dallaire, sur l’éducation des garçons). Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.