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	<title>Les Québécois ne veulent plus draguer &#187; Culture</title>
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	<description>Un blogue sur les non-habitudes et non-techniques de drague des Québécois</description>
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		<title>Affaire Guy Turcotte : si c&#8217;était la faute de&#8230; l’amour?</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 17:43:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l&#8217;opinion publique, et qui pourrait être porté en appel.
Sauf erreur, personne n’a établi un lien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l&#8217;opinion publique, <a href="http://fr.canoe.ca/infos/dossiers/archives/2011/05/20110506-222917.html" target="_blank">et qui pourrait être porté en appel</a>.</p>
<p>Sauf erreur, personne n’a établi un lien entre cette affaire criminelle et notre culture dominante de l’amour, du couple et de la famille.</p>
<p>Je vais tenter de vous expliquer ça.<span id="more-4185"></span></p>
<p>Notre imaginaire amoureux, au XXIe siècle, est infantile : nous désirons vivre un «conte de fées» avec le prince charmant ou la fée des étoiles, notre très espérée «âme soeur». L’homme parfait, la femme idéale, ou rien! Ne pas vivre «la» rencontre de rêve qui débouchera sur l’amour-passion-de-notre-vie, sur le <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/12/02/mefiez-vous-du-grand-amour/" target="_self">grand amour</a>, c’est <em>rater sa vie</em>, croit-on.</p>
<p>Nous croyons aussi que l’amour exclusif à deux serait naturel, universel, et le seul modèle possible. Tout autre comportement (les relations sans lendemain, le libertinage, l’infidélité, les amours multiples et les relations peu fusionnelles) est considéré «anormal», déviant.</p>
<p>Le mariage ou l’union de fait des partenaires confirme l’appropriation de l’autre («tu es à moi, je suis à toi»). Les partenaires se promettent fidélité, ce qui signifie qu’ils n’auront pas de relations amoureuses et/ou sexuelles hors de leur couple. L’infidélité, au Québec, est un tabou. (Il n’y a guère que les artistes et les intellectuels qui puissent parler librement d’infidélité. Une personnalité du monde économique ou politique ne peut évoquer publiquement ses fantasmes extraconjugaux ou dévoiler ses amours parallèles sans provoquer un scandale et risquer sa carrière.)</p>
<p>Le couple est souvent très fusionnel, «pour le meilleur et pour le pire». Il doit se suffire à lui-même, sur tous les plans : affectif, sexuel, social, culturel, intellectuel, spirituel, etc. Quand ce genre de couple a des enfants, il forme une «famille nucléaire», petite cellule autonome qui vit en autarcie (et qui peut devenir asociale).</p>
<p>Dans ce contexte, l’amour est très possessif. S’approprier l’autre, c’est le surveiller, le contrôler. La vie conjugale peut rapidement devenir le théâtre de continuelles luttes de pouvoir, d&#8217;interrogatoires suspicieux, de crises de jalousie (voire de paranoïa), de restrictions de contacts avec l’extérieur, de mépris, de rancune, etc. La jalousie, les crises et les «scènes» hystériques (avec des lancers de vaisselle) sont d’ailleurs considérées comme des preuves d’amour.</p>
<p>Si l’on possède l’autre, il est permis de le dominer, d’en faire sa chose. De le détruire. C&#8217;est ainsi que l’union exclusive-fusionnelle constitue un excellent terreau pour la violence conjugale (physique et psychologique), <em>au nom de l&#8217;amour</em>. Les hommes violents qui assassinent leur compagne le disent eux-mêmes, pour se justifier : «Je l’ai tuée parce que je l’aimais.»</p>
<p><strong>Pour revenir à l’affaire Guy Turcotte&#8230;</strong></p>
<p>Au lieu de spéculer sur la psychologie de cet homme, au lieu de se demander sans cesse «que s’est-il passé sans sa tête pour qu’il assassine ses enfants, était-il vraiment atteint de troubles mentaux?» (on ne le saura peut-être jamais&#8230;), et pour ne pas céder à la tentation de le lyncher (c’est l’humeur de l’opinion publique, actuellement), je crois qu’il serait plus pertinent de critiquer notre culture dominante de l&#8217;amour, du couple et de la famille.</p>
<p>Nous avons de la difficulté à concevoir l&#8217;amour autrement qu&#8217;une relation de possessivité. Mais comme il est impossible de posséder l&#8217;autre à 100 %, la vie conjugale provoque de la frustration&#8230;</p>
<p>Dans un couple, il est monnaie courante qu&#8217;un partenaire se comporte en tyran en essayant de «changer» l’autre. Le conjoint résiste? On peut le mépriser, le manipuler, le harceler, l’insulter, lui taper dessus.</p>
<p>Ou s’en prendre aux enfants.</p>
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		<title>Après-ski</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2011/06/17/apres-ski/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 05:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Une scène de drague à la québécoise, tirée du film «érotique» Après-ski (de Roger Cardinal, 1971). Avec René Angélil et Francine Grimaldi !

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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Une scène de drague à la québécoise, tirée du film «érotique» <em>Après-ski</em> (de Roger Cardinal, 1971). Avec René Angélil et Francine Grimaldi !</p>
<p style="text-align: center;"><iframe width="425" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/CtnlMPcdPwU" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois (2)</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 12:21:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
J&#8217;ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<p><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3945" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/le_declin_de_l_empire_americain_.jpg" alt="" width="196" height="281" /></a>J&#8217;ai commenté hier <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/22/romantisme-et-cinema-quebecois/" target="_self">les films les plus significatifs des années 1960-1970</a>. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/femme-de-l-hotel_4369" target="_blank">La femme de l&#8217;hôtel</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3350" target="_blank">Anne Trister</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-corps-perdu_3780" target="_blank">À corps perdu</a></em>), des personnages qui n&#8217;ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d&#8217;amour.</p>
<p><a href="http://elephant.canoe.ca/films/qui-a-tire-sur-nos-histoires-d-amour_10814/" target="_blank"><em>Qui a tiré sur nos histoires d&#8217;amour ?</em></a>, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d&#8217;animation de l&#8217;Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=2122" target="_blank">consacré au personnage mythologique de Narcisse</a>. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l&#8217;errance existentielle qui débouche sur le suicide (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/sonatine_570" target="_blank">Sonatine</a></em> de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-zoo-la-nuit_5683" target="_blank">Un zoo la nuit</a></em> de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l&#8217;affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part.<span id="more-3812"></span></p>
