Archive pour la catégorie ‘Bars’
Un soir, un bar (7)
C’est à n’y rien comprendre : samedi soir, à 23 h, le bar est presque vide. Et son coin discothèque est désert. Un samedi !
Pour ma dernière virée au bar de quartier que je fréquente depuis une semaine en espérant être témoin de scènes de séduction et de drague (voyez le billet décrivant la méthodologie de cette expérience de terrain), j’ai décidé d’introduire un élément provocateur : j’ai demandé à une amie de m’accompagner.
Jolie, début trentaine (elle paraît plus jeune), vêtue de manière assez seyante, elle s’est assise au comptoir en prenant soin de laisser un siège vide à sa gauche et à sa droite pour que les hommes puissent s’introduire à ses côtés.
Je me suis assis plus loin, à une table, pour l’observer.
Résultat : pas grand-chose… Lire la suite de ce billet »
Un soir, un bar (6)
Hier soir (vendredi), le bar était relativement rempli. Clientèle presque mixte — un peu plus de jeunes hommes que de jeunes femmes. Et quand j’écris «jeunes», c’est la frontière de la légalité : j’ai vu les portiers refuser l’entrée à un groupe d’adolescents incapables de prouver qu’ils ont l’âge de fréquenter les débits de boisson.
J’en suis à ma sixième excursion consécutive dans ce bar d’un quartier montréalais (que je ne nommerai pas, ni le bar, ni le quartier). Pour ceux et celles qui ne sont pas au courant, je me livre depuis bientôt une semaine à une petite expérience sans prétention qui consiste à observer la vie d’un bar, soir après soir, en espérant y surprendre des scènes de drague et de séduction.
Cette expérience confirme ce que je constate depuis de nombreuses années à chaque fois que je mets les pieds dans un bar : ce type d’établissement n’est plus un lieu de rencontre, ni même de socialisation. Les bars sont le plus souvent fréquentés par des groupes (couples, amis, connaissances, collègues, etc.) qui ne se mêlent pas aux inconnus. Et il est improbable que deux solitaires fassent connaissance dans un bar. (Ça arrive, mais c’est l’exception plutôt que la règle.) Lire la suite de ce billet »
Un soir, un bar (5)
Jeudi soir, enfin un peu d’action !
Le bar montréalais (je ne vous dirai pas lequel) que je fréquente tous les soirs depuis dimanche dernier, en espérant y débusquer des scènes de séduction et de drague, a commencé à s’animer. Les jeudi-vendredi-samedi, une salle discothèque ouvre ses portes au public. Jeudi soir, il n’y avait pas grand-monde dans cette grande pièce toute équipée (DJ, jeux de lumière, canapés, etc.). Deux gars dansaient seuls. Quelques jeunes femmes attendaient patiemment dans un coin que quelqu’un les invite à danser… mais personne n’a osé les solliciter.
Dans la section plus tranquille du bar, plusieurs couples se regardaient dans le blanc des yeux. Je suis sûr qu’il ne s’agissait pas de couples établis, mais bien de partenaires potentiels à l’étape des premiers rendez-vous galants. On les reconnaît facilement : ils se sourient tout le temps. Un large sourire, spontané, naturel et complice. Conversations animées, entrecoupées de silences gênés. Parfois, monsieur ou madame rougissait comme une tomate.
Jeudi soir, trois quasi-couples me semblaient ainsi sur le point de se déclarer leur amour : ils se mangeaient du regard, se frôlaient les mains, partageaient des confidences, etc.
Les partenaires d’un couple établi ne sourient pas à pleines dents comme deux tourtereaux qui vivent leurs premiers rendez-vous amoureux. Lorsqu’un couple steady sort dans un bar, c’est pour tuer le temps. Ou alors, pour faire le point sur quelque enjeu : on discute de problèmes domestiques, de projets, etc. Lire la suite de ce billet »
Un soir, un bar (4)
J’ai peut-être mal choisi le bar où je me livre, tous les soirs cette semaine, à un exercice d’observation — scruter les éventuelles scènes de séduction ou de drague. Dans ce bar de quartier, à Montréal (établissement dont je ne révélerai pas l’identité), ce fut encore une soirée pour les amateurs de hockey, comme hier. Ce soir, les Canadiens de Montréal affrontaient les Canucks de Vancouver.
La clientèle était plus mixte que la veille. Quelques personnes se frôlaient, parfois s’embrassaient, mais ils semblaient en couple.
À l’extérieur du bar, sur le trottoir, il y avait un attroupement d’étudiants début vingtaine. Jeunes hommes un peu entreprenants, flirts, quelques baisers furtifs. Je n’ai pas eu le loisir d’observer ce groupe longuement.
Je reporte mes espoirs sur les soirés hot de la semaine : jeudi, vendredi et samedi. (En tout cas, c’est ce que promet la pub dans le bar…)
- Tous les billets de cette série : l’introduction, la soirée de dimanche, celles de lundi et de mardi.
Un soir, un bar (3)
Mardi soir. Le 5 à 7 fut quelque peu fréquenté, mais ce n’était rien en comparaison avec l’affluence de clients, à compter de 21 h, pour assister au match de hockey opposant les Canadiens de Montréal aux Flames de Calgary. (Le bar montréalais que je fréquente tous les soirs depuis dimanche dernier en espérant y observer des scènes de séduction, pur loisir socio-anthropologique, est pourvu de nombreux écrans de télévision.)
Ainsi, une clientèle à 80 % masculine, venue en bande, engloutissait des pichets de bière en commentant en direct les péripéties sportives télévisées. Pas de musique dans le bar, que le son des téléviseurs.
C’était crotte pour la drague.
J’ai quand même eu du plaisir à suivre un petit bout du match de hockey. Et ici, je dois mettre un bémol sur ce que j’ai pu écrire sur la télévision ; oui, je crois encore et toujours qu’il s’agit du passe-temps solitaire le plus vide qui soit… mais une bande d’amateurs de sport surexcités devant la télé, ce n’est pas la même chose. Ce soir, dans ce bar, il y avait quelque chose de rassurant, humainement parlant, dans le spectacle de ces gars à casquette (et de quelques femmes sans casquette) qui s’exclamaient en choeur, à chaque but des Canadiens : «Yéééééé, câlisse !» Et lorsqu’un goon des Flames s’en prenait à un joueur de la Sainte Flanelle, tout le monde se mettait à crier : « Pénalité ! Pé-na-li-té pour le gros t… ! » Lire la suite de ce billet »
Un soir, un bar (2)
Lundi soir, j’avais pas mal de choses à faire avant de me pointer au bar. Je m’y suis présenté assez tard, vers 23 h. Ce n’était pas le meilleur moment.
Il y avait un groupe d’étudiants et d’étudiantes (une douzaine de personnes), assis en rangs serrés, absorbés par une discussion. Je n’ai pas osé les déranger.
Tout seul au comptoir du bar, en train de siroter mon verre, je devais avoir l’air d’une épave…
Je retournerai au bar demain, et beaucoup plus tôt. Pour le 5 à 7.
- Tous les billets de cette série : l’introduction, la soirée de dimanche.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.