Archive pour la catégorie ‘Histoire’

Quelques trouvailles (11)

 

Glanés sur le web au cours des derniers jours : un site web qui écrit des poèmes amoureux à votre place, un débat sur les célibataires incapables de demander conseil, et une exposition en ligne sur la rencontre amoureuse et le couple au XIXe siècle.

Le générateur de mots d’amour. Vous aimeriez écrire un petit poème à l’élu(e) de votre coeur, mais vous n’avez pas de talent avec les mots ? Il existe un site web qui génère automatiquement de la poésie galante. Il peut aussi composer un acrostiche (poème dont les premières lettres de chaque vers, lues dans le sens vertical, forment le prénom du destinataire) ou un petit récit amoureux. Le plus drôle : le «narcissotron», qui permet de s’envoyer à soi-même un message élogieux !

Le savoir-rencontrer, c’est important. Le communicateur Marc Boilard, dans son blogue De retour du Vietnam (pour ceux et celles qui retournent sur le marché du célibat après une rude séparation), a provoqué un débat intéressant la semaine dernière en posant une question toute simple : pourquoi les Québécois sont-ils si gênés d’avouer qu’ils sont tannés d’être célibataires et qu’ils ont besoin de trucs pour faire des rencontres ? C’est quoi, cette peur ? «Il n’y a pas de gêne à dire que vous êtes célibataire ! Vous avez le droit de consulter du monde !», s’exclame dans une vidéo un Marc Boilard un peu exaspéré. Et il écrit : «Tout le monde aujourd’hui a besoin de savoir s’y prendre pour rencontrer du nouveau monde. Nouvelle job, nouvelle ville, nouveaux collègues, blondes, voisines, amis, etc. Ce n’était pas comme ça à l’époque des Filles de Caleb !!» Lire la suite de ce billet »

Petite histoire des petites annonces de rencontre au Québec

 

Pour déconner…

Fin du XVIIe siècle : «Ex-soldat de sa Majesté devenu colon dans la vallée du Saint-Laurent souhaite commander une cargaison de Filles du Roy. En faire parvenir une douzaine, car la demi-douzaine de la dernière fois n’était pas suffisante. Il est entendu que les frais de retour, s’il y a lieu, seront assumés par l’expéditeur. Je suis propre de ma personne (je me lave une fois par mois), j’ai de belles valeurs (catholiques) et un passé réglé (il est hors de question que je retourne vivre en France). S’il-vous-plaît, pas de maigrichonnes et surtout pas de mystiques qui veulent devenir religieuses, je veux que ma future femme soit comme ma terre : grasse et fertile.»

Milieu des années 1960 : «Jeune ingénieur dynamique aimerait rencontrer femme qui prend la pilule. J’ai un emploi passionnant : je viens de terminer les plans d’un gigantesque échangeur autoroutier à Montréal qui sera bientôt en chantier, l’échangeur Turcot. Si tu me plais, je te ferai visiter le site de ce chantier révolutionnaire. Tu verras, le paysage est très romantique au clair de lune.»

1968 : «Militante socialiste souhaite rencontrer un homme engagé dans la cause du peuple et de la Révolution. Si tu es un bourgeois ou un ennemi de classe, ce n’est même pas la peine de m’écrire (tu peux crever, chien de capitaliste). Mais si tu souhaites vivre le Grand Soir, écris-moi.»

1975 : «Groupe de jeunes drop-outs qui vient de fonder une commune à la campagne est intéressé à rencontrer des gens cool qui ont envie de vivre un retour à la terre. Nous sommes propres de notre personne (on se lave une fois par mois), belles valeurs (tout le monde doit coucher avec tout le monde) et passé réglé (il est hors de question de retourner vivre en ville). Atouts : des connaissances de base en travail agricole, des contacts pour se procurer du LSD et un abonnement à la revue Mainmise

1979 : «Militantes féministes radicales ex-hétéro souhaitent rencontrer d’autres militantes pour fonder une communauté érotique expérimentale lesbienne et enfin laisser l’orgasme clitoridien s’épanouir à l’abri de la domination du patriarcat.» Lire la suite de ce billet »

Quelques trouvailles (10)

 

Lu pour vous ces derniers jours : les hommes québécois sur le divan, un dialogue philosophique sur l’amour, et les billets de Sophie la sexologue.