<p>L&#8217;une des rares charges politiques dans le cinéma de l&#8217;époque, <em><a href="http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/elvisgratton.htm" target="_blank">Elvis Gratton</a></em> de Pierre Falardeau et Julien Poulin (1985) tourne en bourrique un colonisé intégral (qui deviendra un personnage-culte de la culture populaire québécoise). Et c&#8217;est un séducteur grotesque : empêtré dans un costume à paillettes trop serré, il se croit irrésistible; dans son sous-sol de banlieue ultra-kitsch, il titille son épouse en imitant le King. Au milieu du premier épisode (tourné en 1981), Elvis Gratton tente grossièrement de draguer une étudiante. Lorsqu&#8217;elle refuse ses avances, il devient colérique et lui lance : «P’tite crisse d’agace pissette, t’aimes mieux te faire pogner le cul par ta gang de pouilleux, maudite droguée&nbsp;!» De la grande classe&#8230;</p>
<p>Pendant la première moitié des années 1980, il n&#8217;y a presque plus de films critiques sur les relations hommes-femmes (sauf les documentaires féministes). Puis éclate comme une bombe <a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3710" target="_blank"><em>Le déclin de l&#8217;empire américain</em></a> de Denys Arcand (1986), «le» film québécois des années 1980 (et un succès mondial), regard sarcastique sur une bande de baby-boomers qui, le temps d&#8217;un séjour à la campagne, joue à la guerre des sexes&#8230; et le jeu dérape, brisant le dernier couple qui avait su sauver les apparences. Au final, les personnages ne croient plus en rien, pas même à l&#8217;amour (il ne leur reste que leur obsession pour le cul et le jargonnage universitaire), à l&#8217;exception d&#8217;un étudiant. Le film suivant de Denys Arcand, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=4695" target="_blank">Jésus de Montréal</a></em> (1989), est beaucoup plus optimiste : tandis qu&#8217;ils travaillent à une production théâtrale qui actualise la Passion du Christ, de jeunes acteurs retrouvent le sens du sacré, du partage et de l&#8217;amour.</p>
<p>Nouveauté à l&#8217;époque, des hommes questionnent leur masculinité et leurs sentiments, osent se montrer fragiles et sensibles. Notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/jacques-et-novembre_11577" target="_blank">Jacques et novembre</a></em> de Jean Beaudry et François Bouvier (1984), <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/masculine-mystique_5665" target="_blank">The Masculine Mystique</a></em> (John N. Smith et Giles Walker, 1984) et <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3633" target="_blank">L&#8217;homme renversé</a></em> (Yves Dion, 1987). Ces efforts pour apprécier la complexité de la condition masculine seront balayés dans les années 1990-2000 par la série <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Boys" target="_blank"><em>Les Boys</em></a> et par des niaiseries comme <a href="http://elephant.canoe.ca/films/3-p-tits-cochons_77168/" target="_blank"><em>Les 3 p’tits cochons</em></a> (réalisé par Patrick Huard).</p>
<p>L&#8217;un des films les plus populaires de l&#8217;histoire du cinéma québécois, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cruising-bar_4588" target="_blank">Cruising bar</a></em> (Robert Ménard, 1989), s&#8217;inspire de la légendaire maladresse des Québécois dans les situations de drague. Les quatre personnages de séducteurs (quatre anti-héros interprétés par le même acteur, Michel Côté) échouent systématiquement dans leurs tentatives pour conquérir des créatures du sexe opposé. Ce film reste à l&#8217;affiche pendant un an, puis devient une valeur sûre à la télévision et dans les clubs vidéo; sans aucun doute, les Québécois se reconnaissent dans cette comédie. (<em>Cruising bar 2</em>, lancé en 2008, est cependant un échec.)</p>
<p><strong>Les années 1990 et 2000</strong></p>
<p>Le cinéma québécois du début des années 1990 n&#8217;est pas très inspiré. Les films qui se veulent romantiques sont généralement décevants. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amoureux-fou_7898" target="_blank">Amoureux fou</a></em> de Robert Ménard (1991) ne nous fait pas tomber amoureux fou de ses personnages. <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/nelligan_1215" target="_blank">Nelligan</a></em> de Robert Favreau (1991), biographie d&#8217;un poète que l&#8217;on disait si beau et séducteur, manque de lyrisme. Denys Arcand signe le sinistre <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/love-human-remains_5372" target="_blank">Love &amp; Human Remains</a></em> en 1994. Gilles Carle ne nous émoustille plus (mais il arrive parfois à faire rire; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/postiere_9330" target="_blank">La postière</a></em>, en 1992, on voit Michèle Richard à quatre pattes, costumée en biche lubrique).</p>
<p>Où se cache l&#8217;amour ? Dans <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=28499" target="_blank">La vie fantôme</a></em> de Jacques Leduc (1992), une liaison adultère est filmée de manière enlevante, sensuelle et sentimentale. André Forcier a une imagination de plus en plus débridée : <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=5020" target="_blank">Une histoire inventée</a></em> (1990), <a href="http://elephant.canoe.ca/films/vent-du-wyoming_6596" target="_blank"><em>Le vent du Wyoming</em> </a>(1994) et <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/comtesse-de-baton-rouge_48500" target="_blank">La comtesse de Baton Rouge</a></em> (1997) donnent vie à des amoureux excentriques, fantaisistes.</p>
<p>En 2002, <em>Québec-Montréal</em> de <a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/80/Clips/881/Default.aspx" target="_blank">Ricardo Trogi</a> explore un chassé-croisé de relations hommes-femmes. Le ton est juste, l&#8217;humour est original. Trois ans plus tard, Ricardo Trogi poursuit dans la même veine avec <em>Horloge biologique</em>, moins subtil que <em>Québec-Montréal</em>. Ces deux films et leurs artisans donnent naissance à une petite industrie de l&#8217;éternel-adolescent-qui-a-peur-de-l&#8217;engagement (la série télé <em><a href="http://www.tou.tv/les-invincibles" target="_blank">Les Invincibles</a></em>). Le portrait complaisant de ces mâles velléitaires chroniques, confrontés à des bonnes femmes «contrôlantes», est servi à toutes les sauces. Et ce n&#8217;est plus drôle.</p>
<p>Les films sur le passé sont parfois plus intéressants que ceux qui essaient de décrire le présent. Le très beau <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/mariages_59081" target="_blank">Mariages</a></em> de Catherine Martin (2001) reconstitue l&#8217;atmosphère rigide du Québec de la fin du XIXe siècle, quand les «femmes à marier» cherchaient désespérément un «bon parti». <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/C.R.A.Z.Y." target="_blank">C.R.A.Z.Y.</a></em> de Jean-Marc Vallée (2005), qui se déroule pendant les décennies 1960 et 1970, obtient beaucoup de succès pour son personnage d&#8217;adolescent vivant ses premières relations amoureuses dans l&#8217;inconfort d&#8217;une orientation sexuelle indécise.</p>
