Archive pour la catégorie ‘Travail’
Tous égaux dans l’aliénation de la conciliation travail-famille
(N.B. En novembre dernier, j’ai cessé d’animer ce blogue. Mais je me permets de l’utiliser à l’occasion pour quelques annonces d’intérêt public ou pour apporter des précisions sur ce que j’ai écrit dans le passé.)
Ce matin, j’ai participé à un débat sur la condition masculine organisé par l’émission Christiane Charette (Première Chaîne radio de Radio-Canada). J’ai parlé de conciliation travail-famille à la fin du débat, mais je n’ai pas eu le temps de préciser ma pensée (dans le feu de l’action d’une émission de radio en direct, il faut faire bref).
Je disais en ondes que la conciliation travail-famille est une niaiserie. (J’ai d’ailleurs consacré une série de billets à ce sujet en novembre dernier.) Je soulignais que dans les familles québécoises de jadis, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d’enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation ! Il n’y aucun progrès de la condition féminine et masculine, que du nivellement des différences : l’homme est devenu une femme comme les autres et inversement.
Et puis quand on s’acharne à faire deux choses en même temps (travail et famille), on finit forcément par faire les choses à moitié…
La conciliation travail-famille suppose toujours que la famille doit s’adapter au marché du travail, jamais l’inverse. Au lieu de critiquer les problèmes structurels de l’économie, au lieu de dénoncer les exigences démesurées des employeurs et le silence complice des institutions, on s’extasie devant un gestionnaire qui a enfin décidé d’offrir à ses employés des horaires flexibles, la possibilité de télétravailler, des congés supplémentaires, etc., alors qu’il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans.
Pour améliorer le sort des parents-travailleurs, il vaudrait mieux augmenter les salaires, hausser la productivité du travail, réduire la précarité d’emploi et accroître la durée du congé parental. Lire la suite de ce billet »
Le mirage de la conciliation travail-famille (3)
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)
Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).
Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d’enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation…
Où est le progrès ? Lire la suite de ce billet »
Le mirage de la conciliation travail-famille (2)
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Second de trois billets.)
Les mesures de conciliation travail-famille que le gouvernement et les entreprises mettent de l’avant sont hypocrites. Elles occultent le débat de fond, celui de la précarité du travail et des problèmes sociaux qui en découlent.
Il y eut une époque où un seul salaire faisait vivre une famille de plusieurs personnes. Aujourd’hui, un couple de parents qui travaillent comme des boeufs a souvent de la difficulté à joindre les deux bouts. Pourquoi ce n’est plus possible aujourd’hui de faire vivre une famille avec un seul salaire ?
Il y eut une époque où la majorité des emplois étaient stables, à temps plein et permanents, avec des horaires prévisibles. Aujourd’hui, le travail atypique (tout ce qui n’est pas permanent à temps plein, soit l’emploi à temps partiel, temporaire, sur appel, etc., et le travail autonome), très imprévisible, est le lot d’environ le tiers de la main-d’oeuvre québécoise. Et ces travailleurs n’ont pas nécessairement choisi de gagner leur vie ainsi. Pourquoi a-t-on laissé faire ça ? Lire la suite de ce billet »
Le mirage de la conciliation travail-famille (1)
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Premier de trois billets.)
La conciliation travail-famille est une vue de l’esprit. Une utopie. Dans la réalité, il est impossible de marier carrière et famille. Pour les raisons suivantes :
- Travail et famille ne vivent pas au même rythme. Les horaires de la maison et de l’entreprise coïncident rarement. Adultes et enfants n’ont pas la même énergie, la même résistance au stress, le même sommeil, etc.
- Le travail est un univers de compétition, souvent frénétique, axé sur le court terme, tandis que la famille est une petite entreprise de coopération, routinière, qui évolue lentement; ce sont deux mondes qui s’opposent en bloc. Tenter de concilier travail et famille, c’est comme essayer de mêler le feu et l’eau.
- Travail et famille sont deux réalités très exigeantes. Pour réussir sur le plan professionnel, il faut s’y mettre à temps plein (voire plus longtemps), et il est impossible d’accorder la même énergie à sa famille. De la même manière, quelqu’un qui désire se consacrer intensivement à l’éducation de ses rejetons doit mettre sa carrière entre parenthèses (surtout lorsque les enfants sont en bas âge). Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (3)
En vrac, voici quelques articles et billets qui ont attiré mon attention cette semaine (merci à nos lecteurs pour leurs suggestions, notamment à Loïc).
La récession économique qui a marqué l’année 2009 affecte les partys de Noël des entreprises. Nombre d’organisations font des économies de bout de chandelle, réduisent cette activité à sa plus simple expression ou l’annulent carrément, soulignent plusieurs médias (voyez par exemple cet article de La Presse). C’est dommage, car le party de bureau de Noël est non seulement une excellente manière de reconnaître le travail d’une équipe, c’est aussi une occasion en or pour la séduction, la drague.
Bon, vous allez me dire qu’il n’est pas délicat de flirter au travail, qu’une relation intime avec un(e) collègue peut avoir des conséquences fâcheuses sur une carrière, etc. Je ne suis pas d’accord. Les milieux de travail sont aujourd’hui des environnements favorables à la rencontre amoureuse, beaucoup plus que les bars et les sites web, pour une raison bien simple : nous y consacrons l’essentiel de notre temps, souvent plus de 40 heures par semaine. Pourquoi se priver de rencontrer au travail un(e) partenaire d’un soir ou d’une vie ? C’est l’endroit idéal… et l’amour est plus précieux qu’un job. Lire la suite de ce billet »
Roger et Caroline
Dans sa production télé La Série du peuple (télédiffusée sur les ondes de TVA entre 1999 et 2001), l’humoriste québécois François Pérusse met en scène un personnage, Roger, qui tente maladroitement de draguer une collègue de bureau, Caroline.
Voici un extrait.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.