Archive pour la catégorie ‘Internet’
Dans le blanc des yeux
Chers lecteurs, chères lectrices,
Depuis quelques jours, j’anime un nouveau blogue créé par le site web de rencontre Reseaucontact.com, intitulé Dans le blanc des yeux. (Tous les mardis, le journal du métro montréalais 24 HEURES reproduira un de mes billets.)
L’angle éditorial de ce blogue se résume à «qui ne risque rien n’a rien». En amour, rester planté là en attendant un signal du destin est une excellente manière de perpétuer le statu quo jusqu’à la fin des temps…
Je vais donc poursuivre mes réflexions sur la rencontre amoureuse, la séduction, la drague, etc., sur ce nouveau blogue. J’espère vous y retrouver !
Si vous êtes comme moi, contactez-moi
Pour les utilisateurs de sites web de rencontre, la rédaction de la fiche personnelle est un moment crucial. Il faut réussir à se décrire et à «se vendre» en quelques lignes, et ce n’est pas facile. Certains exposent ce qu’ils attendent d’une relation ou expliquent ce qu’ils recherchent chez l’autre. Beaucoup parlent d’eux-mêmes, de leur personnalité, de leurs valeurs, etc.
Ceux qui ne parlent que d’eux-mêmes ont tendance à sombrer dans une looongue énumération de leurs intérêts, activités, loisirs, etc., qui se termine par une phrase du genre : «Si vous êtes comme moi, contactez-moi» ou «Je recherche quelqu’un qui me ressemble».
Cette manière de vouloir attirer l’attention de l’autre est en fait une manifestation de narcissisme. C’est le contraire de la rencontre : on ne peut pas rencontrer quelqu’un en ne parlant que de soi, et on ne peut surtout pas rencontrer quelqu’un qui soit notre copie conforme, qui aime exactement nos goûts, activités, projets.
La rencontre, c’est croiser des gens qui, bien sûr, partagent des éléments en commun avec nous, mais c’est surtout avoir envie de découvrir et d’apprendre.
Pour illustrer mon propos, j’ai eu l’idée de rédiger ma propre «liste d’épicerie» narcissique en m’efforçant de pousser l’exercice jusqu’à l’absurde (voir plus bas). Vous m’en donnerez des nouvelles… Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (13)
Mes dernières découvertes sur le web et dans l’actualité récente : la Fête des voisins, une thèse de doctorat avec des utilisateurs de RéseauContact, la légère suprématie des Québécoises sur le marché de l’emploi, et une ressource sur l’intuition.
La Fête des voisins a célébré le samedi 5 juin dernier sa cinquième édition au Québec (voir l’article dans le site web de Radio-Canada). «Cette année, plus de 300 municipalités et organismes locaux ont enregistré quelque 3000 fêtes auprès du Réseau québécois de villes et villages en santé. Et cela, sans compter les initiatives non officielles», indique Radio-Canada. C’est le genre de nouvelle qui me laisse à la fois encouragé et affligé. Que des habitants d’une localité prennent la peine d’organiser une activité pour mieux se connaître (et, qui sait, tisser des liens plus intimes), c’est formidable. Mais que l’on soit obligé d’organiser un événement annuel pour que des voisins parviennent enfin à se rencontrer et se parler, c’est pathétique, non ?
J’ai appris récemment qu’un chargé de cours de l’UQAM, Éric Champagne, a réalisé une thèse de doctorat sur la drague en ligne. Plus précisément, sa thèse en communication est intitulée La quête de soi et de l’autre à l’heure des sites de rencontre en ligne au Québec. Éric Champagne a réalisé une quarantaine d’entrevues avec des personnes hétérosexuelles abonnées au site web de rencontres RéseauContact. Pour en savoir plus, voyez ce petit article dans le site web de l’UQAM.
Pour la première fois dans l’histoire du Québec, le nombre de femmes occupant un emploi dépasse légèrement celui des hommes, indique l’Institut de la statistique du Québec. Les dernières données disponibles, pour l’année 2009, révèlent que 1 642 900 Québécoises détenaient un emploi salarié (excluant le travail autonome) comparativement à 1 636 700 hommes. (Pour en savoir plus : un article de LesAffaires.com.) La légère supériorité des femmes sur le marché de l’emploi se répercutera sur la rencontre amoureuse, j’en suis certain. Déjà, un homme qui drague en ne parlant que de son emploi, de son statut professionnel, passe pour un individu paternaliste ou macho… Cette technique de drague sera bientôt révolue. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (11)
Glanés sur le web au cours des derniers jours : un site web qui écrit des poèmes amoureux à votre place, un débat sur les célibataires incapables de demander conseil, et une exposition en ligne sur la rencontre amoureuse et le couple au XIXe siècle.
Le générateur de mots d’amour. Vous aimeriez écrire un petit poème à l’élu(e) de votre coeur, mais vous n’avez pas de talent avec les mots ? Il existe un site web qui génère automatiquement de la poésie galante. Il peut aussi composer un acrostiche (poème dont les premières lettres de chaque vers, lues dans le sens vertical, forment le prénom du destinataire) ou un petit récit amoureux. Le plus drôle : le «narcissotron», qui permet de s’envoyer à soi-même un message élogieux !