<p>Le cinéma produit au Québec depuis le début des années 2000 me semble de moins en moins québécois. Nos taxes et nos impôts contribuent à financer des films de genre (policier, fantastique, horreur, etc.) calqués sur le cinéma américain, qui ne nous ressemblent pas. Les meilleurs films des dernières années, à mon avis, sont ceux qui essaient de nous reconnecter aux valeurs de notre passé et aux sentiments les plus authentiques, les oeuvres de <a href="http://www.coopvideo.ca/membres/bernard-emond.fr" target="_blank">Bernard Émond</a> notamment. L&#8217;histoire d&#8217;amour qui se noue dans son film <em><a href="http://www.cinemasparalleles.qc.ca/article.php3?id_article=399" target="_blank">La Donation</a></em> (2009), filmée sans fla-fla, s&#8217;entremêle à une prise de conscience sur l&#8217;engagement et la responsabilité. C&#8217;est rare au cinéma&#8230;</p>
<ul>
<li>J&#8217;ai aussi parlé dans ce blogue de deux films lancés l&#8217;an dernier, <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/20/les-grandes-chaleurs/" target="_self">Les grandes chaleurs</a></em> (de Sophie Laurin) et le très populaire <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/28/jai-tue-ma-mere/" target="_self">J&#8217;ai tué ma mère</a></em> de Xavier Dolan.</li>
<li>En novembre 2009, <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/11/17/quelques-trouvailles-2/" target="_self">j&#8217;ai résumé un petit livre consacré au cinéaste Bernard Émond</a>.</li>
</ul>
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		<title>Romantisme et cinéma québécois</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 12:23:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas [...]]]></description>
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<p><strong>Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d&#8217;horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).</strong></p>
<div id="attachment_3942" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg"><img class="size-full wp-image-3942" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/FilmQc1.jpg" alt="" width="200" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">Entre la mer et l&#39;eau douce (1967)</p></div>
<p>Notre cinéma est peu romantique. On n&#8217;y trouve pas de grandes histoires d&#8217;amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l&#8217;aura sulfureuse.</p>
<p>Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre).<span id="more-3805"></span></p>
<p>Laissons de côté les films réalisés avant la Révolution tranquille. En 1960, la fiction expérimentale <em><a href="http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Artisans/34/Clips/537/Default.aspx" target="_blank">La femme-image</a></em> de Guy Borremans tente de représenter l&#8217;amour fou. On y voit d&#8217;ailleurs le premier nu intégral de notre cinématographie. Un film au style assez singulier, d&#8217;inspiration intello européenne, qui ne sera pas imité dans nos contrées.</p>
<p><em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/seul-ou-avec-d-autres_7243" target="_blank">Seul ou avec d&#8217;autres</a></em> (de Denys Arcand, Denis Héroux et Stéphane Venne, 1962) se déroule à la rentrée scolaire 1961 de l&#8217;Université de Montréal. Le film montre avec naturel des étudiants flirter et se moquer des règles conjugales de l&#8217;époque (les humoristes Les Cyniques multiplient les gags sur la morale catho). <em>Geneviève</em> de Michel Brault (1964, sketch québécois d&#8217;une coproduction avec la France, l&#8217;Italie et le Japon intitulée <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=3988" target="_blank">La fleur de l’âge</a></em>) raconte une aventure sentimentale au Carnaval de Québec, avec l&#8217;actrice Geneviève Bujold (qui est si jolie&#8230;) dans le rôle-titre. En 1966, Geneviève Bujold et Michel Brault retravaillent ensemble pour <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/entre-la-mer-et-l-eau-douce_10208" target="_blank">Entre la mer et l&#8217;eau douce</a></em>, l&#8217;histoire d&#8217;un jeune homme quittant sa région natale de Charlevoix pour gagner sa vie à Montréal; il tombera en amour avec une serveuse de restaurant.</p>
<p>L&#8217;amour est parfois contrarié : dans <em><a href="http://www.onf.ca/film/Mon_amie_Pierrette/" target="_blank">Mon amie Pierrette</a></em> (Jean Pierre Lefebvre, 1968), une jeune femme en couple avec un jaloux doit renoncer à son amour naissant pour un artiste original; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=120" target="_blank">Entre tu et vous</a></em> (Gilles Groulx, 1969) soutient que la société de consommation, notamment la télévision et la publicité, tuent l&#8217;amour et le couple.</p>
<p>Tous ces films de fiction (qui ressemblent souvent à des documentaires) sont plus inspirants que les classiques <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/a-tout-prendre_23" target="_blank">À tout prendre</a></em> de Claude Jutra (1963) et <em><a href="http://www.onf.ca/film/chat_dans_le_sac/" target="_blank">Le chat dans le sac</a></em> de Gilles Groulx (1964), qui mettent en scène des hommes incapables d&#8217;assumer leurs responsabilités amoureuses (sur ces deux oeuvres, <a href="http://pages.mlink.net/~jsm/A_tout_prendre_Le_chat_dans_le_sac.html" target="_blank">voir une analyse de mon cru</a>). Le personnage de Claude dans <em>À tout prendre</em> est particulièrement narcissique, velléitaire et haïssable.</p>
<p>En 1968 débute la vogue des «films de fesses» (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/valerie_2815" target="_blank">Valérie</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/deux-femmes-en-or_12576" target="_blank">Deux femmes en or</a></em>, etc.), succession de navets érotiques. Cette mode s&#8217;épuise au début des années 1970 après avoir dégoûté une partie des Québécois de leur cinéma.</p>
<p><strong>Les années 1970</strong></p>
<p>Les films de la fin des années 1960 et des années 1970 sont de plus en plus osés et de moins en moins romantiques, avec une prolifération de danseuses nues (notamment dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/gina_3267" target="_blank">Gina</a></em> de Denys Arcand en 1975), de p&#8217;tites vites sur la banquette arrière d&#8217;une minoune, de beuveries à la taverne et autres scènes pathétiques. Chez Gilles Carle, l’agression sexuelle est une plaisanterie (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/viol-d-une-jeune-fille-douce_9240" target="_blank">Le viol d&#8217;une jeune fille douce</a></em>, 1968), des granolas frustrés sexuellement kidnappent une infirmière (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/males_6515" target="_blank">Les mâles</a></em>, 1970), et une adepte du «retour à la terre» donne son corps à des p&#8217;tits vieux libidineux (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vraie-nature-de-bernadette_5184" target="_blank">La vraie nature de Bernadette</a></em>, 1972). <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=62" target="_blank">Le temps d&#8217;une chasse</a></em> (Francis Mankiewicz, 1972) met en scène des hommes misogynes, alcooliques et profondément malheureux. Les intrigants de <a href="http://elephant.canoe.ca/films/rejeanne-padovani_5187" target="_blank"><em>Réjeanne Padovani</em></a> (Denys Arcand, 1973), de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Bingo</a></em> et de <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bingo_8291" target="_blank">Parlez-nous d&#8217;amour</a></em> (de Jean-Claude Lord, 1974-75), corrompus à l&#8217;os, sont récompensés par le droit de cuissage et autres faveurs sexuelles. Les oeuvres d&#8217;André Forcier (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bar-salon_5285" target="_blank">Bar Salon</a></em>, <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=42" target="_blank">Night Cap</a></em>, <a href="http://elephant.canoe.ca/films/eau-chaude-l-eau-frette_11673" target="_blank"><em>L&#8217;eau chaude l&#8217;eau frette</em></a>) et de Pierre Harel (<em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/bulldozer_12437" target="_blank">Bulldozer</a></em>, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-d-ange_13756" target="_blank">Vie d&#8217;ange</a></em>) créent une poésie <em>trash</em>, avec des amours sordides.</p>
