Archive pour la catégorie ‘Histoire’
Quelques trouvailles (10)
Lu pour vous ces derniers jours : les hommes québécois sur le divan, un dialogue philosophique sur l’amour, et les billets de Sophie la sexologue.
Décrypter la psyché du mâle d’ici. Vient de paraître : Le masculin. Psychanalyse des représentations des hommes au Québec (Les Éditions Quebecor), de la psychologue et psychanalyste Marie Hazan. Un petit livre qui pose d’excellentes questions : «Comment comprendre et définir l’identité masculine actuelle ? Les hommes sont-ils machos et phallocrates, ou modernes et égalitaires ? L’égalité sociale entre les hommes et les femmes est-elle devenue réalité ?» Pour y répondre, Marie Hazan fait défiler sur son divan des archétypes de fils, frères, amis, maris, conjoints, amants et pères. À l’aide de nombreux exemples puisés dans l’histoire, la mythologie, la littérature, le cinéma, etc., l’auteure démontre que le Québec est une société qui a évolué très rapidement, où les paradoxes sont nombreux, et qui est actuellement aux prises avec une certaine confusion des rôles hommes-femmes. Le regard psy et la vaste culture de Marie Hazan permettent aussi de mieux comprendre pourquoi Xavier Dolan a voulu tuer sa mère et pourquoi les personnages de la série télé Les Invincibles refusent l’engagement… (Pour un avant-goût, voyez une entrevue avec Marie Hazan dans le site Voir.ca). Lire la suite de ce billet »
Le couple en crise
Vous l’aurez sûrement remarqué : au Québec, le couple est en crise.
Il y a quelques jours, je devais justement effectuer une petite recherche de statistiques sur les familles et les ménages au Québec. Quelques données m’ont particulièrement frappé. Voici un petit portrait de la situation depuis 1951.
Le taux de nuptialité (rapport entre le nombre de mariages dans l’année et la population totale moyenne de cette même année) ne cesse de dégringoler. En 1951, ce taux pouvait atteindre 95,5 pour 1000 chez les femmes et 92 sur 1000 pour les hommes ; en 2008, il n’a pas dépassé 23 pour 1000 chez les femmes et 18 pour 1000 chez les hommes.
Dans les années 1950, les divorces étaient rares. En 1969, l’indice synthétique de divortialité (qui estime la proportion des mariages qui se terminent par un divorce) atteignait seulement 8,8 %. En 2005, il était de près de 52 %.
Les Québécois sont les champions de l’union libre : en 2006, 34,6 % des couples de la province vivaient ensemble sans se marier (le nombre de personnes ayant choisi ce mode de vie a bondi de 20 % entre 2001 et 2006), comparativement à 13,4 % en moyenne hors Québec. Mais les couples en union libre sont beaucoup plus précaires que les couples mariés : une enquête de Statistique Canada menée en 2006 a démontré que chez les couples qui avaient récemment mis fin à leur relation, ceux qui étaient en union libre avaient vécu ensemble, en moyenne, 4,3 années, soit 10 ans de moins que les 14,3 années de vie commune des gens mariés. Lire la suite de ce billet »
Les «habitants»
Pour compléter mon billet de lundi dernier sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec, voici une petite réflexion sur l’importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.
Il était une fois…
Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français se sont retrouvés isolés. Les nouveaux colonisateurs anglais exerçaient désormais le pouvoir politique, dominaient l’économie, le commerce, les grands axes de communication, en somme tous les échanges avec l’extérieur.
Aux Canadiens français, il restait leur langue, leur clergé, la possession du sol et leur démographie galopante (la fameuse «revanche des berceaux»). Les francophones n’exerçaient de pouvoir réel que dans leur milieu immédiat, sur leurs terres, ce qui a fait d’eux un peuple de paysans. Leur vie était essentiellement familiale, leur milieu social était souvent limité au village. Ils se qualifiaient eux-mêmes d’«habitants», ce qui veut tout dire.
Tandis que les Anglais dominaient le monde, les échanges, les voyages, etc., les Canadiens français se repliaient sur leur vie privée. Lire la suite de ce billet »
Victimes de prêtres
Hier, j’ai appris l’existence de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux. Le mandat de cette organisation ? «Elle se veut, avant tout, une voix publique pour toutes les personnes victimes d’abus sexuels et d’abus de pouvoir, ainsi qu’une source de motivation À DÉNONCER LES COUPABLES afin d’obtenir JUSTICE et RÉPARATIONS.» (Les majuscules sont de l’Association.)
J’ai été troublé, en consultant le site web de l’Association, par les informations sur des agressions sexuelles qui auraient été commises au Collège Notre-Dame (institution d’enseignement montréalaise administrée par les frères de Sainte-Croix), jusque dans les années 1980. J’ai justement fréquenté ce collège au début des années 1980 — mais ne vous inquiétez pas pour moi, je n’ai pas été victime d’un pédophile.
Le site web de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux comporte même un formulaire de demande d’apostasie ! «L’apostasie est une démarche très simple qui consiste à demander, par lettre, d’être retiré du registre, c’est-à-dire exprimer sa décision de n’être plus compté dans les rangs de l’Église catholique», explique l’Association.
Le coup de foudre à TQS
Avez-vous connu le jeu télévisé Coup de foudre, diffusé de 1988 à 1993 sur les ondes de Télévision Quatre Saisons (TQS, aujourd’hui V) ? Trois femmes et trois hommes qui ne s’étaient jamais rencontrés, présents en studio mais dans l’incapacité de se voir, devaient se séduire par questions-réponses, blagues, chansons, etc. C’était généralement un festival de clichés : tous les concurrents désiraient rencontrer quelqu’un «qui a un bon sens de l’humour», «qui a de belles valeurs», etc.
À l’époque, beaucoup de gens se moquaient de Coup de foudre. Son concept marque pourtant une date importante dans l’histoire de la télévision québécoise : «C’est TQS qui a diffusé la première émission où on créait en direct, à la télévision, un couple. Aujourd’hui, c’est ça qui est à la mode» grâce à la téléréalité, souligne l’animatrice Chantal Lacroix dans un montage-souvenir d’extraits de Coup de foudre.
J’ai déniché sur YouTube un extrait de Coup de foudre cuvée 1988 :
Funeste Lucien Bouchard
Depuis deux semaines, il est de retour. Lucien Bouchard, l’ex-imposteur en chef.
Le 16 février, il s’est permis des commentaires désobligeants sur le Parti Québécois et sur la souveraineté. Ce n’était pas la meilleure nouvelle du jour, mais bon, un ancien dirigeant du PQ a droit à ses opinions politiques (et à ses rancunes).
Une semaine plus tard, le 23 février, il est réapparu dans le débat public, cette fois pour prôner un dégel des frais de scolarité à l’université. Il s’est alors montré sous le visage que nous connaissons trop bien. Celui du grand démolisseur du Québec. De l’austérité morbide. De l’avenir bouché.
Des médias commentaient encore hier le propos de Lucien Bouchard sur le financement des universités, comme si c’était une grande révélation. Je n’en peux plus… Ça me rappelle tant de mauvais souvenirs. J’ai l’impression de replonger dans l’atmosphère noire, noire, noire des années qui ont suivi le référendum de 1995.
C’était il y a 15 ans… Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.