Le savoir-rencontrer, c’est important. Le communicateur Marc Boilard, dans son blogue De retour du Vietnam (pour ceux et celles qui retournent sur le marché du célibat après une rude séparation), a provoqué un débat intéressant la semaine dernière en posant une question toute simple : pourquoi les Québécois sont-ils si gênés d’avouer qu’ils sont tannés d’être célibataires et qu’ils ont besoin de trucs pour faire des rencontres ? C’est quoi, cette peur ? «Il n’y a pas de gêne à dire que vous êtes célibataire ! Vous avez le droit de consulter du monde !», s’exclame dans une vidéo un Marc Boilard un peu exaspéré. Et il écrit : «Tout le monde aujourd’hui a besoin de savoir s’y prendre pour rencontrer du nouveau monde. Nouvelle job, nouvelle ville, nouveaux collègues, blondes, voisines, amis, etc. Ce n’était pas comme ça à l’époque des Filles de Caleb !!» Lire la suite de ce billet »
Internet ne doit pas gagner le Prix Nobel de la paix
Le saviez-vous, l’édition italienne du magazine Wired a lancé une campagne pour la nomination d’Internet au Prix Nobel de la paix 2010 — voir le site web Internet For Peace. Leur raisonnement est le suivant : plus que jamais, Internet favorise le dialogue et la communication entre les peuples, une nouvelle humanité «branchée» se développe et contribue à la paix, donc Internet mérite les honneurs du Nobel.
Soutenir qu’Internet mérite le Prix Nobel de la paix, c’est de la grosse bullshit idéologique. Ça me rappelle les années 1990, quand les «gourous» d’Internet nous promettaient un monde meilleur, «société de l’information» égalitaire, transparente et autorégulée qui nous libérerait des anciens carcans. Ce discours utopiste a été éclipsé par une récupération commerciale tous azimuts et par l’éclatement de la bulle spéculative «.com» au printemps 2000. L’utopie Internet connaît malheureusement une deuxième vie depuis 2007 avec le Web 2.0.
Internet n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un dispositif technique (des ordinateurs et autres appareils de communication connectés en réseau). On peut bien sûr se servir d’Internet pour aimer son prochain et faire le bien, pour promouvoir la paix, mais on peut aussi l’utiliser pour de basses oeuvres ou pour foutre le bordel. Par exemple, pour communiquer des contenus pornographiques, haineux, racistes, etc. Internet est aussi un excellent outil pour coordonner des activités criminelles à petite et à grande échelle, pour planifier un attentat terroriste… Lire la suite de ce billet »
Petite histoire des petites annonces de rencontre au Québec
Pour déconner…
Fin du XVIIe siècle : «Ex-soldat de sa Majesté devenu colon dans la vallée du Saint-Laurent souhaite commander une cargaison de Filles du Roy. En faire parvenir une douzaine, car la demi-douzaine de la dernière fois n’était pas suffisante. Il est entendu que les frais de retour, s’il y a lieu, seront assumés par l’expéditeur. Je suis propre de ma personne (je me lave une fois par mois), j’ai de belles valeurs (catholiques) et un passé réglé (il est hors de question que je retourne vivre en France). S’il-vous-plaît, pas de maigrichonnes et surtout pas de mystiques qui veulent devenir religieuses, je veux que ma future femme soit comme ma terre : grasse et fertile.»
Milieu des années 1960 : «Jeune ingénieur dynamique aimerait rencontrer femme qui prend la pilule. J’ai un emploi passionnant : je viens de terminer les plans d’un gigantesque échangeur autoroutier à Montréal qui sera bientôt en chantier, l’échangeur Turcot. Si tu me plais, je te ferai visiter le site de ce chantier révolutionnaire. Tu verras, le paysage est très romantique au clair de lune.»
1968 : «Militante socialiste souhaite rencontrer un homme engagé dans la cause du peuple et de la Révolution. Si tu es un bourgeois ou un ennemi de classe, ce n’est même pas la peine de m’écrire (tu peux crever, chien de capitaliste). Mais si tu souhaites vivre le Grand Soir, écris-moi.»
1975 : «Groupe de jeunes drop-outs qui vient de fonder une commune à la campagne est intéressé à rencontrer des gens cool qui ont envie de vivre un retour à la terre. Nous sommes propres de notre personne (on se lave une fois par mois), belles valeurs (tout le monde doit coucher avec tout le monde) et passé réglé (il est hors de question de retourner vivre en ville). Atouts : des connaissances de base en travail agricole, des contacts pour se procurer du LSD et un abonnement à la revue Mainmise.»
1979 : «Militantes féministes radicales ex-hétéro souhaitent rencontrer d’autres militantes pour fonder une communauté érotique expérimentale lesbienne et enfin laisser l’orgasme clitoridien s’épanouir à l’abri de la domination du patriarcat.» Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.