<p>Film-limite, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/amour-blesse_8049" target="_blank">L&#8217;amour blessé</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1975) oblige le spectateur à partager le vide existentiel abyssal d&#8217;une femme abandonnée par son conjoint, isolée dans un appartement déprimant, qui ne croit plus que l&#8217;amour reviendra dans sa vie. Une heure et demie d&#8217;une existence solitaire où il ne se passe presque rien, avec de longs plans fixes. Cet amour blessé a beaucoup moins de chance que le personnage de Gisèle Lapointe dans <em><a href="http://filmsquebec.over-blog.com/article-film-soleil-se-leve-en-retard-andre-brassard-39770315.html" target="_blank">Le Soleil se lève en retard</a></em> (André Brassard, 1976), célibataire qui met son avenir sentimental entre les mains d&#8217;une agence de rencontre. Elle craquera pour un grand timide, Jean Cusson (interprété par Yvon Deschamps).</p>
<p>En 1973, une coproduction de Claude Jutra avec la France a l&#8217;ambition de narrer avec ampleur une grande histoire d&#8217;amour impossible au XIXe siècle : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/kamouraska_2832" target="_blank">Kamouraska</a></em>, adapté du roman d&#8217;Anne Hébert. Le film, trop lourd, n&#8217;obtient pas le succès escompté (consolation, l&#8217;actrice Geneviève Bujold est toujours aussi jolie). Le titre suivant de Claude Jutra, <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/pour-le-meilleur-et-pour-le-pire_2826" target="_blank">Pour le meilleur et pour le pire</a> </em>(1975), est une comédie grinçante sur le couple.</p>
<p>Quelques films d&#8217;exception des années 1970 : <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/un-succes-commercial-ou-q-bec-my-love-ou-struggle-for-love_12083" target="_blank">Un succès commercial ou Q-bec My Love</a></em> de Jean Pierre Lefebvre (1970), parodie du «film de fesses», s&#8217;amuse à déconstruire la représentation du flirt et de la sexualité à l&#8217;écran (les personnages travaillent nus au bureau et s&#8217;habillent pour rentrer à la maison&#8230;); <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/vie-revee_7557" target="_blank">La vie rêvée</a></em> de Mireille Dansereau (1972), le premier film de fiction réalisé par une femme dans l&#8217;industrie privée, illustre ce que les Québécoises émancipées attendent désormais des hommes; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=98" target="_blank">Tendresse ordinaire</a></em> de Jacques Leduc (1973) scrute les petits gestes affectueux du quotidien; <em><a href="http://onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=655" target="_blank">J. A. Martin, photographe</a></em> (Jean Beaudin, 1976) comporte une bonne dose d&#8217;amour conjugal et de désir; dans <em><a href="http://elephant.canoe.ca/films/cuisine-rouge_11158" target="_blank">La cuisine rouge</a></em> (Paule Baillargeon et Frédérique Collin, 1979), une oeuvre au style exigeant (qui relève presque du cinéma expérimental), les femmes se révoltent le jour d&#8217;un mariage pendant que les gars rotent leur bière.</p>
<p>Et j&#8217;ai déjà parlé dans ce blogue du film d&#8217;animation <em><a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/30/cherie-ote-tes-raquettes/" target="_self">Chérie, ôte tes raquettes</a></em> (1975).</p>
<ul>
<li>Demain : <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/11/23/romantisme-et-cinema-quebecois-2/" target="_self">le cinéma québécois des années 1980, 1990 et 2000</a>.</li>
</ul>
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		<title>Priez pour nous</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/10/18/priez-pour-nous/</link>
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		<pubDate>Mon, 18 Oct 2010 12:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été canonisé. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). 
Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. [...]]]></description>
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<div id="attachment_3582" class="wp-caption alignleft" style="width: 189px"><a href="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1.jpg"><img class="size-medium wp-image-3582  " title="L'Oratoire Saint-Joseph" src="http://ladrague.qc.ca/wp-content/uploads/OratoireSt-Joseph1-255x300.jpg" alt="Oratoire Saint-Joseph" width="179" height="210" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;Oratoire Saint-Joseph</p></div>
<p>Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l&#8217;Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été <a href="http://www.saint-joseph.org/fr_1123_index.php" target="_blank">canonisé</a>. J&#8217;habite dans les environs de l&#8217;Oratoire, j&#8217;ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m&#8217;a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l&#8217;angle des relations hommes-femmes, évidemment). </p>
<p>Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. Je veux simplement attirer votre attention sur des phénomènes qui m’intriguent dans cette religion que je connais moins mal que les autres.</p>
<p>Savez-vous pourquoi la mère de Jésus, Marie, est vierge ? Le dogme sur la virginité de Marie stipule que Jésus été conçu «de l&#8217;Esprit-Saint sans semence virile». Pour vraiment s&#8217;assurer que Marie soit une femme hors du commun, l&#8217;Église a aussi décrété qu&#8217;elle est née de parents qui n&#8217;ont jamais ressenti le désir charnel, et qu&#8217;elle est restée vierge toute sa vie.</p>
<p>Ainsi, la Vierge Marie est une femme asexuée, née de parents asexués, et elle a conçu un enfant avec une entité asexuée, l&#8217;Esprit-Saint. En célébrant la Vierge Marie, l&#8217;Église envoie le message suivant aux croyants : «le sexe est péché, d’ailleurs vous devriez vous inspirer de la vie exemplaire d’une femme 100 % chaste et pure».</p>
<p>Jésus, pour sa part, est un célibataire endurci. Il a vécu jusqu&#8217;à l&#8217;âge adulte, il avait beaucoup de charisme (ses apôtres buvaient ses paroles), il n&#8217;arrêtait pas de prêcher l&#8217;amour universel, et pourtant les textes saints ne disent pas grand-chose de sa vie intime. Bizarre, non ? (Une thèse, contestée, veut que Marie-Madeleine ait été unie à Jésus. Ça lui ferait une seule partenaire officielle&#8230;) </p>
<p>Mais le personnage qui m&#8217;intrigue le plus, c&#8217;est Joseph, le mari de Marie.<span id="more-3306"></span></p>