Décrypter la psyché du mâle d’ici. Vient de paraître : Le masculin. Psychanalyse des représentations des hommes au Québec (Les Éditions Quebecor), de la psychologue et psychanalyste Marie Hazan. Un petit livre qui pose d’excellentes questions : «Comment comprendre et définir l’identité masculine actuelle ? Les hommes sont-ils machos et phallocrates, ou modernes et égalitaires ? L’égalité sociale entre les hommes et les femmes est-elle devenue réalité ?» Pour y répondre, Marie Hazan fait défiler sur son divan des archétypes de fils, frères, amis, maris, conjoints, amants et pères. À l’aide de nombreux exemples puisés dans l’histoire, la mythologie, la littérature, le cinéma, etc., l’auteure démontre que le Québec est une société qui a évolué très rapidement, où les paradoxes sont nombreux, et qui est actuellement aux prises avec une certaine confusion des rôles hommes-femmes. Le regard psy et la vaste culture de Marie Hazan permettent aussi de mieux comprendre pourquoi Xavier Dolan a voulu tuer sa mère et pourquoi les personnages de la série télé Les Invincibles refusent l’engagement… (Pour un avant-goût, voyez une entrevue avec Marie Hazan dans le site Voir.ca). Lire la suite de ce billet »

Le couple en crise

 

Vous l’aurez sûrement remarqué : au Québec, le couple est en crise.

Il y a quelques jours, je devais justement effectuer une petite recherche de statistiques sur les familles et les ménages au Québec. Quelques données m’ont particulièrement frappé. Voici un petit portrait de la situation depuis 1951.

Le taux de nuptialité (rapport entre le nombre de mariages dans l’année et la population totale moyenne de cette même année) ne cesse de dégringoler. En 1951, ce taux pouvait atteindre 95,5 pour 1000 chez les femmes et 92 sur 1000 pour les hommes ; en 2008, il n’a pas dépassé 23 pour 1000 chez les femmes et 18 pour 1000 chez les hommes.

Dans les années 1950, les divorces étaient rares. En 1969, l’indice synthétique de divortialité (qui estime la proportion des mariages qui se terminent par un divorce) atteignait seulement 8,8 %. En 2005, il était de près de 52 %.

Les Québécois sont les champions de l’union libre : en 2006, 34,6 % des couples de la province vivaient ensemble sans se marier (le nombre de personnes ayant choisi ce mode de vie a bondi de 20 % entre 2001 et 2006), comparativement à 13,4 % en moyenne hors Québec. Mais les couples en union libre sont beaucoup plus précaires que les couples mariés : une enquête de Statistique Canada menée en 2006 a démontré que chez les couples qui avaient récemment mis fin à leur relation, ceux qui étaient en union libre avaient vécu ensemble, en moyenne, 4,3 années, soit 10 ans de moins que les 14,3 années de vie commune des gens mariés. Lire la suite de ce billet »

Les «habitants»

 

Pour compléter mon billet de lundi dernier sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec, voici une petite réflexion sur l’importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.

Il était une fois…

Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français se sont retrouvés isolés. Les nouveaux colonisateurs anglais exerçaient désormais le pouvoir politique, dominaient l’économie, le commerce, les grands axes de communication, en somme tous les échanges avec l’extérieur.

Aux Canadiens français, il restait leur langue, leur clergé, la possession du sol et leur démographie galopante (la fameuse «revanche des berceaux»). Les francophones n’exerçaient de pouvoir réel que dans leur milieu immédiat, sur leurs terres, ce qui a fait d’eux un peuple de paysans. Leur vie était essentiellement familiale, leur milieu social était souvent limité au village. Ils se qualifiaient eux-mêmes d’«habitants», ce qui veut tout dire.

Tandis que les Anglais dominaient le monde, les échanges, les voyages, etc., les Canadiens français se repliaient sur leur vie privée. Lire la suite de ce billet »

Victimes de prêtres

 

Hier, j’ai appris l’existence de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux. Le mandat de cette organisation ? «Elle se veut, avant tout, une voix publique pour toutes les personnes victimes d’abus sexuels et d’abus de pouvoir, ainsi qu’une source de motivation À DÉNONCER LES COUPABLES afin d’obtenir JUSTICE et RÉPARATIONS.» (Les majuscules sont de l’Association.)

J’ai été troublé, en consultant le site web de l’Association, par les informations sur des agressions sexuelles qui auraient été commises au Collège Notre-Dame (institution d’enseignement montréalaise administrée par les frères de Sainte-Croix), jusque dans les années 1980. J’ai justement fréquenté ce collège au début des années 1980 — mais ne vous inquiétez pas pour moi, je n’ai pas été victime d’un pédophile.

Le site web de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux comporte même un formulaire de demande d’apostasie ! «L’apostasie est une démarche très simple qui consiste à demander, par lettre, d’être retiré du registre, c’est-à-dire exprimer sa décision de n’être plus compté dans les rangs de l’Église catholique», explique l’Association.

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À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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