Archive pour la catégorie ‘Politique’
Peuple ingrat
(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)
En novembre dernier, j’ai écrit un billet sur la politique provinciale québécoise où je posais la question suivante : existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?
Ce billet a provoqué des réactions négatives, j’ai reçu de nombreux courriels de lecteurs très mécontents. J’ai eu le sentiment d’être allé trop loin… Quelques jours plus tard, j’ai présenté mes excuses.
En ce lendemain d’élections fédérales, j’ai changé d’idée. Je regrette d’avoir présenté mes excuses. Non, il n’existe pas au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois. Nous avons fait la preuve hier que nous sommes nuls, nuls, nuls ! Lire la suite de ce billet »
Toutes mes excuses
Toutes mes excuses pour le ton de mon billet de mardi dernier sur la politique québécoise, qui m’a valu des commentaires négatifs et plusieurs courriels de protestation. Je regrette d’avoir écrit la phrase «Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?» et d’avoir laissé entendre que tous les gens qui ont voté pour le Parti libéral de Jean Charest n’ont aucune culture politique.
Mon billet était un peu confus. Ce que je voulais exprimer, en fait, c’était ma consternation devant le buzz médiatique créé par la pétition en ligne réclamant la démission du premier ministre. Après la politique-spectacle, voici la pétition-spectacle… (Nous avons aussi une commission d’enquête-spectacle, la Commission Bastarache sur le processus de nomination des juges.) Notre vie politique est un gros show, elle manque vraiment de sérieux. Et ça me décourage.
Quand on ne s’intéresse pas à la politique… (2)
Existe-t-il au monde un peuple plus nul en politique que les Québécois ?
C’est la question que je me pose depuis hier soir, lorsque j’ai appris qu’une pétition sur Internet réclamant la démission du premier ministre Jean Charest recueillait rapidement des dizaines de milliers de signatures (il y en avait plus de 73 000 aujourd’hui à midi, rapporte Radio-Canada).
Cette pétition est ridicule. Elle ne sert à rien, sauf à se défouler et occulter les enjeux de fond. Comme je le soulignais en mai dernier dans ce blogue, il fallait réfléchir avant de voter pour le Parti libéral du Québec. Permettez que je me cite moi-même (hé oui, je suis fier de mon billet sur la politique) : Lire la suite de ce billet »
La Fédération des femmes du Québec se perd en Afghanistan
Avez-vous vu sur YouTube la série de clips vidéo de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) pour promouvoir la prochaine Marche mondiale des femmes ? Le clip sur l’hypersexualisation et le droit des femmes de décider de leur corps est original, humoristique. Celui sur l’aide sociale et le salaire minimum ne manque pas de punch.
En revanche, la vidéo sur les droits des autochtones est ennuyante, et le clip antimilitariste n’a aucune pertinence ni subtilité. Ce dernier clip a d’ailleurs été dénoncé par la mère d’un soldat décédé en Afghanistan, ce qui a provoqué une polémique hier dans les médias (voir les articles de Radio-Canada.ca et du Soleil, le reportage de TVA-LCN et le commentaire de Jean-Luc Mongrain).
Cette vidéo met en scène une femme qui a perdu un fils militaire en Afghanistan. La mère éplorée prépare le sac de sa fille récemment engagée dans les forces armées, y dépose une arme de gros calibre, et déclare : «Avoir su qu’en donnant la vie j’allais fournir de la chair à canon, je n’aurais peut-être pas eu d’enfants.» Ce propos est très exagéré, ridicule. Comme si tous les jeunes, au Canada, étaient conscrits pour aller se faire massacrer sur un champ de bataille… Lire la suite de ce billet »
La Crise d’octobre 1970, les hommes et les femmes
Il y a 40 ans éclatait la Crise d’octobre 1970. Les discussions sur ce chapitre de notre histoire ont repris de plus belle à la fin du mois de septembre, notamment à la suite de l’émission de Radio-Canada Tout le monde en parlait. Des journaux ont publié des témoignages, des analyses, etc. Et l’écrivain Louis Hamelin a récemment lancé un roman inspiré des événements d’octobre 1970, La constellation du Lynx, qui ajoute une autre dimension au débat. Ce n’est pas tous les jours que la devise «Je me souviens» prend tout son sens, il faut en profiter !
Du point de vue les-Québécois-ne-veulent-plus-vous-savez-quoi, avez-vous remarqué à quel point les membres du Front de libération du Québec (FLQ) n’étaient pas très charismatiques ? Leur doctrine était peu sophistiquée, mal articulée. Ils avaient un look peu inspirant avec leurs chemises à carreaux et leurs cheveux gras. Ils n’étaient pas du tout sexy. Nous sommes loin de l’aura de Che Guevara, de l’envergure intellectuelle de Lénine, de la fougue oratoire de Danton ou de la sagesse de Gandhi…
Lorsqu’on compare les moyens et les procédés du FLQ avec d’autres organisations terroristes nationalistes (par exemple celles des Palestiniens, l’Armée républicaine irlandaise, l’ETA en Espagne, le séparatisme corse, etc.), ce n’est pas reluisant. Les felquistes étaient une bande d’amateurs. Ces soi-disant révolutionnaires ont complètement échoué dans leur entreprise. Après les événements de 1970, personne n’a voulu poursuivre leur action clandestine.
En somme, les felquistes n’avaient rien pour devenir des modèles, des icônes. La seule image forte que nous conservons du FLQ, en fait, c’est la lecture de son Manifeste à la télévision de Radio-Canada (un texte bien rédigé, avec un style percutant). Lire la suite de ce billet »
Le 20 mai 1980
Il y a 30 ans, jour pour jour, 60 % des Québécois ont démocratiquement choisi de ne pas bâtir l’avenir.
Le référendum du 20 mai 1980, on le sait, a laissé des cicatrices profondes. Et pas seulement sur le plan politique.
Pierre Vadeboncoeur (mon intellectuel québécois préféré) a écrit dans les années 1970 que «l’échec du projet d’indépendance ne serait que le commencement d’une fin à n’en plus finir». C’est-à-dire : désorientation politique, perte de contrôle de nos institutions et de nos ressources, influence accrue de la société de surconsommation à l’américaine, déclin de l’usage de la langue française, mentalité de vaincus, isolement des individus, vide spirituel et néant existentiel, relativisme intégral (tout se vaut et ne vaut rien), rupture avec notre passé… Tout le portrait du Québec d’aujourd’hui, y compris dans les relations hommes-femmes.
- Dans son édition de ce matin, le quotidien Le Soleil décrit bien le contexte du référendum de 1980
- Un autre article du Soleil commente un sondage récent sur la question nationale
- Un billet du blogueur politique Jean-François Lisée

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.