<p>Saint Joseph joue un rôle important dans l’histoire religieuse du Québec, avec l&#8217;<a href="http://www.saint-joseph.org/" target="_blank">Oratoire</a> qui lui est consacré à Montréal (l’un des plus importants temples du monde catholique). Joseph est pourtant un personnage biblique très effacé, les textes sacrés ne rapportent aucune parole qui ait été prononcée de sa bouche. Après la naissance du Christ, il disparaît carrément de la Bible; dans les Églises et dans l&#8217;art religieux, on ne le voit jamais représenté au pied de la croix où son fils agonise, souligne le journaliste québécois <a href="http://web.mac.com/mrsauve/Site/Accueil.html" target="_blank">Mathieu-Robert Sauvé</a> dans son livre <em>Échecs et mâles : les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau</em> (Les Éditions des Intouchables, 2005).</p>
<p>Mathieu-Robert Sauvé ajoute que Marie n&#8217;a pas eu d&#8217;autre enfant que Jésus. D&#8217;ailleurs, elle n’a pas couché avec son mari puisqu’elle est vierge. La sexualité, dans la Bible, étant impensable hors du mariage, Joseph est forcément resté vierge lui aussi. Ainsi, Saint Joseph est à la fois vierge et cocu (puisque sa femme a eu une relation extraconjugale avec l&#8217;Esprit-Saint). «L&#8217;oratoire qui porte son nom demeurera toujours, pour moi, un temple dédié au premier des cocus. C&#8217;est un immense monument&#8230; à notre impuissance», écrit Mathieu-Robert Sauvé.</p>
<p>Vous imaginez les répercussions, dans l&#8217;histoire des relations hommes-femmes au Québec, d&#8217;une religion axée sur un éternel célibataire né d&#8217;une union sans sexualité ? Un envoyé de Dieu qui fut élevé par une mère vierge et qui n&#8217;a connu, pour père terrestre, qu&#8217;un individu absent, muet et cocu&#8230; Et pour l&#8217;adoration de ce dernier, les Québécois ont bâti l&#8217;un des plus imposants lieux de culte de la planète !</p>
<p>Vraiment, nous sommes à plaindre. Si vous croyez en Dieu, priez pour le salut du peuple québécois. Ou pour que Saint frère André fasse un miracle.</p>
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		<title>Cinquante ans de remue-ménage</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/10/14/50-ans-de-remue-menage/</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Oct 2010 11:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans mon billet de mardi dernier, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois Châtelaine et la reproduction sur le Web d&#8217;un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m&#8217;a appris hier que cet article fait partie d&#8217;un dossier de Châtelaine intitulé «50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus», ou comment le mâle d&#8217;ici est passé du macho traditionnel à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Dans mon <a href="http://ladrague.qc.ca/2010/10/12/quelques-trouvailles-14/">billet de mardi dernier</a>, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois <em>Châtelaine</em> et la reproduction sur le Web d&#8217;un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m&#8217;a appris hier que cet article fait partie d&#8217;un dossier de <em>Châtelaine</em> intitulé «<a href="http://50e.chatelaine.com/sante-mieux-etre/50-ans-d%e2%80%99evolution-avec-%c2%ab-l%e2%80%99homo-quebecus-%c2%bb" target="_blank">50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus</a>», ou comment le mâle d&#8217;ici est passé du macho traditionnel à l&#8217;homme en pleine redéfinition de son identité. Entre les deux, il y a eu l&#8217;essor du féminisme et l&#8217;avènement l&#8217;homme rose.</p>
<p>Au menu de ce dossier, des reproductions en PDF de six articles marquants de <em>Châtelaine</em> : «Comment trouver un mari ?» (1961), «Le mari canadien-français face à la femme émancipée» (1967), «La vraie puissance sexuelle de la femme» (1974), un résumé du fameux rapport Hite (1983), un article de Richard Martineau sur les hommes trop roses (1989) et un sondage mené en 1992 auprès de 1500 Québécois sur leurs relations avec le sexe opposé.<span id="more-3608"></span></p>
<p>Un dossier à comparer avec un autre article de <em>Châtelaine</em>, celui-là provenant du dernier numéro (novembre 2010), «<a href="http://50e.chatelaine.com/retrospective/la-generation-de-tous-les-possibles" target="_blank">La génération de tous les possibles</a>». Les Québécoises âgées de 20 à 35 ans bénéficient aujourd&#8217;hui de perspectives de carrière et d&#8217;épanouissement personnel jamais vues dans l&#8217;histoire&#8230; mais tant de liberté peut parfois nuire au désir et au plaisir. «Nos mères ont foulé les raisins du machisme et mis le moût à fermenter. Nous buvons avec plaisir le vin de la liberté», écrit la journaliste. «Mais le nectar râpe un peu les papilles. Il faudra que les vigneronnes de la relève se chargent de l’élever en douceur.»</p>
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		<title>Quelques trouvailles (14)</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Oct 2010 11:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.
Sexe et littérature. L&#8217;universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l&#8217;édition contemporaine, a lancé l&#8217;été dernier Sexe et littérature aujourd&#8217;hui (La Musardine), tour d&#8217;horizon de la sexualité et de l&#8217;érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.
En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.</p>
<p><strong>Sexe et littérature.</strong> L&#8217;universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l&#8217;édition contemporaine, a lancé l&#8217;été dernier <em><a href="http://www.lamusardine.com/editions-la-musardine/%20/9016-sexe-et-litterature-aujourd-hui.html" target="_blank">Sexe et littérature aujourd&#8217;hui</a></em> (La Musardine), tour d&#8217;horizon de la sexualité et de l&#8217;érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.</p>
<p>En 1989, le roman <em>Le boucher</em> d&#8217;Alina Reyes a donné un nouveau souffle à la littérature érotique au féminin. Mais dans les années 1990 et 2000, le porno-chic a tout contaminé. En y ajoutant les confessions autobiographiques à n&#8217;en plus finir d&#8217;auteurs qui baisent pour baiser et ne savent plus aimer, le portrait de la littérature osée des 20 dernières années est peu ragoûtant : violence gratuite, complaisance, tristesse, solitude, désabusement. Olivier Bessard-Banquy retient quand même quelques auteurs de talent : Alina Reyes et sa description du désir charnel, Françoise Rey et la sensualité de <em>La femme de papier</em>, la réflexion sur la relation sadomasochiste de Vanessa Duriès (<em>Le Lien</em>), Catherine Millet pour le style clinique de <em>La vie sexuelle de Catherine M.</em>, la critique du désordre amoureux de Michel Houellebecq (<em>Extension du domaine de la lutte</em>, <em>Les particules élémentaires</em>), la rhétorique d&#8217;Alain Soral dans <em>Sociologie du dragueur</em>, les gauloiseries de Michel Polac dans son <em>Journal</em>, la spontanéité d&#8217;Anna Rozen (<em>Plaisir d&#8217;offrir, joie de recevoir</em>), la noirceur de Nelly Arcan (<em>Putain</em>) et les romans de gare d&#8217;Esparbec (pseudonyme de Georges Pailler).</p>
<p>Personnellement, la littérature osée contemporaine me semble trop <em>trash</em>, elle manque cruellement d&#8217;humour, d&#8217;imagination et de sentiments. J&#8217;ai l&#8217;impression que personne n&#8217;a dépassé la grivoiserie des poètes coquins du Moyen Âge, la pornographie du marquis de Sade, la critique sociale de Balzac et le romantisme du XIXe siècle. Si vous avez envie de vous échauffer l&#8217;âme et les sens avec les lettres françaises, les classiques vous procureront probablement plus de sensations fortes que les derniers succès de librairie&#8230;<span id="more-3560"></span> </p>
<p><strong>L&#8217;hypothèse du bonheur</strong>. Un éditeur belge (Éditions Mardaga) a récemment traduit en français un formidable travail de vulgarisation scientifique signé en 2006 par un professeur de psychologie à l&#8217;Université de Virginie, Jonathan Haidt. Le livre, intitulé <a href="http://www.mardaga.be/index.php?page=shop.product_details&amp;flypage=shop.flypage&amp;product_id=959&amp;category_id=31&amp;manufacturer_id=0&amp;option=com_virtuemart&amp;Itemid=2" target="_blank"><em>L&#8217;hypothèse du bonheur. La découverte de la sagesse ancienne dans la science contemporaine</em></a>, explore dix thématiques de la psychologie populaire : parvenir au contrôle de soi, changer son état d&#8217;esprit, cultiver les liens sociaux, savoir tolérer les défauts des autres tout en admettant les siens, se lancer à la poursuite du bonheur, rencontrer l&#8217;amour sans s&#8217;illusionner, vaincre l&#8217;adversité, mener une vie vertueuse dans une société déstructurée, s&#8217;ouvrir au sacré même si on ne croit pas en Dieu, et, cerise sur le gâteau, découvrir le sens de la vie (en fait, il s&#8217;agit de donner sens à <em>sa</em> vie). Jonathan Haidt confronte ces dix thématiques à la sagesse ancienne (philosophies et religions, tant occidentales qu&#8217;orientales) et à de récentes découvertes de la science, surtout en psychologie.</p>
<p>Autrement dit : «Chaque chapitre tente de nous faire goûter une idée découverte par les différentes civilisations du monde, de la mettre en question à la lumière de nos connaissances scientifiques actuelles et d&#8217;en retirer les leçons qui s&#8217;appliquent encore aujourd&#8217;hui à nos vies modernes», écrit l&#8217;auteur en introduction. Une lecture à la fois érudite et accessible, qui critique plusieurs idées reçues sur le bonheur et qui permet de mieux comprendre pourquoi certaines personnes parviennent à donner un sens à leur existence alors que d&#8217;autres vont d&#8217;échec en échec jusqu&#8217;à la défaite finale, entre autres sur le plan amoureux.</p>
<p><strong>Que veulent les Québécoises, au juste ?</strong> <a href="http://www.pascalepiquet.com/" target="_blank">Pascale Piquet</a> est une coach de vie d&#8217;origine parisienne, installée au Québec depuis 2001. Elle a lancé en 2006 un essai intitulé <em>Le syndrome de Tarzan. Libérez-vous des lianes de la dépendance affective </em>(Béliveau éditeur). J&#8217;ai surtout aimé la troisième partie du livre, sur les relations hommes-femmes, où Pascale Piquet ne se gêne pas pour critiquer certaines attitudes des Québécoises. Quelques citations choisies : </p>
<ul>
<li>«Aujourd&#8217;hui, vous avez conservé votre instinct de séduction et les artifices qui vont de pair mais vous interdisez à l&#8217;homme d&#8217;y être sensible. Imaginez un monde horrible où plus aucun homme ne vous regarderait. Un vrai cauchemar ! Je le sais parce que je l&#8217;ai vécu en arrivant au Québec. (&#8230;) Si Monsieur ne doit pas vous zieuter, pourquoi ces jupes courtes et ces décolletés vertigineux, qui sont autant de tentations pour ces démons ?»</li>
<li>«Refuser la galanterie, c&#8217;est accepter un retour en arrière, c&#8217;est rééduquer l&#8217;homme à l&#8217;envers et le reprogrammer à être de nouveau un rustre. C&#8217;est exactement ce que vous êtes en train de faire. N&#8217;avez-vous pas tout à y perdre, Madame ? Les hommes ne savent plus quel comportement adopter.»</li>
<li>«Vous avez une carrière professionnelle, la sécurité financière, vous vous assumez à tous points de vue et vivez seule, en ayant cependant un ou plusieurs amants. La voilà la dépendance des femmes indépendantes : vous vous organisez pour avoir les avantages (ou les attributs !) du mâle mais pas les inconvénients que vous résumez bassement à la lessive, les chaussettes, le ménage et la cuisine. Est-ce ainsi que vous résumez une vie de couple ?»</li>
<li>«Je crains que votre souhait ne soit pas d&#8217;être l&#8217;égale de l&#8217;homme, mais bien d&#8217;ÊTRE un homme, ne copiant malheureusement que les défauts.»</li>
</ul>
<p>L&#8217;été dernier, j&#8217;ai eu le plaisir de rencontrer Pascale Piquet et de lui offrir un exemplaire du livre <em>Les Québécois ne veulent plus draguer</em>. <a href="http://www.machronique.com/comment-etre-un-homme/" target="_blank">Elle a ensuite livré ses impressions sur mon livre dans une chronique web</a>.</p>
<p><strong>L&#8217;hypersexualisation vestimentaire pour les nuls</strong>. <em>La mode hypersexualisée</em> de Mariette Julien (Les éditions Sisyphe, Montréal), lancé en janvier dernier, est un livre facile d&#8217;accès, très synthétique, en 113 pages (incluant un glossaire pour comprendre le jargon de la mode et les termes spécialisés). L&#8217;auteure, qui est professeure à l&#8217;École supérieure de mode de Montréal, décrit bien les origines et les manifestations de l&#8217;hypersexualisation, «esthétique de l&#8217;apparence qui met l&#8217;accent sur la sexualité». Vous savez, ces fillettes de huit ans habillées comme des actrices porno&#8230; Mais le livre a un côté puritain, par exemple lorsqu&#8217;il déplore «l&#8217;impératif de séduction de notre époque», comme si le fait de s&#8217;habiller sexy pour attirer le regard était mal en soi. Il faudrait peut-être commencer par retrouver le plaisir de se zieuter et d&#8217;apprécier le <em>sex appeal</em> des gens qui nous entourent, comme le suggère Pascale Piquet dans l&#8217;ouvrage cité plus haut. (Pour en savoir plus sur <em>La mode hypersexualisée, </em>voici un <a href="http://sisyphe.org/spip.php?article3472" target="_blank">extrait du livre</a>.)</p>
<p><strong>Comment une Québécoise rencontrait-elle son futur mari en 1961 ?</strong> Le magazine féminin québécois <em>Châtelaine</em> <a href="http://50e.chatelaine.com" target="_blank">fête ses 50 ans</a>. La publication a exhumé de ses archives un article du numéro de novembre 1961, «<a href="http://50e.chatelaine.com/sites/wp-content/uploads/2010/10/1_trouver_mari.pdf" target="_blank">Comment trouver un mari ?</a>» (format PDF). Déjà, au début des années 1960, des Québécoises se plaignaient de la passivité des hommes sur le terrain de la rencontre amoureuse, et elles prenaient l&#8217;initiative de provoquer les événements&#8230;</p>
<p><strong>Pour un corps parfait</strong>. Vous fantasmez sur des acteurs ou des actrices du petit et du grand écran ? Vous idéalisez peut-être des corps trop beaux pour être vrais, car ils peuvent être retouchés par ordinateur. Par exemple avec le logiciel <em>MovieReshape</em>; <a href="http://www.mpi-inf.mpg.de/resources/MovieReshape/" target="_blank">la vidéo de démonstration du logiciel est éloquente</a>.</p>
<ul>
<li>Toutes nos <a href="http://ladrague.qc.ca/?s=Quelques+trouvailles" target="_self">trouvailles</a></li>
</ul>
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		<title>Un réflexe puritain</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Sep 2010 12:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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L&#8217;été dernier, j&#8217;ai lu un excellent livre sur l&#8217;infidélité en amour, Bienheureuse infidélité (Albin Michel, 2003), de la philosophe et thérapeute Paule Salomon. Un passage m&#8217;a frappé : «De nos jours, partout où nous allons, l’ambiance est mixte, donc sexuée. Ou bien nous nous posons consciemment dans ce frôlement de sensibilité et nous cultivons une érotisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>L&#8217;été dernier, j&#8217;ai lu un excellent livre sur l&#8217;infidélité en amour, <em>Bienheureuse infidélité</em> (Albin Michel, 2003), de la philosophe et thérapeute <a href="http://www.paulesalomon.org/" target="_blank">Paule Salomon</a>. Un passage m&#8217;a frappé : «De nos jours, partout où nous allons, l’ambiance est mixte, donc sexuée. Ou bien nous nous posons consciemment dans ce frôlement de sensibilité et nous cultivons une érotisation de l’être, ou bien nous nous fermons à toute influence par un réflexe puritain dont nous n’avons même pas conscience et qui nous prive du plaisir de vivre.»</p>
<p>Un réflexe puritain&#8230; C&#8217;est bien ce qui règne au Québec dans les contacts quotidiens entre des hommes et femmes qui ne se connaissent pas : l&#8217;austérité, le repli sur soi, l&#8217;autocensure des sentiments et des pulsions.</p>
<p>Un exemple. Une personne célibataire invite un(e) autre célibataire à prendre un verre, pour faire connaissance. Dans une société normale, l&#8217;invité(e) se dira tout naturellement : «Pourquoi pas ?» Mais au Québec, l&#8217;invité(e) va automatiquement se méfier et se tourmenter : «Pourquoi cette personne m&#8217;invite à prendre un verre ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle a derrière la tête ? Je n&#8217;ai pas envie de me sentir redevable&#8230; Pour éviter toute tentative de séduction, je pourrais peut-être accepter l&#8217;invitation en laissant croire que je suis en couple&#8230;», etc.</p>
<p>Un réflexe puritain, je vous dis !</p>
<p><span id="more-3408"></span></p>
<p>Tous les jours ou presque, nous côtoyons des gens qui nous plaisent, qui attisent le désir, qui nous font fantasmer. Notamment au travail : nous pouvons fréquenter huit heures par jour, voire plus, des gens qui nous attirent comme des aimants, des corps sexy, des personnalités au charisme fou. (Des collègues parfois plus excitants et intéressants que les partenaires que nous retrouvons à la maison après le travail&#8230;) Et pourtant nous disons non au désir. Non à la séduction.</p>
<p>Attention, il ne s&#8217;agit pas de s&#8217;envoyer en l&#8217;air avec tout ce qui bouge, de tromper son ou sa partenaire à chaque occasion, de consommer les individus comme des objets jetables après usage. Je ne parle pas de ça.</p>
<p>Je rêve plutôt d&#8217;un monde où le désir ne serait pas un tabou, où la séduction serait un jeu quotidien (et sans mauvais perdants). Une société délivrée de la misère affective.</p>
<p>Nous sommes encore loin du compte&#8230; Voyez par exemple <a href="http://fr.canoe.ca/techno/mediassociaux/archives/2010/09/20100924-190555.html" target="_blank">les commentaires des médias sur un nouveau site web de rencontre spécialisé dans l&#8217;adultère</a>; des protestations de vierges offensées, comme si le désir était un péché.</p>
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		<title>L&#8217;amour en chansons</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 12:03:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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Dans la nuit de jeudi à vendredi, j&#8217;ai fait de l&#8217;insomnie. Pour m&#8217;occuper, je me suis posé une question : quelles sont les plus belles chansons d&#8217;amour interprétées par des Québécois ? Les classiques, pas les dernières niaiseries à la mode&#8230;
Voici mes choix (très subjectifs).
Bozo de Félix Leclerc (1951), portrait d&#8217;un amoureux pathétique.
La Manic de Georges Dor [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p>Dans la nuit de jeudi à vendredi, j&#8217;ai fait de l&#8217;insomnie. Pour m&#8217;occuper, je me suis posé une question : quelles sont les plus belles chansons d&#8217;amour interprétées par des Québécois ? Les classiques, pas les dernières niaiseries à la mode&#8230;</p>
<p>Voici mes choix (très subjectifs).</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=wPNVWDfPFDA" target="_blank">Bozo</a> </em>de Félix Leclerc (1951), portrait d&#8217;un amoureux pathétique.</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=h2RzMhqbrkY" target="_blank">La Manic</a></em> de Georges Dor (1966), complainte d&#8217;un déraciné.</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=snMOmHzgssk" target="_blank">Suzanne</a></em> (1967) et autres chansons mélancoliques de Leonard Cohen.</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=WskTWwEBHYo" target="_blank"><em>Aujourd&#8217;</em><em>hui, </em><em>j&#8217;ai rencontré l&#8217;homme de ma vie</em></a> de Diane Dufresne (1973), pour son humour. </p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=85o_yfXypBM&amp;feature=related" target="_blank">Offenbach interprétant <em>L&#8217;hymne à l&#8217;amour </em>d&#8217;Édith Piaf</a> (1975), pour l&#8217;originalité et l&#8217;intensité de l&#8217;adaptation.</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=lZAaEZAzGf0" target="_blank"><em>Je reviendrai à Montréal</em></a> de Robert Charlebois (1976), pour se marier avec l&#8217;hiver.</p>
<p><span id="more-3371"></span></p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=X0xamXx0AAc" target="_blank">Aimer d&#8217;amour</a></em> de Boule Noire (1978), pour son côté kitsch.</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=NUxrGiMyHb0" target="_blank">La dame en bleu</a></em> de Michel Louvain, pour son côté kitsch itou.</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FlL2_d2CXUc" target="_blank">Si j&#8217;étais un homme</a></em> de Diane Tell (1980), pour la pertinence de ses paroles; on dirait un procès-verbal du Québec d&#8217;aujourd&#8217;hui&#8230;</p>
<p><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=PC1Xx8eIuyU" target="_blank">Tu m&#8217;aimes-tu</a></em> de Richard Desjardins (1990), pour sa sensibilité écorchée vive.</p>
<p>Cela dit&#8230; <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/07/30/chansons-amour-beurk/" target="_self">Je déteste les chansons d&#8217;amour</a> des années 1990-2000, ces produits de consommation jetables. Ces petites merdes sans poésie que l&#8217;Histoire oubliera.</p>
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		<title>Combler un grand vide spirituel</title>
		<link>http://ladrague.qc.ca/2010/06/14/combler-un-grand-vide-spirituel/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 11:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Sébastien Marsan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme la plupart des Québécois de mon âge (de la Génération X), j’ai grandi dans un désert spirituel.
Mes parents, élevés dans une société ultrareligieuse (le Québec catholique des années 1940 et 1950), ont ensuite rejeté, à partir la Révolution tranquille, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un culte organisé. Ils ne m&#8217;ont traîné de force à l&#8217;église que pour me faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la plupart des Québécois de mon âge (de la Génération X), j’ai grandi dans un désert spirituel.</p>
<p>Mes parents, élevés dans une société ultrareligieuse (le Québec catholique des années 1940 et 1950), ont ensuite rejeté, à partir la Révolution tranquille, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un culte organisé. Ils ne m&#8217;ont traîné de force à l&#8217;église que pour me faire baptiser, pour assister à quelques mariages et funérailles. J&#8217;ai aussi fait ma première communion, sans rien y comprendre.</p>
<p>Dans les écoles de mon enfance et de mon adolescence, au cours des années 1970 et 1980, l&#8217;enseignement religieux était axé sur des activités gnangnan de pastorale : les ti-amis se tiennent par la main et chantent une chanson à la gloire du ti-Jésus. (Cet enseignement a été récemment remplacé par un programme fourre-tout encore plus gnangnan baptisé <a href="https://www7.mels.gouv.qc.ca/DC/ECR/" target="_blank"><em>Éthique et culture religieuse</em></a> : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout se vaut et ne vaut rien, ah les belles religions du monde, et que tous les ti-amis célèbrent en choeur le vivre-ensemble pluraliste citoyen.)</p>
<p>Après mes études, je suis entré dans l&#8217;âge adulte. C&#8217;est-à-dire travailler. Gagner de l&#8217;argent. Consommer. Payer des taxes et des impôts. Se changer les idées pendant les vacances, puis se remettre à travailler comme un débile. Vivre en couple. Fonder une famille. La p&#8217;tite vie&#8230; vide de sens.</p>
<p>Depuis quelques années, je ressens parfois en moi un grand vide spirituel. Je ne trouve presque rien, dans le monde actuel, pour le combler. Et j&#8217;ai pourtant cherché, fouillé, fouiné&#8230;<span id="more-3090"></span></p>
<p><strong>Le magasinage pour l&#8217;âme</strong></p>
<p>Je sais bien que les religions font partie de l&#8217;aventure humaine, qu&#8217;elles sont présentes dans toutes les sociétés, mais personnellement, je n&#8217;y trouve pas grand-chose qui puisse m&#8217;intéresser. Je me méfie de l&#8217;enrégimentement des croyants dans des structures rigides. C&#8217;est le contraire de la liberté et de l&#8217;esprit critique, il me semble.</p>
<p>L’Église catholique, en particulier, me paraît complètement ridicule avec ses bondieuseries et ses reliques morbides. (Le coeur du frère André dans le formol, à l’<a href="http://www.saint-joseph.org/" target="_blank">Oratoire Saint-Joseph</a>&#8230; Ouache !) Et c&#8217;est une Église à la <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/08/10/le-baiser-colombin/" target="_self">morale étouffante, hypocrite au possible</a>.</p>
<p>La seule chose qui puisse me séduire dans l’univers religieux, c’est l’art. J’aime bien la musique sacrée, par exemple ; du Jean-Sébastien Bach à l’orgue d’église, je trouve ça beau. Mais mon sentiment est plus esthétique que spirituel.</p>
<p>En de rares occasions, un roman, un film ou une oeuvre d’art contemporaine réussissent à m’apporter quelque chose sur le plan spirituel. Par exemple, et pour m’en tenir à des Québécois que j&#8217;ai découvert ces dernières années, j&#8217;ai été secoué par les films de <a href="http://www.coopvideo.ca/membres/bernard-emond.fr" target="_blank">Bernard Émond</a> et par plusieurs essais de l&#8217;écrivain <a href="http://ladrague.qc.ca/2009/10/15/le-bonheur-excessif/" target="_self">Pierre Vadeboncoeur</a>, qui actualisent des valeurs humanistes et spirituelles. Une pensée malheureusement peu courante dans le Québec actuel.</p>
<p>Je n&#8217;ai aucun atome crochu avec la spiritualité Nouvel Âge à la carte, ces assemblages de croyances dans les anges, les cristaux, les astres, etc., avec des emprunts superficiels aux religions orientales. Pour moi, c&#8217;est l&#8217;équivalent métaphysique d&#8217;une séance de magasinage dans un centre commercial «où l&#8217;on trouve de tout».</p>
<p>J&#8217;aime mieux me promener dans les cimetières (notamment dans le <a href="http://www.cimetierenddn.org/" target="_blank">cimetière Notre-Dame-des-Neiges</a>, sur le mont Royal), ce qui m&#8217;incite à réfléchir sur l&#8217;au-delà, quand est-ce qu&#8217;on me mettra dans le trou, etc. Et ça me plaît d&#8217;imaginer ce que je pourrais faire inscrire sur ma tombe. J&#8217;hésite entre trois épitaphes : «Si j&#8217;avais su, j&#8217;aurais pas venu», «C&#8217;est ça qui est ça» et «Vers un nouveau paradigme»&#8230; <img src='http://ladrague.qc.ca/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Blague à part&#8230; Compte tenu de la géographie du Québec, c&#8217;est peut-être dans la nature sauvage que je peux trouver le plus aisément de quoi nourrir ma vie spirituelle. Lorsque je fais de longues marches en forêt, ou quand je consacre des journées entières à la pêche au beau milieu d&#8217;un lac perdu, je suis dans les meilleures dispositions pour décrocher du train-train quotidien et réfléchir au sens de la vie (et de la mort).</p>
<p><strong>Ah, l&#8217;amour&#8230;</strong></p>
<p>Le Québec d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est qu&#8217;une bête société de consommation. Une société déspiritualisée. Par exemple, la fête de Noël est devenue une orgie commerciale, elle a beaucoup perdu de sa dimension spirituelle.</p>
<p>Le sens du sacré n’a pas disparu au Québec, il s’est déplacé dans des activités de consommation : les dépenses démesurées pour les cadeaux à Noël, pour les chocolats à Pâques, etc. La religion catholique a été remplacée par la religion cathodique (la télévision), la Sainte Famille a été détrônée par la <a href="http://reponses.qctop.com/pourquoi-appelle-t-on-le-club-de-hockey-les-canadiens-de-montreal-la-sainte-flanelle.html" target="_blank">Sainte Flanelle</a> (les Canadiens de Montréal), et la mégastar planétaire Céline Dion fait de l&#8217;ombre à la Vierge Marie en tombant enceinte de jumeaux sans avoir eu de relation charnelle avec son mari.</p>
<p>Je disais plus haut que je ne trouve presque rien, dans le monde actuel, pour combler mon besoin de spiritualité. J&#8217;ai écrit «presque» parce qu&#8217;il existe encore une activité spirituelle qui puisse me (et vous) faire vibrer. Un phénomène inouï qui nous fait oublier tous nos petits tracas, qui transcende complètement le métro-boulot-dodo, qui nous procure une formidable énergie, qui nous fait apprécier à fond la vie qui nous a été donnée. Un événement si intense qu&#8217;il nous entraîne au plus profond de nous-mêmes tout en nous propulsant vers l’absolu.</p>
<p>Vous avez peut-être deviné de quoi je parle&#8230;</p>
<p>Cette activité spirituelle, c’est tomber en amour. Séduire et être séduit(e).</p>
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